
Le populisme – l’empoisonnement du peuple par son propre poison, mais pas selon ses propres moyens, en quoi il est une tyrannie. Voilà la définition minimale que nous pouvons donner du populisme, celle qui le continent tout entier et qui fait que tout ce que nous pourrions ajouter d’autre à son propos relèverait de l’accidentel et non de la cause, parmi quoi le juste constat d’un peuple qu’il importe de ne pas nier. Ça et quelques autres attributs à part, reste le curare d’une idée qui refuse au peuple la possibilité d’être gouverné par un principe plus grand que lui, une idée qui lui ment en lui faisant croire qu’il peut se déterminer lui-même et lui seul, et qui réclame comme à chaque fois le mensonge et un menteur auquel il profite.
Car on ne sache pas que le peuple existe de manière suffisamment homogène pour qu’on parvienne à lui reconnaître une expression univoque ni qu’il soit si cohérent qu’il puisse inventer une politique susceptible de refonder ou d’arranger quoi que ce soit. Un Gilet jaune le ventre plein, voici un électeur de Mitterrand, et un bobo dans son oasis étanche au fracas multiraciste de la société métissée qu’il vante, c’est toujours le peuple. Aucun des deux n’est plus ni moins légitime, aucun des deux ne vaut mieux ni n’est pire que l’autre. Et s’ils sont chacun le peuple, c’est que le peuple est informe à l’intérieur de la forme que l’histoire lui donne, changeant et qu’il passe sans cesser d’exister, certes, mais sans qu’il gagne à ce que l’on s’appuie sur lui. [...]











