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Terre-Neuve : rêverie au balcon de l’Atlantique nord
Un confetti, c’est tout ce qu’il nous reste du Canada français. La beauté sauvage de Saint-Pierre-et-Miquelon, nichée au large de Terre-Neuve, cache des intérêts maritimes et une lointaine rivalité entre la France et le monde anglo-saxon. Promenade historique et littéraire en eaux fraîches.
Le Québec contre la Reine
Le 4 décembre, en déposant une motion au parlement provincial, pour abolir la prestation de serment d’allégeance à la reine Elizabeth II, le parti québécois a rappelé que son objectif restait l’établissement d’une république indépendante de la monarchie britannique, « l’ennemi héréditaire ». Symboles du Québec, les fleurs de lys qui flottent fièrement le long du Saint-Laurent nous renvoient à la grande histoire de France, celle des explorations et des conquêtes. Ici on parle encore français et on le revendique. Pendant deux siècles, la Belle Province aura été une possession du royaume de France avant sa cession aux Britanniques en 1763, après la guerre de Sept ans, un événement illustré dans le roman de James Fenimore Cooper, Le dernier des Mohicans. « Je me souviens » : la devise est inscrite sur le blason officiel d’une province en perpétuelle rébellion contre l’occupant britannique. Cette méfiance à l’égard de Londres subsiste toujours dans le subconscient de nos cousins d’Amérique et puise sa source dans le « Grand dérangement », cet épisode marquant de l’histoire française au Canada quand des milliers d’Acadiens furent déportés par les Anglais au XVIIIe siècle. Pendant que la reine boit le thé… Le Québec est logiquement la province canadienne où la monarchie constitutionnelle compte le moins de partisans. Selon un sondage du 25 mai 2018, à peine 17 % des Québécois soutiennent le maintien du statut quo actuel contre 68 % d’entre eux qui veulent sa fin. « Plusieurs raisons peuvent expliquer cela », indique Kevin Guillot, administrateur d’un site sur la monarchie britannique. « D’abord Elizabeth II est seulement représentée par un gouverneur général. Vivant au Royaume-Uni, elle ne peut se déplacer régulièrement sur ses terres canadiennes. Les Québécois ressentent cette absence comme un abandon. Ils ne peuvent continuer à être gouvernés par un monarque lointain qui se contente de déléguer ses pouvoirs à une tierce personne. Et si la reine a accompli pas moins de 22 visites au Canada, pour les plus récalcitrants de ses sujets francophones, elle n’est simplement pas là, elle boit le thé à Londres. » « Ensuite l’avenir de la monarchie britannique ne réjouit pas les Québécois. Son fils, le prince Charles n’est pas très populaire. Beaucoup désirent voir le duc de Cambridge, William, succéder à sa grand-mère, ou mieux, que la monarchie canadienne tombe avec la mort de la reine. Pis, si la reine parle parfaitement le français, comme elle a encore su le démontrer lors du 150e anniversaire de la Confédération canadienne, ce n’est pas le cas de Charles ou de William. Et savoir que leur futur monarque ne parle pas la seconde langue nationale est intolérable pour les Québécois », renchérit Kevin Guillot. Des propos qui font écho à ceux de l’écrivain Luc Lavoie : « Je trouve que la monarchie britannique est une institution tellement dépassée qui s’est ridiculisée elle-même depuis 50 ans. On est dans une société moderne, on n’a pas d’attache avec l’Angleterre ». Au Québec, on préfère de loin honorer les révoltes des patriotes au XIXe siècle contre les tuniques rouges ou encore inviter le prince Jean d’Orléans en 2008 pour le 400e anniversaire de la fondation de la capitale quand le reste du Canada continue de festoyer en hommage à la reine Victoria. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Mathieu Bock-Côté : « Il se pourrait bien que les Québécois redécouvrent l’idée d’indépendance »
Mathieu Bock-Côté s’est imposé ces dernières années comme une figure du conservatisme et du souverainisme québécois. Son essai Le multiculturalisme comme religion politique (Éd. du Cerf, 2016) a été particulièrement remarqué dans le débat public. En pleine recomposition politique, nous avons souhaité l’interroger sur l’identité québécoise dans un continent anglophone et son rapport à la France. Les Québequois ont souvent eu le sentiment d’être abandonnés par les Français, ils ont longtemps été seuls face à l’hégémonie britannique. Est-ce encore vrai aujourd’hui? Le rapport à la France dans l’imaginaire collectif n’est pas si simple. Si certains Québécois en ont longtemps voulu à la France de les avoir abandonnés, d’autres ont conservé une forme de piété pour un pays que l’on disait encore récemment être celui de leurs ancêtres. À partir des années 1960, il y a eu une période de retrouvailles entre la France et le Québec, d’autant qu’à travers la figure de de Gaulle, elle nous a accompagnés dans la plus grande aventure qui soit, la quête de l’indépendance politique, même si elle n’a pas abouti. Suite à lire dans le dernier L'Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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PEDRO SÁNCHEZ – TOUCHÉ COULÉ ?
