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[Cinéma] Don Juan : supplice chinois
Il y a un mystère Serge Bozon qui, livrant régulièrement des zigouigouis déficients en tout (sauf Madame Hyde à moitié réussi) parvient toujours à tourner et entraîner avec lui des stars mondiales ou quasi. Des abattements d’impôts spéciaux ? Dans Don Juan, Virginie Efira promène sa collection de perruques, et Tahar Rahim souffre beaucoup en acteur obsédé par la femme qui l’a quitté, parce qu’il en regardait une autre. Quand il se met à chanter, on accepterait presque de se faire cautériser les hémorroïdes en public sur son lieu de travail pour faire cesser le supplice. Tout le fan club de Bozon (Axelle Ropert, Pascale Bodet) est là pour que d’une absence cumulée de talents naisse un tout ça pour ça d’une bien meilleure eau : que ça pour rien. Chaque plan s’interroge sur son existence. Un imaginaire de puceau perturbé fait d’Alain Chamfort un Commandeur de piano-bar. Bozon est le tombeau de la Nouvelle Vague : la cinéphilie pointue ne crée plus de cinéastes, mais des poinçonn
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[Cinéma] Frère et sœur : enfants terribles
Quintessence à contretemps du cinéma d!Arnaud Desplechin, Frère et sœur bouillonne comme un chaudron familial où les névroses se mythifieraient dans les fétiches culturels (Kafka, Joyce, Cassavettes). Seul problème, son romanesque à la louche est servi avec les habituels effets d'ironie qui empêchent toute adhésion à l’histoire au point même d’en gâcher la réception comme par exemple la prise de son souvent déficiente contredisant l’exhibitionnisme hystérique des sentiments. La fluidité du montage permet d’occulter en partie l'inanité de tout ce tralala crypto-incestueux.[...]
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Telefis : Irlande rétrofuturiste

Quel est le sens du titre – « a hAon » ?

« a hAon » signifie « numéro Un ». Nous suivons la logique qui consiste à désigner les albums et les chaînes de télévision dans l’ordre : Neu ! 1 et Neu ! 2, RTE 1 et RTE 2, BBC 1 et BBC 2, Kraftwerk 1 et Kraftwerk 2 etc. « a Dó » c’est-à-dire « numéro deux » suivra plus tard.

Êtes-vous nostalgique ?

Le point de vue de Telefís part du moment actuel pour faire un détour par le prisme de notre enfance et de notre tentative d’alors de comprendre notre coin du monde. J’ai vécu en Angleterre pendant la Britpop, et c’était une période horriblement nostalgique. Cette tendance n’est donc pas une chose nouvelle. Telefís est une conversation entre Cathal et moi, transformée en chansons.[...]

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[Cinéma] Top Gun : Tom Cruise, l’art du divertissement

Allons droit au but : qu’est-ce que le cinéma ? Un art ou un divertissement et, dans le meilleur des cas : les deux. Le cinéma des Tarkovski, Malick ou Godard se range dans la catégorie de l’Art. Ils expérimentent, s’aventurent dans une quête de sens, inventent une grammaire, révèlent ce qui est caché par le truchement d’un artifice. C’est beau « comme la splendeur du vrai » chère à Platon, donc exigeant. L’expérience se révèle parfois douloureuse, mais pour une récompense sublime, et c’est tout l’enjeu d’une salle obscure. Dans ce lieu unique, on ne discutaille pas avec son voisin, on ne vérifie pas sur son smartphone les dernières saloperies d’Amber Heard dans le procès qui l’oppose à Johnny Depp et on ne peut pas mettre pause pour fumer sa clope.

