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Yves Camdeborde : « Les restaurants sont la vie des quartiers »

Avec quelques jours de recul, que vous inspire le couvre-feu instauré par le gouvernement dans plusieurs métropoles ?

En tant que citoyen je me plie aux dispositions de l'État, si c'est pour protéger la santé des un et des autres. Quand bien même j'ai du mal à les comprendre, je les entends et je les accepte. Mais je suis en colère, parce que si nous en sommes arrivés là c'est à cause d'une partie de ma corporation qui n'a pas fait l'effort de respecter les règles. Qui a tapé en l'air, estimé que le Covid c'était des conneries, et par conséquent refusé de faire le nécessaire. On a tendu le bâton pour se faire battre, scié la branche. Dans ce métier qu'est la restauration, on sait pertinemment qu'il y a quatre-vingt pour cent de gens qui n'ont rien à y faire. Ce ne sont pas des professionnels, ce sont des businessmans et des je-m'en-foutistes. Une fois de plus, la réalité est que ce métier tout le monde veut le faire et tout le monde le fait. Je suis dur avec mon métier, mais si il n'était pratiqué que par des professionnels on ne serait pas dans cette situation. Il y en a marre que tout le monde fasse ce métier n'importe comment au détriment des gens sérieux, honnêtes et droits, des vrais citoyens qui respectent la loi et qui sont, encore une fois, pénalisés. Je vais être cash : remettons le métier aux professionnels.

Comptez-vous tenir malgré tout un service du soir, quitte à le commencer à 18 heures ?

Oui, bien sûr. Une fois de plus, on va s'adapter. Pour rester ouvert. Même pas pour rester en vie, même pas pour gagner de l'argent, mais pour le symbole. Je crois que c'est important que les restaurants restent ouverts, car ils sont un élément important de la vie des quartiers, parce que le sourire que l'on donne aux gens c'est important dans cette crise. C'est important que l'on soit présents, sur le terrain, parce le restaurant est un endroit privilégié pour le lien social. On affrontera cette crise debout, et pas couchés en se cachant. je vais rester ouvert, et on servira sans interruption de midi à vingt heures.

Il y a un problème avec les assurances qui ne veulent pas reconnaître la pandémie, même si on l'a dans les clauses. Elles ne nous accompagnent pas du tout, et c'est un véritable scandale. Surtout les assurances Axa, les pires de toutes, qui n'ont fait absolument aucun geste

Yves Camdeborde

Vos employés font-ils corps avec leur établissement dans cette période où tout est incertain ?

Mes employés n'ont qu'une envie, c'est de travailler. Ils en ont marre autant que moi des changements permanents de directives, que je dois malheureusement opérer presque chaque semaine. Pour eux c'est très dur parce que je mets des choses en place et trois jours plus tard tout a changé. Je m'adapte à ce qu'on me demande de faire, et ça rend la situation très compliquée pour eux. C'est très dur, doivent être très réactif et changer en permanence leurs méthodes de travail. Mais ils sont guidés par une envie : sauvegarder leur emploi, travailler, et continuer à donner du plaisir aux gens [...]

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Encyclique Fratelli tutti : la question de la guerre 2/2

Des questions qui n’en restent pas moins pendantes

Que la guerre soit intrinsèquement un mal, et un mal terrible et déshumanisant, qui pourrait le contester ? Du moins si l’on se réfère à une conception de l’homme dont la dignité personnelle est intangible et surplombe tout pouvoir et toute puissance, et si l’on n’a pas pour cadre de pensée une vision dialectique de l’Histoire. Que la paix soit l’objectif premier à poursuivre dans les relations entre les nations, qui encore pourrait le contester ? Du moins si l’on recherche le bien de tous les hommes, à quelque nation qu’ils appartiennent et quelle que soit leur situation, et si l’on reconnaît que ce bien est d’abord en dépendance de la nature même de l’homme, non d’une idéologie qui autoriserait qu’on leur imposât.

Que la négociation doive prévaloir pour régler les différends, de préférence la négociation multilatérale dans un cadre universellement agréé, encore une fois qui pourrait le contester ? Du moins, encore, si l’on admet que la nation, toute légitime qu’elle soit, n’est pas l’absolu ni la fin ultime de toute politique, que la retenue est une vertu dans les rapports humains, et que tous acceptent de se référer à un code moral et juridique dont ils ne sont pas intégralement maîtres parce qu’il vient de plus haut… [...]

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Samuel Paty : l’islamophobie tue ceux qui en sont accusés

Il ne fallait pas écrire à chaud sur l’acte terroriste islamiste le plus révélateur de ces dernières années et dernières semaines pourtant particulièrement chargées, sous peine de se fâcher tout rouge. Symptomatique de la maladie mortelle qui afflige la France, la décapitation du professeur de collège Samuel Paty au terme d’une cabale lancée sur internet par des parents d’élèves musulmans en colère est une synthèse s’inscrivant dans une longue séquence politico-médiatique riche en enseignements divers.

