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A Porto-Vecchio, l’école privée d’enseignement catholique a signé sa troisième rentrée !

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Ecole Saint Dévote, Porto Vecchio ©DR

Créée en 2017 par l’abbé Frédéric Constant, prêtre de la commune de Porto-Vecchio, située dans l’extrême Sud de la Corse, l’école privée d’enseignement catholique Sainte Dévote (en hommage à la Patronne de la Corse et de la Principauté de Monaco) rencontre un succès qui ne se dément pas au fil des ans.

 

Avec l’ouverture d’une première classe de CE2, l’école accueille désormais une cinquantaine d’enfants alors qu’ils n’étaient que 14 pour la première rentrée… Qualité de l’enseignement, partage de la foi chrétienne, le succès grandissant de l’école est une réponse à ce monde contemporain prônant la disparition des valeurs fondamentales de notre société comme le respect…

 

 

 

Jean-Michel et Géraldine vivent séparés depuis plusieurs mois. Ils ont un enfant de 5 ans, Gabriel qui fera sa rentrée en CP l’an prochain au sein de l’école Sainte Dévote. Un choix dicté par la volonté de perpétuer une identité chrétienne dont on sait toute l’influence qu’elle revêt en Corse. Cet établissement est aujourd’hui installé au presbytère, en attendant d’intégrer des nouveaux locaux en construction. Il est géré par l’Abbé de la paroisse de Porto-Vecchio, le père Frédéric Constant. Originaire de Venzolasca, un village de Casinca en Haute-Corse, l’Abbé officie depuis plus de vingt ans dans la cité du sel. Erudit au caractère jovial et à l’humour décapant, Frédéric Constant a su ranimer la ferveur religieuse particulièrement au sein de la jeunesse de la cité balnéaire en proie pourtant au désœuvrement lié au phénomène de l’hyper saisonnalité touristique. L’église ne désemplissant plus, l’abbé s’est ensuite tourné vers la problématique de l’éducation : « L’école Sainte Dévote a été inaugurée le 7 septembre 2017. Nous entrons dans la troisième année. Nous avions commencé avec 14 enfants pour en avoir aujourd’hui 50. Nous refusons des demandes d’inscription car nous ne souhaitons pas avoir plus de 18 enfants par classe. Il y a trois enseignantes mais aussi des intervenants extérieurs. Le but est tous les ans d’ouvrir une nouvelle classe et d’essayer d’accompagner les élèves in fine jusqu’au lycée… Quand un troupeau a trouvé le bon pâturage, c’est difficile de le mettre dans un désert. »

Quand ils ont vu qu’il y avait une certaine qualité dans l’enseignement et dans l’accueil, les demandes se sont faites beaucoup plus nombreuses. Nous nous tenons à refuser des enfants car nous souhaitons garder ce petit nombre. Il n’y a aucun intérêt à avoir autant d’effectifs que dans les autres écoles ni aucune originalité. L’originalité d’ouvrir une école privée catholique réside dans la qualité d’enseignement, le vivre ensemble et puis le partage de notre foi aussi…

Ce défi fut toutefois difficile à relever : « la première année, les parents ont eu une certaine crainte quant à la fiabilité de l’établissement. Il y avait des inscriptions puis des désinscriptions. Les gens se demandaient si l’école pourrait se pérenniser. Quand ils ont vu qu’il y avait une certaine qualité dans l’enseignement et dans l’accueil, les demandes se sont faites beaucoup plus nombreuses. Nous nous tenons à refuser des enfants car nous souhaitons garder ce petit nombre. Il n’y a aucun intérêt à avoir autant d’effectifs que dans les autres écoles ni aucune originalité. L’originalité d’ouvrir une école privée catholique réside dans la qualité d’enseignement, le vivre ensemble et puis le partage de notre foi aussi… Si elle a le label catholique, ce n’est pas pour cultiver des fraises et des choux même si les enfants plantent des fraises et font du jardinage. »

 

 

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Les enfants sont initiés à la prière qui est récitée tous les matins avant de commencer les cours mais aussi au début des repas et à la fin avec l’action de grâce. Une heure de catéchisme hebdomadaire est également au programme de l’enseignement : « Cette année, nous avons changé. On faisait une heure de catéchisme le vendredi, nous faisons depuis cette rentrée quinze minutes tous les jours. Cela permet d’être tous les jours dans un bain spirituel et pas seulement intellectuel. Comme le disait Saint Jean-Paul II : « La foi et la raison sont comme deux ailes qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la contemplation de la vérité. » Si l’une est sur une marche et l’autre sur une hauteur différente, elles ne peuvent pas s’éclairer et se nourrir. »

« Nous n’avons eu aucune subvention et aucune aide de l’Eglise qui n’a malheureusement plus d’argent. Les dons sont venus uniquement de la générosité des porto-vecchiais, des amis de Porto-Vecchio et de la Principauté de Monaco. »

Un projet de nouvelle école

 

