Skip to content
Jacques-Henri Eyraud : faites entrer l’accusé

Samedi 30 février 2011. Les supporters marseillais pénètrent au centre d’entraînement de La Commanderie, remontés et déterminés comme rarement dans un club pourtant déjà si bouillant d’ordinaire. L’Olympique de Marseille n’est pas un simple club de football, c’est une institution, l’âme d’une ville qui cultive avec ferveur son particularisme. Tous les Marseillais supportent l’Olympique de Marseille ; enfants, adultes, pauvres, riches, électeurs de Mélenchon ou de Marine Le Pen. Les propriétaires passent, les supporters restent. Seuls quelques joueurs, quelques hommes exceptionnels dûment sélectionnés par la foule marseillaise, à l’image de Bernard Tapie ou Pape Diouf, peuvent prétendre ne pas être les simples salariés d’une ville qui vibre pour le ballon rond quotidiennement.

De nombreux commentateurs ont été choqués par les images montrant ces ultras des tribunes transformés en émeutiers, se livrant à une sorte de jacquerie des sans-grades du football contre les élites d’un sport qui semble de moins en moins lié à ceux qui le font vivre. Les faits marqueront durablement l’opinion. Dès le lendemain, l’Américain McCourt commentait les évènements, les comparant à l’invasion du Capitole par des partisans de Donald Trump en janvier dernier, se positionnant habilement en victime de l’arbitraire de la plèbe. Avait-il été conseillé par Jacques-Henri Eyraud, à l’origine professionnel de la communication et intervenant régulier de Sciences Po Paris dont il est sorti diplômé à la fin des années 1980 ? [...]

Expatriés : La fuite des cerveaux

À l’instar des pays du tiers-monde, victimes depuis les années 1950 des facilités du monde globalisé et de l’attrait opéré par les pays développés, la France subit une fuite de ses cerveaux : nombre de ses enfants talentueux se laissent attirer par l’ailleurs, considérant que les conditions y sont plus favorables pour mener leur vie.

Selon les estimations au 1er janvier 2020, près de 2,5 millions Français vivent à l’étranger, une population qui croît chaque année de 3 à 4 % ces vingt dernières années, soit environ 100 000 personnes par an. La majorité des expatriés s’exportent dans les pays de l’OCDE : par ordre de préférence, ce sont la Suisse (190 000), les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique, l’Allemagne et le Canada (100 000) qui sont les destinations privilégiées. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Le regroupement familial, histoire d’une erreur française 2/2

Dès l'après-guerre, le nombre d’immigrés en France a atteint un niveau très élevé. Les mesures prises sous la présidence VGE vont faire évoluer le cadre juridique, modifiant par-là les flux d’immigration mais dans un sens autre que celui communément admis.

Dès 1974, quelques jours après l'arrêt de l’immigration pour motif économique, le gouvernement Chirac a également interdit par une simple circulaire l’immigration familiale. Cette interdiction est cependant contournée par les étrangers grâce au visa touristique, permettant ensuite de se faire régulariser plus facilement une fois sur le sol français. C’est une association d’aide aux travailleurs immigrés, le GISTI, qui est venue porter la fronde, en déposant très rapidement un recours en annulation pour non-respect du droit d’avoir une vie familiale normale. De fait, le gouvernement s’est trouvé forcé de rétropédaler un an plus tard pour ré-autoriser le regroupement familial (consacré par plusieurs textes dont les directives européennes sur la protection de la famille introduites en droit français en 1974). Soucieux de respecter les engagements européens, Valéry Giscard d’Estaing a ensuite instauré par le décret du 29 avril 1976 un cadre plus précis au regroupement familial, afin que le processus soit moins à la discrétion des autorités compétentes. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Femmes de droite
La place de la femme, la menace sexiste arabo-musulmane, l’histoire du mouvement féministe : autant de sujets que les deux jeunes femmes abordent sans tabous, dans une discussion vive et passionnante.

Femmes de droite - teaser from L'Incorrect on Vimeo.

Regarder l'entretien intégral
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Gregor Puppinck : « Il faut empêcher l’affirmation par la CEDH d’un droit de l’homme à accéder à la pornographie »

Quels sont les faits qui ont amené la CEDH à se demander si l’accès à la pornographie est un droit de l’homme ?

C’est une affaire très simple : en Slovaquie, un détenu de longue durée voulait avoir accès à du matériel pornographique en prison, en violation du règlement. Il se l’est donc fait confisquer. Il a alors porté plainte dans son pays, et maintenant devant la CEDH, au motif que cette privation serait une atteinte à ses droits garantis par la convention, en particulier à la liberté d’expression et à la protection de la vie privée.

Le Centre européen pour le droit et la justice a produit un document, pour refuser cette reconnaissance de l'accès à la pornographie comme étant un droit de l’homme. Quels sont les éléments que vous avancez ?

Il y en a toute une série, qui sont particulièrement valides dans le contexte carcéral, mais qui peuvent aussi s’appliquer au-delà. Tout d’abord, les États au titre de la CEDH peuvent limiter l’exercice de certaines libertés par respect pour la morale, s’agissant en particulier de la liberté d’expression. Cependant, la notion de morale est aujourd’hui rarement utilisée par les juges de Strasbourg parce que la société est beaucoup moins certaine quant à l’identité de la morale. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Ils sont Français mais au service de l’étranger

« À vendre les habitations et les migrations, sports, féeries et conforts parfaits, et le bruit, le mouvement et l’avenir qu’ils font! / À vendre les applications de calcul et les sauts d’harmonie inouïs. Les trouvailles et les termes non soupçonnés, possession immédiate », chantait Rimbaud dans un dernier élan. Le poète n’avait jamais été aussi voyant. Car c’est l’histoire de ce qui nous arrive, l’histoire de notre France arrivée à terme.

