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La droite populiste relève la tête à Madrid

C’est dans une ville animée et riante que s’est ouverte samedi 17 avril la campagne des élections de la région madrilène. En effet, ici, les bars et les restaurants sont restés accessibles aux consommateurs comme l’ensemble des commerces. Ils accueillent des clients tous les jours jusqu’à 23 heures, heure du couvre-feu. Le Prado et les autres musées de la ville sont également accessibles et la capitale espagnole profite largement d’un printemps ensoleillé.

Ce mode de vie préservé a donné un élan certain au Partido Popular (droite conservatrice et libérale) qui caracole en tête dans les sondages avec jusqu’à 44 % des intentions de vote alors qu’il n’avait atteint que 22 % lors de la précédente consultation en 2019. Fort de cette dynamique, il siphonne presque intégralement l’électorat du parti Ciudadanos, allié à Emmanuel Macron au plan européen. Un parti centriste jusqu’alors allié régional du PP mais qui cette fois pourrait n’obtenir aucun siège au parlement régional. Et c’est le parti souverainiste et nationaliste Vox, fondé en 2013, présidé par Santiago Abascal et crédité de 10 à 12 % des intentions de vote, qui devrait devenir la force d’appoint du PP pour empêcher un retour de la gauche.

Lire aussi : Espagne : Le rêve européen se dissipe

Celle-ci est écartelée entre socialistes (PSOE), écologistes (Mas Madrid) et le parti insoumis de Pablo Iglesias qui a quitté le gouvernement d’union de la gauche pour prendre la tête d’une liste régionale Podemos qui ne décolle pas dans les sondages (8 %). Avec 20 % des intentions de vote, le PSOE compte capitaliser sur sa notabilité pour arriver devant Mas Madrid (14 %) soutenu par le politologue gramsciste Inigo Errejon, disciple des philosophes Ernesto Laclau et Chantal Mouffe. Jamais avare d’une provocation, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon en France, Podemos propose de son côté de reconvertir le siège du gouvernement régional, un bâtiment du XVIIIe siècle situé à la Puerta del Sol, en « centre de mémoire démocratique antifasciste » pour avoir abrité la Direction générale de la sécurité sous Franco. [...]

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Le Mozambique, comptoir de la Chinafrique

Le 10 novembre 2018, le président mozambicain Filipe Nyusi inaugurait en grande pompe le nouveau pont suspendu au-dessus de l’estuaire de l’Espirito Santo, pour rallier la rive nord de la capitale Maputo au village de pêcheurs de Catembe. Avec ses 141 mètres de haut et ses 680 mètres de long, ce pont est désormais le plus grand d’Afrique. Financé et construit grâce à des capitaux chinois pour un coût total de 750 millions de dollars, le projet pharaonique commencé en 2014 s’inscrit dans un grand système d’infrastructures routières visant à relier Maputo à l’Afrique du Sud. À lui seul, le pont Maputo-Catembe illustre l’ampleur des ambitions chinoises au Mozambique. La coopération entre les deux pays n’est pas nouvelle, les relations sino-mozambicaines remontant aux années 60. À l’époque, la République populaire de Chine avait apporté son soutien à la guérilla marxiste en lutte contre le pouvoir colonial portugais, le FRELIMO (Front de Libération du Mozambique), lequel ayant accédé au pouvoir en 1975 s’y est depuis maintenu. Autrefois idéologique, cette coopération est aujourd’hui essentiellement économique.

Lire aussi : La Chinafrique est une machine à fric

En effet, la Chine est devenue un partenaire commercial incontournable pour Maputo, d’où une dépendance accrue vis-à-vis du géant asiatique. Les chiffres sont éloquents : en 2019, la Chine était le deuxième pays fournisseur du Mozambique avec 28,5 % des parts de marché, soit 1,9 milliard de dollars. Au total, l’Empire du milieu a investi 2,2 milliards de dollars dans l’économie mozambicaine en quinze ans, ce qui en fait le premier créancier du pays loin devant le Portugal, d’autant plus que la dette du Mozambique est abyssale, s’élevant à 15 milliards de dollars (entre 2012 et 2018, la dette est passée de 40 à 113 % du PIB). Outre ce pont, la Chine a investi des sommes faramineuses dans différents projets d’infrastructures. On peut citer l’aéroport international Xai-Xai dans la province méridionale de Gaza, la réhabilitation de la route Beira-Machipanda ou encore la reconstruction du port de pêche de la ville de Beira dans la province de Sofala. À cette campagne de travaux publics s’ajoutent divers projets de soutien au développement, comme celui visant à fournir la télévision par satellite à près de mille villages, la construction de 35 000 logements abordables par la compagnie chinoise CITIC Construction, ou l’installation d’un centre de recherche sur l’agriculture large de 52 hectares. La présence chinoise dans cette région s’explique par le fait que le pays regorge de ressources naturelles. [...]

