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Colloque One of us : pour un réveil de l’intelligence européenne

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L'enlèvement d'Europe par Boucher, Louvre, 1747 @DR

C’est un colloque de haute volée qui s’est tenu samedi dernier au Sénat. À l’initiative de la Fédération One of Us, qui regroupe quarante organisations dans dix-neuf pays de l’Union européenne, une journée de travail a été consacrée à « l’avenir de la culture européenne » et au « réveil des intelligences » afin de promouvoir « une Europe fidèle à la dignité humaine ». Récit.

 

On se souvient de l’initiative One of Us. Lancée en 2012 selon la procédure de l’Initiative Citoyenne Européenne (ICE) qui permet à plus d’un million de citoyens de l’Union européenne de transmettre des projets à la Commission et au Parlement européen, elle avait pour objet la « protection juridique de la dignité, du droit à la vie et à l’intégrité de tout être humain depuis la conception dans les domaines de compétence de l’UE où cette protection s’avère d’une importance particulière ».

 

En 2014, malgré plus de 1,7 millions de signatures, – un record dans l’histoire de l’Europe -, la Commission européenne n’a pas daigné transmettre la proposition législative issue au Parlement européen, ce qui la place en totale contradiction avec ses intentions en matière de démocratie participative. Les défenseurs de la famille sont déjà habitués à ce déni de démocratie lorsque le CESE avait refusé d’enregistrer la pétition déposée par plus de 700 000 personnes au moment de l’adoption du « mariage pour tous ».

 

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Désireux de tirer parti de cette formidable dynamique malheureusement avortée à cause de la Commission européenne, l’initiative One of us s’est transformée en une plate-forme destinée à regrouper toutes les organisations qui militent en Europe pour le respect de la dignité de la personne humaine de la conception à la mort naturelle.

 

C’est ainsi que sous les dorures du palais du Luxembourg, était réunie la fine fleur de l’intelligence française et européenne : on y a entendu Rémi Brague dénoncer « une sorte de terreur intellectuelle en faveur de certaines représentations du monde et de l’homme » qui empêchent toute pensée dissidente d’éclore. « L’argent public subventionne les organisations qui travaillent dans le bon sens, c’est-à-dire souvent contre le bon sens ». Et de prévenir : « Nous n’avons qu’une peur, c’est que les générations futures, pour peu qu’il y en ait, nous accusent de non-assistance à civilisation en danger ».

Sous les dorures du palais du Luxembourg, était réunie la fine fleur de l’intelligence française et européenne.

De son côté, Pierre Manent a fustigé le vertige de dissolution d’une Europe menacée, à l’instar de la tour de Babel, par son extension indéfinie et a posé la question de la taille : « Quelle est la bonne taille, la bonne mesure, de la chose commune, de la cité ? ». Et de réhabiliter la nation comme « la forme la plus synthétique de la vie européenne ». Enfin, Olivier Rey a insisté sur les catastrophes écologiques que produit notre modernité : « Depuis le début des années 1970, l’humanité dans son ensemble consomme davantage de ressources renouvelables qu’il ne s’en régénère ».

 

Hors hexagone, on notera la présence de personnalités issues de la plupart des pays européens, avec une mention particulière pour la secrétaire d’État à la famille et à la jeunesse du gouvernement de Viktor Orban, madame Katalin Novák, dont les propos illustrent qu’il est tout à fait possible à un gouvernement d’un grand pays développé de s’affranchir des affres de la déconstruction anthropologique.

 

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Rémi Brague, Pierre Manent, Olivier Rey : One of us a compris qu’il fallait d’abord réveiller les intelligences pour entraîner une prise de conscience massive chez nos contemporains des ravages de l’individualisme matérialiste qui méprise la dignité des personnes, qu’il s’agisse des embryons ou des personnes en fin de vie. De ce point de vue, c’est une victoire car on a trop souffert d’une vision purement militante de ces sujets qui nécessitent au contraire d’être appréhendés dans leur globalité, à la lumière de la raison et avec le recul que peuvent donner des intellectuels aussi éminents. Reste à savoir toutefois comment cette initiative – que l’on ne peut qu’encourager – pourra parvenir à toucher le plus grand nombre.

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