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Immigration : les dessous du succès danois

La parution d'une étude de la Fondation pour l'innovation politique sur la politique migratoire danoise rappelle que ce pays a réussi à mettre en place une politique migratoire stricte et un programme d'intégration abouti, et cela malgré sa présence dans l'Union Européenne.

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@DR

Début Janvier, le Think Tank libéral Fondation pour l’innovation politique a publié une étude intitulée “La politique danoise d’immigration : une fermeture consensuelle”. L’exemple du Danemark est souvent cité parmi les pays européen ayant réussi à mettre en place une politique d’immigration stricte et un programme d’intégration efficace. Cette politique est presque inchangée depuis 2000 malgré des gouvernements variés de droite, du centre et de gauche.

L’étude de la Fondapol décrypte avec précision comment s’orchestre la politique danoise en matière migratoire, et les conséquences de celle-ci. La première motivation pour lutter contre l’immigration est l’argument budgétaire. Dans la formation des coalitions gouvernementales, le budget est au cœur des négociations, et la maîtrise du budget est une question essentielle pour la droite comme la gauche. La dette du Danemark n’a pas évolué en points de PIB de 2019 à 2022 et reste stable à 32% du PIB. Pourtant le système danois est l’état providence. Pour concilier ces deux visions, la solidarité nationale est réservée à la communauté nationale danoise. 

Commettre des délits empêche d’être naturalisé pour une durée proportionnelle à la gravité des faits.

L’autre motivation est la conservation de l’homogénéité du peuple danois. La fondation pour l’innovation politique précise que cette dernière est à relativiser car le pays a connu plusieurs vagues d’immigrations. Cependant, ces arrivants provenaient jusqu’aux années 1960 des pays d’europe de l’ouest ou du nord. Depuis, le pays fait face à une immigration du proche et du moyen orient (Turquie, Syrie, Pakistan notamment). 

Face aux enjeux budgétaires et identitaires, le Danemark a adopté des mesures strictes pour dissuader et empêcher les migrants d’entrer dans le pays. Ainsi, en 2007 puis en 2013, la naturalisation est devenue de plus en plus difficile. Elle exige désormais un bon niveau de langue et une bonne connaissance de l’histoire et de la société danoise. Il est également demandé d’avoir assurer sa subsistance sur trois ans et demi sur les quatre dernières années. De plus, commettre des délits empêche d’être naturalisé pour une durée proportionnelle à la gravité des faits. Enfin, le regroupement familial et l’obtention d’un permis de séjour ont été rendus plus difficiles.

Ces mesures dissuadent les migrants de tenter leurs chances, mais un grand nombre de demandeurs d’asile arrivent quand même au Danemark. Dès lors, le Danemark a mis en place une externalisation de la gestion d’asile, votée par une grande majorité le 3 juin 2021, cette loi permet d’orienter les migrants vers un pays tiers afin d’éviter qu’ils rentrent sur le territoire danois pendant l’examen de leur demande.

Lire aussi : Stéphane Le Rudulier (LR) : « Je ne veux pas que la France devienne une juxtaposition de communautés »

Ceux ayant été légalement acceptés sur le territoire national doivent se soumettre à un programme d’intégration stricte. Il est établi depuis 1998. Il comporte différents programmes mis en place par les autorités municipales. Cours de langue, aide pour trouver un emploi, amélioration des compétences, ces programmes d’un an ont pour objectif de mettre l’immigré en situation d’emploi. Pour éviter le communautarisme, le gouvernement a depuis 2018 établi une catégorisation de ce qu’est un ghetto en fonction du taux de criminalité, de chômage et d’immigration extra-occidentale. Des mesures claires sont avancées telles que la démolition et la reconstruction des ghettos, une présence policière renforcée, et des actions pour désenclaver ces quartiers.

Les conséquences de cette politique sont variées. L’étude de la Fondation pour l’innovation politique souligne la bonne cohésion nationale danoise mise en évidence par une confiance interpersonnelle parmi les plus élevées d’Europe. De plus, les Danois considèrent que la démocratie fonctionne bien dans leur pays à 81%, ce qui les place en troisième position en Europe, loin devant la moyenne européenne à 51%. 

Cours de langue, aide pour trouver un emploi, amélioration des compétences, ces programmes d’un an ont pour objectif de mettre l’immigré en situation d’emploi.

Par ailleurs, la politique migratoire stricte a amené un déclin des partis dits “populistes”, comme le montre l’exemple du Parti du peuple danois. Le parti est monté a connu une ascension dans les années 2000, passant de 7,4% à 21,1% de 1998 à 2015. Le parti va cependant connaître deux échecs en 2019 et 2022 où il retombe à 2,6%. Ces échecs sont dus à l’apparition d’un nouveau parti à droite: les démocrates de Danemark, mais aussi à la place de moins en moins importante prise par l’immigration dans le débat public, au profit de l’écologie ou plus récemment, de l’inflation.

Lire aussi : Danemark : les libéraux contre les migrants

L’étude indique aussi que les Danois avaient d’abord rejeté le traité de Maastricht et que le Danemark a pu bénéficier de conditions particulières lors de son adhésion à l’Union Européenne. Ainsi, le pays n’est pas soumis à la justice européenne en matière de politique intérieure. Dès lors, il a pu mettre ces règles en place librement. 

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