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Les Sex Pistols, la meilleure arnaque du rock’n’roll
John Lydon, le leader des Sex Pistols, le dit Lui même : "Si je voulais maintenant être un transgresseur, je devrais être de droite. Les conservateurs sont les nouveaux punks ». Voilà pourquoi les Sex Pistols ont aujourd’hui davantage leur place à L’Inco qu’aux Inrocks. Peut-être quelques-uns ont-ils en tête les images de quatre canailles signant un contrat avec une exubérance outrageante, devant Buckingham Palace, entourés de quelques policemen décontenancés. C’était en mars 1977. Quelques mois auparavant, l’Angleterre découvrait ce groupe de voyous ivres et ricaneurs lors d’une scandaleuse émission de télévision. Il n’en fallait pas plus pour que le mot punk soit connu de tous, des salons de thés respectables aux pubs les plus louches. À n’en pas douter, les Sex Pistols avaient un sens aigu de la promotion. [...]
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Théâtre : merveilleuse Cendrillon

En quoi est-elle étonnante, et comment peut-on interpréter le conte enfantin et universel de Perrault sans en trahir l’esprit? C’est la démonstration que fait Pommerat. Franchi le premier obstacle, et seul défaut de la création, une voix off à l’accent féminin italien importun et inutile, le spectateur assiste à la mort de la chère maman de la « toute petite fille » qui croit l’entendre prononcer ces dernières paroles: «Ma petite fille, quand je ne serai plus là, il ne faudra jamais que tu cesses de penser à moi. Tant que tu penseras à moi tout le temps sans jamais m’oublier… je resterai en vie quelque part ».

Lire aussi : Annie Ernaux : la littérature en ménopause

C’est ainsi que la jeune Sandra, rapidement renommée « Cendrier » par les méchantes filles de sa méchante marâtre, se met en tête de ne plus jamais ne pas penser à sa mère et se munit d’une affreuse montre-réveil destinée à le lui rappeler toutes les cinq minutes. C’est aussi pour se punir de ses rares oublis que Sandra accepte de devenir Cendrier, c’est-à-dire la bonne de la gigantesque maison de verre où elle habite désormais avec son père transparent et fumeur, sa monstrueuse belle- mère, bouffi narcisse, et donc les deux pestes instagrameuses qui ont raté leurs filtres. Rien n’est trop sale, rien n’est trop violent pour l’habitante de la cave qui est devenue la gardienne de l’existence de sa mère. Terrible quiproquo qui fait de la fille orpheline la mère de l’image de sa mère. [...]

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[Cinéma] El buen patrón : tout mal pesé
Le cinéma à la papa existe encore, même s’il est obligé de donner de menus gages à l’époque. Dernier exemple, El Buen Patrón qui suit le directeur d’une usine familiale de balances, une semaine avant l’obtention d’une récompense régionale. Dans un numéro millimétré, Javier Bardem imagine Jean Gabin forcé de composer avec la satire sous couvert des catastrophes qui s’abattent sur lui. Si le scénario essaie de le faire tomber de son piédestal, la mise en scène lui redonne de l’assise. [...]
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Les critiques littéraires de juin

Le dernier jour de Patrick Dewaere

Un fauve, Enguerrand Guépy, Le Rocher, 200 p., 17,90 €

Le 16 juillet 2022, Patrick Dewaere aura disparu depuis quarante ans. Les éditions du Rocher ont la judicieuse idée de proposer une nouvelle édition
d’Un Fauve, le très bon roman dans lequel Enguerrand Guépy raconte le jour où le fauve, alors qu’il n’avait plus qu’un pas à faire pour tutoyer les étoiles, s’est couché, Dieu sait pourquoi. Comme dans toute vraie tragédie, nous avons beau connaître l’inéluctable fin, nous refusons d’y croire jusqu’au rideau. Entre en scène, sous la plume de Guépy, un homme au sommet de son art, de sa vie, de sa gloire. Il n’a jamais été si prêt au combat, ce qui tombe bien puisque nous sommes au matin où Dewaere doit entamer le tournage du film de Lelouch sur Marcel Cerdan. Le boxeur implacable, ce sera lui, Patrick Dewaere, ça ne pouvait être que lui, et il est paré. Il est entraîné, il a tant sacrifié pour être à la hauteur du rôle ! Il est dans le taxi pour se rendre sur le plateau, et tout bascule. L’auteur du roman s’immisce alors dans la faille que laisse la biographie pour tâcher de comprendre ce qui s’est passé. Quel démon aura pris possession de l’acteur au moment où il s’approchait de la consécration ultime ? Et si tout était joué d’avance ? Le tour de force de Guépy tient à cette maîtrise d’un tempo parfait, nous donnant à croire tout au long du livre que le sort pourrait être conjuré tout en éclairant la part sombre de l’acteur qui ne nous est pas nécessairement connue. Un très bel hommage à un acteur aussi génial que mystérieux. Matthieu Falcone


Thriller improbable

Les vingt journées de Turin, Giorgio Di Maria, Do, 164 p., 18 €

Voici un roman totalement bizarre, aux allures de thriller gothique improbable et bref. À Turin, dans une époque qui pourrait être la fin du siècle dernier, une épidémie d’insomnies pousse les gens à se promener la nuit, et des tueurs mystérieux à les massacrer. Dix ans plus tard, le narrateur, flûtiste amateur et détective à ses heures, enquête sur ce qu’on a nommé depuis les « vingt journées de Turin » Paru en 1977 sous la bannière d’Il Formichiere, petite maison qui fermera ses portes six ans plus tard, ce roman s’inspire probablement de la vague d’attentats qu’a connue l’Italie pendant les années de plomb. L’auteur, le turinois Giorgio di Maria, était un musicien, membre fondateur en 1958 du groupe Cantacronache, devenu écrivain après avoir lu Le Procès de Kafka. Il paraît qu’il a travaillé chez Fiat, puis comme critique théâtral pour le quotidien communiste L’Unita, et qu’il a tourné religieux dans les années 1980. Il est mort en 2009, âgé de 85 ans. Oublié depuis quarante ans, Les Vingt Journées de Turin a connu un regain de notoriété après sa traduction chez Norton, aux États-Unis, par le journaliste australien Ramon Glazov, lequel dit y voir une incroyable prémonition de Facebook, et un exemple typique de la littérature mystérieuse qu’on produit à Turin. Le livre a depuis été réédité en Italie et le voici qui paraît en France, où il trouvera naturellement sa place au rayon des OVNI contemporains. Bernard Quiriny [...]

