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Royaume-Uni : guerres internes

C’est une transition compliquée qui va se produire dans un Royaume-Uni en pleine mutation. Le successeur de Boris Johnson – Rishi Sunak ou Liz Truss ? Son nom ne sera connu qu’à partir du 5 septembre – est appelé à s’inscrire dans la suite d’un mandat particulièrement mouvementé : mise en œuvre du Brexit, crise du Covid, guerre en Ukraine... La sortie de l’Union européenne voulue par la majorité? des votants du référendum de 2016 a été confirmée lors des élections européennes de 2019, qui ont placé le Parti du Brexit mené par Nigel Farage largement en tête, puis lors des élections générales de décembre 2019 qui ont donné au Parti conservateur mené par Boris Johnson sa plus forte majorité depuis 1987.

L’ensemble de la classe politique britannique s’est résigné à accepter le retrait de l’Union européenne, même les plus farouches défenseurs du Remain. À titre d’exemple, Keir Starmer, chef du Parti travailliste, après avoir prôné un second référendum, estime aujourd’hui qu’il faut « faire fonctionner le Brexit » ! LizTruss, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et actuelle candidate à la succession de Boris Johnson, a voté contre le Brexit en 2016, et reconnaît aujourd’hui que les « problèmes économiques massifs » qu’elle craignait n’ont pas eu lieu et même que le Brexit a offert « de nouvelles occasions de commercer avec le reste du monde ». En effet, des accords de libre-échange ont été conclus avec une quarantaine de pays tels que l’Albanie, l’Australie et le Vietnam; le Royaume-Uni semble aujourd’hui en meilleure posture que l’Union européenne pour conclure un accord de libre-échange avec l’Inde avec laquelle il a déjà signé en avril 2022 un accord commercial dans les secteurs du textile et de l’informatique. [...]

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Éditorial monde de septembre : Renaissance des frontières

Frontière, limite, démarcation : autant de concepts apparemment invalidés par la mondialisation heureuse, voués à finir dans les poubelles de l’histoire, le « village global » triomphant définitivement du rétrograde poste de douane. Le destin de la frontière, en particulier, semblait scellé depuis le début du XXIè siècle, alors même que son histoire est finalement récente, indiscutablement et étroitement liée à celle de la nation. Les empires ont des limites qu’ils cherchent à repousser, car la fixation d’un limes, pour reprendre le nom donné par les historiens modernes aux systèmes de fortifications établis au long de certaines des frontières de l’Empire romain, annonce inévitablement un déclin. Par essence, l’empire est une construction qui ne souffre pas de limites et la fin de l’expansion implique un repli qui précède la chute. Dans une conception radicalement opposée au mouvement perpétuel qui conditionne la survie d’un empire, la frontière est, au contraire, une lente et méticuleuse construction historique, à l’image du système bâti par Vauban, avec ses quelque 180 forteresses qui, de la ville de Neuf-Brisach à la citadelle de Blaye, forment un système défensif dessinant avec précision dans ses saillants et ses replis le visage de la France, nation politique par excellence.…

Mort de Gorbatchev : le tombeau de la perestroïka

Vingt ans après la disparition de l’URSS, l’ex-Secrétaire général du PCUS et dernier dirigeant de l’Union soviétique, faisait le constat amer de l’échec de la démocratie en Russie, alors que Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev s’entendaient entre eux pour partager le pouvoir, en vue des élections présidentielles de 2012. « Ce n’est pas le rôle de Poutine. Cela doit être décidé par la nation au travers des élections. » Les élections ont bien eu lieu, en mars 2012, permettant à Vladmir Poutine, redevenu Premier ministre de 2008 à 2012, de briguer un troisième mandat présidentiel alors que Medvedev reprenait ses anciennes fonctions de Premier ministre. Depuis, Vladimir Poutine a été réélu en 2018 et le sera encore vraisemblablement en 2024. Dimitri Medvedev est, quant à lui, resté à la tête du gouvernement russe jusqu’en 2020, pour être remplacé aujourd’hui par Mikhaïl Michoustine.

Lire aussi : Qui veut la peau d’Alexandre Douguine ?

