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La Grande bouffe : vignobles, les petits s’envolent

Jusque dans les années 1980, en dehors du Bordelais, de l’Al­sace et de la Bourgogne et de quelques pépites ici et là, le choix était limité. Les petits vignobles, ceux qui avaient alimenté les gosiers des ouvriers et des hommes du peuple, dont le vin était vendu en pichet dans les bistrots, étaient condamnés à la dis­parition. Les habitudes alimentaires avaient changé, les goûts aussi. L’histoire semblait écrite : vins d’Auvergne, de Gaillac, du Languedoc et des Côtes-du-Rhône avaient en face d’eux le sort attendu des vignobles d’Argenteuil et de Suresnes, autre­fois abondants, désormais disparus. Il en fut tout autrement, preuve que l’innovation et l’attention portée aux besoins des clients permettent d’infirmer bien des destins fixés d’avance.

Le salut est passé par l’amélioration de la qualité : des cuves en inox, des jus mieux traités, des températures maî­trisées, un soin constant de la vigne, une attention portée lors des ven­danges, de meilleures extractions, une meilleure connaissance des produits phytosanitaires à uti­liser contre les maladies, etc. S’est ensuivie une adaptation de la communication. Le Beau­jolais avait ouvert la voie avec le beaujolais nouveau, aujourd’hui décrié, mais à l’époque véritable innovation culturelle qui permit à cette terre de se faire un nom et d’être apprécié par plusieurs générations. Le vin fut vendu en bouteille et non plus en vrac, les cuvées ont été rendues plus lisibles, le vin est monté en gamme et s’est diversifié autour des rouges, des rosés, des blancs et des crémants. [...]

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Les zéros sociaux : #100kgetsereine

« 50 kg et sereine », « 100 kg et sereine », « Plus de 70 kg et sereine », « Je suis fière de mes seins », « Aujourd’hui, je vous présente mon minou », etc. Oups, ce dernier hashtag n’existe pas. Du moins pas encore. On ne compte plus les opérations de photo-bombing, pas toujours avec des « bombes » au sens métaphorique du terme, sur Instagram ou Twitter. Les jeunes femmes sont en lutte contre le « bodyshaming », ou le fait de rendre honteux les gens parce que leurs corps ne correspondraient pas aux standards, qu’ils soient trop gros, trop maigres, couverts de pustules ou de poils roux.

La cause n’est pas indigne. Il est vrai que le harcèlement scolaire est un fléau, les jeunes différents ou présentant des difformités physiques évidentes étant souvent les cibles privilégiées des moqueurs. Mais pourquoi donc s’exhiber ainsi sur les réseaux sociaux ? Pourquoi faire d’une maladie – l’obésité morbide en est une – une fierté ? Une jeune femme souffrant d’anorexie mentale doit être soignée. Une jeune femme pesant 135 kg pour 1m60 doit aussi se guérir, ou tenter de le faire, quand bien même l’opération n’est pas toujours aisée. Est-il normal de peser plus lourd sur la balance qu’un talonneur fidjien ou le poids-lourd de MMA Francis N’Gannou en étant une gamine haute comme trois pommes ? [...]

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Tribune : Souveraineté nationale, la fuite en avant de l’Union européenne

« L’autonomie stratégique européenne » : en poursuivant cette chimère les instances européennes, à coups de rapports et de résolutions, sous couvert d’institutions européennes aux titres ronflants mais impuissantes, telles que la Politique de Sécurité et de Défense Commune ou le Service Européen d’Actions Extérieures, en usant de financements comme celui du Fond Européen de Défense, les parlementaires de la majorité, main dans la main avec la Commission européenne, s’attachent à dépecer méthodiquement les prérogatives régaliennes des nations pour les soumettre à la politique de l’Union européenne, qui n’est autre qu’une aventure fédéraliste n’osant pas dire son nom.

La doxa bruxelloise ne s’embarrasse pas de cohérence. Les solutions nationales s’imposent, aussi bien dans le monde que sur notre vieux continent. Les montées en puissance diplomatiques et militaires des nations ottomanes, russes, égyptiennes, chinoises ou iraniennes, héritières des grandes civilisations, en sont des illustrations difficilement discutables. Plus proche de nous, la récente vente des avions de combat Rafale à la Grèce, contrat conclu entre deux Nations souveraines, ne s’est pas embarrassée de considérations communautaires. [...]

