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L’Affaire Catherine Burgod

Grand reporter et essayiste, Florence Aubenas s’est involontairement fait connaître du grand public pour avoir été prise en otage en Irak en 2005. On retiendra son analyse de l’affaire d’Outreau et son Quai de Ouistreham où la journaliste parée d’une fausse identité et d’un CV bidon a tenté de saisir la réalité frontale des plus précaires au cœur de la crise. Dans L’Inconnu de la Poste, si la dynamique d’immersion reste semblable, la journaliste a choisi de s’effacer derrière ses personnages, pour ainsi dire, tant les profils semblent avoir été taillés pour le roman noir. Il faut dire que l’atmosphère y est particulièrement soignée et que les transcriptions sont ajustées au tic de langage près. Il lui aura fallu sept années d’enquête, un contact rapproché avec les protagonistes et une certaine aptitude pour cerner ce qui se joue dans l’ombre des postures. Il aura surtout fallu gagner les confiances pour livrer le récit circonstancié de cette affaire à la fois banale et terrible, hantée par une étrange mélancolie.

Dans L’Inconnu de la Poste, si la dynamique d’immersion reste semblable, la journaliste a choisi de s’effacer derrière ses personnages, pour ainsi dire, tant les profils semblent avoir été taillés pour le roman noir

Suspect numéro un, Thomassin est donc incarcéré sans preuve tangible, en attente de procès, s’étant illustré par son attitude équivoque et son caractère hors norme. Il passera près de trois ans en détention à clamer son innocence, avant d’être mis hors de cause après l’arrestation d’un homme dont l’ADN correspond enfin. En d’autres temps, sans ce twist scientifique, un Thomassin, livré au seul « bon sens », aurait été plus mal barré. Pour autant, d’un mystère à l’autre, nul happy end. En été 2019, l’acteur de 44 ans se volatilise alors même qu’il prend le train pour se rendre à l’ultime convocation censée le blanchir totalement. Fuite, accident, suicide ? Nous l’ignorons à ce jour.

Entretemps, la journaliste s’est penchée sur l’affaire et connaît désormais bien Thomassin. Enfant de la Ddass, violenté, petit délinquant – rien n’est gagné pour l’ado d’alors. Un beau jour, pourtant, la chance semble tourner. Un casting sauvage et quelques mois plus tard, le voilà Meilleur jeune espoir masculin. Son jeu vrai, organique, fait sensation. Le lendemain du sacre, il est pincé pour vol. Gage de crédibilité pour les copains ? Peu importe, les propositions affluent. L’acteur se donne un film par an. Efficace sur les plateaux, il reste imprévisible entre les tournages. Ses cachets fondent : cadeaux, alcool, stups. La rue le rappelle irrémédiablement. Des cicatrices marquent son visage. Le César est vendu. Il excelle pour faire la manche, cumule les tentatives de suicide, se querelle avec sa compagne. C’est pour se mettre au vert qu’il s’installe à Montréal-la-Cluse – conseil d’ami. Le soupirail de son studio déprimant donne sur ce vestige de service public de proximité qu’est la minuscule Poste où travaille la rayonnante Catherine Burgod – jolie maman exemplaire tout juste enceinte de son nouveau compagnon… Toutefois, elle aussi connaît les appels du suicide. C’est d’ailleurs la première chose à laquelle on pense quand on la retrouve dans son sang[...]

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Voyage au pays de Mao

Les souvenirs d’anciens maoïstes sont toujours passionnants. Au plan historique, on y redécouvre l’atmosphère des années 1970, les luttes picrocholines entre chapelles d’extrême gauche, les micro-partis marxistes-léninistes aux noms baroques. Au plan sociologique, on y voit les réseaux, la diffusion des idées, les lieux de pouvoir où elles circulaient (grandes écoles, universités, Quartier latin), le type de public concerné. Au plan psychologique, elles montrent combien le militantisme mao engageait la vie entière, y compris personnelle, et comment fonctionnait l’auto-intoxication d’intellectuels brillants, réduits à ânonner les niaiseries du Petit livre rouge. Ces aspects se retrouvent dans l’intéressant témoignage que publie aujourd’hui l’historienne Annette Wieviorka, spécialiste bien connue de la Shoah.

Lire aussi : Shakespeare, un conservateur ? [...]

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Shakespeare, un conservateur ?

À la recherche de ce qu’est la communauté politique essentiellement, Allan Bloom fait des pièces shakespeariennes un matériau d’enseignements politiques – croyant par-là retrouver la volonté du dramaturge – tant celles-ci ont d’après lui saisi l’homme sous toutes ses coutures naturelles. S’il faut rester prudent quant à la possible projection anachronique de thèmes contemporains, reste qu’il est difficile de ne pas s’enthousiasmer pour ses analyses pénétrantes du rapport de l’homme à la cité.

Des pièces vénitiennes, Bloom constate l’incapacité du cosmopolitisme marchand à créer du commun autre que par le plus petit dénominateur, l’intérêt individuel : une véritable communauté politique suppose identité de mentalité, de mœurs et de coutumes, sans quoi il n’est d’accord possible sur la teneur du bien commun. Des tragédies romaines et de l’avènement de César, il retient le mirage des absolus : complexe, la politique est avant tout un art qui équilibre des forces et considère les singularités[...]

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[Essais] Michael Sandel contre la tyrannie du mérite

Figure centrale du courant communautarien, Michael Sandell déconstruit dans ce nouvel essai, et de manière implacable, l’idéal méritocratique en tant qu’il est ressort de l’individualisme libéral et donc d’un chacun pour soi des plus cruels. De la supposée aristocratie des mérites, le philosophe met en lumière les hypocrisies – aléatoirité des talents intrinsèques, tendances sociologiques lourdes, importance du sort – et les conséquences sociales néfastes – hubris méritocratique des vainqueurs et humiliation rancunière des vaincus. En définitive, dans un monde dénué d’humilité, l’American dream rend impossible le bien commun et explique la colère trumpiste des dégradés.

Lire aussi : Marie-France poignarde [...]

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Ça fait d’excellents Français : entretien avec Vincent Coussedière

Vous octroyez à la disparition de la volonté assimilatrice de la France un ancêtre relativement inattendu, Jean-Paul Sartre : en quoi a-t-il contribué à ce mouvement ?

Mon hypothèse est que Sartre est à l’origine de la dérive multiculturelle de la gauche française. Il est l’un des tout premiers à développer une critique radicale de l’assimilation et à articuler cette critique au projet d’une politique de la reconnaissance des identités. Dans des textes comme Réfexions sur la question juive ou Orphée noir ou encore dans la fameuse préface à Frantz Fanon, Sartre développe la promotion des identités victimaires. Le marxisme, au fur et à mesure qu’il se décomposait en France, a cherché à se survivre dans une forme de défense abstraite des identités opprimées, remplaçant la défense du prolétariat. Sartre est l’artisan essentiel de cette métamorphose gauchiste du marxisme. Il est à l’origine de ce que j’appelle le « transfert victimaire ». 

Sartre vient faire peser le soupçon d’antisémitisme et de racisme sur ce programme assimilationniste qu’il veut renverser


À partir de la honte du sort fait aux juifs sous l’Occupation, Sartre engage une critique de la démocratie assimilationniste. C’est en effet tout le programme assimilationniste porté par la Révolution française qu’il vient inverser. On se souvient de la phrase de Clermont-Tonnerre : « Il faut tout refuser aux juifs comme nation, et accorder tout aux juifs comme individus ». Cela signifie que la France reconnaît les juifs en tant que citoyens, ayant les mêmes droits et devoirs que les autres citoyens, et devant par conséquent mettre leur judaïsme au second plan. La France reconnaît des Français juifs et non des juifs français. Sartre vient faire peser le soupçon d’antisémitisme et de racisme sur ce programme assimilationniste qu’il veut renverser. La reconnaissance de l’« identité » doit primer désormais sur l’appartenance citoyenne à la nation, c’est ce qu’il appelle le « libéralisme concret » dont je montre qu’il comporte en réalité une ébauche de programme multiculturel. Ce qui est « concret » pour Sartre c’est l’identité définie par la religion, la race ou le sexe, ce qui est abstrait et aliénant, ce qui vient détruire et menacer cette identité concrète, c’est l’assimilation à la France.

Alors que la Première République se targuait d’assimiler, de gré ou de force, n’importe quel individu, quelle haine de soi a pu inverser le mouvement ?

