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Partout, les saints : saint Céran

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Publié le

7 novembre 2022

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Admirable pour sa sagesse, sa charité, son intelligence, mais surtout pour son humilité : Saint Céran – qui n’était pas gros – mérite bien tous les honneurs qu’on lui fait.
saint céran

À l’heure où vous lirez ces lignes, vous serez certainement en train de vous reposer d’avoir trop fêté la Saint Céran, le 26 septembre. Vous aurez relu pour la énième fois sa Vie des martyrs saints Speusipe, Eleusippe, Meleusipe, l’un des premiers best sellers de l’histoire, qu’il avait rédigé en hommage à ces triplés martyrs de Cappadoce, et au moment où vous vous endormirez bourgeoisement dans votre bergère Louis XVI, votre fils débarquera tout benoîtement pour vous dire : « Mais Papa/Maman/Parent 1/Parent 2, qu’a fait exactement saint Céran, pour que nous le célébrions autant ? »

Lire aussi : Partout, les saints : sainte Germaine de Pibrac

Allons-y. Saint Céran fut évêque de Paris sous Clotaire II, entre la fin du VIe siècle et le début du VIIe. Durant son mandat, il travailla à réduire l’influence du roi dans les choix des nouveaux évêques et des dignitaires laïcs, et à clarifier les responsabilités des évêques, notamment vis-à-vis des clercs, et à réformer l’organisation judiciaire du royaume franc.

Par ailleurs, il fit preuve d’une grande charité envers les pauvres, ce qui le rapprocha dans l’imaginaire collectif des prélats de l’Église primitive.

Diplomate hors pair, il se fit l’intermédiaire entre le Pape et les rois francs, lombards et bavarois, avant de mourir, on ne sait pas bien quand, mais avant 625. On dit que les larmes des Parisiens de l’époque à l’annonce de son décès provoquèrent l’une des premières crues recensées de la Seine. Et que cette crue repoussa un raid viking qui tentait de remonter le fleuve.

Ces dévotions seront très touchantes, mais la façon la plus efficace d’honorer saint Céran reste bien sûr de vous abonner massivement à L’Incorrect et de partager ses petites facéties

Mais si saint Céran est aujourd’hui encore admiré entre tous, ce n’est ni pour sa sagesse légendaire, ni pour son intelligence fulgurante, ni pour sa capacité à raisonner les puissants et encore moins pour sa beauté proverbiale, bien que l’expression Beau comme un Saint Céran popularisée du haut Moyen-Âge au XIXe siècle avant de tomber en désuétude s’offre un véritable retour en force depuis le début des années 1980 [il faut rire ici, Ndlr]. Non, si nous nous souvenons 1400 ans après de Saint Céran, c’est bien pour son humilité.

Saint Céran influa considérablement sur son temps sans chercher les premiers rangs. Vous pourrez, chers lecteurs, aller le prier d’intercéder pour vous auprès du Père à Saint-Germain l’Auxerrois, où une statue le représente, ou à Notre-Dame de Paris, où il est représenté sur un vitrail. Ces dévotions seront très touchantes, mais la façon la plus efficace d’honorer saint Céran reste bien sûr de vous abonner massivement à L’Incorrect et de partager ses petites facéties.

PS : Précisons que si cette chronique a pu s’appeler « Vive les Gros Saints », elle ne s’appelle plus ainsi car en effet, saint Céran ne l’était absolument pas.

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