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#MoiNonPlus
La civilisation promeut le mystère. Parce qu’elle permet une prise en considération lucide des personnes, parce qu’elle libère l’espace nécessaire à cultiver une telle vision, la civilisation promeut le mystère, et, promouvant le mystère, elle accroît ce qui lui est lié : l’ambiguïté, le jeu, les reliefs – TOUTE LA DANSE DE FEU DE CE QUI EST. Une grande aténuation des lumières brutes est indispensable pour que ce feu devienne distinct, pour illuminer – brûler si nécessaire. Ailleurs, c’est l’éclat idiot du soleil barbare ou les néons morbides de la transparence. Entre les deux, le feu, et c’est pour défendre le feu qu’il faut combattre les fausses lumières affadissant l’expérience de vivre, qu’elles soient portées par un dieu légaliste – Allah, ce technocrate -, ou par le légalisme divinisé des nations protestantes. Or, les élites de notre pays ressemblent en cela à ses habitants les plus précaires, parce que provinciales d’Hollywood, colonisées, se vautrant dans l’obséquieuse singerie des dominants du siècle ; et n’imitant chez eux que les tares dont nous étions dépourvus.
Bohemian Rhapsody : L’ASSOMPTION DE FREDDIE MERCURY
Bohemian Rhapsody retrace le destin extraordinaire du groupe Queen et de son chanteur emblématique Freddie Mercury, du succès fulgurant du groupe au risque d’implosion où l’entraînent les excès du leader, jusqu’à son retour triomphal lors du concert Live Aid. Un biografilm exaltant. Le cinéma américain aime le biografilm – qu’il appelle « biopic ». Genre de prédilection de producteurs en quête de recette après les dérapages financiers du Nouvel Hollywood, prisé par les acteurs et primé par le public, permettant d’évoquer autant les domaines politique, historique ou sportif, il se trouve massivement investi par le champ musical depuis une dizaine d’années, et cela non sans réussites. Dans une facture classique pour raconter Johnny Cash (Walk The Line), Ray Charles (Ray), The Four Seasons (Jersey Boys) ou The Beach Boys (Love & Mercy), à la manière expérimentale pour dire Bob Dylan (I’m not there), confinant au trip sous acide en mémoire de Kurt Cobain (Last Days), le biografilm musical alterne les styles au gré des cinéastes, mais maintient les phases d’un type d’hagiographie moderne : enfance blessée, conquête de la gloire et couronnement d’une figure morale. Si Bryan Singer est bien crédité au générique en tant que réalisateur, son renvoi en cours de tournage (friction avec son acteur et suspicion de scandale sexuel) et l’invisibilité de son style confirment que Bohemian Rhapsody est davantage l’œuvre d’un producteur que celle d’un cinéaste, ce qui n’augurait rien de bon, et pourtant (...) A découvrir dans le nouveau numéro de L'Incorrect et en ligne pour les abonnés
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L’hypersexualisation de la société
Personne n’a pu échapper à l’onde de choc mondiale que fut l’affaire Weinstein, et au phénomène social sans précédents de dénonciation du harcèlement sexuel sous le hashtag « metoo » devenu « balancetonporc » en France. Inutile de revenir trop largement sur ce tsunami médiatique, dont les conséquences semblent être tout à fait louables : une véritable prise de conscience de la difficile condition de la femme dans le monde d’aujourd’hui, du calvaire que celles-ci peuvent vivre au quotidien, et surtout une redistribution des cartes dans le jeu de l’égalité hommes-femmes. Mais ce que révèle par-dessus tout cette affaire, c’est l’hypersexualisation de la société, et au risque de paraître pour un conservateur rétrograde et intolérant, il faut dire que nous avons atteint sur ce point un niveau jamais atteint, dans le prolongement évident de la « libération » sexuelle des années 80, libération qui est finalement devenue une grande (...)
