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Mort d’une trottinette
« Aaaaahh ! » Un grand cri de terreur envahit le trottoir où E. flânait en rêvant, aussitôt suivi d’une trottinette électrique qui le frôla de près et à laquelle était cramponné le monsieur qui hurlait aussi vigoureusement. E. n’eut même pas le temps d’être scandalisé : dans les secondes qui suivirent, la trottinette amorça un slalom incertain pour éviter trois de ses congénères que leurs utilisateurs avaient négligemment abandonnées en plein milieu du trottoir, puis glissa sur une déjection canine, heurta un plot et alla se fracasser contre le mur avec son conducteur glapissant d’effroi. Tout en reconnaissant en son for intérieur que ce n’était pas très charitable, E. éclata de rire – avant de songer qu’il reconnaissait cette voix, puis cette silhouette qui se relevait douloureusement du trottoir où gisait la trottinette à l’agonie. Ce monsieur ? Comment ! Lucien de S. ! E. jeta un coup d’œil soupçonneux derrière lui, au cas où l’inénarrable Chantal déboulerait à son tour sur l’un de ces engins infernaux, sanglée dans son fameux perfecto. Mais non, le trottoir était désert, abandonné à ses usagers légitimes. « Mon vieux Lucien, je suis vraiment confus de m’être ainsi dilaté la rate à vos dépens, mais je ne vous avais pas reconnu. Pour tout vous dire, je ne vous imaginais pas juché sur une telle machine ! – Il faut être de son temps, me répète sans arrêt Chantal. Vous savez comme elle est… Alors, j’obtempère, pour éviter pire. – Chacun sa croix, mon vieux. Mais sur ce coup-là, elle fait fort. – Allons ? Une simple trottinette ? C’est le doux parfum de l’enfance, vous ne trouvez pas ? Le vert paradis… – Vous plaisantez ? Pour moi, c’est très exactement le contraire : un genre de précipité du culturellement correct, le boboïsme chimiquement pur ! – Bah ! Toujours votre tendance à exagérer ! – Chimiquement pur, vous dis-je ! Votre néo-trottinette électrique est faussement écologique (elle ne fait pas de fumée, certes, mais elle ne se déplace pas par l’opération du Saint-Esprit, ça se saurait). Elle est faussement ludique (d’où l’élégante couleur vert fluo), faussement cool et ouverte (tout le monde peut s’en servir, sauf ceux qui ne sont pas riches), faussement émancipatrice (alors qu’elle appartient en général à une multinationale sino-américaine ou un fonds de pension canadien). (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Hanouna, Schiappa, Macron, les Gilets Jaunes et les autres : l’impasse
« Moi ce que je voudrais dire, c’est que ce qu’on est en train de faire là, ben les spectateurs ils peuvent le faire. C’est à dire qu’un grand débat, un atelier du grand débat ça peut être n’importe quoi. Dimanche, vous allez manger chez votre belle mère, vous allez être huit neuf autour de la table, ben c’est plus une engueulade familiale, c’est un atelier du grand débat national », concluait Marlène Schiappa après avoir co-animé l’émission spéciale de Balance Ton Post ! consacrée au « Grand débat ». Confirmation est ainsi donnée qu’un « Grand débat », ça peut aussi et surtout être n’importe quoi. Voilà où nous sommes tombés : sous le degré zéro. Alors que la France a subi plus de deux mois de manifestations qui ont provoqué des centaines de blessés, dont des dizaines l’ont été gravement et seront parfois mutilés à vie, la sous-ministre Schiappa qui occupe le poste de secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les hommes et les femmes n’a rien de trouvé de mieux à faire que de nous conseiller de « grand-débattre » en famille lors du déjeuner dominical.
Marcel Campion : Tournez manèges
Le « roi des forains » n’a jamais baissé les bras. À 78 ans, cerné par les contrôles fiscaux, il joue le tout pour le tout. Marcel Campion défie la classe politique pour devenir maire de Paris. La vie de Marcel Campion commence comme un roman de Zola. Elle se poursuit comme un roman de Balzac. Elle commence dans la peine avec la déportation de son père en 1940 et la mort de sa mère dans un bombardement lorsqu’il avait trois ans. Elle se poursuit sous les lumières, sur les tapis rouges, en compagnie de stars et de politiques. Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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« Les catholiques prennent conscience de la question sociale » Guillaume de Prémare
Dans l’hebdomadaire La Vie, une vingtaine de personnalités et d’intellectuels, responsables politiques, associatifs, et syndicaux, tous catholiques de diverses sensibilités, ont lancé un appel pour un nouveau catholicisme social. Entretien avec l’un des signataires, Guillaume de Prémare. Pourquoi avoir lancé cet appel, quels sont ces objectifs ? Nous sommes partis du constat commun qu’avec la crise des Gilets Jaunes, le système de financiarisation de l’économie depuis les années 1990 était en train de disloquer notre pays. La question sociale est induite par le phénomène de globalisation-mondialisation, qui est un élément structurant de l’Histoire contemporaine. Au XIXe siècle, la question sociale était principalement liée à la question ouvrière et le catholicisme social est né en réponse à cette question. Aujourd’hui, la question sociale est beaucoup plus large parce qu’elle touche l’ensemble des catégories sociales et le lien social en lui-même. C’est ce que nous appelons la nouvelle question sociale. Face à cette nouvelle question sociale, il faut un nouveau catholicisme social. Cela ne signifie pas qu’il faille une nouvelle doctrine sociale de l’Église, celle-ci demeure inchangée. Toutefois, c’est le moment de penser et élaborer de nouvelles pratiques sociales et politiques.
