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Permis de procréer et permis de tuer : le grand renversement

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Publié le

8 mars 2019

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Il arrive assez fréquemment que les actualités se télescopent dans la noosphère, comme ce fut le cas lors des semaines écoulées où nous avons assisté à la légitimation d’idées autrefois tabous, rappelant d’ailleurs ces « zeures les plus sombres de notre histoire » si fréquemment convoquées ces dernières années qu’on ne sait plus les reconnaître quand elles reviennent véritablement.

Permis de procréer sur L’Obs et permis de tuer sur Konbini : comment en sommes-nous arrivés là ?

 

Trois tendances semblaient se dégager depuis quelques semaines dans le cadre de la chasse à l’Homme que livrent les nouvelles ligues de petite vertu : les pervers narcissiques, la vasectomie pour tous et bien évidemment …la « masculinité toxique ». C’était sans compter sur l’arrivée en force de l’eugénisme compassionnel sur Konbini, grâce à l’inénarrable Hugo Clément.

 

Lire aussi : L’éditorial de Jacques de Guillebon : Fragments de France

 

Notre homme s’était déjà fait remarquer l’an passé en conviant une dame qui avait planifié son suicide assisté en Suisse et qui militait pour la légalisation de la pratique, mais aussi dernièrement en interrogeant un homme tout fier après avoir annoncé sa vasectomie censée sauver la planète de ses futurs rejetons – soit dit en passant, ce n’est peut-être pas plus mal de nous épargner ça -.

Au micro d’Hugo Clément donc, qui s’étonne que les porcs exposés au salon de l’agriculture finissent à l’abattoir, car il devait croire qu’on leur payait une retraite aux Caraïbes, s’expriment des « âmes en détresse », des gens qui ont des « témoignages à nous donner », dont Anne Ratier qui a confessé le meurtre de son enfant polyhandicapé âgé de trois ans en 1987.

 

 

On aimerait être compatissants envers cette dame. On voudrait nous aussi comprendre ce qui a pu la pousser à commettre un tel acte. Qui sommes-nous pour juger ce qu’elle a pu traverser ? Mais, au fond, est-ce le sujet principal de cette sombre affaire ?

Il est sidérant de penser qu’on puisse donner la parole à une meurtrière- c’est bien de ça qu’il s’agit -, y compris si elle a des circonstances atténuantes, et surtout de faire la promotion de ce geste qui, rappelons-le, est illégal au regard du droit pénal en vigueur. Permis de tuer, oui. Permis de tuer les éclopés, les handicapés et les gênants.

 

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Ceux dont on ne peut pas s’occuper. Les vieux bientôt ? Et « en même temps », c’est tout le tragique de notre époque, on s’émeut parce que des œufs ont été sacrifiés pour confectionner une omelette.

Nous vivons un basculement, un renversement anthropologique, un moment où tuer est excusable quand donner la vie devient suspect. Le terrorisme vert, parlons plutôt de névrose occidentale, voudrait ainsi établir un permis de procréer dans des pays qui ne parviennent même plus à renouveler les générations.

 

Lire aussi : Encore un effort pour entrer dans le XXIe siècle

 

C’est ce que propose Antoine Bueno, essayiste et chargé de mission au Sénat âgé de 36 ans. Il est indéniable que la surpopulation mondiale pourrait causer des difficultés dans les prochaines décennies, mais l’idée défendue par ce néo-malthusien est aussi démente qu’inapplicable. Surtout, elle s’inscrit dans un contexte général morbide, marqué par une haine de la vie.

Notamment des hommes, lesquels sont de plus en plus perçus comme une maladie, dont la masculinité s’accompagne presque toujours du qualificatif « toxique », comme si la virilité était un ennemi, l’ultime bastion du mal à abattre.

 

 

Alors que les hommes se font castrer (ils sont trop bêtes pour ne pas se reproduire autrement) sous peine d’être jugés pour perversion narcissique aggravée, des femmes à barbes accouchent sous les yeux émerveillés des rédacteurs de dépêches du Huff Post américain. Le grand renversement sera peut-être plus rapide que le grand remplacement.[/vc_column_text][/vc_column][/vc_row]

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