De la libération de Sophie Petronin (devenue Maryam Pétronin après sa conversion à l’islam lors de sa détention au Mali, endroit dans lequel elle souhaite ardemment revenir) en échange du retour de plus de deux-cents combattants djihadistes à l’assassinat de Victorine par une sinistre racaille, en passant par l’attaque ultra-violente du commissariat de Champigny-sur-Marne ou par le guet-apens tendu à des policiers dans l’Oise ou à Cherbourg, sans oublier l’assassinat d’un jeune homme de 22 ans en marge d’une soirée chicha organisée dans le Val-d’Oise, chaque jour confirme les intuitions des plus pessimistes : la France est malade. Ce ne sont pas les discours, les bougies et les fleurs qui feront passer le condamné du sursis à la vie, mais bien la force légitime d’un Etat qui a trop longtemps oublié qu’il faut sévir pour se faire respecter. [...]

Encyclique Fratelli tutti : la question de la guerre 1/2

Déroutante, l'encyclique l’est d’abord par son approche même d’une fraternité universelle où la dimension religieuse est mise au second plan par le Pape lui-même au profit d’un humanisme plus terrestre auquel l’Église catholique ne nous avait pas accoutumés. Elle ne l’est pas moins par la caution recherchée de l’imam Ahmad-Al-Tayyeb que le Pape François a rencontré à Abou Dhabi en février 2019 pour signer avec lui un Document sur la fraternité pour la paix mondiale et la coexistence commune ; même s’il est vrai que le Pape veut s’inscrire dans l’esprit de Saint François d’Assise allant rencontrer le sultan d’Égypte.

Elle l’est encore par le thème du « rêve » qui revient à de multiples endroits, comme si là était la source d’inspiration, plutôt que dans une réflexion construite, argumentée et documentée sur la société humaine de notre temps considérée à l’échelle du monde. Il est vrai que cette façon d’aborder les sujets est familière au Pape François, et qu’elle correspond peut-être davantage à notre façon moderne de poser les problèmes. Un lecteur habitué aux documents pontificaux relatifs à la doctrine sociale de l’Église pourrait trouver encore d’autres sujets de perplexité.

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Ceux qui savent qu’on nous ment
Schopenhauer, dans son petit manuel De l’art d’avoir toujours raison, liste les stratégies à adopter pour réduire son adversaire à néant lors d’une discussion sans avoir néanmoins à se farcir les exigences de la recherche de la vérité. C’est efficace et drôle mais, mieux que cela, son opuscule montre comment le langage contient en lui sa propre destruction et comment sa destruction figure un des aliments essentiels de la conviction infondée en raison, soit ce que l’on appelle en philosophie l’opinion – son contraire. On retrouve peu ou prou et à divers niveaux la quasi-totalité des techniques exposées par Schopenhauer dans le discours complotiste qui, comme tout discours autonome,autoréférentiel, a, de son propre point de vue, toujours raison. C’est l’avantage d’être seul à parler. On n’avancera pas beaucoup sur le chemin de la vérité,mais on ne risque pas de se contredire, ou du moins personne ne nous le fera remarquer. [...]
Cambacérès vs Moretti, ou l’impossible loi de la filiation sans père

Ce jour d’automne, sur la place, pas de poitrines tricolores mais des retraités fragiles et des jeunes. Sur l’estrade, le tempo des interventions est vif, sans discours inutile ni attendrissements, les drapeaux verts et rouges caressent le vent. Des rappels de propos, décomplexés, de ministres sur la procréation, l’avortement, des extraits de films célèbres mettant en scène « la figure du père » passent sur un écran géant. De la musique mais pas d’excitation. Ils ne lâchent rien, nous non plus, pensa Moretti.

Le ministre Claude Allègre ne fut-il pas obligé de démissionner, en 2000, face à une foule si nombreuse d’enseignants, vent debout contre sa réforme, qu’on ne pouvait sortir des métros ? Plus récemment, en 2012, Dominique Bertinotti, n’avait-elle pas dû retirer sa « loi famille » ?