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Pays perdu : Le martyre du Kosovo

Depuis l’intervention de l’OTAN en Yougoslavie en 1999 et sa mise sous tutelle par l’ONU le 10 juin de la même année en vertu de la résolution 1244, le Kosovo n’est jamais parvenu à trouver une situation politique apaisée. Sa déclaration d’indépendance, le 17 février 2008, avec Pristina comme capitale, est contestée par la Serbie et n’est reconnue ni par l’ONU, ni par l’Union européenne. Lors des législatives anticipées du 14 février, le parti réformiste d’Albin Kurti, ancien opposant à Slobodan Milosevic et fondateur du parti politique Autodétermination (Vetëvendosje) a remporté 48 % des voix.

Lire aussi : Kosovo, la résistance serbe

La victoire aux législatives d’Alban Kurti pourrait être l’occasion d’un rapprochement supplémentaire avec l’Albanie, le leader politique fondant sa popularité sur son combat contre la corruption des élites dirigeantes serbes et l’Albanie socialiste d’Enver Hoxha demeurant un modèle pour de nombreux militants de son mouvement souverainiste de gauche[...]

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Yves Rénier, l’ORTF et l’Afrique-du-Sud

Inoubliable « Commissaire Moulin » entre 1976 et 2008, Yves Rénier s’est éteint ce 24 avril, à l’âge de 78 ans. Acteur populaire, scénariste, il avait également prêté sa voix à plusieurs acteurs américains comme Burt Reynolds, Paul Hogan ou encore Tommy Lee Jones. En 1979, il accepte de rejoindre le casting prestigieux d’une série en six épisodes, baptisée « Pour tout l’or du Transvaal ». L’histoire semble anodine : celle d’un jeune Français qui se retrouve malgré lui au cœur du conflit entre Boers et Anglais. Mais derrière ce téléfilm se cache un véritable coup marketing mis en place par le régime d’apartheid, qui cherche alors à redorer son image internationale ternie après le massacre de Soweto. Au nez et à la barbe du comédien.

Mais derrière ce téléfilm se cache un véritable coup marketing mis en place par le régime d’apartheid, qui cherche alors à redorer son image internationale ternie après le massacre de Soweto. Au nez et à la barbe du comédien

À Pretoria, capitale de la République sud-africaine, nation mise au ban pour avoir institutionnalisé un régime de ségrégation raciale, il est un homme redouté de tous. Piet Meyer est un pur produit de l’Afrikanerdom. Il est né en 1909 alors que son pays n’était qu’un Dominion de l’empire britannique, au sein d’une famille de Boers qui ne digère pas la défaite contre les Anglais, un conflit qui a mis fin à l’indépendance des républiques du Transvaal et de l’État d’Orange Libre. Plume de talent, il est rapidement repéré et recruté par les milieux nationalistes afrikaners pour prendre en charge leur communication. Bourreau de travail, il intègre le puissant mouvement de l’Ossewa Brandwag en 1932, et confessera volontiers son admiration pour l’Allemagne, seul pays qui aidera les Afrikaners à tenter de se débarrasser des Anglais durant la Seconde guerre mondiale. Professeur d’université et journaliste, il va prendre de plus en plus d’ascendant au fur et à mesure des décennies qui se succèdent, jusqu’à obtenir le poste de Président du Broederbond en 1960. Une société secrète qui promeut les intérêts de la communauté afrikaner, élitiste, et qui donnera à l’Afrique-du-Sud tous ses présidents jusqu’à la fin de l’apartheid en 1994. C’est à Piet Meyer que ses compatriotes doivent l’apparition de la télévision dans leurs foyers. Jusqu’ici, le régime voyait d’un mauvais œil cette modernité occidentale avant que Meyer n’arriver à le convaincre des possibilités de propagande offertes par ce moyen de communication. La South-African Broacasting Television (SABC) devient dès lors incontournable, et Piet Meyer chef d’orchestre d’une partition de musique impeccablement jouée.

