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Jean-Pierre Denis : « Êtes-vous capables de dire “Je crois” ? »

Pourquoi « les catholiques, c’est pas automatique » ?

C’est une boutade empruntée à une campagne de communication contre l’usage excessif d’antibiotiques, justifiée par le fait que je m’intéresse à un sujet d’ordre médical, la pandémie, et ce qu’elle a pu changer d’un point de vue spirituel. C’est une tentative de faire un lien entre la foi, la place des catholiques dans la société et la pandémie comme expérience spirituelle, puisque si tout le monde a un avis sur les réponses techniques, une seule chose est laissée de côté : ce que cette pandémie peut changer sur le plan culturel et, de là, civilisationnel. Les églises ont été fermées durant le confinement, parce que la foi n’est pas considérée comme un bien de première nécessité. En cela on voit qu’être catholique n’est plus automatique dans une société complètement sécularisée. Un ministre de l’Intérieur a pu affirmer au sujet de la foi que « s’il s’agissait de prier on pouvait très bien faire ça chez soi ». Bref, on voit que comprendre ce qu’est la foi n’est plus automatique ni pour les pouvoirs publics, ni pour la société en général, ni pour les catholiques eux-mêmes qui ont été à la fois très engagés dans le service à la personne (distribution de repas) et relativement peu dans l’interprétation des événements.

Vous vous inscrivez dans le sillage de Vatican II qui dit que l’Église doit distinguer les signes des temps.

Depuis quelques années on observe une succession d’événements traumatiques (Notre-Dame, Arnaud Beltrame, le père Hamel), lors de moments clés d’ailleurs, comme la Semaine sainte : ce sont des chocs mais d’un point de vue chrétien ce sont surtout des invitations à la conversion.

Un ministre de l’Intérieur a pu affirmer au sujet de la foi que « s’il s’agissait de prier on pouvait très bien faire ça chez soi »

Si Jésus s’énerve quand on lui demande des signes et qu’il répond qu’il n’y en aura pas d’autres que celui de Jonas, c’est qu’il comprend bien que ses interlocuteurs demandent du grand spectacle et n’ont pas l’intention de se convertir.

Les catholiques ont déserté leurs églises même lorsqu’elles ont rouvert : que pensez-vous de cette relation à l’eucharistie qui apparaît soudain comme superficielle ?

Je suis catholique pratiquant, très attaché à l’eucharistie, j’ai besoin de me rendre à la messe le dimanche, j’ai vécu cette privation du sacrement comme quelque chose d’intense, et me suis précipité lors de la réouverture : je m’attendais à ce que les églises soient pleines, or il s’est avéré que beaucoup de gens ont purement et simplement disparu de la circulation. Le modèle sur lequel l’Église est orientée depuis le concile de Trente, celui de la communion pour tous par opposition au protestantisme, arrive à une forme d’épuisement. La question posée est celle de l ’Église « attestataire » : la succession des derniers évènements est une invitation urgente à un christianisme missionnaire. [...]

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La Résistance sera spirituelle

Imprimés clandestinement à l’été 1943 dans le cadre des Cahiers du Témoignage chrétien lancés par le prêtre jésuite Pierre Chaillet, ces textes de Bernanos firent une forte impression dans la France occupée par les Allemands. Un romancier catholique adressait à ses compatriotes depuis le Brésil un appel à l’héroïsme délivré au nom de la vérité, mobilisant le sens de l’honneur face à la déliquescence des institutions et à la trahison des classes dirigeantes.

Lire aussi : Bernanos et la vocation spirituelle de la France

Ce cri évangélique dressé face à la barbarie nazie mais aussi face aux puissances d’argent surprend par sa capacité à parler aux Français d’aujourd’hui. Loin de se réduire à un simple document historique, cette réédition salutaire d’Où allons-nous permettra au lecteur de saisir en quelques pages toute l’acuité du message de Bernanos: une réponse conservatrice à la modernité destructrice. Désormais, la résistance serait spirituelle ou ne serait pas.

Où allons-nous ? Georges Bernanos
Seuil, 128p., 12€
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Covid 19 : journal de bord pamphlétaire
Inventeur du concept de « catastrophisme éclairé », convoqué à tort selon lui à l’occasion de cette épidémie, Jean-Pierre Dupuy tient ici le journal de bord des neuf premiers mois d’une crise dont l’issue à cette heure semble encore incertaine. Sorte de pamphlet retourné, puisque la colère palpable de Dupuy prend appui sur la raison et se refuse à toute forme d’insulte – en quoi elle s’avère plus dévastatrice que les récriminations d’enfants gâtés habituelles de ceux auxquels Dupuy donne, tour à tour, une leçon de mathématique, une leçon de philosophie, et une leçon de politique, les renvoyant implacablement à leur incompréhension dramatique du Bien commun, montrant aussi comment ils radotent leurs syllogismes pervers à contretemps et en roue libre dans la plus parfaite ignorance des réalités scientifiques ou même des bases élémentaires de la logique [ ...]
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Etat des lieux saints
Dominique Reyné, directeur général du très libéral think tank Fondapol, s’entoure de dix spécialistes pour écrire un livre apte à répondre, ou du moins à susciter des interrogations fondamentales sur l’Église catholique et les communautés chrétiennes et leur place au sein de « l’équilibre mondial ». Comment doit-on comprendre l’Église et comment elle-même doit-elle se comprendre, en Europe et ailleurs ? Philosophes, historiens, professeurs et intellectuels de tout acabit ont travaillé cette analyse qui demeure toutefois éloignée de l’étude purement théologique ou philosophique, et qui a à cœur d’exposer des phénomènes et des mouvements de société ayant conduit au christianisme contemporain. [...]
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Louis Saillans, engagé à vie

Sous un pseudonyme qui fait référence au comte du même nom, officier d’Ancien Régime en qui l’auteur voit un précurseur des opérations non conventionnelles, Louis Saillans, commando marine, offre un témoignage de première main sur la réalité de la guerre menée au Sahel contre le djihadisme international par les forces spéciales. Une tranche de vie écrite sans gras et avec la précision chirurgicale du professionnel qui livre au scalpel un condensé d’analyse et de réflexions personnelles illustrées par des anecdotes de situations vécues. Une forme de « retex », de retour d’expérience sur dix années d’engagement au service de la France. « L’armée a fait de moi ce que je suis »: l’occasion également pour Louis Saillans de rendre hommage à l’institution militaire, creuset national qui permet à tout volontaire, en toute égalité et sans jugement de classe, de s’élever dans l’échelle des valeurs qui fondent un homme. À l’image de Cédric de Pierrepont ou d’Alain Bertoncello que l’auteur a eu sous ses ordres, « de ceux dont on a brisé le moule », dont les obsèques aux Invalides ouvrent le livre sur la réalité ultime et sacrificielle du soldat, et qui, de simples engagés fusiliers marins, aboutissent quelques années plus tard, de marches à gravir en portes étroites, au saint des saints des forces spéciales, au Commando Hubert.

Lire aussi : Colonel Jacques Hogard : « Le rapport Duclert est contestable historiquement » [...]

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Peggy Porquet : « Le fil rouge de ce livre, c’est l’amour de la France »

Pourquoi avoir décidé de coordonner ce livre collectif ?

Nous avons cofondé le magazine en ligne Fildmedia.com avec Emmanuel Razavi, grand reporter et François Blot, un entrepreneur et financier engagé. Ce magazine a pour particularité de traiter des grands enjeux français et internationaux avec une expertise de terrain. À la lecture des enquêtes que nous réalisons chaque jour à travers la France, que ce soit auprès des enseignants, des policiers, des médecins ou encore des chefs d’entreprise, nous nous sommes aperçus que les voix pleines de pragmatisme émanant de Françaises et de Français issus des territoires, et soucieux de reconstruire notre démocratie, méritaient d’être rassemblées dans un livre qui propose des solutions concrètes pour la France de l’après-coronavirus.

Ces personnalités ont les clés pour repenser tout notre système. Parmi tous ces gens, certains sont demandés dans le monde entier pour leurs savoir-faire. Mais à Paris, il semble qu’on ne les entende pas. Pourtant, leur expérience se confronte au réel, contrairement aux technocrates qui ne pensent que par le biais des tableurs Excel ou d’incantations ineptes. En fait, dans une France dirigée par des gens qui n’ont pas le niveau, les propositions de ces gens sont ignorées, ou gênent. Nous avons décidé de leur donner la parole. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce qu’ils proposent détonne, car d’une rare clairvoyance.

Quelle est la première priorité pour redresser la France ?