La surprise vint de La Rochère, débarquée de Compiègne. A peine arrivée, elle harangua la foule. C’était comme si elle avait mangé de l’aigle. Dans un discours offensif, collant au « droit juste », elle égrena la liste des transgressions de la loi bioéthique, depuis la PMA sans père jusqu’à la disponibilité de l’embryon, l’avortement assassin et les chimères. Dénonçant le business procréatif dont le Salon de l’enfant avait donné une preuve cynique, elle lança au Président Macron : «  Monsieur le Président, quelles sont vos priorités ? Au service de qui êtes-vous ? Des Français ou des idéologues déconnectés du réel ? Vous avez souhaité cette loi… Vous avez permis qu’en France, on arrive à imaginer l’effacement des pères » ! Et, se tournant vers l’hôte de l’Hôtel de Bourvallais, « Ministère de l’Injustice »—lequel faisait la sourde oreille—, elle dénonça une loi « ignoble », n’hésitant pas à qualifier le texte de loi de « texte de la honte ». Elle fustigea l’esclavage des corps, la condition faite aux femmes dont se gardaient de parler les féministes patentées. Elle pointa (pas gentil, mais vrai) l’âge crépusculaire des défenseurs de la loi alors que ses lieutenantes, casquées de rouge, juvéniles et fringantes, Mariannes et fières de l’être, représentaient les forces vives de notre pays. Elle revint sur la fracture sociale que ce projet de loi exacerbait. Sur le coût d’une loi inique que le pays aurait à supporter, en période de crise économique et sanitaire sans précédent. Dénonça le double langage — ou marivaudage—du premier ministre, monsieur Castex, en plein accord avec une loi privant l’enfant de père, lui père et grand-père comblés ! Un avocat talentueux rappela au micro que, dans l’Antiquité romaine, le pater familias avait droit de vie et de mort sur ses enfants. C’était donc cela que le gouvernement voulait ! On fit une minute de silence, particulière émouvante —à l’heure, impensable, de l’allongement des délais d'avortement —pour les enfants à naître, orphelins de naissance.

Il est vrai que rien n’est perdu. En politique, rien n’est jamais perdu. Mitterand n’avait-il pas reculé, sans coup férir, quand la France entière fut dans la rue pour défendre l’Ecole libre, demandant le retrait, en 1984, de la loi Savary ? Le ministre Claude Allègre ne fut-il pas obligé de démissionner, en 2000, face à une foule si nombreuse d’enseignants, vent debout contre sa réforme, qu’on ne pouvait sortir des métros ? Plus récemment, en 2012, Dominique Bertinotti, n’avait-elle pas dû retirer sa « loi famille » ? La Grande Taubira elle-même, avait-elle pu la faire passer, en 2013, comme elle l’espérait, la loi de la PMA, en même temps que la loi du mariage pour tous ? Certes, pensait notre Ogre. Mais le Président actuel est têtu. Que lui chaut, comme le disait la Capitaine, la vie de famille, le respect de l’amour maternel, de l’amour paternel, les droits de l’enfant, la dépossession d’une partie de notre humanité ? La Rochère encourageait ses troupes : rien n’était arrêté ! Le processus législatif était encore long. Elle interpellait les hommes politiques. A eux de sortir de leurs fourrés, de prendre leurs responsabilités, d’agir, une bonne fois ! De résister, enfin ! [...]

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Un étonnant « débat » autour des racines chrétiennes de la Corse
Santa Maria, San Roccu, A Santa di U Niolu, A Madonna di Pancheraccia, A Madunuccia d’Ajaccio, San Ghjisè à Bastia, San Francescu, Santa Chjara, San Antone, Santa Maria di Lota, San Martinu, Santa Divota : en Corse, les noms des lieux communs, des communes et des pèlerinages liés à la chrétienté et à la religion catholique ne manquent pas. Ils marquent la présence d’au moins 1500 ans de christianisme, et les églises, les clochers, les cimetières, les croix implantées sur le bord des routes et des chemins ont façonné les paysages et les hommes au cours des siècles. Nier l’évidence que cette terre de Corse soit chrétienne relèverait a minima d’une cécité extraordinaire ! [...]
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El Pueblo : changer de régime

Vous avez réagi avec humour à la polémique née de cette jeune femme voilée qui a donné des conseils de cuisine économique sur BFM, en relayant votre vidéo d’avril 2019 intitulée « Comment faire un repas ECO+ pour les chômeurs/rsaistes/étudiants à 0,70 centime d’euros ». On vous voit faire frire dans une friteuse de professionnel des lardons. C’est bon ?

J’ai déjà tourné à plusieurs reprises des vidéos « culinaires » destinées aux étudiants, chômeurs et autres oubliés. Le but de cette série de vidéos est de prouver que l’on peut bien manger sans forcément dépenser beaucoup d’argent. L’initiative de cette jeune femme est louable car on sent qu’en tant qu’ancienne étudiante boursière, elle a connu les galères financières et les fins de mois difficiles. Plusieurs centaines de milliers d’étudiants en France sont dans le même cas et ils n’ont pas forcément des parents avec eux pour les aider. Je sais par quoi ils passent et ce n’est pas évident. [...]

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