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Annie Ernaux : la littérature en ménopause

Annie Ernaux, voici le genre de nom qui revient dans la vie littéraire hexagonale depuis toujours sans qu’on ne s’y soit jamais intéressé. Annie Ernaux. On s’ennuie déjà un peu. On n’a pas envie de s’y mettre. Ça sent la littéra- ture de bonne femme, mais version sexagénaire, version Modes et travaux. On a envie de s’y colleter comme de boire un rooibos au chèvrefeuille. Au moins, Christine Angot et Constance Debré sont un peu marrantes, avec leurs pleurnicheries adolescentes qui durent depuis vingt ans. Au moins, Virginie Despentes et sa gueule d’éponge à mer- cure nous arrachent quelques grimaces d’horreur. Au moins, Cécile Coulon nous irrite avec sa passion pour le footing, ses cheveux peroxydés et ses romans ruraux sans gluten. Là, Annie Ernaux, c’est une autre histoire. La ménopause faite littérature. Heureusement, nous dit-on, son dernier livre fait trente-huit pages, écrites en gros caractères.

Lire aussi : Antipop : la littérature de bonne femme nous emmerde

Grand écarts chez Gallimard

La daronne doit peser, pour qu’on ose éditer ça dans la Blanche de Gallimard... Faut dire, la Blanche, c’est plus ce que c’était : le Grand remplacement a commencé par là. Exeunt les Hussards magnifiques, exeunt les poètes à double fond,les tirailleurs du fond de la classe, les tempétueux, les salopards. Même les plus délicats iraient se faire voir ailleurs, les Dhôtel ou les Gadenne. Depuis quelque temps, la Blanche serait plutôt une sorte de dépendance sympatoche de Càvous, un décor en stuc bien pastel dans lequel on s’échange les plats sur un ton aimable. Lilia Hassaine, khâgneuse en chef du Quotidien de Yann Barthès, a bien publié son premier rom’. Alors Annie Ernaux, elle se pose là. Le jeune homme, ça s’appelle. C’est une sorte de rédaction. Le truc que n’importe quelle bourgeoise vaguement lettrée pourrait écrire en atelier d’écriture, poussivement, entre deux séances chez son psy et un cours d’aquagym. Ce sont des phrases mises bout à bout qui racontent un moment de sa vie. Des phrases avec des mots. C’est à peu près tout. Pour la littérature, vous repasserez. La littérature, c’est justement le poison des mots, c’est l’émulsion des mots dans le brouet des pensées, dans l’athanor des passions, c’est l’écume qui demeure quand on enlève l’histoire, le récit, la biographie. Là, il ne reste rien. C’est donc strictement l’inverse de la littérature. Pas une image, pas une métaphore, pas une pensée qui résiste. C’est à se demander si ce n’est pas une blague. On regarde derrière soi. On retourne à la librairie qui nous a vendu ce putricule. Mais non, la vitrine en est remplie. Ça a l’air sérieux. Ce truc a bien été édité, et il est en exposé en vitrine à côté du texte inédit de Céline. Le grand écart façon Gallimard. [...]

[Cinéma] Mon Amour : l’amour des confins
Un réalisateur homosexuel perd son « compagnon », suicidé. Déprimé, il part filmer des paysans sibériens et les interroge sur leur vision de l’amour. Ça pourrait être du Emmanuel Carrère, c’est du David Teboul, réalisateur de documentaires pour la télévision. Moralement, le procédé peut interpeller : pourquoi des petits bourgeois nombrilistes parisiens iraient scruter leurs propres abîmes par peuples autochtones interposés ? Pourtant, Teboul fait mouche. En faisant dialoguer sa propre histoire avec celle des autres, il construit un vrai discours sur l’amour et sa part forcément fictive, auto-fictive, racontée. [...]
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[Cinéma] Incroyable mais vrai : dérisoire
Plus sa filmographie progresse, plus Quentin Dupieux proclame le triomphe du pitch sur tout le reste. Si ce n’est que la seule astuce d’Incroyable mais vrai est de ne le dévoiler qu’au dernier tiers du film. Dans une France pas tout à fait France, aujourd’hui mais hier, deux couples façon Blier plongés dans du Bunuel s’échangent leurs problématiques : maison à faille temporelle, appendice électronique. Et quoi d’autre ? Rien sinon un virage vers la fable morale à l’avant-dernier acte en accéléré, bonjour Orange Mécanique. [...]
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[Cinéma] Je tremble ô matador : un travelo sans divertissement
Il faut un grand acteur pour renouveler une figure aussi rebattue que celle du travesti. Dans Je tremble ô matador de Rodrigo Sepulveda, Alfredo Castro en fait non pas une créature à plaindre ou un modèle de libération, mais plutôt un Protée sans divertissement, fantasque et inquiétant, plus masculin que féminin. Délivré de ses pénibles implications ontologiques, le travestissement devient un jeu aux règles floues qui conduit à ébaucher une romance comme on démarre un tango, un pas en avant, deux en arrière. [...]
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