Un projet de construction d’une nouvelle école est en cours et devrait aboutir dans les prochains mois : « C’est un projet essentiel pour le développement de notre école mais nous conserverons toujours une branche au presbytère. Nous aimerions ainsi que la maternelle puisse demeurer au presbytère et mettre le primaire dans la nouvelle école. C’est important aussi pour les enfants, de changer d’école. » Sur le chapitre du financement, Sainte Dévote n’a pu compter que sur les dons des paroissiens : « Nous n’avons eu aucune subvention et aucune aide de l’Eglise qui n’a malheureusement plus d’argent. Les dons sont venus uniquement de la générosité des porto-vecchiais, des amis de Porto-Vecchio et de la Principauté de Monaco. »

 

 

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Un contrat avec l’Education Nationale obtenu grâce à… Emmanuel Macron

 

Evidemment, l’arrivée d’une école privée (d’enseignement catholique en plus) pouvait attiser certains blocages de la part de l’Education Nationale. La signature d’un contrat d’association avec cette dernière était bloquée jusqu’à ce que l’abbé décide d’écrire directement au Président de la République : « J’ai adressé deux courriers à Emmanuel Macron. La rectrice de l’Académie de Corse nous a accordé au mois d’août dernier le contrat qu’elle ne voulait pas nous accorder au mois de mai. Certes, les postes d’enseignants ne sont pas encore pris en charge pour l’instant mais ils le seront certainement pour l’année prochaine. Et grâce à ce contrat, nous pourrons en plus bénéficier du forfait communal, la part réservée par la municipalité pour chaque enfant scolarisé de la commune. »

« Paradoxalement, il n’y a jamais eu de tradition de l’école catholique dans l’Extrême Sud. Autrefois, les parents de Porto Vecchio ou de Bonifacio envoyaient leurs enfants à Sartène, Ajaccio ou Bastia. »

Après Jeanne d’Arc à Bastia, Saint-Paul et Notre Dame de l’Assomption à Ajaccio, Notre-Dame d’Ile-Rousse, Sainte Dévote de Porto Vecchio est ce nouveau pilier sur lequel repose la construction de l’identité de la jeunesse insulaire : « Paradoxalement, il n’y a jamais eu de tradition de l’école catholique dans l’Extrême Sud. Autrefois, les parents de Porto Vecchio ou de Bonifacio envoyaient leurs enfants à Sartène, Ajaccio ou Bastia. »

 

 

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Avec une ouverture de classe prévue par an, Frédéric Constant a aussi pour prévision d’inaugurer d’ici trois ou quatre ans un collège : « Déjà, nous aurons avec la maternelle et le primaire dans deux ans huit sections avec 18 enfants par classe. Imaginons un collège ensuite… Ce qui nous intéresse c’est que du berceau jusqu’au brevet, au moment où ils ont l’esprit qui s’ouvre, les enfants puissent bénéficier d’une éducation éclairée par la foi. La belle devise est celle de Saint François de Sales : « Fleuris-là où Dieu t’a planté… » Nous allons labourer la terre, nous allons bêcher, arroser, éclairer pour que cela puisse fleurir et porter des fruits. La particularité de cette école est qu’elle est vraiment catholique. Ce n’est pas une question de label, c’est parce qu’elle est catholique, elle veut témoigner de sa foi ! Cette année, nous avons pris la décision de faire enseigner le catéchisme par les institutrices pour qu’il soit incarné dans l’enseignement. Le catéchisme ne doit pas être une simple matière, il faut qu’il soit un enseignement vécu et partagé dans l’école, dans les paroles, les gestes et les attentions. »

« Nous avons fait un questionnaire auprès des parents. Plus de 50% souhaitent que cet uniforme soit porté tous les jours. Cet uniforme comprend une veste, un tee-shirt et une casquette avec le logo de l’école qui représente une barque avec Sainte Dévote et une colombe car la légende dit que Sainte Dévote a été martyrisée en Corse, qu’ils l’ont mise sur une barque et qu’elle a accosté à Monaco.

Contrairement aux idées reçues, l’école Sainte Dévote n’est pas réservée aux enfants issus de familles aisées : « Beaucoup de nos contradicteurs pensaient que nous ferions une école pour les gosses de riches. Force est de constater que nous n’avons que des enfants de familles modestes. Certains s’amusaient à raconter que le Curé ferait une école de riches pour les enfants de Leclerc, Casino. » Le coût de scolarisation par mois pour chaque enfant est de 100 euros (aide aux devoirs, garderie, école et fournitures comprises).

 

 

Un uniforme pour éviter la discrimination par les marques

 

Et comme il s’agit de veiller à toujours bien faire les choses, l’année scolaire qui débute voit l’arrivée de l’uniforme (pour le moment non-obligatoire) à l’école : « Nous avons fait un questionnaire auprès des parents. Plus de 50% souhaitent que cet uniforme soit porté tous les jours. Cet uniforme comprend une veste, un tee-shirt et une casquette avec le logo de l’école qui représente une barque avec Sainte Dévote et une colombe car la légende dit que Sainte Dévote a été martyrisée en Corse, qu’ils l’ont mise sur une barque et qu’elle a accosté à Monaco. Donc, nous avons pris le symbole de la barque qui est aussi le symbole de l’Eglise. »

 

Yannick Campo

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