2 novembre 2018
La civilisation promeut le mystère. Parce qu’elle permet une prise en considération lucide des personnes, parce qu’elle libère l’espace nécessaire à cultiver une telle vision, la civilisation promeut le mystère, et, promouvant le mystère, elle accroît ce qui lui est lié : l’ambiguïté, le jeu, les reliefs – TOUTE LA DANSE DE FEU DE CE QUI EST.
Une grande aténuation des lumières brutes est indispensable pour que ce feu devienne distinct, pour illuminer – brûler si nécessaire. Ailleurs, c’est l’éclat idiot du soleil barbare ou les néons morbides de la transparence. Entre les deux, le feu, et c’est pour défendre le feu qu’il faut combattre les fausses lumières affadissant l’expérience de vivre, qu’elles soient portées par un dieu légaliste – Allah, ce technocrate -, ou par le légalisme divinisé des nations protestantes. Or, les élites de notre pays ressemblent en cela à ses habitants les plus précaires, parce que provinciales d’Hollywood, colonisées, se vautrant dans l’obséquieuse singerie des dominants du siècle ; et n’imitant chez eux que les tares dont nous étions dépourvus.