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Les insolites modes de l’été

Et si on osait la mantille ?

Certaines églises sont rasées comme des femmes légères à la libération, d'autres sont envahies de touristes en bermuda-débardeur, contemplant d'un regard absent les vitraux dégradés et léchant leur glace vanille-patchouli. Bref, le magique et le mystérieux s'éloignent un peu plus chaque jour de l'autel. Et si on lui rendait son lustre… avec du style et de la féminité ?

Défi relevé ! Pour aller à la messe, en plus des chaussures bateau pour faire plaisir à belle-maman et de la robe vichy, on opte pour une ravissante mantille ! Rien à voir avec le voile islamique. Déjà, on le réserve à Dieu, chez lui. Ça se porte dans l'église, pas au KFC. Ensuite, il ne s'agit pas d'un tissu grossier, lourd, uniforme. Une mantille, ça se doit d'être ravissant. De la dentelle, de la mousseline de soie translucide, des petites fleurs brodées pour les plus jeunes, des dorures pour les occasions. Point bonus : ça fera rager la vieille boomeuse Géraltrude, celle qui donne la communion dans la main. Elle nous fera un petit AVC de complaisance, déchirée entre son insatiable volonté de plaire au « djeunss », et sa haine de tout ce qui semble un peu beau ou sacré. On en trouve de superbes faites main sur EvintageVeils (Etsy) ou, pour les bourses patriotes, Atelier Dentelles. [...]

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Les arbres sont-ils de droite ?

Un ami séjournait à la maison. Nous marchions le long de la rivière et je lui faisais remarquer quelques trognes remarquables. Les trognes sont des têtards, ces arbres étêtés régulièrement ; on les appelle aussi émousses, escoups, ragosses ou chapoules, ce qui prouve bien qu’on les taille ainsi depuis le néolithique. Nous regardions leurs écorces épaisses et je lui dis : « Les arbres sont de droite ». « Non », me répondit-il avec calme. Je vacillai. « Ils votent à gauche ». Je protestai. Il se défendit et finit par me renvoyer sur le site de Libération où un entretien avec Peter Wohlleben, forestier allemand, était supposé me confondre. Le forestier était gauchiste et prétendait, en effet, que tous les arbres voteraient à gauche s’ils le pouvaient (le voudraient-ils ? Un gauchiste ne se pose pas la question de ce que veulent les gens).

Le forestier parlait. « Une étude de l’université de Vancouver a même montré qu’une “mère-arbre” peut détecter ses jeunes plants avec ses racines. On a mesuré qu’elle soutient davantage ces derniers ». Sens de la famille, ça part bien, me dis-je. Je sentais que je n’allais pas devoir ne mobiliser que l’enracinement comme concept dextrisant. « Les arbres décident bel et bien avec qui ils se connectent ». On s’éloignait d’un modèle universaliste. « Les vieux [arbres] seraient même capables de partager cette information avec les plus jeunes, de les “éduquer [...] ” ».

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Remerciements infinis

“Oui, chère madame, je viens de le recevoir, c’est un très beau travail et je vous en remercie infiniment !” Tenant d’une main son portable, et de l’autre, avec le plus grand soin, un livre ancien admirablement relié, E. raccrocha après avoir salué à nouveau sa correspondante, le visage illuminé par un sourire.

– Je ne sais pas si je t’ai raconté que cet exemplaire rarissime des Essais de Montaigne avait été retrouvé couvert de boue et d’ordures dans une poubelle du square Montholon? J’avais au bout du fil la relieuse qui est parvenue à le restaurer.               

– Tout de même, E., « je vous remercie infiniment », tu ne trouves pas que c’est légèrement exagéré, tout de même ? On dirait l’agent spécial Cooper dans la première saison de Twin Peaks affirmant d’une tarte aux cerises qu’elle est absolument miraculeuse, objecta Lucien de S. en se resservant pour la troisième fois un verre de punch coco vigoureusement alcoolisé. Infiniment ! Infiniment ! Et puis quoi encore ?

Lire aussi : Du droit à la bise par Frédéric Rouvillois

Chantal, qui observait son mari du coin de l’œil, chipa en douce une poignée de cacahouètes pour assister à l’échange.            – Pour tout te dire, mon cher Lucien, j’ai été il y a peu sur le point de renoncer à la formule, en constatant sur Internet qu’elle était de plus en plus fréquemment utilisée. Bref, j’ai eu peur d’être victime de ces stéréotypes langagiers qui s’insinuent sans prévenir dans nos neurones, nos réflexes et nos façons de parler, et qui finissent par nous faire dire «au niveau de», «enchanté», «excessivement» ou « bonne continuation », comme de vilains bruits qu’on laisse échapper sans le vouloir.               

