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L’Inconomiste – Le lent retour du politique sur le pouvoir économique

Septembre 2016, dans un luxueux hôtel parisien. La Bank New York Mellon, un des plus gros établissements financiers américains, tient réunion pour capter de nouveaux clients en France. L’ambiance n’est pas au beau fixe. En effet, un vent nouveau commence à souffler dans la sphère politique occidentale : en juin, les Britanniques se sont prononcés par référendum pour une sortie de l’Union européenne, et aux États- Unis, le Parti républicain a désigné un candidat affiché comme protectionniste pour l’élection présidentielle qui doit avoir lieu en novembre. « La question est de savoir si la libre-circulation des marchandises, des capitaux, des personnes, va continuer ou pas. Cela pourrait s’arrêter, si ce n’est pas déjà le cas », se désole l’un des gérants au micro.

Aucune mesure concrète n’a encore été prise que la démondialisation apparaît sur toutes les lèvres dans le secteur financier à cette époque. « Elle pourrait créer de l’instabilité sur les marchés financiers », s’inquiétait deux mois plus tard le stratégiste de la banque suisse Pictet. L’homme associait une possible déglobalisation à « la montée des extrêmes », qu’il « n’espère pas ». « Une déglobalisation ne peut se faire sans changement de politique économique ». Si, au fond, l’homme ne croyait pas à une telle évolution en raison des intérêts croisés gigantesques qui entrent en jeu, il n’en jugeait pas moins nécessaire d’étudier les ressorts profonds de la montée des populismes pour que l’établissement financier ne se trouve pas pris de court. « Pour moi, ça se résume en trois idées : l’identité, l’appauvrissement économique, le racisme ».

« Ce résultat doit être annulé »

Que faire pour préserver le système financier actuel ? Empêcher la déglobalisation, par exemple. « Il faudra trouver et définir une dynamique commune pour éviter que le référendum britannique ne soit pris comme un précédent. Car très rapidement, on doit s’attendre à de multiples demandes de référendum partout en Europe », écrivait l’ancien économiste en chef de Natixis Asset Management quelques jours après le vote sur le Brexit. « D’une façon ou d’une autre, ce résultat doit être annulé », ira jusqu’à twitter le premier directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Peter Sutherland. Ce mondialiste convaincu avait également été Commissaire européen à la concurrence, président non-exécutif de la filiale internationale de la banque Goldman Sachs ou encore… représentant spécial pour les migrations auprès du secrétaire général de l’ONU. [...]

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Le piège du progressisme

Le concept de tiers-monde apparaît sous la plume d’Alfred Sauvy dans les années 50, et caractérise les pays dits « sous-développés » – de cette forme même de « sous-développement » qui commence à poindre dans la France contemporaine. Au-delà du constat bien connu, la véritable question porte sur le remède : qu’est-ce qui a permis à l’Occident d’acquérir ce niveau de développement dès le XIXe siècle, et plus particulièrement dans l’immédiat après-guerre ? Ce remède est tout aussi bien connu : un modèle de développement fondé sur les théories de la croissance et l’internationalisation des échanges. En un mot, l’économie de marché, qui est l’alliance du progressisme technologique et du néo-libéralisme économique.

Lire aussi : Désindustrialisation : une passion française

L’excellent Jean Fourastié, dans son ouvrage consacré à la période des Trente Glorieuses, questionne : « Des changements fantastiques sont survenus en trente années, dans la condition d’une humanité millénairement stagnante. Pourquoi ces changements ? Comment ont-ils pu être réalisés ? » Il répond que la cause indéniable tient en réalité en un mot : productivité ! Or, note-t-il ensuite, cette productivité ne s’élève pas par un plus grand effort du travailleur, mais par l’effet de procédures techniques plus efficaces déduites des « inventions » et « découvertes » des sciences expérimentales : emploi de machines et d’installations, emploi d’énergie mécanique, etc. En résumé : le progrès technique ! Sans révolution technologique, pas de révolution industrielle. Sans progrès technique constant, pas de capitalisme. Le progressisme, le libéralisme et le capitalisme sont donc, aujourd’hui comme hier, le remède à la tiers-mondisation de la France ! [...]

