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Les bourgeois malgré eux
On parle de la bourgeoisie comme si cette condition ne pouvait jamais nous revenir, qu’elle nous était intrinsèquement étrangère et profondément extérieure. Pour toujours plus s’en écarter, nous avons d’ailleurs savamment pris soin de la définir. Le bourgeois habite de préférence au centre des grandes villes, affiche une certaine sensibilité aux valeurs de gauche ou écologistes, fait montre d’un sens de la solidarité combiné à une ouverture d’esprit et de tolérance. Il idéalise une société pacifiée, mélange habilement conformisme raffiné et désordre, fustigation de l’argent et confort financier. Ainsi portraituré, le bourgeois appartient à une classe à laquelle on se saurait se confondre et chacun s’en réjouit tout en se délectant de pouvoir estampiller l’autre. Il faut pourtant se rappeler le retentissant poème du cinéaste Pier Paolo Pasolini, publié le 16 juin 1968 dans l’Espresso à l’encontre des (…) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Vers la fin de l’ultramontanisme ?
Le pape François a l’art des formules chocs, surtout en matière politique lorsqu’il livre ses commentaires sur des sujets qu’il aborde très superficiellement. « Ce n’est pas facile, mais le populisme n’est pas la solution », a-t-il récemment affirmé à propos de la crise européenne des migrants. Le pape a ensuite ajouté que les populistes « créaient une psychose » sur les questions migratoires, alors même que l’Europe vivait « un grand hiver démographique » et avait besoin, en conséquence, de plus d’immigrants. Car, affirme-t-il, sans immigration, l’Europe « deviendra vide ». « Vous ne pouvez pas rejeter les gens qui arrivent », conclut-il dans son interview à Reuters (20 juin). De tels propos ne sont malheureusement pas isolés mais forment la trame de plus en plus nette de sa pensée en matière de politique migratoire. Nulle part n’est évoqué le droit à la continuité historique des nations, ni la légitimité d’une politique de régulation des flux migratoires, pourtant mentionnée par le catéchisme de l’Église catholique (n° 2241). En Europe, une frange importante du monde catholique, se sentant incomprise d’un pape peu habitué aux subtilités européennes, va peut-être finir par abandonner sa tradition ultramontaine pour retrouver son penchant gallican. Que signifie être ultramontain ? C’est regarder (…) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Djihad et cheveux bleus
À gauche, on s’amuse à se faire peur avec l’hypothétique victoire des idées conservatrices et les dangers du « gramscisme de droite ». Pendant ce temps, l’islamo-gauchisme s’installe sur les réseaux sociaux, sous le faux-nez d’AJ +. A propos des relais d’influence des puissances étrangères, on entend régulièrement parler de Sputnik et de RT, les versions russes boiteuses de nos France 24 et autres RFI. Signe des temps, une petite dernière est arrivée en décembre depuis la péninsule arabique et se déploie sur les réseaux sociaux. Grâce à une stratégie habilement « inclusive » et en même temps « disruptive », elle apparaît moins gênante pour le CSA. De prime abord, on pourrait d’ailleurs se demander si AJ +, puisque c’est son nom, est une déclinaison vidéo du groupe Canal +, une chaîne de dessins animés ou encore une marque déposée par les jeunes entrepreneurs juppéistes. AJ + est la succursale de (…) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Ovalie : Le Retour de l’Armée blanche
Qui sont ces mystérieux Blondinians, qui ont pris d’assaut l’Élysée le 2 juin 2018 ? La rencontre a lieu sur le pré un samedi matin. Si le soleil de juin resplendit en ce coin de forêt d’Île de-France, les mines sont graves. Une bataille se prépare. Un chant retentit soudainement : des hommes en tenue blanche, un peu dépenaillés, se tiennent par les épaules, en cercle sous les poteaux. De l’autre côté, des hommes en tenue bleue bien nette attendent leurs adversaires. Ils portent les couleurs de l’Élysée et se demandent encore qui sont ces Blancs, les « Blondinians ». Pourtant parmi la garde macronienne se trouvent des membres de la DGSI. Les plus renseignés d’entre eux pourraient reconnaître un air peu républicain derrière des paroles détournées: « Honneur à toi Monsieur Jadis / Honneur à toi Blondin / C’est en ton nom que nous allons / Briller sur le terrain ! » Le chef du chœur blanc n’est pas un inconnu : il a été élu Roi de Montmartre et Prince des poètes, c’est un écrivain célèbre pour ses impayables romans anarchistes et anti-modernes. L’un d’eux se passe à l’Élysée d’ailleurs, Petit monarque et catacombes. Mais aujourd’hui, l’ambiance est plutôt à La Fête est finie. « Un verre de blanc / Et en avant les Blancs / Allez les Blancs, les Bleus on les aura ! ». Le capitaine, qui écrit dans un magazine réputé de droite, s’avance pour offrir un exemplaire d’Un singe en hiver à son homologue. Ce dernier se demande où il a mis les pieds. Antoine Blondin, lit-il sur la couverture, et puis les « Blondinians », des « Barbarians », une équipe de mercenaires ? L’assaut est donné, une vague blanche soudain prend forme et déferle sur les Bleus, on dirait des Chouans, des Vendéens qui prennent à la gorge l’armée de Westermann. Ils ont des sabots, des fourches, ce sont des paysans, des aristocrates, des enfants, et en guise de Sacré-Cœur, ils portent sur leur maillot l’insigne de (…) A découvrir dans le nouveau numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés
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Arrêts sur images : « Ah, si j’étais un homme » !