Denis Horeau : « Les rabougris ne peuvent pas faire cette course »

Que pensez-vous du vainqueur de cette édition, Yannick Bestaven ? 

Je suis très content de voir Yannick Bestaven vainqueur pour beaucoup de raisons. Tout d’abord, parce que c’est la pugnacité et la ténacité qui sont récompensées. Yannick est un grand navigateur. Il a du talent, de la combativité : il fait du bateau à voile à très haut niveau depuis 25 ans. Il navigué avec tout le monde. Il a gagné la Mini Transat, la Transat Jacques-Vabre. Pour moi, sa victoire est une reconnaissance offerte après beaucoup d’années de bagarre et d’investissement. Il n’était pas très connu du grand public, mais dans le milieu de la course au large il est connu et aimé. C’est un magnifique vainqueur.

Cette édition a-t-elle été à la hauteur des précédentes ?

Il n’y a pas deux éditions pareilles et cela est très caractéristique du Vendée-globe. Déjà, la course a lieu tous les quatre ans comme tous les grands évènements sportifs (la coupe du monde, les jeux olympiques…). En quatre années, la société, la sociologie, les technologies évoluent énormément. Tous change très rapidement en ce laps de temps. De quoi se souvient-on de l’édition de 1989 ? De Titouan Lamazou, lequel a pris une autorité nationale et au-delà. Pour 1992, nous nous souvenons un peu de la victoire d’Alain Gautier, mais plus vraiment du reste. La disparition de quatre bateaux pour 1996. On perd surtout un grand navigateur qu’était le Canadien Gerry Roufs. 2000 ; on se rappelle la victoire de Michel Desjoyeaux. En 2004, c’est la deuxième victoire du bateau PRB. On se souvient de la deuxième victoire de Michel Desjoyeaux en 2008, et en 2012 du vainqueur Gabart, évidemment. Pour 2016, on pense à Armel le Cléac’h. En 2020, nous allons nous souvenir du Covid, et du sauvetage de Kévin Escoffier. Nous nous souviendrons aussi de ces bonifications de temps qui sacrent non pas celui qui passe la ligne d’arrivée en premier, mais celui qui a porté assistance à Kévin. Comme toutes les autres éditions, celle de 2020 est singulière. [...]

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Affaire Yuriy : la droite dans le panneau

Yuriy aurait été la victime innocente, celle qui passait-là, et qui se serait fait attraper par une bande de voyous, comme l’aurait été n’importe quel autre adolescent traversant la dalle de Beaugrenelle à 18h ce vendredi 15 janvier. Encerclé, roué de coups à dix contre un et laissé pour mort à même le béton – scène effroyable qui, saisie par les caméras de vidéosurveillance, a fait le tour de nos écrans – Yuriy serait le dernier martyr d’une trop longue série à tomber sous les coups de la racaille, cette gangrène française. La mère du jeune homme, particulièrement réactive médiatiquement, était la nouvelle incarnation de ces innocents faits victimes aléatoirement, et à laquelle il fallait dès lors s’identifier. Un seul mot d'ordre : #JeSuisYuriy.

Depuis une semaine, la droite croit tenir avec cet événement, comme elle le croit à chaque fait divers, la preuve de son analyse sur l’ensauvagement de la société qui fera enfin la différence politiquement. Preuve en est Valeurs actuelles, qui en a fait sa Une cette semaine. Beaucoup sont sincèrement scandalisés, les plus pervers exultent de tenir pareil trésor argumentatif : il faudrait des martyrs pour émouvoir et prouver ; en voilà un. Cette course en avant alimente des réactions toujours plus emphatiques et radicales qui, en plus d’essorer notre belle langue, ne gardent que peu de soucis de la réalité des faits. Le diktat de l’image et de l’instant accélère les prises de position et les rendent, du fait même de la sacralité de l’image et de sa supposée parfaite objectivité, particulièrement tranchées, faisant fi de tout contexte. Les réseaux sociaux et la machine médiatique se font caisses de résonance et finissent d’alimenter le capharnaüm général. [...]

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Clémence Pouletty : Fille de lettres

Vos chroniques littéraires sont hétéroclites. Vous passez de la littérature antique de Sénèque à la dialectique éristique de Schopenhauer – fort utile pour nos hystériques débats télévisuels – sans oublier la littérature contemporaine. Une de vos vidéos invitait d’ailleurs à réussir notre confinement avec les Lettres à Lucilius. Toujours aussi stoïque dans cette crise sans fin ?

