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Quand l’achat devient un vote
Dans un certain nombre de dystopies, les grandes entreprises ont pris un telle importance qu'elles ont court-circuité les États. Une importance financière, sociale, idéologique, logistique, voire diplomatique. Cette idée a été particulièrement développée dans les oeuvres cyberpunk : par exemple, le livre de Philip K. Dick adapté au cinéma sous le titre Blade Runner, le jeu Cyberpunk 2077 de CD Project red, le mythique Neuromancien de William Gibson, ou encore le film Ready player one de Spielberg. Les littéraires, ceux qui rêvent, ont souvent une longueur d'avance sur les prévisions rationnelles des économistes et autres chercheurs. Pour notre malheur à tous, ils ont eu plus qu'une idée : une intuition. [...]
Deux amis ouvrent une librairie conservatrice à Nancy
Sylvain Durain est un essayiste lorrain, qui publie régulièrement des portraits et des analyses dans L'Incorrect. Avec un ami, il ouvre une librairie à Nancy. Leur objectif : "réappropriation physique, géographique et sociale du bien culturel". Deux librairies emblématiques ont récemment fermé dans le quartier latin. A contrario, Amazon fait des chiffres record. Qu'est-ce qui vous donne espoir pour ouvrir une librairie dans ce contexte ? Sylvain Durain : Le quartier latin a vu aussi « La Nouvelle Librairie » ouvrir ses portes et, malgré les attaques, force est de constater qu'elle est bien présente dans ce quartier emblématique de Paris. Prenant exemple sur elle et sur « La Libraire Française », nous avons pour ambition de réinvestir le centre-ville de Nancy en créant une librairie, certes, mais aussi un lieu de vie avec tous les mois deux événements marquants : conférences, débats, dédicaces, expositions, etc. Nos visiteurs pourront aussi, à terme, découvrir des produits locaux et passer un moment convivial dans nos locaux grâce à notre espace détente. La librairie tiède c'est terminé, il faut mettre à jour nos pratiques et proposer un cadre permettant aux gens de se réunir, pourquoi pas autour d'une bière brassée à quelques kilomètres de chez nous ? La réalité c'est que cet espace est attendu par un grand nombre de personnes qui se plaint d'un manque de concret, d'une virtualisation à outrance, de l'impossibilité de trouver certains livres et de l’absence d’un lieu dans lequel les concepts d'enracinement et de conservatisme ne seraient pas synonymes d'extrême droite. Notre espoir est là : combler ce manque par une incarnation. Alexis Forget : Avec le terme « d’enracinement », Sylvain pointe du doigt quelque chose de fondamental : si la finalité première de ce ré-enracinement touche à l’identité de l’être, c’est que, comme l’écrivait le philosophe nancéien Georges Vallin, « l'objectivation uniformisante du monde semble aller de pair avec la désindividualisation de l'homme »1 et qu’il est impératif pour l’homme de regagner son indépendance dans l’exercice de la vie en société. Notre espoir n’en est donc pas un, c’est une espérance, celle de participer avantageusement, dans la mesure de nos moyens, à la dissolution de ce que Saint Thomas d’Aquin appelait materia signata quantitate. [...]
Insurrection « progressiste » : nous ne ploierons pas le genou
Une nouvelle religion est officiellement née. Descendante directe de la philosophie manichéiste, elle a fait de l’homme blanc le responsable de tous les maux de la planète, un diable qui doit se prosterner à genoux devant ses nouveaux maîtres. Certains le font très concrètement aux Etats-Unis, implorant le pardon pour leur naissance dans la mauvaise communauté les bras levés vers le ciel. Des hommes qui n’ont paradoxalement plus grand-chose d’humain, sortis de toute forme de tradition et abêtis par le sensationnalisme émotionnel qui a pris la place de la raison. Vous n’aurez qu’un privilège : dénoncer ceux dont on vous accuse de jouir injustement. [...]
Le cas Georges Floyd : drame, drogue, deep state
Pauvre Georges Floyd. Non content d’être assassiné devant les caméras, le voilà qui devient l’emblème de la majorité hurlante des minorités, de ces foules psittacistes, de ces communautés glapissantes qui s’emparent cycliquement de l’opinion pour asséner leurs convictions d’enfants bornés, faites de mythologies abstruses et de repentir malsain.
Dans l’enfer des facs
Chaque mois, L'Incorrect vous propose un résumé de l'actualité étudiante en partenariat avec Campus vox. Au programme de ce premier mois : la conjuration des médiocres à la Sorbonne, une IA sensée traquer la haine et qui ne la trouve qu'à gauche, l'enfer progressiste qu'est devenue l'université suédoise, une vidéo dont on ne sait pas s'il faut en rire ou en pleurer, et quelques autres nouvelles. [...]