Illang et la brigade des loups : dystopie coréenne
Le cinéma sud-coréen produit des chefs d’œuvre en série depuis plus d’une vingtaine d’années, dans des genres très divers. Songeons au film de vengeance Old Boy de Park Chan-Wook, au drame romantique d’une poésie bouleversante qu’est Locataires de Kim Ki-duk, à la fresque historique Ivres de femmes et de peinture de Im Kwon-taek, ou bien encore à Mother et Memories of Murder de Bong Joon-ho, deux thrillers de haut vol. La production cinématographique du pays du matin calme n’est pas surestimée, mais bien estimée à sa juste valeur. Moins époustouflant que les films cités ci-avant, la dystopie Illang et les brigades des loups de Kim Jee-won vaut néanmoins le coup d’œil. Adapté de l’anime japonais Jin-Roh, la brigade des loups de Hiroyuki Okiura, et non d’un manwa, Illang est un film de science-fiction esthétiquement jouissif. Connu pour sa virtuosité caméra en main depuis Le Bon, la Brute et le Cinglé, Kim Jee-won fait de nouveau parler sa maestria dans les scènes d’action comme dans ses plans sur une Séoul post-apocalyptique, ou les fugaces passages animés (voir par exemple l’adaptation réussie du Petit Chaperon Rouge au goût extrême-oriental). Les couleurs sont somptueuses, de même que les décors.
Olivier BUIRETTE : « Ils font plus que jamais parti de notre civilisation européenne »
Historien, chercheur à l'Université Sorbonne-Nouvelle (Paris III), Olivier BUIRETTE est le commissaire scientifique de l'exposition sur l'Armée d'Orient qui se déroule du 25 octobre au 17 novembre à la Mairie du 5e arrondissement de Paris (place du Panthéon).  1/ A la demande de Florence Berthout, maire du 5e arrondissement de Paris, vous organisez une grande exposition sur l'Armée d'Orient. Comment expliquez-vous le relatif oubli dont elle à jusqu'ici fait l'objet ? Aux origines de l’Armée d’Orient il y a d’abord l’échec de l’opération des Dardanelles lancée en 1915 à l’initiative du Premier Lord de l’Amirauté Britannique de l’époque, un certain Winston Churchill, cette opération destinée à frapper en premier lieu l’Empire Ottoman fut une défaite et la reconstitution d’une véritable armée à la frontière entre la Grèce et la Macédoine eu pour noyau en effet ce corps militaire interallié vaincu en 1915. Progressivement sous le commandement de généraux comme Sarrail, comme Guillaumat et enfin Franchet d’Espèrey une véritable force de frappe devait se trouver aux portes orientales des Empire centraux. Cela sera la percée victorieuse de septembre 1918 menée par Franchet d’Espèrey et qui provoquera tout de même pas moins de 3 armistices : Empire Ottoman, Bulgarie et enfin Autriche Hongrie. L’offensive menée alors sur le front occidental par Foch permis d’en finir avec l’Allemagne et ce fut le 11 novembre 1918. Donc en effet nous devrions nous souvenir avec fierté de l’Armée d’Orient mais tout simplement l’historiographie actuelle est centrée sur le front occidental, sur les grandes batailles de la Somme, de la Marne ou encore de Verdun. Enfin les programmes du secondaire n’ont hélas plus le temps d’entrer dans les détails du conflit. Pour tout cela nous avons donc voulu essayer avec les quelques traces historiques que nous avons pu rassembler dans cette exposition, de faire revivre cette grande armée d’orient, une armée interalliée qui comporta au moment de la percée des 14 et 15 septembre 1918 que l’histoire a retenu sous le nom de bataille de Dobro Polje jusqu’à presque 100 000 hommes.
Événement : Les Prix littéraires de L’Incorrect
Sous l’égide du magazine L’Incorrect, et en partenariat avec le champagne Vincent Léglantier, trois nouveaux prix littéraires seront décernés mercredi 14 novembre 2018.Remis après tous les grands prix d’automne, ils ont pour ambition d’apporter un peu de légèreté et d’humour tout en étant fanatiquement littéraires.

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