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Sonia Mabrouk : « La France n’est pas multiculturelle et ne peut l’être »
Intervieweuse sur Europe 1 et maîtresse des débats sur Cnews dans son émission « Les Voix de l’info »,calme, précise, têtue, courtoise, cultivée, impertinente, voici Sonia Mabrouk.
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Pourquoi Marie brûle-t-elle ?
Ce n’est pas rien, de brûler en plein cœur de la Semaine sainte : notre Dame, Marie, appelle ainsi les chrétiens et la France catholique à lever la tête, à affirmer combien la France est enracinée dans le christianisme, n’en déplaise à l’idéologie diversitaire dominante[…]
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Un ver de terre oublieux d’une étoile
« La France, c’est une étoile ! La France est une personne, Le rayon hexagonal D’une étoile qui raisonne ! » Paul Claudel, Personnalité de la France, 1938 Mardi 16 avril, les braises de Notre-Dame encore chaudes, la France s’est réveillée dans une émotion digne du deuil national qu’elle faisait de son âme. Réjouissons-nous que cet édifice dédié à la patronne principale de la France ait encore une place si grande dans le cœur des Français. Des Français, mais peut-être pas de tous : leur président, passée la légitime et sincère émotion de lundi soir, enchaîne depuis des bévues dramatiques. Confronté à une situation inédite pour lui, se retrouvant à cette occasion à la tête non d’une « startup nation » en perpétuelle innovation, mais d’un pays chrétien à l’histoire longue, Macron montre son vrai visage, celui de l’incompétence, de l’irresponsabilité, et surtout de l’impiété. Le 17 avril, le Premier ministre annonce la tenue d’un concours international d’architecture pour la reconstruction d’une flèche « adaptée aux techniques et aux enjeux de notre époque » et confie au général Georgelin la mission de veiller à l’avancement des travaux. Vive la start-up Notre-Dame et son ouverture à l’économie mondiale ! En 1843-1844, le concours qui avait sélectionné le duo d’architectes Pierre Lassus-Eugène Viollet-le-Duc pour la restauration de Notre-Dame n’était pas un concours « international » ! Le choix entre les impétrants – tous Français et fins connaisseurs du patrimoine national – s’était fondé sur leur science respective des techniques de la construction médiévale, l’architecte précédemment en charge de la restauration des églises parisiennes ayant été mis au placard par méconnaissance du bâti. En 1843, le directeur de la commission des Monuments historiques chargée du projet n’est autre que Prosper Mérimée, armé de son expérience d’archéologue et d’analyste des monuments français, dont il avait dressé et documenté le premier inventaire en 1840. En 2019, le concours doit être ouvert à l’économie mondiale et la sélection confiée à un militaire, chapeauté par un ministre de la Culture diplômé d’un institut de gestion, autrement dit n’entendant strictement rien au patrimoine. Quant au pauvre général Georgelin, on ne peut que le plaindre d’être devenu un sbire aux ordres directs de Jupiter et de s’exposer aux critiques des spécialistes dont il a pris la place, même sans le vouloir Le plus triste, c’est que notre belle France regorge de cerveaux et de mains talentueux et expérimentés, largement à la hauteur de cet enjeu qui, n’en déplaise à Édouard Philippe, n’est pas celui de « notre époque » mais celui de notre patrimoine historique [...] Suite dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Auchan, Mounir et les robots
La France contre les robots ? Toute résistance serait vaine, répondrait Terminator. La fascination pour l’intelligence artificielle gagne ainsi de nouveaux adeptes quotidiennement. Les derniers en date s’appellent Mulliez, du nom de cette grande famille du Nord ayant fait fortune dans la distribution. Alors que Jeff Bezos (Amazon) est désormais la première fortune mondiale, les acteurs traditionnels du secteur se voient dans l’obligation d’innover. Pour le meilleur … et peut-être pour le pire. En avril dernier, Auchan annonçait la fermeture ou la vente d’une vingtaine de magasins sur le territoire français sur les 644 points de vente du groupe, plaçant sur la sellette plus de 720 salariés selon les syndicats. Les résultats d’Auchan sont à l’évidence bien tristes, avec une chute de 3,3 % du chiffre d’affaires et un recul de 20,5 % de sa marge opérationnelle. Edgard Bonte, le nouveau PDG venu de Kiabi, a d’ailleurs annoncé un « plan d’austérité » censé conjurer le sort. En cause : la concurrence du groupe allemand discount LIDL en France qui s’est repositionné dans la grande distribution, mais aussi, le spectre plus lointain d’Amazon et de ses magasins connectés dignes des pires dystopies cinématographiques.
