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Alice Cordier : « Les femmes européennes sont traitées comme de véritables proies »

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Publié le

16 août 2022

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À contre-courant des intersectionnels, Alice Cordier, présidente de l’association Némésis, défend un féminisme pragmatique. Émancipée mais pas agressée : la femme de droite moderne.
alice cordier

Qu’est-ce qu’être une féministe de droite ? Le féminisme peut-il être conservateur ?

Être féministe de droite, revient à prôner un combat basé sur la raison et le pragmatisme. Aujourd’hui, le féminisme est pris en étau entre deux grands courants : le féminisme radical qui est misandre et qui prône un système séparatiste entre les hommes et les femmes, et le féminisme intersectionnel que l’on pourrait appeler la convergence des luttes entre les minorités oppressées et qui permet notamment d’intégrer le voile ou les personnes transsexuelles dans les luttes féministes. On se rend vite compte de la limite de ces deux formes de féminismes, toutes deux soumises à une idéologie d’extrême gauche.

Lire aussi : Dora Moutot : « La théorie du genre est un grave recul pour les femmes »

Une troisième voie est possible, si l’on revient d’abord à l’essence du féminisme : l’accès à l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et la quête d’une amélioration des conditions de vie des femmes. Vider le féminisme de toute forme d’idéologie et se recentrer sur le réel : des faits, des chiffres, des statistiques et en définir les solutions qui en découlent. Arrêter de chercher la déconstruction et de nier d’où l’on vient, arrêter de brimer notre nature et les aspirations qui en découlent. En somme, un féminisme pragmatique et ordonné, un féminisme de droite donc. Le féminisme de droite peut être conservateur quand il s’agit d’honorer notre histoire (qui est si riche en modèles féminins) plutôt que de la déconstruire, mais aussi dans le fait de prôner la complémentarité homme/femme plutôt que de mettre ces deux forces en opposition.

Dépecé par le féminisme depuis cinquante ans, le patriarcat européen est désormais remplacé par une domination clanique africaine et maghrébine. Quel impact cette substitution a-t-elle sur votre vie quotidienne ?

L’impact du patriarcat extra-européen se ressent aujourd’hui dans l’espace public pour énormément de femmes en France. C’est aussi le cas dans bon nombre d’autres pays de l’UE, comme en Allemagne où on se rappelle des agressions de Cologne le soir de la Saint Sylvestre en 2016, mais aussi en Angleterre avec les grooming-gangs, ces prédateurs sexuels pakistanais qui enlèvent et violent des femmes et enfants (et dont on s’est rendu compte que les pouvoirs publics avaient cherché à taire l’ampleur par peur d’être taxés de racistes). Pour revenir à notre pays, cette domination et ce sentiment de supériorité de la part d’hommes extra-européens se ressentent par le biais du harcèlement de rue où les femmes européennes sont traitées comme de véritables proies. C’est le cas dans les métropoles mais de plus en plus dans les communes de densité intermédiaire. Rappelons qu’en Île-de-France en 2019, selon le bilan du ministère de l’Intérieur, 63 % des agressions sexuelles dans les transports en communs sont le fait d’étrangers. À ce titre, on voit proliférer les stages d’apprentissage aux méthodes de self-défense, une explosion des inscriptions féminines aux sports de combat et ce chiffre amer : sept femmes sur dix souhaitent la légalisation d’objets de légitime défense selon une étude Yougov du 17 mars.

« Pénaliser la pornographie pour commencer assainirait les rapports entre les hommes et les femmes qui sont déjà bien affectés »

Alice Cordier

Le féminisme a fait croire aux femmes que pour être libres, elles devaient adopter une sexualité débridée, calquée sur le désir masculin. Beaucoup de jeunes filles se retrouvent ainsi dépossédées et déconnectées de leurs corps. Que faire pour réparer ce désastre ?

Je suis mitigée sur cette question. L’arnaque de la sexualité débridée est un fait mais je ne mettrai pas le féminisme comme unique responsable de ce mirage, l’impact de la pornographie n’est en effet pas à sous-estimer. En France, l’âge moyen du premier visionnage d’une image ou d’un film pornographique est de 11 ans. Le regard des jeunes garçons étant déjà sali à l’égard des femmes, cela peut mener à un traitement dégradant de ces dernières dans le cadre de relations sexuelles. Blessées, les femmes adoptent donc un comportement que je qualifierai de « bouclier », elles chercheront à multiplier les rapports jusqu’à ne plus rien ressentir afin de ne plus être atteintes. Pénaliser la pornographie pour commencer assainirait les rapports entre les hommes et les femmes qui sont déjà bien affectés. Ensuite, revenir à notre essence : lors de l’acte sexuel, les femmes produisent de l’ocytocine, l’hormone de l’amour procurant un sentiment d’attachement, de confiance et de vulnérabilité émotionnelle. Les hommes produisent aussi des hormones similaires, en moindre quantité certes, mais il serait bon de le rappeler : les hommes aussi s’attachent.

