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Sport à l’école : la France reléguée

Tout commence, comme souvent, par un tweet. Début août, au terme des Jeux olympiques, la France, malgré des performances globalement médiocres, établit une domination impitoyable sur les sports collectifs : argent en basket masculin, or en handball et volley masculins, or aussi en handball féminin. Du jamais vu. Jean-Michel Blanquer saisit la balle au bond, et se félicite sur Twitter : « Vive le sport collectif ! Vive l’EPS ! Le succès de nos équipes de France de BHV (Basket, Handball, Volley, NDLR) illustre la qualité de l’enseignement de ces sports à l’école. Saluons le travail des enseignants d’EPS et la bonne collaboration avec les fédérations. » L’exercice d’auto-satisfaction vire au désastre : les sportifs français reprennent le ministre de volée, dans une série de posts truculents. Basketteurs, handballeurs, nageurs, rugbymen, la liste des goguenards s’allonge rapidement. Parmi eux, le plus audible a été Evan Fournier, ailier de l’équipe de France de basket vice-championne olympique et star de la NBA. Le joueur a donné au mois d’août plusieurs interviews dénonçant le ridicule des propos du ministre, et rappelant l’impossibilité pour les maigres heures de sport scolaire de former des champions. Alors, la culture du sport à l’école en France est-elle lacunaire, ou constitue-t-elle au contraire un vecteur d’excellence ? [...]

Pour les Lumières françaises, l'homme trouve sa dignité exclusivement dans l'exercice de sa raison, ce qui rejette le corps dans l'oubli. Un oubli qui se poursuit tout au long du XIXe siècle

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Reportage : mes nuits avec Nemesis
« Je ne sais pas s’il reste du monde ». La voix se rapproche dans le couloir. Si, Alice, il reste du monde dans les locaux de L’Incorrect, à vingt heures un vendredi 19 novembre 21. Il y a un journaliste au rythme de vie suspect, qui a des articles à finir. Très vite, il y a d’autres gens pour lui tenir compagnie. Derrière Alice Cordier, la cheftaine du Collectif Némésis, les féministes identitaires et casse-cous que l’on ne présente plus, entrent une poignée de gaillards. D’autres suivent au compte-goutte. Ils sont bientôt une petite vingtaine. À leur entrée, celui qui semble les diriger leur fait éteindre leur téléphone et le déposer dans un sac. La réunion est sérieuse. Autour de l’open space, les visages oscillent entre nervosité et timidité. La plupart de ces hommes ne se connaissent pas, ou de loin. Ils sont venus par groupes de trois ou quatre de toute la France pour protéger l’action que leurs amies de Némésis entreprendront demain lors de la manifestation féministe Nous Toutes. À l’arrivée du cortège, parti de République, à Nation, une cinquantaine d’entre elles, aussi issues de toute la France, sortiront de deux cafés et brandiront des pancartes dénonçant le rôle des étrangers, et plus précisément des immigrés afghans, dans les violences faites aux femmes, sujet sur lequel elles trouvent les féministes mainstream, comme elles disent, un poil frileuses. Lors des deux éditions précédentes, Nemesis a mené des actions similaires. À chaque fois, des filles ont été frappées par des antifas. Cette fois, on prend des précautions. Surtout qu’elles seront sûrement attendues. Surtout que cette fois elles seront très nombreuses, ce qui risque de faire enrager la foule. Alors, ces hommes dans les locaux de L’Incorrect. [...]
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La déraison comme conséquence du rationalisme

« On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure ». Le mot de George Bernanos dans La France contre les robots est célèbre au point d’être devenu banal, ce qui n’ôte rien pourtant de sa profonde vérité : par tous les –ismes sortis de 1789, la personne humaine a été brutalement transformée en un individu délie de Dieu, de la tradition et de ses pairs, pour être réduit à sa pure réalité matérielle, et sur elle a été greffé un univers mental tout à fait inédit – le marché – ou ses mouvements n’avaient plus pour ressort que la raison individuelle, exercée a l’aune de deux impératifs catégoriques tout aussi inédits : la faim et les gains.

Et, à force de le lui avoir martelé, l’homme a un temps cru à cette bien funeste fable, dont la société d’affluence des Trente Glorieuses – et plus encore celle des années 1990 peut-être, car elle était pacifique – a été l’époque qui s’est le plus approchée de cet idéal d’absence d’idéaux. En tant qu’elle proposait de neutraliser le politique, la modernité libérale a chassé toute mystique.