Audiovisuel : il est temps de s’occuper des diasporas
Russie, USA, EAU, Qatar, de nombreux pays ont intégré que la lutte politique se joue aussi sur des médias de proximité, fussent-ils en langue étrangère. Al-Jazeera, AJ+, Russia Today : la France doit créer les siens pour deux raisons : influencer l'étranger, et les diasporas qu'elle héberge. Ils sont des millions en France à ne pas parler Français ou à ne pas le dominer de manière satisfaisante. Nés à l’étranger et dans des familles où le Français n’est pas une langue maternelle, ils sont arrivés en France à un âge adulte et n’ont jamais mis les pieds à l’école de la République. Pour survivre, ils ont été pris en charge par des diasporas plus ou moins structurées qui les ont aidés à trouver un logement et un travail voire à obtenir des aides sans avoir à apprendre le Français. Et à l’ère des réseaux sociaux, les nouveaux venus gardent un contact de tous les instants avec leur pays d’origine : ils regardent une télé d’ailleurs, rient à des blagues d’ailleurs et partagent les espoirs et les angoisses d’un ailleurs qui n’est pas français. On se retrouve au final avec des individus dont le corps est effectivement en France mais dans l’imaginaire est resté au Pakistan, en Egypte ou au Mali. Ces cœurs et ces esprits sont à prendre. Il faut faire vite pour les conquérir avant que d’autres le fassent et les retournent contre nous. Il s’agit des pays d’origine qui rêvent de maintenir une hégémonie sur les émigrés et des salafistes qui souhaitent soumettre tous les musulmans de France. Créer le lien avec les nouveaux arrivants n’est pas une question de redistribution ou de politique de la ville. Dans une société où plusieurs civilisations se rejoignent (car chaque diaspora transporte avec elle tout ou partie d’une civilisation), créer le lien revient à partager des valeurs et poser des limites entre le tolérable et l’intolérable. Cela implique une dose de persuasion, de séduction et de coercition. En somme, il s’agit d’influencer autrui. Et à défaut de l’école, quoi de mieux que les médias pour influencer les adultes nouveaux arrivants ? Il est urgent de créer des médias qui s’adressent aux diasporas dans leur langue maternelle respective. Il n’y aucun tabou : Arabe, Turc, Pashtoune, Tamoule, Wolof, Kabyle et Tchétchène s’il le faut ! La seule chose qui compte est d’être sûr d’atteindre « au cœur » toutes les diasporas significatives présentes sur le territoire français. En ce qui concerne le public du Maghreb et du Moyen Orient, il serait même judicieux de proposer des programmes en dialecte marocain, algérien, égyptien voire syrien et irakien afin d’assurer que le message soit compris 5/5. En effet, très peu d’Arabes maitrisent l’Arabe classique, la langue utilisée par les médias officiels dont les chaînes satellitaires les plus connues. Ces chaînes sont obligées de parler l’Arabe classique, la langue du Coran, afin de ne pas froisser leurs riches actionnaires qui cultivent l’idée d’une arabité pure et immaculée comme au temps du Prophète. En France, ce tabou n’existe pas. Quiconque s’adressera aux diasporas arabes dans le dialecte qu’elles comprennent le mieux s’assurera de leur empathie immédiate.
