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Sélectron : les meilleurs essais de 2021

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Publié le

31 décembre 2021

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Cette folle et pénible année 2021 touchant à sa fin, L’Incorrect revient sur les cinq meilleurs essais du cru, c’est-à-dire ceux ayant élevé au choix – et souvent de concert – notre niveau collectif d’intelligence et d’antimodernité. Sélectron.
essais

5 – Les nietzschéens et leurs ennemis de Pierre-André Taguieff

En ces heures de grandes incertitudes qui sont les nôtres, ce qui nous manque, ce ne sont pas les certitudes, mais précisément l’incertitude qui elle seule peut combattre le feu par le feu. Pierre-Andrée Taguieff, dans cet essai précis et exhaustif nous conte la réception plus ou moins cohérente de Nietzsche parmi ceux qui s’en réclament, rappelant en fin de compte que le philosophe au marteau travaille surtout à nous inquiéter plutôt qu’à nous fournir une philosophie clé en main – en quoi il est peut-être le Socrate de notre temps.

Les nietzschéens et leurs ennemis de Pierre-André Taguieff
Éd. du Cerf, 492 p., 24€

4 – Lettres de la vallée, méditations philosophiques et politiques de Julien Freund

Philosophe mis de côté de l’université pour non conformité avec l’époque, c’est une noble tâche que se sont données les éditions de La Nouvelle Librairie en entreprenant de rééditer Julien Freund. Et si ce recueil épistolaire ne résume ni n’introduit véritablement la pensée de Freund, il offre à contempler  le mouvement d’une pensée qui se conduit bien. Il invite surtout à lire Julien Freund et pour cela, il mérite amplement de figurer parmi les cinq meilleurs essais de 2021.

Lettres de la vallée. Méditations philosophiques et politiques de Julien Freund
La Nouvelle Librairie, 298 p., 19,50 €

Lire aussi : Éditorial essais de décembre : Le XXIe siècle sera spirituel ?

3 – Nicolas Gomez Dàvila, penseur de l’antimodernité de Michaël Rabier

Nicolas Gomez Dàvila, penseur de l’antimodernité en troisième position, parce qu’on n’est jamais suffisamment antimoderne ni suffisamment intelligent et que Nicolas Gomez Dàvila présente l’avantage d’être les deux, pleinement. Michaël Rabier, qui lui a consacré sa thèse, dont le présent livre est le fruit, nous rappelle alors la nécessité d’un auteur qu’il serait grand temps de ne plus réserver aux marges.

Nicolas Gómez Dávila, penseur de l’antimodernité de Michaël Rabier
L’Harmattan, 384 p., 38 €

2 – La catastrophe ou la vie, pensées par temps de pandémie de Jean-Pierre Dupuy

Puisque le covid nous bouffe la tête, et l’espace et le temps, difficile d’y couper tant il a aussi occasionné une vague d’essais plus ou moins inspirés, la plupart du temps se contentant de raisonner par clichés faciles, maquillés comme une voiture volée en pensée iconoclaste ; bref des slogans plus que de la réflexion sur, aux choix, la biopolitique, la mathématisation du monde et la vraie vie des vraies choses contre l’asepsie décadente. Jean-Pierre Dupuy, mathématicien, philosophe, inventeur du concept de catastrophisme éclairé, remet donc les pendules à l’heure de la pensée en offrant une leçon de math et de philosophie à tous les yakafokon et autres Yarien. Roboratif et plus que jamais d’actualité.

La Catastrophe ou la vie, pensées par temps de pandémie de Jean-Pierre Dupuy
Seuil, 264 p., 20 €

Lire aussi : Memento mori : vers la fin de la chrétienté ?

1 – L’ère de l’individu tyran : la fin d’un monde commun et Faire sécession, une politique de nous-mêmes d’Éric Sadin

Deux essais pour le prix d’un en tête de notre sélectron des cinq meilleurs essais de l’année. Certes, le premier n’est pas sorti en 2021, mais puisqu’il figure l’état des lieux auquel répond le second, il nous semble juste de les associer. Comment guérir nos égos dilapidés par la virtualité des infâmes et effrayants réseaux sociaux, devenus des exosquelettes moraux résolus à nous transformer en petits dictateurs compulsifs ? Eh bien, par une politique de la communauté réinventée à l’heure des méga et micro structures. Constat terrible réclamant un vaste programme.

L’Ère de l’individu tyran. La Fin d’un monde commun d’Éric Sadin
Grasset, 350 p., 20,90 €
Faire sécession d’Éric Sadin
L’Échappée, 236 p., 17 €

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