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« Je suis un cheval coincé dans un corps d’humain. Vous ne voulez pas m’accepter tel que je suis ? Je vous demande pourtant de considérer que je suis un cheval ! Comment pouvez-vous penser que je suis un homme ? Simplement parce que j’ai deux bras et deux jambes ? Qui vous dit que sous cette apparence bipède, je ne cache pas une longue queue poilue ? » ; entendra-t-on un de ces jours, le plus sérieusement du monde, dans la bouche d’un activiste invité à la télévision pour nous faire part de ses obsessions victimaires. Autrefois, les schizophrènes qui se prenaient pour Napoléon faisaient la fortune des aliénistes. Aujourd’hui, on leur déroule le tapis rouge, on les choie, on les couve, on les protège, on les écoute très attentivement, on entend leurs revendications.

 

L’intrusion et la normalisation progressive de la pensée LGBTQQIP2QSAA 2.0 dans le débat public constituent un stade terminal sur lequel vient échouer le bon sens le plus élémentaire.

Tremper n’est pas jouer

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Les trempeurs n’ont plus la cote, les gens à la page les prennent pour des barbares qui ignorent les bons usages, ou pire encore, pour des archaïques qui refusent le progrès des mœurs, de la propreté et de l’hygiène

 

« Dites-moi, mon cher E., vous que l’on prétend très ferré dans les choses de la politesse et du savoir-vivre… » Lorsque Chantal de S. débutait sur ce ton une péroraison quelconque, nul ne pouvait savoir quel genre de cataclysme se préparait, surtout quand elle assaisonnait son propos d’un demi-sourire faussement bon-homme.

– Pourriez-vous nous dire, à Lucien et à moi-même… (et E. vit, au bout de la table du petit-déjeuner, le malheureux Lucien de S. se recroqueviller sur son assiette) nous dire s’il est bien conforme à la bien-séance la plus élémentaire de tremper ses tartines dans son thé, son café, son chocolat ou que sais-je encore ?

Gay Pride, Jeanne d’Arc et moi

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Dans ce Paris cruel et non moins enchanteur où je vis depuis deux ans et demi, je déambule souvent au gré des itinéraires des personnages balzaciens de la Comédie Humaine ; un des chefs-d’œuvre de la littérature française qui m’a le plus marquée. Les pavés du quartier de l’Opéra, de la rue de Rivoli, des anciennes galeries du Palais Royal jusqu’aux quais de la Seine sont familiers à mes pas de flâneuse. Cependant, en ce 30 juin 2018, les pavés vibraient plus frénétiquement que d’accoutumée sous mes pieds à cause d’une chaleur caniculaire, mais pas que…

 

Lire aussi Le président Macron ? Appelez-le Manu !

 

Ce jour-là c’était le jour de la « Marche des Fiertés ». La communauté LGBTQ, cible de violences et de discriminations surtout dans les pays musulmans où la charia est appliquée et dans les sociétés conservatrices où les Droits de l’Homme sont bafoués, paradait à Paris ; capitale de la France où le mariage pour tous est légalisé et où les libertés ont le vent en poupe depuis longtemps.

Eduardo Rihan Cypel : « Si Tonton pouvait voir nos créations, je suis convaincu qu’il apprécierait l’esprit tellurique qui nous anime »

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Nous avions quitté Eduardo Rihan Cypel député socialiste de la huitième circonscription de Seine-et-Marne, nous le retrouvons entrepreneur dans le sous-vêtement patriotique, à la manière du “slip français”. Suffisamment décalé pour prendre la peine de l’interroger.

 

Eduardo Rihan Cypel. En parallèle de vos activités de maître de conférence à Sciences Po Paris, vous vous lancez dans la fabrication de caleçons, persuadé que ce sous-vêtement masculin flottant reviendra à la mode. C’est sexy le caleçon ?

 

J’avais l’envie depuis longtemps d’entreprendre et de créer. Après les élections législatives, c’était l’occasion d’explorer un nouvel univers jusqu’alors inconnu pour moi. C’est grâce à l’idée initiale de mon amie et cofondatrice, la styliste Virginie Sartres, que nous avons créé notre marque à l’identité française pour réinventer le caleçon, trop classique à notre goût. C’est un caleçon adapté aux coupes de pantalons actuels. L’idée était justement de l’actualiser.

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