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Partout, les saints : sainte Germaine de Pibrac

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Publié le

30 septembre 2022

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Pauvre bergère devenue sainte à force de charité et d’amour : ce que sainte Germaine de Pibrac nous enseigne, c’est qu’il n’est nul besoin d’être reine, Mère Abbesse ou vierge martyre pour devenir l’une des plus grandes saintes de notre pays.
germaine de pibrac

Une obscure bergère de province française morte à l’aube de la vingtaine ; une marâtre démoniaque qui lui mène la vie dure : non, vous n’êtes pas dans le remake Netflix de Jeanne d’Arc contre Cendrillon, déjà parce que l’héroïne ne sera pas incarné.e par un.e transgenr.e racisé.e obèse.nt et ensuite parce que, comme le titre l’indique, vous vous apprêtez à lire la biographie non autorisée de Germaine Cousin, plus connue sous le nom de Sainte Germaine de Pibrac.

Pour sa vie, ce sera rapide : née en 1579 dans une famille de laboureurs de Pibrac, à côté de Toulouse, elle perd rapidement sa mère, et son père épouse en secondes noces une femme acariâtre qui éloigne Germaine, faible et scrofuleuse, de la vie familiale, la forçant à vivre dans un réduit, à l’écart du reste du foyer. Pour seule occupation, Germaine fait paître ses brebis, assiste à la messe, et finit par être retrouvée morte dans son appentis en 1601 à seulement 22 ans. Enterrée dans la foulée à Pibrac, clap de fin. Une vie misérable, portant son lot de petites joies et de grandes souffrances qui serait oubliée aussitôt terminée ? Pas sur ce coup. En effet, la courte existence de Germaine a été parsemée de nombreux miracles, qui, si elle en avait pris connaissance, n’auraient pas manqué d’édifier sa belle-mère.

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Les loups la détestent : découvrez comment à l’aide d’une simple quenouille plantée en terre, elle éloigne les loups de son troupeau pour aller tranquillement à l’office pendant ce temps. Ils riaient d’elle en disant qu’elle n’arriverait jamais à traverser cette rivière en gardant les pieds secs. La façon dont l’eau s’écarte pour la laisser encore une fois aller à la messe va vous surprendre ! Sa belle-mère croyait qu’elle volait du pain. Ce qu’elle va découvrir en ouvrant son manteau par surprise va vous laisser sans voix (des roses à profusion (alors qu’on est en plein hiver qui plus outre !)) Ce dernier miracle place directement Germaine dans la catégorie des saintes Élisabeth de Hongrie et du Portugal, ce qui ressemble fort à une promotion expresse.

Fleurs toujours : la veille de sa mort, deux jeunes filles tout de blanc vêtues sont aperçues, entrant dans le réduit de la bergère. Le lendemain, ce sont trois jeunes filles blanches, dont l’une couronnée de fleurs, qui en sortent, avant de disparaître. Puis on retrouvera le corps de Germaine, morte donc. Rongé par la scrofule, et tout un tas de maladies aux noms exotiques, mais qui, hélas, étaient bien autochtones à l’époque. Enterrée à la va-vite, puis oubliée jusqu’en 1644, quand un vicaire de Pibrac, creusant une fosse, retrouve sa dépouille intacte. Même les fleurs de sa couronne semblaient cueillies la veille !

En 2010, Benoit XVI a consacré l’église qui lui était dédiée à Pibrac en basilique mineure

Une dévotion particulière pour la petite Germaine commence alors à naître dans la région : les plus faibles et les plus pauvres viennent se recueillir auprès de sa dépouille, et de nombreux miracles plus ou moins vérifiés ne font qu’augmenter la ferveur populaire autour de la petite bergère, à tel point qu’en 1700, son corps étant toujours pimpant, le vicaire général de l’Archevêque de Toulouse demande l’ouverture d’un procès en béatification.

Alors un corps éternellement imputrescible ? C’était évidemment sans compter sur le génie de la Révolution française et de ses habiles ingénieurs et chercheurs en anatomie, toujours à la recherche de nouveaux défis pour faire progresser la science. Donc ce corps imputrescible depuis près de deux siècles, résistera-t-il à la chaux vive ? Eh non, il n’y résiste pas ! Vive la révolution ! Vive la science ! Vive la raison !

Ce ne sont plus que des os qui sont maintenant récupérés et heureusement conservés à Pibrac. Le XIXe siècle voit enfin Germaine Cousin devenir sainte Germaine de Pibrac grâce à de nombreux miracles dûment attestés, notamment des multiplications de pains, qu’elle aimait tant partager avec les plus pauvres, et des guérisons d’enfants malades, ce qui nous donne des indications sur sa vocation de sainte.

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Sainte Germaine fait encore aujourd’hui l’objet d’une grande dévotion dans le sud-ouest de la France, est la sainte Patronne des faibles, des malades, des déshérités et bien sûr des bergers. En 2010, le Pape Benoit XVI a consacré l’église qui lui était dédiée à Pibrac en basilique mineure. Finalement, ce que sainte Germaine de Pibrac nous enseigne, c’est qu’il n’est nul besoin d’être reine, Mère Abbesse ou vierge martyre pour être sainte. C’est la charité, l’amour des plus faibles et la fidélité dans la souffrance qui ont fait de cette faible parmi les faibles une des plus grandes petites saintes de notre pays.

Et pour nous prouver que cette lecture n’était pas pour vous qu’une page perdue entre la chronique sartoriale de Larreguy et les miscellanées mondaines de Rouvillois, et qu’elle vous a réellement édifiés, nous invitons fortement nos lectrices enceintes à donner à leurs futurs bébés le joli prénom de Germaine, ce qui nous prouvera que vous lisez bien jusqu’au bout, et accessoirement mettra vos bébés sous la protection d’une bien belle patronne ! 

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