[RECENSION] : L’identité ou la mort, de Christian Vanneste
Dans un monde dont l’individualisme forcené est illusoire tant il engendre de comportements grégaires, le repli communautaire sert de refuge. Un repli communautaire mortifère pour la nation française, non seulement parce que, comme le dit l’auteur, Christian Vanneste, « la France n’est pas un puzzle », mais parce que ce puzzle inverse la notion même de peuple et de majorité. Chaque communauté, par essence très minoritaire, est forcément majoritaire chez elle. Et, au nom de ce constat, on en arrive à laisser imposer au peuple de France les caprices de chacune de ses minorités. La race est portée au pinacle, par ceux-là mêmes qui entendent faire interdire l’usage du mot, la religion est brandie comme identité par ceux qui nient celle de la France, sans parler des comportements privés des uns et des autres dans quelque domaine que ce soit.
La petite goutte
Tout fout le camp ici-bas : dans la course aux liqueurs et aux alcools, voilà que la France consomme davantage de whisky que l’Angleterre et les Anglais boivent davantage de cognac que nous. Ainsi notre beau terroir sert à étancher la soif d’outre-Manche. Heureusement, Ricard se rattrape en possédant un grand nombre de distilleries écossaises. Curieuse mode qui consiste à consommer des alcools aussi forts en apéritif et non pas en digestif. Le palais est anesthésié pour apprécier la subtilité des mets et prendre une boisson aussi forte à jeûn met rapidement du vent dans les voiles. Cognac et armagnac en revanche n’ont pas réussi à s’imposer à l’apéritif, d’où leur baisse de consommation, car on ne prend plus guère de digestif depuis qu’il est interdit de rouler gris. Pourtant, un cognac VS a toute sa place à l’apéritif. Agrémenté d’eau de Seltz ou de tonic, cela fait une délicieuse fine à l’eau qui ouvre l’appétit sans mettre un coup dans l’aile. Pour ceux qui veulent des saveurs originales sans trop d’alcool, il est possible de revenir aux grands vins cuits et aux liqueurs consommées tout au long du XXe siècle. Leur image a vieilli et a pris la poussière ; cela fait un peu trop boisson de papy. Raison de plus pour s’en remettre à leurs saveurs. L’amaro par exemple, un amer italien de la région de Milan. La gentiane, plus connue sous la marque Suze, fameuse plante des montagnes à l’amertume prononcée. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Gillette nous barbe
« Gillette, la perfection au masculin » ne se conjugue désormais plus avec virilité à l’ancienne. Aux États-Unis, on crie haro sur la « masculinité toxique » et ses clichés qui entretiennent l’oppression patriarcale du mâle occidental. Marque fortement liée au sport représentée par des hommes forts, Gillette a pourtant décidé de suivre l’air du temps en diffusant un clip publicitaire de deux minutes dénonçant les travers masculins les plus unanimement décriés en 2019, à grands renforts d’images choc et de moraline. Les naïfs peuvent se rassurer : Gillette n’a pas troqué ses égéries sportives habituelles pour une publicité féministe par idéologie - ou pas uniquement -, mais bien par logique commerciale stricte. La société de produits d’hygiène créée en 1895 vend autant sinon plus de rasoirs à des femmes – principalement les jetables. En outre, les femmes font plus souvent les courses dans le monde, achetant donc les rasoirs de leurs époux.
« Et une bèèèèlle journée ! »
L’insupportable bêlement qui accompagne maintenant non seulement les vœux, mais aussi les salutations quotidiennes, a de quoi surprendre et lasser. « Bèèèèlle année »… « bèèèèlle journée »… entend-t-on ou lit-on en permanence depuis quelque temps, et ce que l’on prenait au début pour une erreur se propage comme une traînée de poudre, au point que l’on se demande si l’on va bientôt dire « beljour » ou « beaujour » à la place de « bonjour ». Effet de mode ? Sans doute, et un tel comportement moutonnier est en effet somme toute logique pour un bêlement, mais pas seulement, et il serait intéressant de se demander ce que nos contemporains mettent derrière ce choix.

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