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Hold-up chinois dans la corne de l’Afrique

Au confluent de la Mer Rouge et de l’Océan indien, le micro-État djiboutien, indépendant depuis 1977, n’est plus le confetti d’empire qu’il fut autrefois. Même si la chaleur et la sécheresse y atteignent des records, des quantités d’eau ont coulé dans ses oueds depuis le temps où l’écrivain-voyageur Henri de Monfreid s’y livrait au commerce d’armes et de haschich. Encore plus lointaine l’époque où le poète aux semelles de vent séjournait au village de Tadjourah. Autrefois chasse gardée de la France, ce territoire aride et caillouteux d’une superficie inférieure à celle de la Bretagne ne possède quasiment aucune ressource naturelle excepté le sel du lac Assal – qui reste d’ailleurs insuffisamment exploité. En raison des conditions climatiques extrêmes, rien n’y pousse. Même le khat, plante psychotrope dont la consommation est très populaire, est importé d’Éthiopie ou du Yemen. Néanmoins, la position stratégique de Djibouti, au bord du détroit de Bab el-Mandeb, lui confère un certain nombre d’opportunités. C’est par le port de la capitale que transitent les marchandises destinées à l’Éthiopie, cette dernière ayant perdu tout accès à la mer après la sécession de l’Érythrée en 1993.

Si la France a conservé une part de son aura en maintenant la présence d’un contingent militaire de 1 500 hommes, elle a en revanche perdu la majeure partie de ses intérêts économiques

Très dépendant économiquement, le pays est désormais passé sous la tutelle presque exclusive de l’Empire du Milieu au point que les Émirats, en particulier Dubaï, ont vu leur influence dans cette zone s’amenuiser. Si la France a conservé une part de son aura en maintenant la présence d’un contingent militaire de 1 500 hommes, elle a en revanche perdu la majeure partie de ses intérêts économiques. En effet, la plupart des entreprises et des banques françaises ont quitté le pays. Seule exception, la BRED qui a racheté 51 % des parts de la Banque Centrale Indosuez-Mer Rouge (BCIMR).

 Il faut dire que les relations diplomatiques entre la France et Djibouti se sont quelque peu refroidies après l’enquête sur la mort suspecte du juge français Bernard Borrel en 1995. Malgré la condamnation de l’État français à payer 140 000 euros de dommages et intérêts à la famille du magistrat l’an dernier, de nombreux doutes persistent dans cette affaire. En particulier, le rôle joué à l’époque par l’autocrate local Ismaël Omar Guelleh, surnommé « IOG » par son peuple, reste mystérieux. Briguant un cinquième mandat, ce dernier est aux manettes depuis 1999 et contrôle chaque pan de l’économie locale.

Alors qu’elle se contentait de financer des travaux publics jusqu’à l’orée des années 2000, la Chine a depuis considérablement resserré son emprise sur l’ancienne Côte française des Somalis

Profitant du désengagement progressif de la France, les Chinois ont avancé, eux, leurs pions avec succès. Alors qu’elle se contentait de financer des travaux publics jusqu’à l’orée des années 2000, la Chine a depuis considérablement resserré son emprise sur l’ancienne Côte française des Somalis, notamment en finançant à hauteur de 3,4 milliards d’euros la rénovation de l’ancienne ligne de chemin de fer construite par les Français au début du XXe siècle et reliant Djibouti-ville à Addis-Abeba.

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Procès des bombardements de Bouaké : Le secret reste de mise

« Nous ne vous oublierons pas ». Ce fut la phrase prononcée par le président Chirac en 2005, pendant la cérémonie funéraire organisée en l’honneur des 9 militaires morts en Côte d’Ivoire suite à un bombardement. Pourtant, presque 20 ans plus tard, la France les a bel et bien oubliés, eux et leurs familles, et ce n’est pas le procès fantoche qui s’est tenu il y a quelques jours qui risque de changer la donne. Si le verdict a suivi la recommandation des avocats (perpétuité pour les pilotes des avions qui ont bombardé la base française), il ne s’applique qu’à des fantômes depuis longtemps disparus, exfiltrés dans des conditions obscures. Les deux principaux accusés, deux mercenaires d’origine biélorusse, n’ont ainsi jamais été retrouvés : ils se sont tout simplement évanouis dans la nature depuis 17 ans, et ce malgré les mandats d’arrêts internationaux. En cause, une enquête menée sans conviction, dont un rapport accablant des Nations Unies a évoqué les zones d’ombre. Plus que ça, la France aurait délibérément entravé l’enquête pour défendre le secret militaire. En réalité, avec ce procès par contumace dont les familles n’attendaient plus grand-chose, c’est la Françafrique qui refait surface, et avec elle toute une cohorte d’intrigants qui ont soigneusement effacé les traces de leur intrusion dans la politique intérieure de la Côte d’Ivoire.