Lorsque Napoléon et ses légistes rédigent le Code civil en 1804, ils n’ont aucun doute sur la nécessité et la possibilité de l’assimilation des étrangers. Cette bonne conscience de notre volonté et de notre capacité d’assimilation durera jusqu’à de Gaulle, même si une inquiétude commence à poindre chez celui-ci en raison du cas algérien (voir le fameux « Colombey les deux mosquées » rapporté par Peyrefte). À la Libération, les directives que donne de Gaulle à son administration sont clairement assimilationnistes.

Sartre est le fondateur de ce que j’appelle un véritable « programme de la honte », programme culpabilisateur et « antiraciste » qui trouvera des relais dans les générations suivantes


Mais l'effondrement de 40 et l'attitude des Français durant l’Occupation vont laisser des traces durables dans la psychè collective et entraîner le développement d’une honte de soi systématiquement cultivée par Sartre. Sartre est le fondateur de ce que j’appelle un véritable « programme de la honte », programme culpabilisateur et « antiraciste » qui trouvera des relais dans les générations suivantes: chez les soixante-huitards, chez les penseurs de la déconstruction, chez les philosophes médiatiques comme BHL, dans le mouvement de SOS Racisme, etc. Programme qu’on retrouve aujourd’hui chez nos « indigènes de la République », nos décoloniaux, nos féministes et autres chantres de la « diversité ». On sous-estime trop souvent la profondeur historique et la force d’ancrage de ce « programme de la honte » qui nourrit tout le clergé de la mauvaise conscience de gauche.

L’assimilation à la française est-elle aussi particulière dans le monde qu’on a tendance à l'affirmer ou a-t-elle des équivalents ?

Toute société humaine fonctionne par assimilation car l’homme est un animal social et politique, qui a besoin d’assimiler des modèles communs par action imitative pour se construire, à commencer par la langue. Assimiler et s’assimiler, ce n’est rien d’autre que faire l’effort de se rendre suffisamment similaires et semblables pour pouvoir « agir ensemble », qualité d’un peuple politique, et non simplement « vivre ensemble », comme une simple collection d’individus qui n’ont rien en commun. L’assimilation n’est donc pas spécifique à la France, elle est un phénomène anthropologique et politique fondamental. C’est d’ailleurs pourquoi il faut cesser d’en avoir honte. Maintenant, ce qui spécifie l’assimilation d’une société à une autre, ce ne sont pas tant les canaux par lesquels elle passe, en tant qu’action imitative (famille, école, religion, travail, culture), que la cohérence des modèles qu’elle vise, cohérence qui est celle d’une nation et d’une civilisation. La particularité de l’assimilation française ce n’est pas l’assimilation, c’est la France…

Lire aussi : Laïcité : un moyen, non une fin

Finalement, quelles sont les raisons qui devraient nous faire préférer l’assimilation à l’intégration?

Ce qui est particulièrement français, malheureusement, ce n’est pas tant l’assimilation que son oubli et son recouvrement par la notion d’« intégration ». L’assimilation est un processus d’abord social puis proprement politique : on s’assimile par les mœurs puis par la loi. Je distingue en ce sens l’assimilation de la simple intégration. Nous avons cru que nous pouvions intégrer par la loi sans assimiler par les mœurs. Nous avons séparé la sphère privée des mœurs de la sphère publique de la loi. Nous avons demandé aux immigrés de respecter la loi en contrepartie de quoi nous respecterions leurs mœurs. Cet idéal d’intégration républicaine est abstrait et ne pouvait fonctionner, car la loi est préparée par les mœurs, et est davantage le reflet de celles-ci que le seul principe de leur formation. Au lieu d’assumer d’assimiler à la France, on a voulu intégrer aux « valeurs de la République ». Mais que sont ces valeurs? Le pur relativisme en matière de mœurs, la reconnaissance de l’« identité de chacun », le multiculturalisme qui est en réalité un nihilisme[...]

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Marie-France poignarde

Marie-France Garaud est un mythe de la vie politique française : « créatrice » de Jacques Chirac, sacrée par les médias à la fin des années 70 « femme la plus puissante de France », elle fut une intrigante de grande race et semblait naturellement prédestinée à dicter en coulisse un glorieux chapitre du roman national. Il n’en fut rien hélas, et elle dut se contenter d’être l’une des plus romanesques figures de la Ve République. Pourtant, M. Faye réussit, et c’est un exploit, à rendre son récit ennuyeux. Les jeunes journalistes n’entretiennent trop souvent qu’un lointain commerce avec la littérature. Cela se ressent ici : le rythme, soutenu, ne compense pas une certaine platitude d’expression. [...] 

