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Le « power suit », l’imperfection sincère comme leçon de pouvoir (rien que ça) ! (seconde partie)
Revenons donc à nos moutons, et à cette discussion que nous avions commencé d’avoir à propos du power suit – cette armure lisse de ceux qui veulent montrer qu’ils sont puissants. On se souvient qu’un « power suit », c’est une expression américaine qui désigne le costume des présidents (Trump, Macron, etc.), et plus généralement de ceux qui ne veulent pas commettre d’impair et s’en remettent aux apparences de la respectabilité sans personnalité. Voilà, en gros. Évidemment, la peur de ne pas faire ce qu’il faut est une peur bourgeoise, et il vaut sans doute mieux manquer de délicatesse ou d’intelligence de situation, parfois, que d’être, toute sa vie un impeccable employé du mois. C’est pareil avec la sape. Et, de même qu’il y a un « mauvais goût » qui peut être élégant s’il est assumé, il y a une philosophie de l’imperfection du pouvoir, le vrai. [...]
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Partout, les saints : saint Yves
Il s’appelle Yves Hélory de Kermartin et il est avocat, mais en dépit de ce sommaire qui, sur LinkedIn, correspondrait sans doute à un spécialiste en fusacs, partner dans un cabinet parisien, trentenaire aux cheveux mi-longs et légèrement ventripotent, notre saint du mois est tout l’inverse. Né vers 1250 au manoir de Kermartin, au sein d’une famille de chevaliers, Yves est originaire de Minihy-Tréguier, dans les Côtes-d’Armor actuelles. Les Bretons le savent : le 22, c’est la Bretagne de la Bretagne. Tout y est plus breton qu’ailleurs : le granit, les couchers de soleil foudroyants, le taux d’humidité, les fêtes catholiques, les cimetières austères et les noms qui valent cher au Scrabble. Les songes mystiques – très bretons, très celtes même – y sont également fort répandus, au point que la mère du jeune homme, une certaine Azo, a appris en rêve que son fils serait un saint. [...]
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L’abondance est-elle de droite ?
Sortant de chez un fromager, dont les vitrines étaient bien garnies sans tomber dans l’amoncèlement cornucopiasque, je me pris à considérer le plaisir innocent que j’avais à contempler cette honnête abondance dont je n’avais prélevé qu’une petite portion, brèche bientôt comblée puisque les réserves regorgeaient sans doute de semblables fromages. Les étals bien composés évoquent un monde harmonieux, de même une table chargée des treize desserts de Noël et un buffet sur lequel on vient de ranger toutes les courses faites au marché. [...]
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Casser les œufs : histoire de la mayonnaise, la sauce des grands chefs
Deux citoyens sur trois avouent consommer de la mayonnaise au moins une fois par mois. Si sa recette fut conçue en France au dix-neuvième siècle, sa fabrication a depuis gagné le monde entier. On estime son marché mondial en 2024 à 10 milliards d’euros. En 2030, il devrait atteindre la somme astronomique de 16 milliards. La réduction du temps de cuisine suscite la prolifération de sandwichs et de salades dans lesquels la mayonnaise est présente. Ce juteux marché mondial provoque des guerres commerciales sanglantes. En 2014, le géant de l’agroalimentaire Unilever attaque la start-up californienne Hampton Creek pour avoir mis sur le marché un produit baptisé « Just Mayo ». Spécialiste des produits alimentaires à base de plantes, Hampton Creek avait remplacé le jaune d’œuf par des pois cassés. Pouvait-on concevoir une mayonnaise sans œuf ? Pour Unilever, il y avait une violation flagrante de la recette originale et une tromperie des consommateurs. Avant d’être un enjeu commercial, la mayonnaise est en France un marqueur identitaire. Elle est l’ingrédient central du plat légendaire des bistrots : « l’œuf mayo ». Si légendaire que chaque année, l’association ASOM (association de sauvegarde de l’œuf mayonnaise) organise un championnat du monde de l’œuf mayonnaise. Pour la première fois en 2025, la province et une femme ont été sacrées. La championne s’appelle Maëlle Jambou, elle travaille au restaurant Gric, rue des halles à Orléans. Cette virtuose des assaisonnements a profité de cette compétition pour faire la promotion du Loiret. La moutarde et le vinaigre sont produits par la maison Martin-Pouret, les œufs bio proviennent d’une ferme située à Patay. Cette victoire historique a été obtenue grâce à l’union de l’œuf mayo et du céleri rémoulade, celui-ci apportant du croquant au plat. [...]
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15 mars 44 av. J.-C., Régicide de mars
En 146, Rome prend le contrôle de la Méditerranée, du détroit de Gibraltar à celui du Bosphore. Or ses institutions sont encore celles de la banale cité-État du Latium qu’elle était encore moins de deux siècles auparavant. Celles-ci favorisent la vieille aristocratie foncière, les patriciens, qui exerce presque seule le pouvoir. Seulement les nouvelles conquêtes enrichissent encore cette classe, au détriment des petits cultivateurs qui se trouvent massivement déclassés dans le prolétariat urbain. [...]
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Partout, les saints : les Carmélites de Compiègne
On est en plein milieu de la Révolution française, ce moment fondateur des valeurs de la République. Les colonnes infernales sont en train de transformer la Vendée en parking poids lourds, on éventre les femmes enceintes, on fait cuire les bébés, on incendie les églises et on jette les prêtres et les bonnes sœurs, attachés nus deux par deux, dans la Loire. On appelait ça les « baptêmes républicains » – raison pour laquelle, probablement, la République, pourtant prompte aux parodies de sacré, ne s’est pas approprié ce sacrement. [...]
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La France au goulot : histoire légendaire du blanc cassis
La crème de cassis est née au milieu du dix-neuvième siècle. Son ancêtre lointain était le « ratafia de Neuilly », un vin rouge dans lequel on faisait tremper des baies de cassis. Quiconque avait un bout de jardin à Dijon confectionnait son ratafia. Autant dire qu’il était de piètre qualité ! Pour remédier aux maux de tête, Auguste-Denis Lagoute, propriétaire du Café des Mille Colonnes à Dijon s’improvisa liquoriste. Révolté par le « ratafia de Neuilly », il mit au point en 1841, une recette industrialisable : les baies macéraient désormais dans l’alcool neutre puis on ajoutait du sucre raffiné ce qui permettait un malaxage à froid. Le procédé était révolutionnaire pour l’époque, il évitait le « confiturage » de la crème de cassis provoqué par une chauffe du sucre. [...]
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Le vintage est-il de droite ?
Précisons d’abord que le mot est français, mais qu’il vient de l’anglais, mais qui l’avait emprunté au français ; bref, un vintage (à prononcer comme ça s’écrit), c’est une vendange, et avons-nous vraiment besoin des Anglais pour parler du vin, même quand il s’agit de portos ou de champagnes millésimés ? Mais le vintage (prononcez « vinetaidje »), c’est autre chose, c’est du vieux chic, du vieux griffé, siglé, signé, estampillé, répertorié – du vieux pas trop vieux, d’ailleurs, entre trente et soixante ans, un état intermédiaire entre le démodé et l’antique. [...]
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