C’est l’histoire de Bernard Kouchner qui, à la tête du cabinet No Borders consultants, conseille une banque espagnole au Sénégal contre des intérêts français. C’est histoire de Gérard Longuet qui, encore en Afrique, défend les intérêts de groupes belges concurrents des Français. C’est l’histoire de Clara Gaymard, femme d’ancien ministre, énarque et Cour des comptes qui, après avoir présidé l’Agence française pour les investissements internationaux se met au service du groupe américain General Electric qui finit par racheter le « fleuron français » Alstom. C’est l’histoire de Jean-Pierre Raffarin rappelé à l’ordre par les services français tant sa subordination aux intérêts chinois devient criante. C’est l’histoire de Nicolas Sarkozy qui siège au conseil d’administration de trois groupes français à l’actionnariat qatari et représente protocolairement encore la France à l’étranger tout en faisant du lobbying pour des entreprises privées. C’est aussi l’histoire de son jumeau ennemi Dominique de Villepin qui défend des intérêts industriels chinois en Europe. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Rémi Brague sur la loi séparatisme : « Au fond, nous sommes tous partisans de la théocratie »

Annoncé par Emmanuel Macron lors de son discours des Mureaux, le projet de loi contre le séparatisme a depuis été renommé projet de loi confortant le respect des principes de la République. Que signifie ce changement de nom ?

Il est symptôme d’un glissement : on a commencé par parler du « séparatisme islamique ». Puis on a noyé le poisson en mettant le mot au pluriel pour parler des « séparatismes ». Enfin, on en vient aux principes de la République. C’est un moyen commode pour refuser de nommer l’adversaire. Remarquons cependant que, jusqu’à maintenant, et au moins dans le discours officiel, le pire a été évité : il est bien plus juste de parler de « principes » que de « valeurs », par exemple à propos de la laïcité.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a récemment déclaré : « Nous ne pouvons plus discuter avec des gens qui refusent d'écrire sur un papier que la loi de la République est supérieure à la loi de Dieu. » Comment expliquez-vous ces propos, qu’aucun croyant ne peut sérieusement approuver ?

D’abord, une remarque peut-être un peu paradoxale : c’est tout à fait à l’honneur de ceux qui ont refusé de signer que de l’avoir fait. Il aurait été tellement plus facile de jurer n’importe quoi, puis de s’estimer ensuite délié de son serment une fois en position de force. J’explique les propos de ce ministre par une ignorance, probablement voulue, de l’abîme qui sépare diverses conceptions de ce que c’est que la Loi de Dieu. « Aucun croyant », dites-vous. Ce mot parapluie « croyant », camoufle l’abîme en question. Croyant en quoi ? Aux soucoupes volantes ? Au fond, nous sommes tous partisans de la théocratie. Ce qui ne veut évidemment pas dire le pouvoir des hommes de religion, mais bien, comme chez Flavius Josèphe qui a inventé le mot à l’époque du Christ, le règne de la Loi divine. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Pierre Vermeren : La France au stade palliatif

Dans La France qui déclasse, vous affirmez que la France, depuis trente ans, s’appliquerait le modèle économique qu’elle imposait jadis à ses anciennes colonies. Pouvez-vous nous rappeler les principales étapes de ce glissement d’un modèle économique à un autre ? Vous semble-t-il abusif de considérer que la France s’est ainsi auto-tiers-mondisée ?

Pour faire simple, la France a créé au XIXe siècle un système économique dual. Au nord et à l’est, un système mixte industriel et agricole, une économie modernisée tournée vers les puissances industrielles (Allemagne, Suisse, Italie du nord). Au sud et à l’ouest, une économie mixte agricole et commerciale, voire mercantile, tournée vers l’empire colonial, le grand commerce et la mer. Dans les deux cas, les banques financent : à Lyon et dans le Nord, l’industrie ; à Bordeaux et Marseille, l’expansion coloniale et une économie spéculative et rentière (BTP, équipements de l’empire, économie maritime). À Paris, les deux systèmes cohabitent, même si l’industrie l’emporte.

Les années soixante portent un rude coup à l’économie coloniale de l’ouest : le pouvoir gaulliste décide son industrialisation. Puis les années soixante-dix et surtout quatre-vingt frappent l’économie industrielle du nord et de l’est. Que faire, puisque la France est un pays riche, où il y a beaucoup de capitaux à investir ? À bas bruit, nos élites dirigeantes, financières et politiques, décident dans les années quatre-vingt-dix de sacrifier l’industrie et la production françaises, et de se convertir à l’économie spéculative, commerciale et rentière. À l’Allemagne l’industrie, à la France la finance, la grande distribution, les BTP et les services. Les crises de 2008 et 2020 ont démontré l’erreur tragique de ce choix. La France s’apparente à une riche économie rentière du sud, quand les machines tournent en Allemagne, en Chine et au Japon. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest