


Difficile de trouver un équivalent de Platon dans le domaine de la philosophie. Disciple de Socrate, avec lequel sa pensée se confond assimilant, pour la postérité, celui-ci à ses Dialogues, sa position chronologique en fait le père de sa discipline si bien que toute personne qui prétend penser philosophiquement pense à partir de Platon, avec ou contre lui ; ainsi, son plus grand élève, Aristote qui, lui seul, peut revendiquer une importance égale à celle de son maître dans l’histoire des idées. Grec, athénien, aristocrate descendant de Solon, engagé malheureux auprès du Tyran de Syracuse, il considérait la politique comme l’activité humaine la plus noble, mais son admiration n’égalait que le mépris qu’il éprouvait envers la déchéance dans laquelle elle se trouvait.
Il ne s’agit donc pas de transformer le monde selon les idées, mais de les adapter au monde pour le rendre un peu moins pire
En ces temps de décadence qui furent les siens. Pour autant, il figure à présent et par bien des aspects dans l’imaginaire collectif le philosophe des nuées, celui des belles idées désincarnées dont on ne peut pas faire grand-chose. Car la tradition platonicienne a traversé les siècles, de Plotin à Hegel en passant par saint Augustin, jusqu’à certains sectateurs des totalitarismes rouge ou brun saisissant son effigie pour asseoir sur son cadavre leur légitimité intellectuelle – à tort ou à raison... plus certainement à tort mais aussi à raison. C’est que l’idéaliste naïf perdu dans ses sphères et l’idéologue déterminé que le sang n’effraye pas font ensemble la tête de Janus bifrons. Alors, penseur de l’ordre préfigurant Kant ou révolutionnaire archétypique comme Nietzsche le définit dans le merveilleux cours qu’il lui consacre ? Sûrement tout cela en même temps et rien de cela pourtant, parce que Platon excède, comme tous les grands parmi les grands, les interprétations de ses interprètes et qu’il surplombe ceux qui le combattent tel le barrage qui n’empêche pas le source d’exister indépendamment de lui. [...]
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En quelques mois, le wokisme sera devenu le thème principal des essais parus ou à paraître. Traductions et remâchages ridicules de travaux américains d’un côté, analyses un poil répétitives des ressorts du logiciel woke de l’autre : partisans et opposants, c’est tout l’appareil éditorial français qui s’est mis en branle d’un même mouvement, quand bien même beaucoup se demandaient s’il s’agissait d’un sujet politique véritable, et si l’on ne participait pas, par le seul fait d’en parler, à le légitimer. Tous les jours, l’actualité politique et sociale se charge de répondre : praxis plus que philosophie, le wokisme est un réflexe, une exhortation qui se répand comme une traînée de poudre.
Et c’est pour dresser quelques digues encore contre cette marée furieuse, du moins contre sa vague raciale, que s’élèvent Pierre-André Taguieff et Drieu Godefridi, certes dans des styles tout à fait différents et pour ainsi dire archétypaux, puisque le premier adopte une approche classiquement universitaire, c’est-à-dire lente, précise et ultra-référencée, avec un précieux travail de définitions, quand le second choisit l’analyse brève et anglée sur le mode disqualifiant. [...]
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