Gilles-William Goldnadel : L’hystérie des foules médiatiques
Il récuse la pensée de masse, l’abêtissement et l’avilissement du peuple et se lance le défi de psychanalyser les médias: névrose, folie, hystérie, haine. Les foules médiatiques seraient-elles gangrénées jusqu’à la moelle ? Face au pathos imposé et dégoulinant, Gilles-William Goldnadel préfère se livrer avec pudeur à propos de la Shoah et de la place de l’homme juif dans la société.   Qu’appelez-vous « névroses médiatiques » ?   Cela fait longtemps que je vitupère les médias, et j’ai essayé dans ce livre de comprendre en quoi il y avait une névrose médiatique. Mon livre s’adresse à tous les gens qui considèrent que le monde ne tourne pas rond, qu’il est vraiment cinglé pour parler crûment. J’ai donc vu, dans cette folie, la marque de l’hystérie que l’on retrouve dans l’hystérie des foules: j’ai été lire La psychologie des foules de Gustave Le Bon, revue par Sigmund Freud, qui expliquent tous les deux en termes assez peu amènes, ce qui caractérise une foule : la foule est puérile, suiviste, proprement hystérique, elle s’alimente davantage de haine que d’amour; la foule est panurgiste, presque par définition, et surtout elle est plus à la recherche de croyances que de vérités. Aujourd’hui, les individus isolés chacun dans leur coin, mais reliés tous électroniquement et connectés médiatiquement, forment une foule avec ces mêmes caractéristiques.   La parole publique s’est en effet libérée sur les réseaux sociaux. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?   J’ai le sentiment que c’est plutôt pour le pire que pour le meilleur, mais je reconnais que grâce aux réseaux électroniques le monopole des fakes news a été perdu par le service public audiovisuel; c’est pour ça d’ailleurs qu’il en veut beaucoup aux réseaux sociaux. Cependant, il possédait surtout le monopole du fake par occultation: il est très rare que l’on vous cache complètement un événement. Mais si on le raconte dans un articulet de quatrième page, c’est une occultation de fait; inversement, on va surexposer ce qui arrange. De ce point de vue-là, grâce soit rendue aux réseaux sociaux.   Pour le pire cependant, l’hystérie des foules médiatiques qui existait, déjà, via la télévision ou les journaux, a été exponentiellement multipliée. Mais pour reprendre le fil de la première question, il y a une névrose beaucoup plus profonde qui est proche du masochisme voire de la paranoïa : c’est la grande honte occidentale, la grande honte blanche qui ne vient pas tant de la honte de l’esclavagisme – si ça n’était que ça, les Arabes devraient davantage encore avoir plus honte que les Occidentaux, la traite négrière arabique étant bien plus ancienne et bien plus importante que la traite atlantique. Non: le colonialisme et la honte du colonialisme ont été revisités par la honte de la Shoah.   Est-il normal en tant qu’européen d’avoir honte de la Shoah ?   Cette honte est totalement injustifiée : à supposer même que je m’adresse au fils ou au petit-fils d’un collaborateur patenté, il ne devrait nourrir la moindre honte par rapport à son collaborateur de grand-père.   Comment est-on passé d’une honte éventuellement légitime à une autoflagellation contreproductive ?   Par le biais de la névrose : je récuse le mot honte, auquel je préfère celui de souffrance. Pour ma part, je suis un juif parfaitement assumé, la Shoah reste pour moi une souffrance indicible, une partie de ma famille est morte dans les chambres à gaz. J’ai toujours été gêné par un pathos autour de la Shoah, mais il se trouve que je n’aime pas le pathos en général, auquel je préfère un deuil pudique. Ceci fermement posé, je considère par exemple que la création de l’État d’Israël est une formidable consolation pour celui qui vous parle. Il y a une image que je déteste, celle d’un soldat allemand qui, avec la pointe de sa badine, lève le menton d’une vieille juive en fichu, je le vis encore comme une manière d’humiliation. La réponse merveilleuse de Tsahal à Goebbels qui disait « Vous avez déjà vu un soldat juif? » me convient bien volontiers. Ce que je réprouve, c’est une honte qui serait héréditaire, et cette obsession de la Shoah, cette sauce Shoah mise à tous les plats, c’est l’excès qui caractérise la névrose. Quand je m’engueule avec ma chère Oriana Fallacci, je lui dis: « Oriana, je ne crois pas que vous ayez raison de penser que la civilisation occidentale est supérieure à la civilisation orientale, c’est bien en Occident que s’est créée la Shoah ». Ainsi moi-même je n’oublie pas cela, mais je dénonce l’hystérie et l’excès qui sont la source de cette névrose contemporaine [...] Suite dans le dernier L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Notre-Dame de Paris contre les Avengers
Après le tragique incendie qui a ravagé Notre-Dame, l’élan de solidarité fut aussi instantané que mondial. Des donations de plusieurs centaines de millions d’euros venant des plus grosses fortunes françaises aux quatre euros donnés par une jeune britannique ayant à cœur de bien faire, en passant par le gouvernement serbe, peu rancunier, au roi du Sanwi, nombreux sont ceux à avoir proposé leur aide pour rebâtir la cathédrale meurtrie par les flammes. Bien entendu, un tel élan de générosité ne pouvait qu’être suspect : les grosses fortunes ont tout de suite été soupçonnées de n’agir que dans leur propre intérêt, et les esprits chagrins ont été outrés que l’on puisse débloquer pour une cathédrale, c’est-à-dire un lieu de culte catholique, un milliard d’euros en vingt-quatre heures. « Et nos SDF ? Et nos migrants ? Et l’écologie ? Et... et... et... ? », lancèrent les pères-la-morale. Après tout, Notre-Dame de Paris, aussi belle fut-elle, n’était qu’un tas de vieilles pierres. Qui permettaient certes de faire vivre les crêpiers et troquets alentours, mais tout de même : un édifice catholique !