Dans notre société on assiste encore à une pression à l’égard des hommes qui leur fait croire que la multiplication de partenaires feraient d’eux des « mâles alphas » quand certains souffrent surtout d’un cruel manque de confiance en soi ou d’une carence en affection. Pour revenir aux femmes, nous voyons donc que l’impact d’une relation sexuelle est un geste ayant un impact chimique, notre rapport à l’acte ne sera donc pas la même à moins d’être en lutte continuelle contre sa propre nature. On voit même l’émergence d’articles sur certains blogs du type « manipuler son cerveau pour coucher sans s’attacher ». Quel enfer.

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Décomplexer les femmes sur le fait que nos émotions sont belles et ne sont pas signe de faiblesse ou d’enclaves, que notre liberté peut s’illustrer ailleurs que dans une quête de mimétisme à l’égard des hommes, rééduquer les hommes sur l’image des femmes seraient des pistes à creuser pour une harmonie. Mais je tiens à insister sur un fait bien trop présent à droite venant d’hommes et de femmes : en stigmatisant les femmes ayant eu de multiples partenaires, en adoptant un comportement moralisateur et intrusif sur la vie privée des femmes, vous ne faites que desservir votre cause et faire stagner une situation que nous devrions faire évoluer ensemble avec bienveillance. N’oublions pas que l’idéologie de Mai 68 est encore bien présente, inutile de blâmer celles et ceux qui y ont cru.

Le wokisme prétend que l’on peut passer d’un « genre » à l’autre. Être une femme se résumerait ainsi à l’apparence. Que répondez- vous à cela ?

Que certains ont là encore oublié leurs cours de biologie. Un corps ne suffit pas, il existe un certain nombre de différences qui nous définissent : différences chimiques, psychologiques, neuro-anatomiques qui définissent nos réactions et comportements. Il suffit de voir les résultats de combats de boxe quand un homme transsexuel combat une femme. Modifier le sexe ne suffit pas. Cette théorie du genre est vraiment dangereuse puisqu’elle tend à invisibiliser les femmes, n’importe qui pouvant donc se prévaloir de ce sexe finalement. On a même vu des cas aux États-Unis de viols dans des vestiaires de femmes perpétrés par des hommes trans.

« Entre les cheveux bleus et le voile, où est passée Jeanne d’Arc ? »

Alice Cordier

À une époque où la beauté et la grâce sont malmenées, prendre soin de soi est-il un acte de résistance au relativisme ambiant ?

Plutôt que de répondre à des diktats, qu’ils soient politiques ou sociaux, revenons au respect de son corps et à son maintien en bonne santé. Pousser son corps à être le meilleur est un acte de résistance dans un pays où l’adage « jouir sans entrave » est encore si appliqué, et où le moindre effort est le dicton. J’ai toujours refusé de voir les grands sportifs comme étant des personnes de gauche, tant leur rigueur, leur discipline et leur hygiène de vie s’opposent à ce que prône la gauche. On prête cette citation à Socrate : « Quelle disgrâce pour un homme de devenir vieux sans jamais avoir vu la beauté et la force complète de son corps ». J’aimerais que les hommes et les femmes de droite l’appliquent dans leur vie quotidienne afin d’être des exemples et d’élever notre jeunesse encore trop souvent biberonnée à Boulot-Netflix-McDo.

À quoi aspire une jeune femme en 2022 ?

Je vais parler en mon nom puisque peut-être que les femmes qui me liront auront déjà répondu à ces aspirations. À trouver des modèles. Que c’est difficile aujourd’hui dans une France écartelée entre un wokisme qui se diffuse de façon galopante, et un islamisme qui infuse progressivement la société française. Entre les cheveux bleus et le voile, où est passée Jeanne d’Arc ? À ne pas sombrer dans la peur. On voit des agresseurs partout aujourd’hui dans notre pays. Quotidiennement sur nos trajets à coup de harcèlement sexuel, dans nos soirées étudiantes à coups de seringues ou de comprimés GHB, et même dans notre gouvernement à coups de sourires arrogants derrière lesquels se cachent de sombres propositions. Comment avancer sereinement face à cela ? À un avenir serein. On voit de plus en plus de couples qui refusent d’avoir des enfants. À gauche, pour des questions idéologiques, à droite pour des questions d’insécurité. Certains Français choisissent l’expatriation tant ils sont désespérés devant la gravité de la situation. La censure explose sur les réseaux sociaux. Quel avenir face à cela ?

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