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« Madame Chesterton » : l’épouse de l’ogre

On dit que derrière chaque grand homme se cache une femme ; alors quand le grand homme n’est autre que G.K. Chesterton, prince du paradoxe, écrivain génial et chevalier de la Foi, on s’attend à ce que la femme en question soit particulièrement bien cachée tant l’homme était grand – au sens propre (1,93 m pour 130 kg) comme au figuré (on ne se hasardera pas à compter le nombre de romans, articles, poèmes, biographies que l’Anglais a commis). Et c’est ce que cette première « vie de » Frances Chesterton vient confirmer.

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Épouse paradoxale s’il en est : aussi discrète (elle demanda à son époux de ne pas figurer dans son autobiographie) qu’il fut disert, aussi organisée qu’il était tête en l’air, aussi fragile qu’il était colossal ; mais partageant une foi commune en Jésus-Christ (qu’elle lui apporta), un amour mutuel invincible, une sensibilité poétique, des préoccupations sociales les portant vers les plus faibles.…

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« Morale et droit »: le droit mis en ordre

Pris que nous sommes dans les mâchoires volontaristes d’un droit réputé juste du seul fait qu’il est légal sans égard à la vérité morale, d’un côté par le maxillaire des juges qui utilisent la jurisprudence à des fins progressistes, de l’autre par la mandibule des populistes qui considèrent juste tout droit dès qu’il dérive d’une majorité arithmétique, voilà un court essai proprement salvateur qui rappelle quelques vérités élémentaires sur l’articulation entre morale et droit. Car pour Émilie Tardivel, docteur en philosophie et professeur à l’Institut catholique de Paris, les deux, bien que distincts, ne peuvent être arbitrairement séparés contrairement à ce qu’a professé Hans Kelsen.

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À travers une présentation -remarquable de concision et de clarté- des oppositions saillantes entre école du droit naturel et école du droit positif, elle pose avec saint Tomas que « la légitimité du droit positif dépend de son rapport avec la norme de justice qui commande de faire et rechercher le bien et d’éviter le mal ».…

« Du héros à la victime : la métamorphose contemporaine du sacré » : #Jesuisvictime
Dans un essai à la liberté de ton réjouissante, le philosophe François Azouvi règle son compte à l’une des facilités discursives les plus en vogue : la responsabilité de la culture chrétienne dans l’avènement d’une société lacrymale, où le bénéfice matériel du repentir public fait l’objet d’une lutte rivale entre victimes [...]
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David Engels : « L’Europe doit de nouveau se donner une mission spirituelle »
Contrairement à l’idéologie officielle de l’Union européenne, je ne définis pas la civilisation européenne par les droits de l’homme, mais à la différence des identitaires, je ne remonte pas non plus à Adam et Ève. Je souligne plutôt deux couches importantes : d’abord nos racines qui puisent leur force dans la loi de l’Ancien Testament, dans la pensée grecque, dans le droit romain, dans l’intériorité du Christianisme et dans les traditions des peuples européens païens. Et puis, le cœur psychologique de notre identité culturelle telle qu’elle a émergé durant les « âges sombres » et animé le renouveau de l’idée impériale sous Charlemagne et les Ottoniens : l’esprit faustien, donc cette envie irrépressible de tendre vers tout ce qui est au-delà de l’horizon – que ce soit de manière spirituelle ou de manière matérielle. L’élancement des cathédrales gothiques vers le divin, l’ambition des grandes découvertes géographiques, la complexité de la polyphonie musicale, l’énormité intellectuelle de la philosophie hégelienne, la colonisation politique du monde ou la fusion des atomes : tout cela n’a pu se passer que grâce à cet esprit « faustien ».
« L’Occident, ennemi mondial n°1 » : les dictateurs, le monde et nous
Au sommet des BRICS ou de l’Organisation de coopération de Shangaï, au moindre micro tendu, la même litanie. L’Occident menace la paix du monde par son impérialisme impénitent, et l’heure est enfin à la constitution d’un ordre global dont la multipolarité sera garante de la justice. Ceux qui tiennent ces discours de mesure sont pourtant des autocrates sans pitié, oppresseurs à l’intérieur et conquérants à l’extérieur, et assombrissent le globe d’un nouveau spectre totalitaire. [...]
« Repenser la modernité » : démoderniser le progrès

Constater le décalage entre les institutions et les aspirations des citoyens est une chose. Imputer ce décalage à la Modernité en tant que constitution de la société est un défi intéressant à relever. Professeur de sciences politiques à Athènes, Georges Contogeorgis a étudié dans notre beau pays. C’est peut-être cette double vie intellectuelle qui lui inspire cette réflexion sur une dissonance entre République et Peuple qui travaille nos penseurs, de Proudhon à Maurras jusqu’à la « Démocratie sans le Peuple » de Maurice Duverger.

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L’auteur, plutôt que de critiquer simplement la pensée moderne occidentale dans son contenu, en formule le paradoxe intrinsèque : le corps social, censé être le moteur et la source du pouvoir politique, en demeure le sujet, « enfermé dans la sphère privée ». Il assiste, impuissant, à une vie institutionnelle où « l’aspect invisible, c’est-à-dire les coulisses, de la politique prend des dimensions gigantesques ».…

« Raymond Aron, ce que nous lui devons » : hommage en demi-teinte

Avec Le Penseur des prochains jours : Raymond Aron, ce que nous lui devons, le journaliste et historien des idées Alexis Lacroix, directeur de l’hebdomadaire Actualité juive et de la rédaction de Radio J, signe sa première biographie intellectuelle, et tente une approche novatrice en ce qui concerne Aron : révéler, au-delà de sa pensée politique, l’actualité toujours brûlante de son héritage intellectuel. Une tentative partiellement réussie. En effet, la force première du livre est de démontrer au lecteur l’influence déterminante de l’époque dans laquelle a vécu l’intellectuel sur sa pensée politique, géopolitique et philosophique.

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Sont entre autres passés en revue ses conflits avec la gauche (dont il vient), sa critique précoce du nazisme, mais également sa vision si singulière des relations internationales: une sorte de réalisme nuancé. Cette approche interdisciplinaire donne au lecteur une honnête vue d’ensemble du monument intellectuel qu’est Raymond Aron – quoique le texte verse un poil dans l’hagiographie.…

L’Incorrect

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