– À propos de « excessivement », j’ai relu l’autre jour ce qu’en dit Renaud Camus dans le livre que tu m’as prêté...                   

– Ah oui! Dans son succulent Répertoire des délicatesses du français contemporain ! Je me souviens d’une exécution en règle, mais fondée sur l’idée qu’on emploie l’adverbe « excessivement » à tort, ou plutôt, à l’envers, de même que les enfants lorsqu’ils déclarent qu’ils sont « trop contents » d’aller en vacances, que les éditoriaux de L’Incorrect sont « trop stylés » ou que Mbappé a été « trop fort » lors du dernier match du PSG... Parce que l’on confond alors l’abus et la perfection. Tandis que « remercier infiniment » me semble avoir à la fois une utilité et une signification.                    [...]

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Cachez ce sein que l’on ne saurait voir
Le sujet peut paraître anodin, mais a été remis sur le devant de la scène par la récente agression d’une femme qui allaitait son enfant en patientant dans la file d’attente d’un bureau de poste. Maylis, jeune maman bordelaise, s’est ainsi fait gifler par une femme plus âgée, soutenue par une autre cliente, sous le […]
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Sous les jupes des filles

L’État n’a pas fini de s’intéresser aux culotes de ces dames. Après avoir règlementé le diamètre des cuvettes de toilettes et le taux de remplissage des salons de coiffure, il était urgent, dans le pays le plus endetté et le plus taxé de l’OCDE, de dépenser plein d’argent gratuit pour s’occuper de l’hygiène féminine.

Il semble tout de même que plus d’un million de jeunes filles n’aient pas accès à des protections tous les mois

Dès la rentrée scolaire, l’ensemble des lycées d’Île-de-France, soit 456 établissements, seront équipés de distributeurs de protections menstruelles gratuites. Coût : 1 million d’euros à l’installation. Marlène Schiappa insiste : « Cela constitue un premier pas vers l’égalité ». Il semble tout de même que plus d’un million de jeunes filles n’aient pas accès à des protections tous les mois, et que 130 000 d’entre elles rateraient régulièrement les cours pendant leurs règles. À tel point que Frédérique Vidal embraye : elle renchérit avec la mise en place de protections gratuites pour les étudiantes. Les distributeurs seront déployés sur l’ensemble des campus et des CROUS à la rentrée prochaine[...]

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Déconfinement : la check liste pour ne rien oublier

On prépare sa peau

Elle n’a pas vu le soleil pendant longtemps, on la bichonne. Peeling et masque indispensables ! Pour exfolier en douceur, privilégiez les solutions chimiques plutôt que les grains: même doux, ils agressent la peau. Les masques en tissus se déclinent selon vos types de peau, mais on peut les remplacer par du fait maison !

Peau acnéique : un yaourt + 3 gouttes d’huile essentielle d’arbre à thé

Peau sensible : 1 c.s. de miel + 1 c.s. de gel d’aloe vera

Peau terne : 1 blanc d’œuf + 1 c.s. miel + jus d’1/2 citron

Peau mixte : 1 c.s. de flocons d'avoine + 1 c.s. de yaourt + 1 c.a.c. de jus de citron

Peau à nourrir : 1?2 avocat + 1 banane + 1 c.s. de miel (mixés ensemble)

On s’épile

Ça ne se voyait pas à la maison, mais impensable de passer pour une négligée (ou pire, une féministe) en plein soleil ! C’est un peu tard pour la lumière pulsée, mais un passage chez l’esthéticienne suffira. Par chance, les sourcils se portent toujours assez épais ; on pense tout de même à les égaliser et leur donner une jolie forme. Idée de bonne résolution: jeter les rasoirs! Les microcoupures risquent de s’infecter à la mer ou la piscine, de toute façon.

Lire aussi : Alimentation : Faut-il faire maigre ? (...)

On boit intelligent

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Princesses Disney : le débat

Belle « michto »

On aime Belle : elle est française, mais surtout intelligente. À tel point que ses crétins de co-villageois la scrutent comme un phénomène de foire. Belle incarne ce que les petites filles un peu trop intellos subissent à l’école : l’isolement et les moqueries. Mais elle s’en contrefout, elle lit ses bouquins et parle à son cheval. Le bât blesse sur le côté « vénale ». Vous êtes séquestrée par un type, qui menace de vous trucider, mais vous tombez amoureuse parce qu’il vous offre une bibliothèque. Même en doutant que l’amour eût été « éternel » dans une étable, ce prisme est trop réducteur. Le vrai débat porte sur le syndrome de Stockholm. Sauf que quand la Bête se comporte en odieux psychopathe, Belle devient la pire des emmerderesses. En réalité elle a simplement le même syndrome que toutes les femmes : s’enticher du type le plus déglingué qui soit et se donner pour mission de le sauver par la seule force de son amour. Un genre de miroir inversé, foireux mais touchant, du Prince et de la Bergère.

