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Un jour en France : la cagoule islamique de course à pied

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Un jour en France. Une polémique en France. Cette semaine, alors que la guerre menace entre deux puissances nucléaires dont les jungles étaient chères à Rudyard Kipling, nous avons débattu du « hijab de running » que s’apprêtait à commercialiser Décathlon. Et si tout n’avait pas été encore dit ?

 

Non, vous vous en doutez : l’essentiel n’a pas été dit sur la cagoule islamique de course à pied de la marque Décathlon. Alors, ce très seyant couvre-chef religieux est-il une attaque contre notre civilisation ? Sur le plan juridique, certainement pas. En effet, le droit positif n’interdit pas plus à une femme de porter un « hijab de running » que d’être ridicule – ce n’est pas mortel -, qu’il ne saurait interdire à Décathlon d’en vendre au Maghreb comme dans l’hexagone. Est interdit dans l’espace public le port des vêtements islamiques féminins entièrement couvrants qui empêchent l’identification de la personne par les forces de l’ordre, pour des raisons évidentes de sécurité intérieure ainsi que l’a confirmée la cavale de Redoine Faïd, ce dernier ayant échappé à la surveillance policière en portant une burka pourtant illégale. Le « hijab de running » laisse visible le visage.

Pourtant, sa vente sur le site de Décathlon a suscité une levée de boucliers incroyable, comme celle relative au port du burkini sur les plages des Alpes-Maritimes. Reste que les deux cas sont extrêmement différents. En effet, une municipalité a tout à fait le droit d’interdire une tenue de bain sur les plages de sa commune, comme un hôtel peut édicter les règles d’usage de sa piscine. Le burkini, dont le nom est un néologisme absurde fusionnant les termes antinomiques « burka » et « bikini », est porté sur la plage pour faire une démonstration de prosélytisme religieux et affirmer fièrement « je suis autre », mais aussi, c’est plus pervers : « je peux te voir sans que tu me vois ».

 

 Lire aussi : Valérie Boyer  « au nom de la liberté on accepte l’islam politique »

 

C’est en Australie que le fameux « burkini » fut inventé par Aheda Zanetti, une femme d’origine libanaise. Afin de pouvoir le vendre, elle fut obligée d’obtenir la fatwa du « grand mufti » de Sidney qui déclara la tenue licite au regard de l’islam. De son nom Taj Aldin al-Hilali, le « cheikh australien » (sic) qui rendit cette farce possible n’est pas un personnage anodin. Au début des années 1990, Chris Hurford, alors ministre de l’Immigration, tenta de le faire expulser en raison de propos peu amènes sur les israélites que le « cheikh » accusait de contrôler le monde grâce « au sexe, à la perversion sexuelle, ainsi que la promotion de l’espionnage, de la trahison et de la thésaurisation pécuniaire ».

Quant à la cagoule islamique de course à pieds, elle est déjà vendue par d’autres marques, à commencer par Nike. Ces vêtements sont les effets les plus visibles d’une des questions les plus fondamentales de notre temps : les nations modernes, comme la France, fondées sur le contrat social sont-elles viables quand se rajoutent de nouveaux co-contractants, qui n’étaient pas prévus à l’origine et qui refusent d’appliquer la majorité des clauses ? Car, parmi les réactions les plus enflammées, figurent celles de personnalités politiques qui, non contentes d’asséner des absurdités sur un ton docte (pensons à aurore Bergé qui a déclaré « Le sport émancipe. Il ne soumet pas »), voteront demain des lois toujours plus permissives en matière d’immigration.

 

 Lire aussi : Elisabeth Levy  « C’est une deuxième loi Gayssot qu’on veut nous faire »

 

On ne peut pas vouloir des millions de musulmans et refuser l’islam. On ne peut pas mentir en affirmant que les femmes qui portent le « hijab » y sont contraintes, puisque, tout au contraire, elles le font de leur plein gré et y prennent un malin plaisir. Un professeur d’histoire-géographie de Sevran m’indiquait notamment que certaines de ses élèves à peine âgées de 13 ans désiraient porter le voile au collège alors même que leurs mères ne le portaient pas, de leur propre chef. Le voile islamique est devenu « cool » dans certaines parties du territoire, il signifie « je ne suis pas comme vous, les Français ». Il est l’affirmation d’une identité qui s’appuie sur une contre-culture née dans les quartiers de l’immigration : rap, restaurants de tacos et de kebabs, etc. Une nébuleuse informelle qui produit une sociologie, un vécu en commun qui s’oppose à la narration dominante.

Les réactions des personnalités politiques de droite comme de gauche ne feront d’ailleurs que conforter ces jeunes femmes dans leur choix, tant parce qu’elles se sentent victimes des « méchants colonisateurs », ce dont elles se délectent, que parce qu’elles se disent à bon droit que leur combat est féministe, luttant pour défendre une liberté vestimentaire en tant que femmes. Nous sommes donc perdants sur tous les tableaux. La politique n’a pas à débattre du bien fondé des croyances et des pratiques de tels ou tels groupes, mais à dire ce qu’est la France et les règles qui s’y appliquent. Des deux côtés de la muraille qui séparent les communautés nationales, on observe des attitudes xénoréactives de plus en plus fortes, car logiques et naturelles. Seul un discours est légitime : celui de la France historique. Il n’a pas vocation à humilier ni à verser dans l’hystérie compassionelle propre à la post-modernité, mais à dire ce qui est tolérable dans les pratiques religieuses qui lui sont étrangères. Point à la ligne.

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