
Monde


Quelles ont été les premières réactions des chrétiens de Syrie suite à la chute de Bachar el-Assad ?
Deux réactions principales. D’abord, une grande inquiétude parce que c’est un saut dans l’inconnu. Cela fait 53 ans que le même régime était en place, d’abord avec le père Hafez, puis avec le fils Bachar. Donc, forcément, la plupart des Syriens – chrétiens ou non d’ailleurs – n’ont connu que cela. C’est donc un vrai saut dans l’inconnu.
Cette inquiétude est évidemment largement renforcée par l’identité et le passé des nouveaux dirigeants, dont le profil jihadiste n’est pas fait pour rassurer. Loin de là… Al-Jolani, de son vrai nom Ahmed al-Sharaa, le chef du Hayat Tahrir al-Cham (HTC), est un vrai jihadiste. Il s’est battu en Irak, a été prisonnier, est devenu un proche du premier calife de l’organisation Etat islamique, a fondé la branche syrienne d’al-Qaïda – que l’on a connu sous le nom de Front al-Nostra – avant de la transformer en HTC et de se séparer d’al-Qaïda.…

Beyrouth tremble. De peur. Et désormais sous les bombes israéliennes qui déchirent la nuit, les murs et les chairs dans le centre-ville de la capitale libanaise. À notre descente d’avion, le pilonnage d’un restaurant près de l’aéroport, où des fumées âcres montaient en colonne dans la nuit tiède, venait de neutraliser un dépôt supposé de munitions, muré dans les caves du bâtiment. Quelques jours plus tard, 22 morts et 117 blessés ont suivi l’explosion de deux GBU39 larguées à la tombée de la nuit. Cette fois, le tir guidé visait le quartier majoritairement sunnite de Basta, où un « commandant » du Hezbollah se croyait à l’abri. Du jamais-vu depuis la guerre de 33 jours en 2006. Bienvenue dans ce qui fut la Suisse du Levant.
Beyrouth sous les décombres
Depuis le lancement de l’opération terrestre de Tsahal fin septembre contre l’armée des chahids concentrée au Liban sud, où vivait encore plus d’un million de paysans souvent pauvres, soit un quart de la population libanaise avant le drame du 7 octobre, personne ne croyait possible le pilonnage aveugle d’un quartier populaire dans la capitale.…

Ah, Kamala ! Les trois syllabes de ton nom sonnent déjà comme des horions de stupeur. On te dit presque noire, pour mieux vendre ton exotisme si soluble dans ce brouet de gènes et de mauvaise foi qu’on appelle l’Amérique… Tu es en réalité très blanche, presque livide – sûrement les compléments alimentaires douteux, les mauvaises dialyses, les traitements mortifères qu’on te fait gober en intraveineuse –, le complexe militaro-industriel n’est que très rarement un bon apothicaire. Toute blanche, comme disait Serge Lama, c’est-à-dire presque morte, métastase ultime de ce bon vieux camp démocrate qui tremble à l’idée de laisser le pouvoir aux mains d’un homme non-programmé – aussi carotène soit-il… Pauvre Kamala, te voilà donc bombardée mascotte officielle du Moloch démocrate. Un petit golem de plus façonné à la hâte dans les fèces présidentielles, une poupée vaudoue destinée à prendre les coups à la place d’Oncle Joe. Mais est-ce bien sérieux ?…

Pourquoi avez-vous entrepris ce voyage particulièrement risqué ?
Le déclic a été presque instinctif. J’ai choisi le journalisme pour aller précisément là où l’on n’a pas le droit d’aller, là où l’on préfère que personne ne se rende, là où la communauté internationale reste sourde et silencieuse. Si les journalistes peuvent avoir une fonction, c’est bien pour rétablir le lien et la visibilité de ces populations mises sous cloche. En septembre 2022, j’ai vu comme tout le monde les images des manifestations de jeunes Iraniens sur les réseaux sociaux. J’ai ressenti comme beaucoup une profonde émotion et une solidarité immédiate.
Je savais aussi que l’Iran ne donnait plus de visas aux journalistes pour justement éviter de témoigner de l’oppression qui règne là-bas. En tant que journaliste de terrain, habituée aux zones à haut risque, cela représentait pour moi un véritable signe d’encouragement. Je ne me définis pas comme une journaliste engagée, car cela irait à l’encontre de notre devoir fondamental de neutralité.…



L’Incorrect
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