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La Poudrière : notre critique

La droite radicale, mue par des pulsions violentes en réaction à la perdition culturelle dont elle croit être la spectatrice, s’organise en groupuscules et s’arme au point de menacer la paisible société française. Voilà ramassée en quelques mots la thèse de cet essai, dont le ton par trop dramatisant donne la sensation malsaine d’auteurs détournant nos regards des dangers bien plus grands qui nous guettent. Certes, l’enquête est bien conduite : appuyés sur une bonne documentation et par des entretiens avec les protagonistes, les auteurs dressent des portraits pénétrants et dessinent avec exhaustivité l’historique et la cartographie de leurs réseaux. Ci et là, dans l’ordre chronologique, sont évoqués succinctement quelques événements pour montrer le danger supposé.

Mais outre l’absence de définition sérieuse de cette « ultra-droite » – si ce n’est une pompeuse et risible référence à Joseph de Maistre : qu’aurait pensé le Savoyard de cet « ultra-jaune » Didier qui en appelle au remploi de la guillotine ? – et les approximations idéologiques – L’Incorrect serait économiquement libéral – l’essai pèche encore par deux bouts. [...]

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A Marseille, la République a toujours la banane

Bien entendu, la désorganisation électorale peut-être soigneusement organisée. Par opposition aux démocraties libérales du bloc de l’Ouest, la seconde moitié du XXe siècle a utilisé l’expression « république bananière » pour qualifier les pays du tiers-monde qui organisaient des élections tenant plus du cirque que du scrutin. Avec la dégradation de l’instruction publique, et l’arrivée massive de populations en provenance des pays en question, certains lieux en France connaissent désormais des journées de vote comparables à celle du citoyen centrafricain qui vote pour l’alternance à la mairie de Bangui.

Lire aussi : Paupérisation de la France : Le grand déclassement [...]

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Enquête : France Terre d’Asile, un demi-milliard d’euros de l’État pour accueillir la misère du monde

Alexandre Glasberg nait en Ukraine en 1902. Sa famille fuit les pogroms pour l’Autriche en 1921. Le jeune réfugié fuit de nouveau sous l’avancée des nazis, et arrive à Paris en 1931. Il suit le séminaire universitaire de Lyon, où enseigne le père Henri de Lubac. Ordonné prêtre en 1938, il rejoint une paroisse de Lyon dont le curé s’est lancé dans l’accueil des réfugiés et l’aide sociale. L’abbé Glasberg passe toute la guerre à s’occuper de juifs déplacés, à créer des centres d’accueil et à fonder des groupes de résistance pour les sauver. Il est condamné à mort par coutumace en 1942 par la Gestapo, et finit la guerre sous un faux nom. Il poursuit à l’armistice en fondant le Centre d’orientation sociale des étrangers (COSE) pour les retours des camps d’extermination.

En parallèle il s’implique dans la création de l’État d’Israël et fournit notamment des faux papiers à des passagers de l’Exodus en 1947. A partir de 1962 il est horrifié par le sort des Harkis qui débarquent en France et sont installés dans des camps sordides. Pour ces français, Le COSE perd son E et devient le COS. Il ouvre des centres et veille à leur accueil. En 1968, le coup d’état de Pinochet faire fuir de nombreux chiliens qui arrivent en France. Il faut faire quelque chose. L’abbé Glasberg réunit le pasteur Jacques Beaumont, le Docteur Gérold de Wangen et le Compagnon de la Libération Jacques Debû-Bridel, pour fonder France Terre d’Asile en 1971, dont Debû-Bridel devient président jusqu’en 1981. [...]

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Paupérisation de la France : Le grand déclassement

L’histoire manie l’ironie tragique comme personne : chaque président français a eu sa crise. Après la crise financière pour le bling-bling Sarkozy et la crise terroriste pour le multiculturaliste Hollande, le mandat d’Emmanuel Macron, incarnation des vainqueurs de la mondialisation, sera marqué au fer rouge d’une crise économico-sociale sans précédent, dont le mouvement des Gilets jaunes aura été le grand moment, et dont la crise sanitaire qui s’est ensuivie ne fera qu’aggraver les conséquences.