Belle « maso »

L’incarnation de la petite moche à lunettes du fond, qui trimballe toujours quinze bouquins et corrige le prof. Ce genre de fille qui n’a aucune idée de ce qu’elle porte si tu le lui demandes, et qui ne sort pas le soir pour ne pas rendre papa inquiet. La turbo-nerd, mais qui, par miracle, est complètement bonne. Cette rat de bibliothèque voit la Bête comme un bouquin de math : si elle arrive à le décoder, à le comprendre, elle pourra le résoudre. Belle, derrière ses jolies robes et ses chansons d’amour, a pourri la vie sentimentale d’une génération entière de nanas : on s’est mis à confondre le syndrome de Stockholm avec le véritable amour.

Cette rat de bibliothèque voit la Bête comme un bouquin de math : si elle arrive à le décoder, à le comprendre, elle pourra le résoudre

Mesdemoiselles : si JonPière vous hurle dessus et vous retient dans sa baraque en ruines contre votre volonté, barrez-vous. Il ne se transformera pas en prince par la puissance de l’amour. Cela dit, on est ravies de voir une nana valorisée pour ses lectures. Dommage qu’elle soit plutôt dans le « 50 nuances de Grey » que dans les traités de médecine comparée[...]

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Faut-il encore lire des contes ?

Qu’est-ce qu’un conte ?

Comme en classe de collège, un peu de méthode. Commençons par savoir de quoi nous parlons exactement. Joseph Campbell, en écrivant Le héros aux mille et un visages, nous a offert un préfabriqué de conte, une sorte de notice Ikea. Un petit bonhomme se voit arraché à son village natal/sa grotte/son placard sous l’escalier, puis est jeté(e ?) dans un monde étrange, inquiétant et magique, où un vieux guide/maître/Obi-Wan Kenobi lui apprendra quelques « pro-tips ». Bonus s’il lui donne une relique/épée/baguette. Un personnage du sexe opposé passera peut-être même par-là, s’attachant au héros s’il sait trouver son courage et faire preuve de vertus morales. Faute de quoi ce monde l’avalera comme le Petit Chaperon rouge ou la chèvre de M. Seguin.

« Comme les jovideo, ça leur bourre le crâne de bêtises imaginaires »

 es mots magiques « Il était une fois, dans un pays lointain » permettent à l’enfant de se placer d’office dans un monde imaginaire. En littérature, pour faire chic à votre prochain dîner, vous pourrez dire que ça s’appelle « le pacte de fiction ». On sait que les dragons cracheurs de feu n’existent pas en vrai, mais mettons que dans un monde appelé Xulu, ça existe. On fait semblant de l’accepter, si le récit reste cohérent en lui-même. Les enfants, depuis très jeunes, sont parfaitement aptes à différencier le réel de l’imaginaire. Pour Chesterton, « les contes de fées sont plus que réels. Non pas qu’ils apprennent aux enfants que les dragons existent, mais parce qu’ils leur apprennent qu’on peut vaincre des dragons ».

Leçons de vie en forme de fées

Car les contes mettent des mots sur des émotions qui ne peuvent être comprises à un âge aussi jeune. Ils entraînent l’esprit, lui donnent une structure, une morale. Pour Marie-Endive, pas besoin de se faire rouler dessus par un bus pour comprendre les risques de s’écarter du chemin : le Petit Chaperon Rouge est là pour le lui expliquer, tout en douceur.

« Les contes de fées sont plus que réels. Non pas qu’ils apprennent aux enfants que les dragons existent, mais parce qu’ils leur apprennent qu’on peut vaincre des dragons »

Les contes parlent à l’inconscient. On transpose une situation réelle pénible dans un univers imaginaire, pour la résoudre sans traumatisme. Le Petit Poucet traite la peur de l’abandon, Cendrillon s’attaque à la rivalité fraternelle, Peau d’Âne rappelle à Faustine-Nour qu’elle ne devra pas épouser papa.

Vertus réparatrices

Les contes font rêver, les contes enseignent, mais surtout, les contes soignent les petites âmes blessées. Lorsqu’un enfant subit l’indicible, il se raccroche aux contes de fées. Pourquoi ? Parce que quand les adultes censés le protéger sont défaillants, les contes lui permettent de savoir que quelqu’un – une bonne fée, un prince, ou juste le sort – viendra le sauver à condition qu’il reste bon, droit, juste et honnête. Les contes permettent ainsi aux enfants maltraités de ne pas désespérer, de savoir que le malheur est passager et que même les plus méchants finissent toujours – d’une manière ou d’une autre – par être punis[...]

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