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Vers l’insurrection ? Le pouvoir est de moins en moins jugé légitime
Les Gilets Jaunes ne sont plus du tout les mêmes. Ils ont évolué. La violence n’est plus l’apanage des casseurs professionnels, black blocs et « jeunes des quartiers », elle est soutenue par de nombreux lambdas, par des gens qui n’avaient jamais protesté de leur vie. Ces mêmes Français qui ont aussi voté pour installer et rendre légitime un système qui ne l’était pas. Une partie d’entre eux a même confié son destin à la technostructure depuis l’acte unique et Maastricht, a soutenu Emmanuel Macron par défaut ou en espérant que la vie s’arrange, que tout aille mieux. Quand l’ordre naturel est contesté, le désordre devient naturel. Une phrase qui pourrait résumer l’intensification du mouvement des « Gilets Jaunes », désormais ouvertement insurrectionnel, ou visant objectivement à l’instauration d’un climat insurrectionnel pour délégitimer le pouvoir. La France mal élevée a pris conscience de sa force, elle s’est mise en marche, pour le pire et pour le meilleur. Oui, certaines images de dégradations furent choquantes. Ainsi des tags anarchistes sur l’arc de Triomphe, des attaques de boutiques sur l’avenue Kleber, ou de cet illuminé qui a tenté d’éteindre la flamme du soldat inconnu.
Jordan Peterson, l’anti-BHL
12 règles pour la vie : un antidote au chaos. Si vous pensez qu’il y a un gros travail à faire sur la déconstruction des stéréotypes de genre, Jordan Peterson n’est sans doute pas votre auteur favori. Véritable égérie des conservateurs qui s’élèvent contre le postmodernisme et ce que l’on appelle, en anglo-saxon, le « marxisme culturel », le professeur Peterson s’est notamment fait connaître lors d’un entretien virulent sur la chaîne anglaise Channel 4 qui l’opposait à une Cathy Newman enchaînant sophismes et « éristismes ».
Novembre 2018 et Gilets Jaunes : un anti mai 68 ?
« Citoyen es-tu patriote ? », pouvaient lancer à la cantonade les conventionnels aux passants qu’ils croisaient. Entendra-t-on dans les prochains jours des Français interroger leurs concitoyens parce qu’ils n’arboreraient pas fièrement leur gilet jaune dans les rues ? La question mérite d’être posée, alors qu’un nouveau récit parcellaire se construit, celui des « Gilets Jaunes ». Les « Gilets Jaunes » ont décidé de redevenir maîtres de leur narration, ne laissant plus à d’autres le soin de raconter qui ils sont. Une nouvelle communauté organisée est née en France, à cette nuance près qu’elle revendique être majoritaire, voire la seule communauté que saurait reconnaitre la République : celle du peuple français dans son ensemble. Ils sont, c'est certain, plus représentatifs que les "décolonialistes" de La France Insoumise qui tentent de se greffer aux manifestations. Unie autour d’une colère, d’un ras-le-bol général, la France des Gilets Jaunes est mue par la passion si française pour l’égalité, cimentée par la détestation du monarque : ce Jupiter porté au pouvoir tout juste un an et demi en arrière, désormais plus proche d’Eole que du maître de l’Olympe. Si les demandes des Gilets Jaunes peuvent parfois sembler contradictoires, de par la nature même de ce mouvement, spontané et protéiforme, plus divers sociologiquement qu’on ne pourrait le croire, tous les participants partagent le même mépris d’Emmanuel Macron, de sa personne.
Le marron d’Inde est-il de droite ?