En 1996, le principal parti nationaliste catalan fait chuter le gouvernement socialiste de Felipe González sur une question budgétaire. En février 2019, ce sont à nouveau les formations séparatistes catalanes qui font échouer l’adoption du budget élaboré par un président du gouvernement social-démocrate, Pedro Sánchez.
Maté Botos : « La démocratie hongroise est entre parenthèses »
Politologue et historien des idées, Maté Botos, est diplômé de l'EHESS et professeur à l'université catholique Peter Pazmany. Très critique envers le gouvernement de Budapest, il revient sur les raisons de la colère politique et sociale en Hongrie.
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Alexandre del Valle : « Nos démocraties sont structurellement incapables de mettre hors d’état de nuire des psychopathes »
Le rapatriement des 150 djihadistes de nationalité française depuis le proche Orient fait débat. Dans l'intérêt de la France, vaut-il mieux les laisser sur place ou les avoir sous contrôle en France ? Éclairage par Alexandre del Valle. Si on ne rapatrie pas ces djihadistes, comment seront-ils gérés sur place ? Si on les laisse sur place, il y a plusieurs possibilités. Ils peuvent rejoindre d'autres lieux de djihad, être exécutés, la plus grande probabilité est qu'ils soient à un moment ou à un autre relâchés. Parce que ce soient les Kurdes ou les Syriens, il y a une volonté de punir l'Occident d'avoir été soit contre le régime syrien, soit d'avoir lâché les Kurdes. Donc il y a de grandes chances -d'aucuns diraient malchance- que la plupart ne soit pas tuée, et se retrouve dans la nature et fasse des petits. D'un autre côté, sur la masse de djihadistes qu'il y a dans ces pays, ça ne change pas grand'chose au niveau local et international. Mais ils peuvent aussi rejoindre des lieux qui préparent des attentats en Europe.
Où va la francophonie ?
Le XVIIe sommet des chefs d’État et de gouvernement de la francophonie s’est tenu à l’automne dernier en Arménie, sous le signe paradoxal du renoncement de la France à une certaine idée de son rayonnement culturel. Jean-Jacques Granianski nous raconte les coulisses d’une défaite qui a vu la québecoise Michaelle Jean évincée par la rwandaise Louise Mishikiwabo le 1er janvier 2019. À peine sorti de l’avion, le voyageur est transporté par la voix de Charles Aznavour. Omniprésente, lancinante, elle résonne dans l’enceinte de l’aérogare, des hôtels et jusque dans les rues et les villes de province. Le thème du sommet, « le vivre ensemble », est plus banal mais se justifie au vu des vicissitudes du pays hôte. De fait, le sommet d’Erevan est intervenu en plein processus de transition politique en Arménie. Pour le nouveau Premier ministre, Nikol Pachinian, c’est l’occasion d’asseoir une fragile légitimité face à un parlement hostile. Surtout Erevan voit dans la francophonie un moyen de desserrer l’étau d’une relation déséquilibrée vis-à-vis du grand frère russe. Une organisation moribonde Née de la vision politique de l’égyptien Boutros Boutros-Ghali et de François Mitterrand, la francophonie institutionnelle est malheureusement plongée depuis quelques années dans une profonde léthargie. Siégeant à Paris, l’OIF regroupe sur le papier 88 pays (54 membres de plein droit, 7 membres associés et 27 observateurs). Un espace qui compte 900 millions d’habitants, soit 14 % de la population mondiale et 20 % des échanges mondiaux de marchandises mais les chiffres sont inversement proportionnels au poids réel de l’organisation dans le monde. L’Arménie revendique pour sa part 200 000 francophones : chiffre qui ne