Sonia Mabrouk : « La France n’est pas multiculturelle et ne peut l’être »
Le sabir est la langue des ports méditerranéens. Un mélange d’italien, de français et d’arabe, mâtiné d’accents latins et grecs, parlé à Alexandrie, Marseille, Athènes et Carthage. Sur les hauteurs de l’antique capitale punique, Sonia Mabrouk a choisi son camp lorsqu’elle étudiait à l’Institut des hautes études commerciales de Carthage (IHEC) : celui de la France et par n’importe laquelle, celle des Camus, Stéphane Zweig, Marguerite Yourcenar et Romain Gary. Intervieweuse sur Europe 1 et maîtresse des débats sur Cnews dans son émission « Les Voix de l’info », la belle Sonia surprend. Son style d’abord, un sourire envoûtant qui allie le charme de l’Orient et la courtoisie française mais aussi une autorité, à la fois naturelle et professionnelle. On débat mais avec respect et on ne se cache pas derrière une novlangue bidon au risque de se faire débusquer. Il y a quelques semaines Bernard-Henri Lévy en a fait les frais, poussé dans ses retranchements sur l’affaire Battisti: il bégayait comme un enfant. Sur ses plateaux, Sonia Mabrouk invite Gabrielle Cluzel, Alexandre del Valle et L’Incorrect. Les qu’en dira-t-on? Elle s’en tamponne. Elle cherche des personnalités qui n’ont pas honte de dire ce qu’ils pensent et parlent sans le moindre tabou de tous les sujets. Celle dont le grand-père s’appelle Delenda, comme un rappel que Carthage ne fut jamais définitivement détruite malgré la haine de ses ennemis, pourfend le politiquement correct, le multiculturalisme, l’islamisme et l’effacement des chrétiens de leurs propres terres. Entre deux émissions, elle écrit. Deux livres à succès, Le monde ne tourne pas rond, ma petite-fille (Flammarion, 2017) et Dans son cœur sommeille la vengeance (Plon, 2 018) sur le sujet brûlant du retour des enfants de djihadistes. Calme, précise, têtue, courtoise, cultivée, impertinente, voici Sonia Mabrouk. Vous avez reçu Mathieu Bock-Côté pour son ouvrage L’Empire du politiquement correct (Éd. du Cerf, 2019), dans lequel il pointe du doigt la responsabilité des universités et des médias dans l’avènement du politiquement correct. Partagez-vous son analyse ? Je suis complètement d’accord avec Mathieu à la seule différence que je n’essentialise pas les médias comme les universités. Heureusement, il en existe qui résistent au politiquement correct. Cependant, il y a une chose encore plus grave que le politiquement correct, c’est l’autocensure en amont, qui conduit certains à ne pas dire ce qu’ils pensent pour plaire à ce que l’on croit être le plus grand nombre qui est en fait une élite autoproclamée essayant d’influencer l’opinion. Pensez-vous qu’il soit très compliqué de contester cet empire ou qu’il suffirait, comme dans le conte d’Andersen, de dire que « le roi est nu » pour qu’il s’écroule ? Cet empire est comme un tableau que certains arrivent à fendiller par des flèches bien acérées. Un essayiste comme Mathieu Bock-Côté y contribue et j’en reçois d’autres qui arrivent aussi à perturber ce système. Et puis, je crois au bon sens des Français qui en ont ras-le-bol du politiquement correct. Dans les combats qui vous tiennent à cœur, quel intérêt accordez-vous au vocabulaire ? Je n’utilise pas les mots que je trouve vides de sens, comme par exemple le « vivre-ensemble » qui ne signifie rien. Dès qu’une personne l’utilise sur un plateau, je lui demande de le définir. De même, je me méfie des mots en « isme » ou en « phobie » qui ont pour principal objectif d’anesthésier tout débat par une tentative de psychiatrisation de l’adversaire. Ce sont des pierres qu’on lance, comme une lapidation médiatique. En revanche, il y a des mots tabous qu’il serait opportun de réhabiliter, par exemple les termes de souveraineté et de nation. Car