
Samedi 30 février 2011. Les supporters marseillais pénètrent au centre d’entraînement de La Commanderie, remontés et déterminés comme rarement dans un club pourtant déjà si bouillant d’ordinaire. L’Olympique de Marseille n’est pas un simple club de football, c’est une institution, l’âme d’une ville qui cultive avec ferveur son particularisme. Tous les Marseillais supportent l’Olympique de Marseille ; enfants, adultes, pauvres, riches, électeurs de Mélenchon ou de Marine Le Pen. Les propriétaires passent, les supporters restent. Seuls quelques joueurs, quelques hommes exceptionnels dûment sélectionnés par la foule marseillaise, à l’image de Bernard Tapie ou Pape Diouf, peuvent prétendre ne pas être les simples salariés d’une ville qui vibre pour le ballon rond quotidiennement.
De nombreux commentateurs ont été choqués par les images montrant ces ultras des tribunes transformés en émeutiers, se livrant à une sorte de jacquerie des sans-grades du football contre les élites d’un sport qui semble de moins en moins lié à ceux qui le font vivre. Les faits marqueront durablement l’opinion. Dès le lendemain, l’Américain McCourt commentait les évènements, les comparant à l’invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump en janvier dernier, se positionnant habilement en victime de l’arbitraire de la plèbe. Avait-il été conseillé par Jacques-Henri Eyraud, à l’origine professionnel de la communication et intervenant régulier de Sciences Po Paris dont il est sorti diplômé à la fin des années 1980 ? [...]