Les marronniers du Luxembourg vont peu à peu disparaître. La mouche mineuse les tue à petit feu. On peut se consoler en songeant que certains seront remplacés par des chênes chevelus et des arbres aux quarante écus (dont l’arbre mâle a un port plus élancé que celui de l’arbre femelle, précise-t-on au Jardin des Plantes), mais c’est une mince consolation. En fait, les marronniers disparaissent un peu partout. Avant le XVIIe , ils ne poussaient pas en France mais dans les Balkans (et non pas en Inde). C’était l’époque où les échanges culturels commençaient par une graine prudente qu’on mettait vingt ans à choyer. Les Balkans nous auront donc donné, en ces temps-là, les marronniers et la cravate, qui disparaît elle aussi, pour des raisons moins climatiques, moins botaniques, moins municipales, moins marronnières, en un mot. Le XVIIe siècle s’efface, il faut bien l’admettre. Nous vivons les derniers automnes où ces arbres inutiles (son bois brûle mal, les charpentiers n’en veulent pas, les menuisiers non plus), qui après avoir offert le spectacle réjouissant de leurs grosses fleurs, jonchaient avec opulence le sol de leurs fruits immangeables et magnifiques. Les [...] Suite dans le numéro 14 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Tony Sewell : « Ni la pauvreté, ni la race, ni le genre, ne sont des barrières à la réussite »
Tony Sewell a fondé en 2005 Generating Genius, une œuvre destinée à aider les jeunes d’extraction modeste à intégrer les universités les plus prestigieuses. En 2012, Boris Johnson l’a chargé de l’Enquête sur l’Éducation à Londres. En 2016, la reine l’a décoré du titre de Commandeur de l’Empire Britannique. Tony Sewell déplore la tartuferie de l’anti-racisme qui empoisonne les politiques publiques depuis les années 90. À peine installé, Tony Sewell aborde le problème de la crispation du débat politique… Le Brexit et l’élection de Trump ont terriblement envenimé le débat. Je n’ai jamais connu une telle tension. Jusque dans ma propre famille, je suis regardé bizarrement. Être noir et conservateur est considéré comme une hérésie, comme si votre couleur de peau déterminait vos idées politiques ! Voilà où nous en sommes. Pour parler crûment, un Noir conservateur, c’est un peu l’Oncle Tom soumis au lavage de cerveau des Blancs, une sorte de traître à la cause. Il semblerait que la jeune noire américaine Candace Owens, en prenant fait et cause pour Donald Trump, ébranle l’électorat noir des démocrates. Les choses changent, non ? Ici aussi la situation évolue du fait que la population noire n’est plus la même. Dans les années 50 et 60, elle était essentiellement issue des Caraïbes, Jamaïque et Trinidad ; aujourd’hui la majorité vient d’Afrique de l’Ouest, Nigéria et Somalie. C’est une population plus conservatrice. Il y a aussi, aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, l’émergence d’une classe moyenne noire qui ne se reconnaît pas dans la gauche. Les conservateurs disposent donc d’un réservoir dormant de voix : celles des Noirs qui soutiennent les travaillistes sans grande conviction. (...) A découvrir dans le dernier numéro de l'Incorrect, et en ligne pour les abonnés.
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« J’ai frôlé la mort, la GPA ne vaut pas ce risque »
Kelly Martinez, mère porteuse à trois reprises aux États-Unis, est au cœur du documentaire #BigFertility que relaie la Manif Pour Tous. De quoi faire changer d’avis ceux qui croiraient encore à une GPA « éthique » et encadrée.
« Et naturellement vous pouvez tirer » : l’extrême gauche terroriste
Assassinats politiques, enlèvements, mutilations, et attentats: ce sont les méthodes auxquelles certains groupes armés communistes, maoïstes et anarchistes eurent recours à partir de 1945, participant d’une logique révolutionnaire dans une Europe assombrie par les années de plomb. Les utopies gauchistes de la fin des années soixante voulaient l’abolition des oppositions de classe, travail manuel contre travail intellectuel, dominants contre dominés, patrons contre salariés, bureaucratie contre citoyens. Les subversions estudiantines provoquées lors de mai 68, entre autres, par des maoïstes, entendaient réveiller un peuple d’ouvriers et de cadres aliénés par une société du spectacle où « tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans sa représentation ». L’objectif était précis: que de la révolte estudiantine naisse une révolte générale des ouvriers contre un système économique coupable de les endormir par le travail à la chaîne, contre le régime de consommation de masse et contre le spectacle médiatique. Il s’agissait à tout prix de changer les mentalités des classes populaires, supposément chauvines et phallocrates. En d’autres termes, il fallait empêcher l’embourgeoisement provoqué par les Trente Glorieuses. Mais l’ivresse de la révolte prit fin rapidement, et les ouvriers [...] Suite à lire dans le numéro 14 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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La gauche et la guerre d’Algérie
Jean Sévillia est écrivain, journaliste et historien. Connu pour son Historiquement correct (2003) et son Historiquement incorrect (2011) où il déconstruit les mythes idéologiques de l’histoire, il revisite aujourd’hui un autre épisode douloureux de notre passé en publiant Les vérités cachées de la guerre d’Algérie (Fayard, oct. 2018). Quand on évoque l’Algérie française, on oublie que l’œuvre colonisatrice a d’abord été voulue par la gauche avec une vision jacobine qui calque le découpage administratif de la France sur le territoire algérien. Qu’en dites-vous? La plupart des entreprises coloniales furent l’œuvre de la IIIe République. À l’inverse, l’Algérie fut une conquête royale, d’abord portée par la Restauration, peu avant sa chute, ensuite par la monarchie de Juillet. Une expédition qui s’explique par des motifs externes (piraterie barbaresque en Méditerranée) mais aussi internes (volonté de faire oublier l’impopularité du régime de Charles X), et qui, à partir de 1837 devient une guerre de conquête, sans faire l’objet d’un projet bien spécifique. La IIe République hérite de ce territoire et le découpe alors en trois départements français: Alger, Oran et Constantine. Elle se place d’emblée dans une fiction car ces trois départements abritent deux types de populations: des Européens et des musulmans Les [...] Suite dans le numéro 14 de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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