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Le générateur de films
Etabli en 1930, le Code Hays a gouverné le cinéma américain jusqu’en 1966, réglementant ce qu’on pouvait ou pas montrer à l’écran. L’aventurier Howard Hugues en fit d’ailleurs les frais après avoir montré de manière trop explicite l’affriolant décolleté de la débutante Jane Russe dans son western Le Banni. Alors que le film devait sortir en 1941, Hugues ne put le produire à l’affiche des cinémas qu’en 1943 de manière limitée, la Production Code Administration dirigée par Joseph Breen ne goûtant que peu les provocations du pionnier de l’aviation et célèbre séducteur. Rigoureux, parfois jusqu’à l’excès, le Code Hays peut être lu comme l’antithèse de ce qu’un film doit être aujourd’hui. O empora, o mores ! S’il convenait avant-guerre de ne moquer aucun culte et d’éviter absolument les plus petites allusions sexuelles, c’est peut-être précisément le point de vue inverse qu’il faudra adopter demain – au moins pour le christianisme et les sexualités de marge -. [...]
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Faux procès pour Mignonnes
Une nouvelle polémique arrive des Etats-Unis. Encore une histoire de Cancel Culture comme on dit. Mais cette fois-ci elle concerne une œuvre française : Mignonnes, primée aux festivals de Berlin et de Sundance. Sortie le 19 août dans les salles françaises dans un relatif anonymat, le premier film de la réalisatrice Maimouna Doucouré reçut néanmoins un accueil positif de la critique et des spectateurs, si l’on se réfère aux notations du public sur le site Allociné. Pour le reste du monde, c’est Netflix qui s’occupe de la distribution du long-métrage rebaptisé Cuties et c’est au moment de la promotion du film par le géant du streaming que les premières polémiques ont commencé de retentir. [...]
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Pierre Robin : Vacances à Berlin-Est, j’oublie tout (1980)

KRAFTWERK, BOWIE, GUERRE FROIDE

Il y avait un air (glacé) du temps : une certaine new wave fantasmait sur l’esthétique grise et froide, les systèmes totalitaires présents et passés. Krafwerk avec son album The Man Machine (1978) avait frappé les esprits, via son hymne aux robots chanté en russe et l’esthétique constructiviste de la pochette. Et puis Berlin et son mur, c’était aussi une séquence excitante de Bowie, celle de « Heroes » (1977). Sans oublier tous ces films d’espionnage. L’anticommunisme ? Nous détestions surtout les communistes français, je crois. Ça commençait à bouger en Pologne en cet automne 80, mais on ne croyait pas encore à un miracle géopolitique pouvant inverser le sens de l’Histoire… [...]

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Racisme à Hollywood
Aux indignations racialistes du réalisateur Spike Lee comptant le nombre de noirs sélectionnés depuis 2016 – « #OscarsSoWhite… Again, nous ne pouvons pas soutenir ça » – se sont succédé les déclarations publiques, étonnantes de racisme décomplexé, du réalisateur Jordan Peele, oscarisé pour son dernier film Get Out (2019) : « Je ne me vois pas choisir un mec blanc comme chef de file dans mon film » et d’Ava Du Vernay, réalisatrice de Selma (2014) : « Nous – les producteurs noirs dotés d’un pouvoir de recrutement – avons le droit de ne pas embaucher ceux qui nous diminuent ». [...]
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Sur la route de Compostelle : notre critique
Sur la route de Compostelle est un beau documentaire, réalisé par deux Néo-Zélandais ayant suivi pendant quarante-deux jours six pèlerins réalisant le « Camino de Santiago », la portion historique du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Qu’il s’agisse d’un deuil, d’une maladie ou simplement par goût du dépassement de soi, ces derniers ont tous des raisons différentes d’entreprendre ce long périple à pied de 800 km.
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La Daronne : notre critique
Patience Portefeux travaille comme interprète pour la brigade des stups. Un jour, elle protège un dealeur dont la mère s’occupe de la sienne en EPHAD et, de fil en aiguille, devient une des plus grandes trafiquantes de drogue de la capitale. On aurait aimé apprécier La Daronne, d’autant que le long-métrage excelle par éclairs, quand il ose l’insouciance, servi par l’humour pince-sans-rire d’Isabelle Huppert. Mais il hésite trop entre comédie, polar et drame familial alors que la première option était la seule qui lui aurait convenu. [...]
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Petit pays : notre critique
Adaptation du best-seller de Gaël Faye, Petit Pays propose un point de vue inédit sur le génocide rwandais : en se plaçant à hauteur d’enfants – Gabi et sa sœur sont issus de l’union d’une Tutsi et d’un entrepreneur français – la menace progressive du génocide prend presque des allures de conte noir et picaresque. Si le Burundi ne fut pas l’épicentre des violences, il en aspira les ondes de choc : une manière pour Éric Barbier de se distancier d’un pur récit politique et d’en éviter les pièges : Petit Pays frappe par sa justesse de ton et sa manière de privilégier le hors-champ en mêlant menace sourde et réalisme élégiaque. [...]
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Police : notre critique
Un long-métrage avec Omar Sy portant sur le traitement des clandestins par la police, à vrai dire : on ne misait pas un kopeck dessus. Anne Fontaine, cinéaste académique sans véritable envergure, surprend pourtant en livrant une copie toute en nuances, construite autour d’une unité de temps et de lieu qui donne à son film une rigueur dramatique assez inédite dans son œuvre. Police suit les traces de trois policiers appartenant à la même brigade et qui se voient confier la mission de reconduire un migrant syrien à l’aéroport. [...]
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