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Affaire Coquerel : LFI ou l’idéologie des pleutres

En l’espace de deux heures jeudi soir, LFI et la NUPES ont dû faire face à une fâcheuse affaire : Éric Coquerel, à peine élu président de la Commission des finances, a été accusé de « comportements déplacés » envers des femmes. L’extrême gauche de la classe politique se déchire sur cette affaire. Entre couardises et honnêteté, décryptage.

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© DR

Une fâcheuse affaire tombe sur le front de la Nupes : Sophie Tissier, une ancienne militante LFI a porté plainte le 4 juillet pour harcèlement sexuel contre Éric Coquerel, tout nouveau président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, qui l’aurait harcelé durant les universités d’été du parti en exerçant sur elle des « comportements déplacés ». LFI se déchire depuis quelques jours, certains s’emmêlent les pinceaux, d’autres dénoncent un complot. Au milieu de ce marasme, Rokhaya Diallo et Caroline de Haas notamment, essaient d’user d’une certaine honnêteté intellectuelle.

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Au sein du parti dévot, plusieurs voix s’élèvent devant ces accusations avec de grandes divergences. Rokhaya Diallo a été la première à attaquer le député LFI en demandant le même traitement à son encontre que pour Taha Bouhafs, fustigeant un supposé racisme. Ledit Bouhafs avait été évincé des élections législatives à Villeurbanne pour des accusations de harcèlement sexuel. Vous pouvez reprocher tout ce que vous voulez à Rokhaya Diallo, mais pour cette affaire, elle reste droite dans ses idées et ses bottes. Ajoutons que Caroline de Haas, soutien de LFI et présidente de l’association féministe « Nous toutes », a réagi dans le sens de madame Diallo. En effet, pour Caroline de Haas, même lorsqu’il s’agit « d’amis », « on communique, on dit ce qui s’est passé et on dit comment on a traité » – sans jamais citer le nom d’Eric Coquerel, comme pour montrer que le nom importe peu par rapport aux actes. Elle reconnaît également que lorsque les premières accusations avaient été rendues publiques, LFI n’était pas armée pour enquêter sur ces accusations, excusant une certaine inaction.

Cependant, ses amis insoumis ne connaissent pas tous cette droiture, en témoignent les propos de Jean-Luc Mélenchon dont le rôle est flou dans ce parti mais qui garde une influence certaine. L’homme parle de ces accusations comme d’un complot qu’il théorise encore une fois. Un complot des médias qui orchestrent un « défilé d’accusateurs » liés par un activisme « contre LFI ». Éric Coquerel lui-même parle de cette affaire comme de rumeurs infondées alors qu’une plainte a été déposée. L’affaire devient donc judiciaire. Dans une tribune du JDD, il s’explique de la sorte : « Comment réagir à une rumeur qui n’est basée sur aucune plainte, aucun signalement à la cellule interne de LFI, malgré de fréquents appels et communiqués de LFI à pouvoir le faire, aucun témoignage public, aucun résultat d’enquête journalistique sérieuse en plus de cinq ans mais dont on explique que seul le silence de LFI et son refus de mener une enquête l’expliquerait ? » Eh bien, le voilà qui devra répondre de ses actes tout comme LFI puisque cette militante avait déposé cette accusation auprès du comité interne, contrairement à ce qu’affirme l’actuel président de la Commission des finances.

Sans justice, l’anarchie guette et tous les coups sont permis, oubliant l’honnêteté

Encore mieux, Sandrine Rousseau a défendu son confrère sur France info. En effet, après avoir demandé à ce que Damien Abad soit éjecté du gouvernement avec les mêmes accusations, elle rétorque que si « on écarte les gens seulement sur la base de rumeurs dont on ne sait rien… » sans terminer sa phrase. Si seulement cette mansuétude pouvait être exercée pour toutes ces affaires… Lorsqu’Abad avait été soutenu par le gouvernement, elle avait aussi affirmé que lors des interventions du ministre à l’Assemblée, les députés feraient un bruit assourdissant pour l’empêcher de s’exprimer. Finalement, on remarque que ce parti est coincé entre le discours politique et l’application de ses principes politiques.

 La gauche face à un dilemme existentiel

Finalement, le problème en politique est le même pour tous : l’honnêteté intellectuelle. Si honnêteté il y avait, Coquerel serait évincé de suite et lui-même démissionnerait de ses fonctions (pour le plus grand bonheur des finances françaises). Pour cela il faudrait du courage, et en matière de prise de responsabilité, LFI n’est pas une sainte entité visiblement. Après avoir effectué un travail de sape dans les médias depuis plusieurs mois pour peser le plus possible dans les affaires du pays, la Nupes se retrouve dans une situation délicate, remettant en question tous ses efforts. Néanmoins, soyons philosophes. Cette affaire pourrait permettre de remettre la présomption d’innocence au centre du débat. Il s’agit d’une valeur fondamentale pour qu’une société vive sainement. Dans l’idéologie LFI, il faudrait démissionner dès qu’une accusation de viol vous touche. Il s’agirait d’une arme politique redoutable si cela devait s’institutionnaliser. Le réel, lorsqu’il rattrape les rêves, fait mal mais permet d’avancer.

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Sans justice, l’anarchie guette et tous les coups sont permis, oubliant l’honnêteté. Une société se fondant sur la pauvreté d’une accusation politique devient le Cuba des années 60, le Brésil actuel ou l’URSS d’antan. Rien d’étonnant que cela vienne d’un parti influençant davantage twitter que la société, ce qu’il revendique pourtant. Comme dirait OSS117 : « Il s’agirait de grandir ».

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