Une forme de guerre

Retour sur les faits : fin 2002 en Côte d’Ivoire, ancien fief de l’opulence franco-africaine, l’élection de Laurent Gbagbo passe mal, alors que le concept d’ivoirité, remis au goût du jour par le nouveau président, exclut de nombreux groupes ethniques et réveille de vieilles tensions. Le Mouvement Patriotique de Guillaume Soro occupe bientôt tout le nord du pays avec l’appui de troupes venues du Liberia, et les multiples cessez-le-feu ne sont signés que pour être immédiatement trahis. Exactions, viols de masse et actes de barbarie sont ainsi perpétrés sur tout le pourtour de la région du Worodougou et dans la vallée du Bandama. Dans ce contexte délétère, la France décide d’intervenir, bien décidée à conserver ses intérêts dans le pays. [...]

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Racisme linguistique en Afrique du Sud ?

C’est « une déclaration de guerre » pour l’Alliance démocratique (DA). Le premier parti d’opposition au gouvernement sud-africain a décidé de lancer une pétition afin de préserver l’afrikaans, dont l’enseignement est de plus en plus réduit au profit de l’anglais. Il y a même urgence pour le député Léon Schreiber : l’université de Stellenbsoch, bastion de l’afrikanerdom où sont passés tous les grands ténors de l’apartheid, a pris de récentes dispositions afin d’interdire aux étudiants de première année de parler afrikaans dans leurs chambres, et même sur les bancs du campus. Cette décision est assumée par le recteur Wim de Villiers, qui affirme que cette langue peut stigmatiser, marginaliser voire exclure les étudiants noirs qui ne la parlent pas.

Cet idiome est parlé par huit millions de personnes en Afrique australe ; c’est un mélange de néerlandais, de français, d’allemand et de langages ethniques locaux. En 1875, un groupe d'enseignants et de pasteurs blancs fondent avec succès une association à Paarl avec pour objectif  d’imposer l’afrikaans comme langue officielle aux côtés de l’anglais. Lorsque les Afrikaners arrivent au pouvoir en 1948, l’afrikaans devient quasiment obligatoire et symbole du régime de ségrégation raciale, qui poussera les étudiants noirs à se révolter vingt-huit ans plus tard dans le township de Soweto. Depuis 1994, les Afrikaners ont initié un «  taalbeweging » (mouvement linguistique)  afin de s’assurer que leur langue soit toujours sur un pied d’égalité avec l’anglais devenu de plus en plus prépondérant au sein de la société civile. [...]

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Larry Elder : l’Agitateur

Comment Uncle Tom est-il reçu ?

Le public est enthousiaste. Uncle Tom est noté 8,8/10 sur Imdb, mieux que les 15 documentaires nominés pour les Oscars 2021. Côté finances, le film a coûté 500 000 dollars et en a rapporté six fois plus. Un hit ! Pourtant notre film a été écarté, rejeté, ignoré – je vous laisse le choix du verbe – par l’Académie des Oscars qui s’enorgueillit d’œuvrer à l’inclusivité raciale. Hollywood étant à gauche dans son écrasante majorité, le fait que je sois un Noir conservateur n’aide pas. Le film a été boudé par la presse professionnelle et généraliste. Variety, The Hollywood Reporter, le New York Times, le Los Angeles Times, le Washington Post: aucun de ces journaux n’en a parlé.

Les relations inter-raciales se sont dégradées sous la présidence Obama. Pourquoi ?

C’est sous George W. Bush que les relations entre les communautés étaient les plus apaisées. Après quoi la situation n’a cessé de se dégrader, notamment à partir de 2014. La mort de Michael Brown (Ferguson, Missouri) a suscité des émeutes alors même que le policier qui a tiré n’était pas en faute. À chaque nouvel incident, les violences se sont accrues. Obama, qui avait promis d’unir le pays, n’a fait que souffler sur les braises et aggraver les tensions raciales. Dans un sondage de juillet 2016, dernière année de son mandat, 63 % des personnes interrogées qualifient les relations interraciales de mauvaises. Obama a embrassé le mouvement Black Lives Mater et invité plus de soixante-dix fois à la Maison Blanche l’incendiaire Al Sharpton [Ndlr, militant des droits civiques, fondateur du National Action Network].