Quelle que soit la définition adoptée, la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000. D’après les données 2018 de l’Insee, le taux de pauvreté atteint 14,8 % de la population française (soit 9,3 millions de personnes) si le seuil de pauvreté est fixé à 60 % du revenu national médian (revenu qui partage la population française en deux groupes égaux). En clair, près d’un Français sur sept vivrait actuellement avec moins de 1 063 € par mois. La dynamique est particulièrement inquiétante, à long comme à court terme : en 2004, le nombre s’élevait à 12,6 % de la population française (7,8 millions) ; la seule année 2017 a vu 400 000 nouvelles personnes tombées dans la pauvreté. En 2019, le taux de pauvreté a retrouvé celui de 1979 ! [...]

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Jean-François Piège : Les petits plats d’un grand

Magnifique ouvrage recensant plus de 1 000 recettes de la tradition culinaire française, l’anthologie du chef Piège ne surprendra pas les amateurs et les professionnels, tant les préparations qu’il propose sont souvent bien connues. Rien n’est oublié, surtout pas les marqueurs fondamentaux de la cuisine française et européenne : les rôtissages, les braisages, les soupes, les fonds, et, particularité première de l’hexagone, les sauces. À la manière d’Auguste Escoffier qui modernisa l’art de la restauration sous ses aspects les plus fondamentaux, Jean-François Piège propose des versions contemporaines des grands classiques régionaux et bourgeois que sont le chou farci, la blanquette de veau, le soufflé au fromage, la tête de veau sauce ravigote ou encore le sauté de veau marengo, sans négliger non plus les desserts ménagers et quelques chefs-d’œuvre pâtissiers.

Nous guidant du plus simple, à l’image de la mayonnaise, au plus complexe comme le lièvre à la royale qui nécessite des heures de préparation et une précision d’orfèvre, le chef Piège dévoile des trésors de pédagogie, écrivant ses recettes de manière à être à la portée de tous, y compris des amateurs qui n’auraient pas eu la chance d’être instruits par leurs mères et leurs grands-mères à l’art d’apprêter les produits frais. Les sauces sont ainsi abordées comme elles doivent l’être, par familles. Toutes les grandes familles de l’aristocratie du goût français sont convoquées, leur généalogie établie : roux blonds, roux bruns à l’espagnole, béchamels, mayonnaises, hollandaises, de réduction, vierges ou beurres travaillés. Elles forment la grammaire du plaisir de la table, liant entre eux les ingrédients et les mets pour qu’ils s’harmonisent et se transcendent. [...]

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Enquête : comment Anne Hidalgo ruine Paris

Cette semaine, Anne Hidalgo a présenté le plan de relance de Paris. Hier, dans Les Échos, elle appelait l’État à un investissement massif pour relancer l'économie parisienne. Madame le maire veut dépenser 1,4 milliard d'euros en 2021 dans son plan et elle souhaite que l’État mette la même somme. Regardons son budget 2021 de plus près.

Il représente plus de 9,4 milliards d’euros. Paris compte 2,2 millions d’habitants. La dépense est donc de 4 272 € pour chacun d’entre eux. Après tout, le maire du Grand Londres, avec son budget de 22 milliards d’euros pour 8,9 millions d’habitants ne dépense que 2 480 € par tête. C’est 1,7 fois moins qu’Hidalgo. Bien fait pour eux. À Madrid, c’est pire : 750 € par habitant, soit 5,6 fois moins qu’à Paris. Les pauvres. Comme Madrid doit être sale. 

Dans ce budget, les recettes courantes s’élèvent à 8,5 milliards. Vous y trouvez les impôts locaux et toutes les participations que la mairie demande aux habitants pour l’utilisation des piscines, des crèches, etc. En face, les élus parisiens affichent des dépenses courantes de 8 milliards. Vous vous dites que 8,5 milliards de recettes contre 8 milliards de dépenses, c’est bien. En théorie oui, mais attendez un peu. [...]

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