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Thierry Mariani : « Détruire nos nations ne sauvera pas l’Ukraine »

Thierry Mariani est député européen (groupe ID). Il plaide pour un rééquilibrage de la relation de la France et de l’Europe en général avec la Russie. Tribune.

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© DR

Vous souvenez vous de la stratégie du choc ? C’est une des techniques employées par une partie du complexe militaro industriel américain au lendemain des effroyables attentats du 11 septembre. Après qu’Al Qaeda a envoyé ses kamikazes frapper les États-Unis, Washington, au lieu de s’attaquer directement au groupe terroriste et à ses liens avec l’Arabie Saoudite, avait décidé d’attaquer l’Irak.

Finalement, les contrats d’armements des États-Unis avaient explosé, entraînant dans leur course effrénée au profit la déstabilisation définitive du Proche Orient et ses centaines de milliers de morts.

C’est exactement ce qui se produit en Ukraine. L’OTAN, l’Union européenne et Washington accélèrent des agendas idéologiques totalement contraires aux volontés populaires en profitant de l’onde de choc de la guerre en Ukraine et de l’émotion qu’elle suscite.

Lire aussi : Éditorial monde de mai : Le naufrage ukrainien

Listons les propositions de l’Union européenne : augmentation des financements d’armements vers l’Est de l’Europe, propositions à mi-mots d’un impôt de guerre européen, suppression du vote à la majorité absolue dans les questions de souveraineté au Conseil européen, achat en groupe dans le secteur de l’énergie, création de nouvelles ressources propres, investissements communs de 300 milliards d’euros, multiplication des sanctions unilatérales. En agissant de la sorte, l’Union européenne poursuit un agenda qui va au-delà du fédéralisme puisqu’il est devenu carrément étatique. Après l’émission d’une dette collective pendant la période covid, c’est bien vers un super État européen de fait que les amis de monsieur Macron travaillent à rythme soutenu.

Ils répondent régulièrement que la souveraineté européenne est la condition de la souveraineté française. À croire que la Suisse, le Royaume-Uni ou la Norvège ne seraient pas des États indépendants. Au-delà de la mauvaise foi crasse de l’argument, c’est bien sa fausseté qui doit nous inquiéter. L’Union européenne nous entraine de plus en plus vers la guerre avec la Russie aujourd’hui, ou demain avec la Chine. Silvio Berlusconi vient d’ailleurs d’affirmer que nous devenons belligérants à force de nos livraisons d’armes démesurées à destination de monsieur Zelensky. L’intérêt bien compris de la France à travers l’histoire a pourtant toujours été de maintenir une alliance, discrète ou officielle, avec Moscou.

C’est l’intérêt des États-Unis de nous couper des bénéfices mutuels évidents qui surgiraient d’un réchauffement de nos relations avec Moscou

Pendant sept années, l’Union européenne, les États-Unis et Washington ont poussé l’Ukraine au pire. Rien n’a été fait pour que les accords de Minsk, signés en 2015 afin de permettre la paix, soient appliqués. Ils auraient empêché la guerre. La souveraineté européenne est donc tout sauf une garantie contre la guerre. Les Serbes peuvent en témoigner. Elle n’est pas non plus une assurance de prospérité économique. La déstabilisation des marchés monétaires et financiers engendrés par la gestion défaillante de la crise covid guettait déjà. Les effets du déversement de sanctions sur la Russie et le Belarus viennent la couronner. C’est l’intérêt des États-Unis de nous couper des bénéfices mutuels évidents qui surgiraient d’un réchauffement de nos relations avec Moscou.

La crise sociale qui attend notre pays et notre continent est d’une extrême dangerosité. Déjà les prix agricoles explosent, entraînant avec eux des perturbations conséquentes sur tous les autres secteurs sur fond de mondialisation financière et industrielle.

Demain, la stratégie du choc aura fonctionné : des peuples européens appauvris s’en remettront à un super État technocratique, sans assise démocratique. Bruxelles gèrera notre faillite économique et notre vassalisation stratégique au profit de Washington. La guerre en Ukraine sera alors bien loin et tout porte à croire que le sort de ce peuple est le cadet des soucis de nos dirigeants. La France, présidée par un européiste fanatique, sortira comme la première victime de cette déflagration. On se souviendra alors trop tard des leçons de l’invasion américaine de l’Irak.

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