Lire aussi : [Cinéma] Salo ou les 120 journées de Sodome : fable prophétique

Bref, on raque (et cher en plus) pour être séquestré. Tout l’inverse de son écran de TV. Et il faut être sacrément maso pour rembobiner Stalker même un lendemain sans cuite. D’ailleurs, on ne le rembobine que rarement. Alors qu’un bon Die Hard, un Indiana Jones ou un Funès ne requièrent aucune condition spécifique. Le divertissement se consomme à toute heure et supporte facilement plusieurs visionnages puisque l’unique souvenir qu’il nous en reste est le plaisir du moment passé. Rares sont ceux qui parviennent à combiner les deux, les Il était une fois en Amérique qui nous claquent la tronche à chaque visionnage, Casablanca qui nous surprend encore à la onzième lecture, Quai des orfèvres qui nous accroche l’œil dès la première seconde ou ce Guépard qui nous hante encore longtemps après. Ils sont rares, trop peut-être, comme tout ce qui est précieux. [...]

[Cinéma] Salo ou les 120 journées de Sodome : fable prophétique
Le centenaire de Pasolini est passé jusque là inaperçu, peut-être parce que le poète frioulan est de moins en moins soluble dans la moraline ambiante. La ressortie de Salo est sans doute le moment pour remettre les pendules à l’heure et pour saisir toute la part à la fois viscérale et prophétique de son cinéma. Un film qui causa peut-être sa mort, et pour cause : en revisitant à la sauce fasciste une éprouvante « contre-initiation » sadienne, Pasolini met en scène les errements les plus viles de notre société libérale, individualiste et peine-à-jouir. [...]
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[Cinéma] Les Crimes du futur : plaisirs coupables

Dans Une collection particulière, court-métrage de 1973, le cinéaste d’origine polonaise Walerian Borowczyk, spécialiste de l’érotisme onirique (Contes Immoraux, La Bête) propose à son vieux compère le romancier surréaliste André Pieyre de Mandiargues, érotomane tout aussi convaincu, ce simple exercice de style : énumérer sur une voix atone et sans montrer son visage sa collection d’objets sexuels. Le résultat ne laisse pas de surprendre : comme un prestidigitateur fatigué, Mandiargues actionne de vieux automates grivois, détaille une collection de godemichés anciens aux origines exotiques. On ne verra que ses mains et les manches de son costume noir – car le fétichiste a toujours à cœur d’isoler les parties du corps, de les rendre toute puissantes par la grâce du cadrage. Ce court-métrage oublié du cinéaste réussit pourtant à cerner la nature même du fantasme, de la perversion, en ce qu’elle est intimement liée à un simple principe d’énumération et de focalisation. La collection, la récitation, l’empilement : autant de scolioses du langage qui construisent l’imaginaire de la perversion. On ne cessera de dire à quel point les récits du sinistre marquis de Sade sont basés sur ce simple principe.

Lire aussi : [Cinéma] Junk Head : pâte à modeler cyberpunk

On peut voir dans le dernier film de Cronenberg un exercice similaire, celui d’un vieux dandy qui énumère ses fétiches avec une application parfois morne, parfois exaltée. Il s’agit autant d’un retour aux sources quasi-juvénile (le film emprunte d’ailleurs le titre de son premier court-métrage d’études, une sorte de faux documentaire aux relents situationnistes filmé à l’époque dans l’enceinte de l’école des sciences de l’Ontario) que du film testamentaire d’un vieil obsédé du langage. Loin d’être un film-somme comme a pu l’être le sublime et définitif Crash (prix du jury au festival de Cannes en 1996) ou à la rigueur Existenz, Crimes of the Future version 2022 brille surtout par son manque d’ambition apparent et par un certain reniement – à ce titre Cronenberg semble d’emblée effacer d’un revers toute sa seconde et ennuyeuse période « psychanalytique », en ouvrant son film par un infanticide à la fois grotesque et glaçant. Le film tout entier a les apparences d’une miniature soigneusement mise en boîte, éclairée avec un soin délicat, mais qui jamais ne se cache d’être une sorte d’auto-hommage narcissique, légèrement vain – et surtout délibérément comique. [...]

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Una Voce : le chant grégorien, c’est rock n’roll !