Sénèque l’écrit, la nature sachant tous les malheurs auxquels nous les hommes sommes destinés, a placé dans « l’habitude » une forme de « douceur ». Ce, afin de nous réconforter. Nous sommes désormais presque coutumiers du fait de rester chez nous, de porter un masque, de remplir des attestations. D’être seuls et confinés. C’est que la nature ferait donc bien son travail de nature. Mon stoïcisme est néanmoins mis à mal par un hédonisme naturel qui, mis en cage, étouffe. Alors je relis Sénèque, pour tenter de continuer d’y croire un peu.

Votre vidéo sur L’Art d’aimer d’Ovide est très drôle. Elle a deux ans et vous disiez alors qu’il fallait « savoir où trouver les jeunes filles et les jeunes hommes ». On fait comment avec la pandémie ?

C’est une expérience catastrophique dont il faut savoir tirer profit. Les réseaux sociaux peuvent aussi nous rapprocher. Nous avons cette chance de pouvoir nous envoyer des messages – n’est-ce pas romantique et follement romanesque de s’écrire un long mois avant d’enfin se voir, en vrai ? Un quitte ou double des plus excitants. [...]

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Emmanuelle Ménard : « Il y a un droit d’antériorité de la religion chrétienne »

Quel était-le contenu de cet amendement qui a suscité la polémique ?

Par cet amendement, je souhaitais modifier l’article 1 de la loi de 1905 et réaffirmer que « l’Etat français, fort de son héritage chrétien, assure le libre exercice de culte et la liberté de conscience ».

Pourquoi avez-vous souhaité réécrire le premier article de la loi de 1905 ?

Je vous voulais réaffirmer ce qu’est notre pays : la France appartient à la civilisation chrétienne. Elle est pétrie de culture judéo-chrétienne. Son espace, ses paysages, ses monuments, ses musées ou encore sa littérature sont intimement liés à la civilisation judéo-chrétienne. Et, à ce titre, il ne saurait être question de mettre sur le même plan les différentes confessions pratiquées sur notre territoire. Oui, il y a un droit d’antériorité. Personne ne le conteste quand il s’agit de pays du Maghreb ou du Proche-Orient. Pourquoi ne le proclamerions-nous pas quand il s’agit de la France ? [...]

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Con comme Lalanne

France soir a, paraît-il, été un journal. Dans son ours se sont succédé Pierre Lazareff, Robert Hersant, Yves de Chaisemartin, Jean Dutourd, Max Gallo, Jean-Paul Sartre, ou encore Joseph Kessel. Désormais, ce nom qui ne manque pourtant pas d’élégance est celui d’un site spécialisé dans la génération de clics, via des papiers complotistes grotesques, dûment transformés en argent via des publicités qui invitent l’internaute à se faire agrandir le haricot grâce à un légume miracle, ressemblant généralement à une sorte d’aubergine.

La dernière trouvaille éditoriale de ce média a été la publication d’un manifeste titré « J’Appelle! », en référence au « J’accuse », et dont l’auteur n’est autre que Francis Lalanne. Cet amateur de costumes pirate des Caraïbes achetés à la foir’fouille fut particulièrement engagé avec les Gilets jaune, ne ménageant pas sa peine pour leur être ce que fut Lamartine à la révolution de Février. Dans ce texte qui ressemble à une forêt de majuscules sauvages, Francis Lalanne demande solennellement « aux hauts dignitaires » de l’armée française de mobiliser leurs moyens pour destituer Emmanuel Macron et son gouvernement, et les traduire pour « haute-trahison » devant une « Haute cour ». Pour assurer la transition entre ce coup d’État et la présidentielle de 2022, Francis Lalanne a prévu de confier la régence à Gérard Larcher.

Lire aussi : Thomas Baignères : « Avec OLVID, l’utilisateur est souverain sur ses propres données »

L’actuel président du Sénat étant l’incarnation exacte des caricatures de Louis-Philippe premier ce qui n’augure pas d’un avenir politique très long, il semblerait que Francis Lalanne fasse l’erreur classique consistant à déposer un roi pour récolter un empereur quelques temps plus tard. Enfin, ce serait le cas si « J’Appelle! » (sic pour la majuscule) avait une chance d’aboutir, ce qui n’est raisonnablement pas le cas dans notre espace-temps.

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