Qui veut la peau d’Alexandre Douguine ?

Alexandre Douguine, né à Moscou le 7 janvier 1962, est un intellectuel et théoricien politique  russe, fondateur en 1993 du Parti national bolchévique (PNB). Entre les années Elstine et le premier mandat présidentiel de Vladimir Poutine, les « nazbols » ont exercé une influence certaine sur la politique et surtout la jeunesse russe, sous la conduite de l’écrivain Edouard Limonov. Bien que le PNB ne parvienne jamais à rassembler plus de quelques dizaines de milliers d’adhérents, il est devenu, emmené par le charismatique et excentrique Limonov, l’un des pôles de l’opposition intellectuelle à Vladimir Poutine en Russie, jusqu’à ce que le parti éclate en 2006, suscitant de violents affrontements entre pro-Douguine et pro-Limonov. Dès lors, Douguine se consacre au deuxième parti qu’il a fondé, en 2002, le Parti Eurasie, resté plus fidèle que le PNB à la doctrine eurasiste prôné par l’intellectuel moscovite, résumée dans ses nombreux ouvrages, ainsi que sur le site du mouvement: « La voie suivie par l’occident est destructrice pour lui et pour tous ceux qui tentent de la suivre.

Afrique du Sud : 15 ans de réclusion pour un leader raciste

Harry Johannes Knoesen, 64 ans, a été condamné à quinze ans d’emprisonnement, le 7 juin dernier. À la lecture du verdict par la Haute-Cour de Middelbourg, il est resté impassible. Avec quatre autres personnes, il a été reconnu coupable de cinq chefs d'accusation liés à un complot visant à renverser le gouvernement, de possession illégale d’armes à feu et de munitions, et de préparer des attentats terroristes contre les noirs sud-africains. Un verdict qui met fin à un procès de trois ans et une longue enquête de deux ans qui a permis aux services secrets sud-africains de l’arrêter fin novembre 2019.

Ancien membre des forces de défense sud-africaine (SADF), Harry Johannes Knoesen s’était reconverti en pasteur, assumant pleinement sa nostalgie de l’apartheid, le régime de ségrégation raciale qui a régi l’Afrique du Sud entre 1948 et 1994. Autour de lui, d’anciens militaires avec lesquels il avait fondé le Mouvement national de résistance chrétienne (NCRM). Persuadés de répondre aux préceptes de l'Ancien Testament, qui stipule que les noirs sont les descendants maudits de Cham, « que Dieu leur a ordonné de redonner l'Afrique du Sud aux Blancs », ses membres se surnommaient eux-mêmes les « Croisés ». Le NCRM avait vainement tenté une alliance avec un autre mouvement raciste, Eendrag Maak Mag, mais les tensions entre les deux groupes n’avaient pas permis de la rendre pérenne. Harry Johannes Knoesen avait alors développé des cellules armées de son mouvement à travers toute l’Afrique du Sud, notamment dans les villes de Brakpan, Pretoria, Mbombela, Bethléem, Vereeniging, Brits, Port Elizabeth ou Cape Town. Selon les rapports de police qui se fondent sur des « vocaux récupérés sur les réseaux sociaux », Harry Johannes Knoesen est un exalté qui était convaincu de la réussite de son putsch. « Les croisés, le NCRM est vraiment proche, vraiment proche de frapper et de gouverner ce pays. Ces meurtriers, violeurs, et sombres ordures de la terre (…) vont donc mourir par milliers (…) Restez près de moi (…) Influencez les autres (…) Utilisez votre arme à feu, sortez de chez vous. J'assume la responsabilité de tout ce que vous faites sous ma bannière », peut-on entendre dans une conversation, datée du 16 novembre 2019, quelques jours avant le début du supposé coup d’État. [...]