Il s’agit d’abordde ne pas nier ce que l’on appelle la remontée de signaux faibles. Qui mieux qu’une enseignante, un général de gendarmerie, un professeur de médecine, un spécialiste du contreterrorisme ou une aidante familiale peut décrire les difficultés auxquelles les Français sont quotidiennement confrontés ? Pourquoi ne pas écouter les solutions concrètes qu’ils proposent ? L’originalité de ce livre est que chaque chapitre a été rédigé par une personne légitime et compétente issue de nos territoires, et non par des technocrates. [...]

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Rod Dreher : « La meilleure chose à faire est de chercher à survivre tout en étant isolés »

Comparer ce monde « woke » au totalitarisme soviétique, n’est-ce pas un peu exagéré ?

C’est ce que je pensais, jusqu’à ce que j’aie rencontré des personnes venues d’anciens pays communistes qui m’ont dit : « Ce qui arrive ici aux États-Unis nous rappelle ce que nous avons vécu dans les pays que nous avons laissés derrière nous ». Et plus j’enquêtais, plus je voyais qu’ils avaient raison : les gens perdent leur travail, ont peur de dire ce qu’ils pensent, ont peur d’être mis au ban de la société. Comme dans l’Union Soviétique. On ne le voit pas, car notre conception du totalitarisme est définie par la guerre froide. C’est une grave erreur.

J’appelle ça du totalitarisme « soft » parce qu’il ne s’accompagne pas des méthodes totalitaires anciennes, comme brutalité, torture, douleur et terreur. Mais ce totalitarisme doux atteint les mêmes buts avec des moyens libéraux. Les wokes conquièrent tour à tour les institutions, les médias, les maisons d’éditions, ou les académies. Dans son essence, le totalitarisme, c’est une société où une seule idéologie peut exister, contrôle le champ politique, et où l’intégralité de l’existence est politisée. Le totalitarisme peut exister dans une société démocratique libérale et capitaliste, c’est ce que nous sommes en train de découvrir. Un exemple : aux États-Unis, l’entreprise Oréo a commercialisé des « gay pride cookies » fourrés avec une crème arc-en-ciel. Même les cookies doivent être pro LGBT.

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Pierre-André Taguieff : du complot comme théorie

Comment définissez-vous le complotisme ?

La pensée complotiste consiste avant tout à attribuer des intentions conscientes, des intérêts réels et des stratégies secrètes aux sujets supposés conspirer, afin d’expliquer certains événements troublants, lesquels peuvent être inventés de toutes pièces, tout comme les sujets collectifs accusés de conspirer – par exemple les « Illuminati », chimère s’il en est. Penser les événements historiques troublants selon le schème du complot, c’est les concevoir comme les réalisations observables d’intentions conscientes ou de projets élaborés, mais dissimulés. Comme l’a noté Popper, la pensée complotiste est fondée sur la croyance fausse selon laquelle « tout événement mauvais est à imputer à la volonté mauvaise d’une puissance maléfique ». La logique du raisonnement complotiste inclut le biais de proportion, qui pousse le sujet à croire que de « grandes » et terribles conséquences (une crise économique mondiale, une pandémie, une décadence, pensée comme la fin d’une époque ou la fin d’une civilisation) ne peuvent être engendrées que par de « grandes » et terribles causes (le Juif, le Capital, le Diable).

Dans quelle mesure l’ère démocratique a-t-elle modifié le complotisme traditionnel ? Sa logique intrinsèque – tout est volonté et maîtrise – n’est-elle pas éminemment moderne ?

Les récits complotistes classiques se caractérisent par leur structure déductive, les récits néocomplotistes par leur démarche inductive. Les premiers partent d’un dogme, les seconds du soupçon et du doute. Les premiers ne faisaient qu’appliquer un schéma interprétatif aux événements sur la base d’un ensemble de croyances sociales, souvent d’origine religieuse – voir par exemple la main invisible de Satan dans la marche de l’histoire. Les seconds construisent une explication alternative, généralement fausse, en s’appuyant sur une hypercritique des « versions officielles » des événements.

Lire aussi : La fabrique du faux

Le fait psychosocial premier, dans l’espace complotiste moderne, c’est la distorsion entre le désir de transparence exacerbé par la culture démocratique prêchant le direct, la proximité, l’immédiat et la clarté, et la perception d’une marche obscure des événements, qui, à l’âge de la globalisation et des réactions identitaires, semble échapper à une lecture rationnelle. La pensée conspirationniste s’installe dans l’écart qui se creuse entre le désir de transparence et la perception d’une réalité opaque ou irrationnelle. [...]

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