Jordana, Bigard and cie : le buzz contre la pensée
Un beau coup de griffe de Patrick Eudeline pour contribuer au déconfinement spirituel que le pays attend toujours. Bigard, Camélia Jordana! Les saltimbanques ont de nouveau la parole, au moment précis ou on repasse en boucle les «  revues de presse » de l ‘ami Bedos. Le plus drôle, c’est qu’on s’en étonne.  Comme de la réaction d’un président en plein chemin de Damas (il a vu la lumière, dirait-t-on).  Bigard, déjà, avait été invité par Chirac, Sarkozy, Hollande, me semble. Comme les autres amuseurs publics.
Le confinement a du bon : ce à quoi vous échappâtes
Le grand gel culturel à quoi ont abouti les mesures sanitaires prises pour luter contre la pandémie représente globalement un désastre. Pour soutenir le moral de nos lecteurs, à L’Incorrect, nous nous sommes dits qu’il fallait néanmoins savoir considérer les aspects positifs du problème. En ce printemps 2020, on ne nous a pas seulement privés d’actualité littéraire, de concerts, de spectacles et de débats enflammés sur le nouveau crypto-réalisme scandinave, on nous a aussi épargné quelques saloperies. Alors sachons nous réjouir de ce que nous offrent les circonstances. HELLFEST ET VIEILLES CHARRUES. Certes, nos festivals, ébranlés par les annulations et menacés par l’avarice des assureurs, sont sur la sellette. On ne peut s’empêcher néanmoins de saluer la jachère offerte à nos terres clissonnaises ou finistériennes, tant ces grand-messes du rock ne sont désormais plus qu’un cuisant prétexte à la godaille, où l’illustre homo festivus affiche sans vergogne son appétence pour l’ivrognerie de masse, ingurgitant d’égale manière décibels et Kronenbourg diluée à l’eau dans ces parcs d’attraction pour adultes où la musique n’est plus que la bande sonore de son rite consumériste. LADY GAGA. Dans un tweet posté le 24 mars dernier, Lady Gaga annonçait, épidémie oblige, le report aux calendes grecques de son dernier album, Chromatica. Tout ce que l’on sait de ce disque pour le moment, c’est sa pochette futuriste et glamour façon Hello Kity. Futurisme, vous avez dit futurisme ? Hélas, la science-fiction gagaesque relève davantage d’une version queer de Matrix que de la peinture de Chirico ! C’est pourquoi on n’est guère pressé que cet avenir advienne. MADAME MONSIEUR. Souvenez-vous, ce tandem français nous avait (encore) foutu la honte durant le concours de l’Eurovision 2018 avec une chansonnette étique et larmoyante (« Mercy »), qui glorifiait les poupons migrants et se dansait en couverture de survie. L’hécatombe de vieux autochtones européens aura annulé la sortie de leur dernier album prévue le 4 avril. On rêve qu’ils aient l’idée, en post-confinement, d’aller divulguer leur jerk sans frontière en Corée du Nord. Ce serait du moins avoir pitié de nous. LE SALON DU LIVRE. Le Salon du livre de Paris, devenu « Livre Paris » depuis 2016, histoire de s’aligner sur le « devenir marque » des capitales connectées au monde et délestées de leurs patries, aurait dû se tenir du 20 au 23 mars. On a raté l’Inde comme pays invité d’honneur, on s’en fiche un peu, d’autant que cette grande foire a tellement abusé sur les tarifs de location que même le stand Gallimard n’aurait pas été monté cette année. Autant dire qu’on s’y emmerde chaque fois un peu plus et qu’il ne restera bientôt plus que Titeuf, Nothomb et France Inter pour y faire la réclame. [...] Suite à lire dans L'Incorrect numéro 31 et en ligne pour les abonnés.
Hervé Rolland : « Cette épidémie, en arrêtant nos vies, nous pousse à nous interroger sur leurs sens ».

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Hervé Rolland est le vice président de l’association Notre Dame de Chrétienté, qui organise chaque week-end de Pentecôte le pèlerinage de Chartres depuis les années 1980. Il répond aux questions de L’Incorrect à propos de l’édition un peu spéciale de cette année dans le cadre de la crise sanitaire.

 

 

Comment se déroulera ce pèlerinage forcément particulier ? Quels sont les activités virtuelles prévues pour accompagner les pèlerins pendant ces trois jours ?

 

Compte tenu des incertitudes qui pesaient sur les événements, nous avons délégué l’organisation du pèlerinage aux chefs de région et de chapitre. Nous leur avons dit : « On va vous donner une trame, de trois jours, qui se déroule à peu près comme d’habitude, et vous organisez les événements localement ». Il y a trois messes, des formations, le mot de lancement de l’aumônier. Nous avons aussi préenregistré les méditations.

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