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[ ÉDITORIAL ] Paysans du futur
Tous les ans depuis 1964, soudain familier et viril, Homo politicus vient serrer des « pognes » au Salon de l’Agriculture. Version augmentée des Comices de nos villages, le hangar de la porte de Versailles à Paris devient pendant une semaine une étable, un marché, une ferme pédagogique géante. Pour le bonheur des parents et des enfants, pour le bonheur du JT de 13 h Mais de moins en moins pour celui d’Homo politicus, chahuté dans les allées tandis qu’il goûte une bière d’Alsace, des rillettes du Mans, un verre de Languedoc. Les agriculteurs sont à la fête, mais c’est aussi le rude moment où l’on négocie les prix, et où l’on annonce les derniers chiffres de la profession, d’année en année plus désespérants.
Permis de procréer et permis de tuer : le grand renversement
Il arrive assez fréquemment que les actualités se télescopent dans la noosphère, comme ce fut le cas lors des semaines écoulées où nous avons assisté à la légitimation d’idées autrefois tabous, rappelant d’ailleurs ces « zeures les plus sombres de notre histoire » si fréquemment convoquées ces dernières années qu’on ne sait plus les reconnaître quand elles reviennent véritablement. Permis de procréer sur L’Obs et permis de tuer sur Konbini : comment en sommes-nous arrivés là ? Trois tendances semblaient se dégager depuis quelques semaines dans le cadre de la chasse à l’Homme que livrent les nouvelles ligues de petite vertu : les pervers narcissiques, la vasectomie pour tous et bien évidemment …la « masculinité toxique ». C’était sans compter sur l’arrivée en force de l’eugénisme compassionnel sur Konbini, grâce à l’inénarrable Hugo Clément.
Conservatisme d’abord !
La mainmise de l’idéologie du progrès et de son avatar, l’idéologie libérale-libertaire, sur la société française post-soixante-huit, semblait avoir relégué la possibilité d’un conservatisme à la française au musée des œuvres disparues. Prononcer le mot « conservatisme » entraîne d’ailleurs généralement des réactions défavorables. Le conservatisme n’aurait pas d’histoire en France (c’est faire peu de cas de Chateaubriand, Tocqueville, Madame de Staël, Constant, Aron, entre autres) ; la forme du mot « conservateur » serait un problème (nous n’avons pas souvenir que la forme des autres mots de l’histoire des idées politiques ait eue, lors de leur apparition, une acception immédiatement positive, y compris le « libéralisme ») ; il serait trop marqué « à droite ».
Comment favoriser la transmission de petites fermes ?
À l’origine hollandais et urbain, Sjoerd Wartena a découvert dans la Drôme, par un retour à la terre, une culture millénaire enrichie par les paysans locaux génération après génération. Désireux de sauver cet héritage à l’abandon, il prône à travers Terre de Liens le maintien de petites fermes multifonctionnelles.Quel est le but de Terre de Liens ?Terre de Liens a pour vocation de favoriser l’installation de nouveaux agriculteurs qui s’orientent vers un mode de production paysan et agroécologique, et en particulier de ceux qui n’ont pas la chance de venir du milieu agricole. Grâce à l’épargne collaborative placée par nos 15000 actionnaires dans le fonds de la Foncière – notre entreprise d’investissement – et aux dons réunis par notre Fondation, nous acquérons des terres qui sont ensuite proposées à la location.Lire aussi : L'éditorial de Jacques de Guillebon : Fragments de FranceCe système permet à des fermes de taille familiale de survivre en étant transmises aux générations à venir.Justement, pourquoi préférer les petites fermes aux exploitations agricoles de grande échelle ?La politique agricole de Bruxelles ne soutient absolument pas ni le bio ni le modèle paysan, c’est un énorme gâchis. Car la petite agriculture, souvent très diversifiée, crée des emplois, et des emplois qui ont du sens. En France, il y aurait de la place pour 500 000 petites fermes si l’on cessait de jouer le jeu du marché mondial et si l’on favorisait l’agriculture paysanne, qui est le préalable nécessaire à toute véritable agriculture biologique.
Abreuve nos sillons
Comme tous les mois, Marie Dumoulin dresse sa Chronique des crottés. « Il voyait dans les villages la cellule primitive de toute histoire et aussi des États. C’étaient les villages qui donnaient le blé et la dîme, et le sang de leurs fils, dont l’État fertilisait ses sillons. Certes, c’étaient les rois qui écrivaient l’histoire, mais ici coulait la sève dans laquelle ils plongeaient leurs plumes. L’humble paysan ne portait pas de couronne, mais il était beau de le suivre des yeux, alors qu’il empoignait les gerbes pour les charger sur sa voiture. Il ne lisait pas de livres mais il était plus près des patriarches que ses maîtres. Il n’avait pas encore mis de fenêtres entre lui et le soleil ». C’est ainsi que le seigneur du village imaginaire de Sowirog – quelques masures de bois blotties entre lacs et forêts de Masurie – médite sur ses féaux, dans le superbe roman-épopée d’Ernst Wiechert, Les enfants Jéromine. Lire aussi : Tout commence avec une semence Cette œuvre allemande parue en 1947 constitue une vaste fresque de la vie d’un village aux allures médiévales, entre l’aube du XXe siècle et l’arrivée des nazis. L’auteur, lui-même incarcéré à Buchenwald en 1938, laisse délicatement à la porte du roman les horreurs vécues par la Prusse orientale en 1945. Sa verve poétique est au service d’un monde paysan irrévocablement disparu. Nous pouvons sauter des deux pieds à l’intérieur de cet univers onirique qui dit si vrai des mille et mille générations dont la vie « n’était pas beaucoup plus que ce qui avait été ordonné et promis dans l’ancienne alliance ». Que nous racontent ces hommes des immensités ? Leur « intimité avec la nature ». Celle-ci fait de leur société d’ordre, non un système humain qui, voulant tendre au monde parfait, verse dans le totalitarisme, mais une volonté commune qui, désirant intimement « les tours de la Cité dorée » du Livre, donne à chacun sa juste place. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
Un jour en France : la cagoule islamique de course à pied
Un jour en France. Une polémique en France. Cette semaine, alors que la guerre menace entre deux puissances nucléaires dont les jungles étaient chères à Rudyard Kipling, nous avons débattu du « hijab de running » que s’apprêtait à commercialiser Décathlon. Et si tout n’avait pas été encore dit ?
Colloque One of us : pour un réveil de l’intelligence européenne
C’est un colloque de haute volée qui s’est tenu samedi dernier au Sénat. À l’initiative de la Fédération One of Us, qui regroupe quarante organisations dans dix-neuf pays de l’Union européenne, une journée de travail a été consacrée à « l’avenir de la culture européenne » et au « réveil des intelligences » afin de promouvoir « une Europe fidèle à la dignité humaine ». Récit.On se souvient de l'initiative One of Us. Lancée en 2012 selon la procédure de l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) qui permet à plus d’un million de citoyens de l’Union européenne de transmettre des projets à la Commission et au Parlement européen, elle avait pour objet la « protection juridique de la dignité, du droit à la vie et à l'intégrité de tout être humain depuis la conception dans les domaines de compétence de l'UE où cette protection s'avère d'une importance particulière ».En 2014, malgré plus de 1,7 millions de signatures, - un record dans l’histoire de l’Europe -, la Commission européenne n’a pas daigné transmettre la proposition législative issue au Parlement européen, ce qui la place en totale contradiction avec ses intentions en matière de démocratie participative.

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