


Vous avez écrit sur les tapisseries de la Dame à la Licorne, sur Le Caravage, et maintenant vous vous attaquez à Adrian Ghenie. Comment se fait-il que la peinture soit pour vous un tel moteur d’inspiration ?
Mon premier flash, pour moi qui suis Alsacien, ça a été le retable d’Issenheim que nous allions voir à Colmar, le dimanche, quand j’étais petit. Ça m’a obsédé et, adolescent, cela m’a mené vers Van Gogh et Bacon, qui ont peint des corps décomposés ressemblant à ceux de Grünewald, lequel a justement créé son retable pour un lieu où se trouvaient des pestiférés. Ce qui m’intéresse, c’est la peinture comme exorcisme. Quand j’écrivais sur Le Caravage, je prenais parfois un train le matin seulement pour aller à Milan passer quatre heures à écrire devant un tableau. C’était un grand plaisir de mobiliser du langage sur le chromatisme. Comment dire les couleurs ? C’est la chose la plus impartageable, puisque personne ne voit le même rouge ! Et puis pour moi, Le Caravage a peint les plus beaux bustes du Christ, si bien que même si on n’est pas croyant, face à ça, on est au bord de croire. Le Caravage, c’est à la fois Dionysos et le Christ. [...]


Sous la direction du professeur d’histoire médiévale Bruno Dumézil, spécialiste du haut Moyen-Âge, ce dictionnaire fait appel à de grands noms de la recherche historique française, notamment Jean-Louis Brunaux, particulièrement renommé pour ses ouvrages consacrés aux Celtes et aux Gaulois. Une longue introduction chronologique revient sur la notion même de « barbare », concept forgé par les Grecs pour donner une cohérence au monde extérieur s’appuyant sur les sciences de l’époque, à commencer par la fameuse théorie des climats, puis repris par les Romains accédant à la civilisation avant d’être abandonné au Moyen-Âge en Occident… les barbares s’étant alors rendus maîtres et conservateurs de la civilisation.
Les représentations de ces lointains cousins indo-européens des Romains n’étaient d’ailleurs pas toujours univoques. Le stoïcien Posidonios d’Apamée et d’autres Grecs ont ainsi pu écrire que les druides celtes s’apparentaient aux gymnosophistes d’Inde.
Évoquant les « barbares » de toutes les latitudes, qu’ils aient été Germains, juifs, Britanniques, Arabes, Huns, Éthiopiens ou Perses, l’ouvrage permettra au néophyte de distinguer les deux principales familles de ces peuples. Ces deux catégories de barbares correspondent à deux vices collectifs qui déplaisaient aux sages et vertueux Grecs et Romains : les frustes et brutaux barbares venant principalement du Nord du monde et les efféminés et décadents barbares d’Orient. Des stéréotypes longtemps vivaces qui ont permis à Rome de construire l’image d’une civilisation vertueuse (par opposition aux Orientaux) et sophistiquée (par opposition aux géants d’Outre Rhin). [...]




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