qu’y a-t-il de plus essentiel pour un pays que la souveraineté et l’enracinement dans une communauté nationale ? Si l’on revient à l’étymologie, la souveraineté, c’est véritablement l’expression de la démocratie. Votre récente interview de Bernard-Henri Lévy sur l’affaire Battisti vous a valu de passer pour une journaliste pugnace qui ose rappeler certaines vérités, notamment le soutien que BHL et toute une partie de la gauche ont toujours apporté à Battisti. Pourquoi l’avoir fait ? Je ne prépare pas une interview pour faire trébucher mon invité mais je voulais connaître la vérité. Sur cette affaire, des journalistes ont été quasiment cloués au pilori. On ne pouvait pas dire un mot sur Battisti sans se faire lyncher médiatiquement. Battisti était intouchable. Or, du jour au lendemain, tout a changé et du fait de son extradition, il est apparu pour ce qu’il était, c’est-à-dire un criminel. Dès lors, je m’attendais à ce que BHL s’excuse et reconnaisse ses erreurs. Et puis, je pensais aux familles de victimes dont personne ne parlait. Or, lorsque BHL me répond, il comprend que Battisti est un criminel mais ne s’excuse pas ni avoue s’être trompé. Reconnaître ses erreurs aurait pourtant été une forme d’hommage rendu aux familles des victimes ainsi qu’à tous ceux qui ont cherché à faire émerger la vérité, en se faisant insulter par les bien-pensants. Depuis quelques années on observe une méfiance de plus en plus grande vis-à-vis des journalistes. Quelle analyse en faites-vous ? C’est un diagnostic que tout le monde partage mais encore faut-il s’interroger sur les causes de ce désaveu. Il y a quelque chose qui m’a toujours frappée, c’est la manière dont, par exemple, on parle de Donald Trump. On peut légitimement ne pas partager ses idées ou son style mais encore faudrait-il en parler de manière honnête sinon objective. Or, il y a toujours une forme d’hystérisation à son sujet dans les médias français. Depuis son élection, on a mis des lunettes idéologiques et on observe le monde tel qu’on voudrait qu’il soit et non tel qu’il est. Autre sujet d’hystérie collective : les migrants. On culpabilise les Occidentaux mais on oublie de voir ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. La Tunisie, pays que je connais bien pour y avoir grandi, a choisi, tout en prenant largement sa part dans l’accueil de migrants, d’avoir un discours ferme sur cet accueil en le conditionnant à un ensemble de facteurs, notamment la capacité d’intégration politique, économique et sociale du pays. En France, tenir ce discours vous fait passer pour un homme raciste ou sans cœur. Cette culpabilisation de l’homme occidental vient de loin et continue de sévir. Qu’avez-vous envie de dire aux Européens qui se repentent en permanence de leur histoire ? Pour moi, c’est un vrai sujet d’interrogation. Je ne comprends pas cette honte des Français et en particulier des chrétiens qui ne s’assument pas comme tels, en France, à cause de la laïcité. J’ai l’impression qu’il est plus facile pour une personne d’un autre pays ou d’une autre religion de s’assumer. Sur un plateau de télévision, même après l’incendie de Notre-Dame, certains avaient du mal à rappeler qu’il s’agissait avant tout d’une cathédrale, donc d’un lieu de culte catholique même s’il est devenu universel par son poids dans l’histoire. Il y a un certain état d’esprit ambiant qui consiste à crier « haro sur le catho », en particulier depuis le mariage pour tous. En même temps, il y a un sursaut qui émane de cette composante conservatrice de la société qui revendique le droit à l’existence politique et n’accepte plus d’être injustement ringardisée et méprisée. D’ailleurs […] Suite dans le dernier L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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