Lire aussi : Uncle Tom : Liste noire

Quels sont les principes du conservatisme noir ?

Dieu, la foi, le travail, l’amour de l’Amérique et des Américains. Les conservateurs ne tiennent pas les autres pour responsables d’actes qu’ils n’ont pas commis, ils s’opposent donc à l’idée de réparations qui consisterait à prendre de l’argent à ceux qui n’ont jamais possédé d’esclaves pour le verser à ceux qui n’ont jamais été esclaves. Les Noirs conservateurs ne se considèrent pas comme des victimes. Personne ne nie l’existence du racisme. La seule question qui vaille : le racisme aujourd’hui empêche-t-il quiconque, qui travaille dur et croit en lui, de réussir ?

L’électorat noir républicain a-t-il crû depuis 2008, année de l’élection d’Obama ?

Il est marginal mais les chiffres augmentent. En 2008, 4 % des Noirs ont voté pour le Parti républicain. Ils étaient 6 % en 2012, 8 % en 2016, 10 % en 2020. Leur principale motivation est économique. La pauvreté parmi les Noirs n’a fait qu’augmenter sous Obama. Je crois aussi que la boutade de Trump « Qu’avez-vous à perdre ? » a fait son effet. [Ndlr: en meeting de campagne en 2016, Donald Trump s’adresse aux Noirs: « Qu’avez-vous à perdre, essayez autre chose, essayez Trump. Vous êtes pauvres, vous n’avez pas de bonnes écoles, 58 % de vos jeunes sont au chômage, qu’avez-vous à perdre? »] Les Noirs peu qualifiés souffrent de la concurrence des immigrés clandestins; le discours de Trump sur l’immigration les a séduits. Le problème des écoles est essentiel pour la population noire urbaine. Trump a libéralisé la carte scolaire tandis que les Démocrates refusent de laisser le libre choix des écoles aux parents.

Les statistiques établissent un lien clair entre l’absence du père et la délinquance. 70 % des enfants noirs naissent dans des foyers sans père

Quels sont les principaux problèmes auxquels se confronte la communauté noire ?

Père absent. Père absent. Père absent. Les statistiques établissent un lien clair entre l’absence du père et la délinquance. 70 % des enfants noirs naissent dans des foyers sans père. En 1950, c’était 18 %. En 1965, le président Lyndon Johnson a lancé sa « guerre contre la pauvreté ». Depuis lors, le contribuable finance par milliards les programmes sociaux, et la pauvreté demeure. Du temps de l’esclavage, un enfant noir avait plus de chance de naître sous le même toit que sa mère et son père biologiques qu’aujourd’hui.

Où en est le débat sur les réparations ?

Cette histoire est ridicule. Seuls 5 % des Blancs aux États-Unis ont des ancêtres liés à l’esclavage. Parmi les 350 000 propriétaires d’esclaves en 1860, une infime minorité, peut-être 8, étaient républicains. Le Ku Klux Klan a été fondé par des Démocrates. Les Démocrates se sont opposés aux 13e ,14e et 15e amendements qui libéraient les esclaves, leur accordaient la citoyenneté et le droit de vote. Quant au Civil Rights Act de 1964, davantage de Républicains que de Démocrates ont voté pour. Le père jamaïcain de notre vice-présidente Kamala Harris reconnaît avoir des propriétaires d’esclaves parmi ses ancêtres. Alors qui doit payer ces réparations?

Le chômage des Noirs n’a jamais été aussi bas grâce à lui. Trump a gracié à titre posthume Jack Johnson, premier champion noir de boxe poids lourd, injustement condamné sur des fondements racistes

Donald Trump a été constamment traité de raciste. L’est-il ? 

Si oui, il s’y prend mal. Le chômage des Noirs n’a jamais été aussi bas grâce à lui. Trump a gracié à titre posthume Jack Johnson, premier champion noir de boxe poids lourd, injustement condamné sur des fondements racistes. Même Obama ne l’avait pas fait malgré la campagne menée auprès de lui pour rendre justice à ce héros. Trump a signé le First Step Act qui réduit en moyenne de 70 mois les peines injustement sévères pour crime non-violent lié à la drogue infligées à 5 000 condamnés (en majorité des hommes noirs). Trump a augmenté les budgets alloués aux collèges historiquement noirs. Il a développé des « zones d’entreprises » pour créer des emplois dans les quartiers défavorisés[...]

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