Dieu aime le grégorien ! O filii et filiae tout ça. Depuis quatorze siècles ! Pas de trop de solos de guitare mais ça arrache quand même du melon. En France, une revue papier et numérique, Una Voce, diffusée dans tout le monde francophone traite du sujet depuis 1964. En plus du chant de moines stricto sensu, cette revue embrasse également tous les sujets liés à la liturgie latine, l'art sacré tout ça parce que la messe Vatican 2, c'est quand même une messe de communistes !

D'ailleurs, les auditeurs de Radio Courtoisie ne ratent jamais chaque lundi soir l'émission de Patrick Banken durant laquelle le président de l'association fait écouter les meilleurs chants grégoriens avec explications complètes et lumineuses sur le sujet. Plus bien d'autres choses, car Una Voce ce n'est pas que « mélismatiques » et « deuterus plagal », c'est aussi un point de vue global sur le sujet de la liturgie latine et des merveilles de l'église du Seigneur. En prenant bien soin de ne point prendre partie entre FSSP et FSSPX. Entre « ralliés» et « schismatiques », parce que tout ça ça nous fait bien chier, nous les vrais catholiques de combat !

En y participant, vous ferez d'une pierre trois coups : vous aiderez à promouvoir le beau, le sacré, le pur, le bien, le catholique

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Georges Perec : La réapparition

Faut-il publier les livres abandonnés, laissés à l’état de notes, en chantier ? Voilà une belle question théorique, qui se pose aussi pour les correspondances privées dont l’auteur n’a pas autorisé expressément la publication, et d’autres documents du même type. D’un côté, c’est une violation de sa volonté : si l’écrivain avait voulu voir son livre publié, il l’aurait terminé ! En le publiant malgré lui, on prend le risque de montrer au public des pages qu’il aurait jugées indignes d’être connues, ou ne pas correspondre à ce qu’il voulait laisser de lui. Combien d’auteurs doivent se retourner dans leur tombe, regrettant de n’avoir pas jeté leurs projets avortés au feu ! D’un autre côté, les livres inachevés sont toujours des documents passionnants, qui montrent l’écrivain à sa table de travail, révèlent ses méthodes, exhibent son écriture « à nu », avant le repeignage. En fait, un livre inachevé peut être considéré non comme le squelette imparfait du livre achevé, mais comme un autre livre, à prendre pour lui-même, dans son état d’imperfection, en y trouvant de l’intérêt – plaisir du texte brut, des notes jetées sur le papier dans l’urgence, des intuitions poétiques livrées telles quelles, sans habillage...

Tétralogie autobiographique

Ces divagations ont pour objet d’introduire au gros livre que publient Claude Burgelin et Jean-Luc Joly à l’occasion du quarantième anniversaire de la disparition de Georges Perec, le 3 mars 1982 : Lieux, projet auquel il a travaillé tout au long des années 1970, sans le mener à bien. Notons que ressort un autre inachevé de Perec, « 53 jours », le polar qu’il écrivait lors de sa mort, publié en 1989 et réédité en poche... Lieux, donc, est un livre dont Perec a eu l’idée en 1969. Il était censé former une tétralogie avec trois autres livres autobiographiques dont un seul aboutira, W ou le souvenir d’enfance. Le principe était le suivant : douze années durant, Perec devait décrire douze lieux parisiens – Jussieu, Gaîté, Franklin, Assomption, etc., à raison de deux par mois. Le premier lieu devait être décrit « en vrai », sur place, de façon neutre (un peu comme il le fera Place Saint-Sulpice dans Tentative d’épuisement d’un lieu parisien), l’autre depuis chez lui, en souvenir. Une fois écrits, les textes étaient enfermés dans une enveloppe. Au bout des douze années, Perec devait disposer de 288 enveloppes à rouvrir, où chaque lieu aurait été décrit 12 fois réellement,12 fois en souvenir. Comment auront évolué les endroits décrits au fil des ans ? Comment aura-t-il évolué, lui ? [...]

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