Lire aussi : Enguerrand Guépy : ce que vaut un corps

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René de La Tour du Pin : vers un ordre social chrétien

« Ce n’est pas La Tour du Pin qui est à l’Action française, c’est l’Action française qui est à La Tour du Pin », disait Charles Maurras, parlant d’un « maître direct » dont il a adopté « en bloc » la doctrine sociale. Parmi une énumération d’autres influences conservatrices, Henry du Moulin de Labarthète rappelait qu’« il y a dans les idées du Maréchal du La Tour du Pin ». Célèbre ministre de la Justice, Edmond Michelet confiait que « s’il est un personnage que le général de Gaulle connaît mieux que Marx, c’est peut-être le très ignoré aujourd’hui La Tour du Pin », auquel il puisa notamment la participation des ouvriers et la réforme sénatoriale de 1969. De fait, il est peu d’hommes qui, à la vie et aux idées si peu connues, aient à ce point irrigué l’histoire intellectuelle et politique des droites au XXe siècle.

Héritier de la sociologie naissante et élève de Frédéric Le Play, il observe avec effroi les conséquences atomisantes et paupérisantes des « éternels principes » sur le corps social, dont la dissolution des organes vitaux – familles, corporations, provinces – ne produit que nudité

Né en 1834 d’une vieille famille présente à Bouvines, à Damiette et sur l’échafaud révolutionnaire, René de La Tour du Pin embrasse la carrière des armes jusqu’à être fait prisonnier en 1870, captivité où il se lie à celui qui sera son grand compère, Albert de Mun. À la lecture d’Émile Keller – le député du Syllabus –, leurs interrogations sont dissipées nettes : la cause des maux français porte un nom, la Révolution française, en tant qu’elle revendiqua le renversement d’une société régie par les principes catholiques. Dans la veine de Frédéric Ozanam, leur vie sera toute dédiée à l’action sociale par l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers et son mensuel l’Association catholique, dont La Tour du Pin est fait penseur attitré. Profitant de ses relations avec le Comte de Chambord, au profit duquel il fomente un coup d’État raté, il tisse un réseau de catholiques sociaux européens qui, réunis dans l’Union de Fribourg, seront pour beaucoup dans la célèbre encyclique Rerum Novarum du pape Léon XIII. Reste encore l’organisation du contre-centenaire de la Révolution française et le refus du Ralliement, l’affaire Dreyfus et la Première Guerre mondiale, avant que le Laonnais ne s’éteigne tout juste nonagénaire. [...]

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Éditorial essais d’avril : Vivre libre pour mourir

J’écris ton nom « Liberté ! » Ben voyons ! En réalité, quand on l’écrit à la vue de tous, c’est sûrement déjà pour la dénoncer et afficher sa culpabilité sur un mur, car au fond la liberté est déjà coupable, jugée et lapidée par ceux qui éructent en son nom, et Éluard en premier lieu qui ne l’aurait jamais écrite nulle part avant qu’on s’en prenne à la sienne. Pas sûr non plus que quiconque, s’il connaissait la liberté, l’aime vraiment, ni écrive son nom partout pour la vanter ou alors en fasse une exigence politique.

La plupart du temps, ce que l’on appelle la liberté, et celle qu’on réclame en ce moment, c’est la liberté dans sa plus basse acception, celle qui consiste à penser que l’on peut faire ce que l’on veut, aller où bon nous semble et perdurer dans notre être

La plupart du temps, ce que l’on appelle la liberté, et celle qu’on réclame en ce moment, c’est la liberté dans sa plus basse acception, celle qui consiste à penser que l’on peut faire ce que l’on veut, aller où bon nous semble et perdurer dans notre être. La liberté de jouir, la liberté d’une vie qui vaut le coup d’être vécue, une liberté méprisable, qui nous fait rechercher la jouissance qui nous enchaîne, la vie comme rapport qualité/prix, et aimer ce qui est d’abord méprisable, parmi quoi la tyrannie qui, contrairement à l’idée reçue, part toujours de bas en haut et fait pourrir le poisson par le corps. [...]

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