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Politique européenne : la saison des feuilles mortes
En automne, en Europe, les gouvernements se ramassent à la pelle, les souvenirs et les regrets aussi, pourrait-on dire en plagiant Jacques Prévert. L'an dernier à la même époque, c'est Angela Merkel qui, la première, s'est détachée de l'arbre parlementaire européen, après un règne de seize ans à la tête de la CDU et de l'Allemagne, marqué par l'austérité, le pragmatisme et, pour beaucoup, l'immobilisme. Ironiquement, son successeur, Olaf Scholz, n'aura pas eu à attendre six mois pour se retrouver confronté à la plus grave crise de l'après-guerre froide, avec l'agression russe en Ukraine, et pour faire face aux conséquences géopolitiques de l'une des décisions les plus controversées de la chancelière quand elle était au pouvoir : l'abandon du nucléaire. Soumis à la pression de l'UE pour adopter les sanctions vis-à-vis de la Russie, comme à celle des écolos pour réduire les gaz à effets de serre, Scholz paye aujourd'hui (...)
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Royaume-Uni : avantage pour Liz Truss, chute de Rishi Sunak ?

Au Royaume-Uni, la campagne pour la désignation du futur Premier ministre bat son plein au sein des Tories. Après la démission de Boris Johnson, onze candidats s’étaient déclarés à sa succession.

Depuis le 20 juillet, les finalistes sont deux poids lourds de l’ex-gouvernement Johnson : Liz Truss et Rishi Sunak. Peu de différences de convictions mais des visages bien différents.

Liz Truss, secrétaire d’État aux Affaires étrangères et ministre de la Condition féminine et de l’Égalité, est, à ce détail près qu’elle a démarré son engagement politique à gauche, un produit typique du Parti conservateur : issue de la classe moyenne, diplômée d’Oxford, libérale sur l’économie, conservatrice sur les sujets de société. Elle renvoie à un certain âge d’or des Tories… à tel point qu’elle va jusqu’à imiter Margaret Thatcher dans son style vestimentaire.

Lire aussi : Démission de Boris Johnson : qui sont les candidats à sa succession ?   

De l’autre côté, Rishi Sunak, Chancelier de l’Échiquier démissionnaire, présente un visage totalement nouveau. Cet homme né de parents issus de la diaspora indienne en Afrique de l’Est et installés au Royaume-Uni peu avant sa naissance pourrait être le premier hindou à occuper le 10 Downing Street. [...]

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SOS Chrétiens d’Orient : « Offrir de la nourriture aux Syriens sans l’autonomie, n’est pas une solution durable »

Quelles conséquences les sanctions américaines ont-elles sur la vie des Syriens ?

En principe, les sanctions sont censées n’affecter que le gouvernement syrien. Dans la réalité, c’est le peuple qui souffre de pénuries d’essence, de gaz donc d’électricité, de médicaments, de nourriture.

Tout a commencé avec des restriction sur l’importation de gaz et de fioul. Lorsque la Syrie tente d’en importer, les navires sont bloqués au niveau du canal de Suez par les pays limitrophes sous influence américaine. Ces restrictions ont une incidence sur toute la vie quotidienne : impossible de faire son plein d’essence, c’est devenu beaucoup trop cher. Dans un second temps, ces pénurie ont atteint le secteur industriel : montée des coûts de production, donc montée des prix. Également, sans pétrole, plus de production d’électricité, et plus d’alimentation pour les maisons.

Les hôpitaux manquent de matériel et de médicaments. À cause des sanctions, tout est très difficile à importer. En principe, les produits médicaux ne devaient pas être concernés par les restrictions. En réalité, ils le sont de manière indirecte, par des pressions. Lorsqu’un chef d’hôpital veut acheter un nouvel appareil, le paiement sera bloqué par la banque car le foyer fiscal est en Syrie. Tout est devenu trop cher à cause des difficultés d’importation, et les opérations chirurgicales inaccessibles pour la population.

Où et comment agissez-vous ?

Nous agissons dans les grandes villes – Damas, Alep, Mhardeh – et également dans les petits villages. Nous importons du matériel médical, par exemple une machine de stérilisation pour un hôpital à Alep. Nous prenons également en charge les frais d’hospitalisation pour les familles qui ne peuvent pas payer. Dans les zones plus isolées, le problème concerne davantage l’achat de nourriture. Avec la dévaluation de la livre syrienne, les salaires ont beaucoup baissé. [...]

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