prend pas en compte l’importante diaspora qui a essaimé du Liban au Canada en passant par la France, première communauté d’Europe. De manière générale, l’inflation des adhésions à l’OIF accroît la visibilité de la francophonie mais entraîne un réel danger de dispersion. Parmi les nouveaux entrants, rares sont ceux qui encouragent la promotion de la langue française. Nombreux sont ceux qui profitent de ce forum pour se placer. Le budget ne dépasserait guère celui de la chaîne TV5 Monde : le site de l’OIF n’a d’ailleurs pas mis à jour son chapitre budget, lequel était fixé à 85 millions d’euros entre 2010 et 2013. Et quand on interroge des diplomates français et canadiens sur ce point, c’est le même sourire crispé qui se lit sur les visages. La franglophonie À l’OIF la règle est le consensus. Le duel entre la Canadienne d’origine haïtienne, Michaëlle Jean – candidate désignée par défaut en 2014 faute de consensus africain – et le chef de la diplomatie rwandaise, Louise Mishikiwabo, n’a pas eu lieu. La Canadienne présentait le modèle d’une immigrée parfaitement intégrée au Canada, au point d’en devenir Gouverneur Général en 2005, quand la seconde est une vieille habituée de la scène internationale, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères du Rwanda depuis 2009. Critiquée par l’Élysée (la France est le premier contributeur net de l’OIF) pour son train de vie, Michaëlle Jean a dû se retirer. À Montréal, les rumeurs de « coûts d’aménagement d’un demi-million de dollars dans son appartement de fonction à Paris » ont eu raison de sa candidature, quoique Madame Jean ait aussitôt dénoncé une campagne de « salissage ». En vain. La première femme africaine à diriger l’organisation a profité du scandale pour couronner une carrière brillante. En 1986, Louise Mushikiwabo décroche une bourse et quitte le Rwanda pour des études d’interprète aux États-Unis, ce qui la sauve du génocide qui élimine sa famille huit ans plus tard. Elle y vit pendant plus de 20 ans et se marie à un Américain. Son soutien à l’anglais n’est pas un tabou. Elle fait remarquer au Monde pendant sa campagne qu’« il est normal et pragmatique, pour un pays enclavé, de donner une prépondérance à la langue anglaise. Il n’y a pas de contradiction à donner plus de place à l’anglais tout en restant un pays francophone ». Une vision commerciale que partage le président français, qui s’exprime si souvent dans la langue de Shakespeare. Si Kigali n’a jamais quitté l’OIF, le Rwanda a remplacé le français par l’anglais en tant que langue obligatoire à l’école en 2010, rejoignant le Commonwealth. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Game of thrones avec des smartphones : Le grand virage à droite de la Silicon Valley
Si vous imaginez que la Silicon Valley a prêté allégeance au parti démocrate et qu’elle n’est peuplée que de néo-hippies, détrompez-vous! En effet, le mouvement néo-réactionnaire (ou NRx) est la preuve flagrante du contraire. Si ce courant demeure pour le moment confidentiel, rien ne garantit qu’il le reste. Portrait d’un courant de pensée entre ultra-libéralisme, alt-right et monarchisme 2.0. Tout commence en 2007 par un blog des plus confidentiels, Unqualified Reservations, derrière lequel se cache un personnage énigmatique : Mencius Molbug (Curtis Yarvin de son vrai nom). Ingénieur informaticien passé par Berkeley et nourri à la science-fiction depuis l’enfance, il se présente comme un libertarien qui a perdu la foi et fait la promotion d’un nouveau modèle politique : le « néo-caméralisme ».
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