16 janvier 2020
À trois jours de la grande manifestation prévue contre l'élargissement de la PMA aux femmes seules et aux couples de femmes, nous avons interrogé Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif pour Tous, qui appelle à la mobilisation au sein du collectif Marchons Enfants !
Selon un sondage IFOP publié aujourd’hui, 51% des Français estiment que « compte tenu du climat social actuel, le gouvernement doit retirer ou suspendre le projet de loi bioéthique ». Dans le détail, 64% des jeunes se prononcent en faveur du retrait du projet de loi. Cela signifie-t-il que la jeunesse ne se reconnaît plus dans les dérives sociétales, contrairement à la génération précédente ?
Parmi les raisons possibles, il y a sans doute la préoccupation écologique, très présente chez les jeunes. En effet, utiliser la procréation artificielle pour des personnes qui sont fécondes, ouvrir l’autoconservation des gamètes pour faire des enfants au-delà de l’âge naturel de la procréation, créer une filiation invraisemblable… tout cela est contraire à l’état d’esprit écologique. Cela rejoint une évolution plus générale de la jeunesse qui se trouve de plus en plus critique vis-à-vis du tout technique et chimique. On le voit par exemple à propos de la pilule qui ne fait plus consensus chez les jeunes.
La société technicisée à l’extrême qu’on nous propose avec cet élargissement de la PMA ne fait pas rêver une jeunesse en quête d’idéal.
De plus, la société technicisée à l’extrême qu’on nous propose avec cet élargissement de la PMA ne fait pas rêver une jeunesse en quête d’idéal. C’est tout de même plus romantique de concevoir des enfants de manière amoureuse, intime, agréable et simple plutôt que technique, complexe, pénible, avec de nombreux intervenants – y compris l’Etat lui-même (système de santé, sécurité sociale…) et même coûteuse !
Enfin, je ne pense pas qu’on efface sciemment le père sans graves conséquences. Nos concitoyens, au premier rang desquels les jeunes, sont en demande de repères, de liens, de solidarité, ce qui est à l’opposé de la revendication individualiste de la PMA sans père. Celle-ci est une violence faite à l’enfant.