Lire aussi : Woke : nom de code pour anti blancs, anti hétéros

L’homme pourtant ne pouvait bien longtemps travailler à ce point contre sa nature, sociale et religieuse, sans qu’elle réapparaisse. Chesterton l’avait annoncé : « Quand les gens cessent de croire en Dieu, ils ne croient en rien. Et quand ils ne croient en rien, ils croient en n’importe quoi ». En déconstruisant la Vérité, le nihilisme n’a pas mis fin à la foi, il l’a simplement travestie et lui a permis d’investir mille autres terrains : beaucoup « croient » aujourd’hui à la platitude de la Terre, à l’existence des Martiens ou à la 5G comme l’on croyait jadis en Dieu. [...]

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Covid et complot : se tenir par le pinceau

Les complotistes se targuent d’avoir toujours raison, et pour cela ils prennent les faits à témoin et sur le ton goguenard qui les caractérise font mine de remarquer que le complotisme d’hier est « comme par hasard » la vérité d’aujourd’hui. D’apparence, comme tout ce qui est faux, on pourrait leur donner raison, on pourrait croire qu’ils ont vu avant ce que nous voyons seulement à présent, mais ce serait tout à la fois leur accorder un souci pour la vérité dont ils se foutent complètement et méconnaître tout aussi radicalement la façon dont on la recherche, avec prudence et circonspection, en étant aussi bien attentif aux détails qu’à l’ensemble du tableau pris dans les ténèbres que chaque motif dessine maladroitement.

Lire aussi : Éditorial essais de l’été : La France contre les hyènes

Sans parler de leur façon de faire le tri entre ce qui sert leur vision et ce qui ne la sert pas, ni lister toutes leurs arguties et la totalité de leurs raisonnements fallacieux, on peut s’intéresser à un argument qu’ils reprennent en boucle ces temps-ci, et censé démontrer leur prescience : le taux d’hospitalisation de 2020 du Covid s’élevant « à peine » à 2/100 de l’ensemble de l’activité hospitalière, soit près de 230 000 hospitalisations.…

Pronom « iel » : la grande frousse du Petit Robert

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Le langage comme un trait qui rature l’expérience, qui lui donne son relief, son arraisonnement – pour reprendre un terme cher à Heidegger. Le langage comme façon pour l’homme de démultiplier sa sensation du réel à travers des couches de temps, de transformer le substrat phénoménal en paillettes de sens procédées par la raison. Depuis le Verbe vétéro-testamentaire, coup de tonnerre qui sonne comme l’arrivée conjointe de la gravité, au sens physique, et de la cognition, c’est-à-dire de la capacité de se voir, en passant par les tentatives platoniciennes de « désignation du sens » et de captation du réel par le rebours étymologique (le Cratyle), jusqu’aux élucubrations récentes d’un Saussure ou d’un Barthes, le langage est sans doute le concept le plus politique qui soit. Le plus politique car il désigne de facto notre capacité à connaître les choses et surtout à encoder la substance informe du monde pour la transformer en réel, en consensus idéologique.…

Métavers : un monde en plus

« Il y a un autre monde mais il est dans celui-ci ». Cette belle citation, souvent et faussement attribuée à Paul Éluard, trouve dans son imprécise origine une parfaite illustration. On la retrouve dans les Œuvres complètes de Paul Éluard (p. 986, volume 1, édition de 1968) mais Éluard l’a en réalité empruntée à Ignaz-Vitalis Troxler, cité par Albert Béguin dans L’Âme romantique et le Rêve : « Il y a assurément un autre monde, mais il est dans celui-ci et, pour atteindre à sa pleine perfection, il faut qu’il soit bien reconnu et qu’on en fasse profession ». C’est ce que l’on peut appeler une « méta-citation », du préfixe grec ???? (meta) qui signifie « après », « au-delà de ». Il y a ainsi la métapolitique, la politique dans la politique, les métadonnées, qui sont les données dans les données ou encore, dernière création de notre postmodernité si délicieusement décadente, le « métavers », contraction de « méta-univers ». Selon le très savant Institute of Electrical and Electronics Engineers, un métavers est « un monde virtuel fictif, où des espaces virtuels et partagés sont accessibles via un univers en 3D ».

Après avoir été le fossoyeur des mondes virtuels, le géant Facebook lui offre peut-être l'occasion de ressusciter

L’invention n’est pas si neuve. Lancé en 1985, le jeu Habitat est sans doute le premier environnement multi-joueurs à vocation immersive, lancé par Lucas Arts sur Commodore 64. Les participants y étaient représentés par des avatars évoluant dans un monde virtuel. En 1993, Steve Jackson Games a lancé un MMO (massively multiplayer online) nommé The Metaverse. Il s’agit de la première utilisation commerciale du terme « métavers ». En 1997, Canal+ Multimedia et l’entreprise de jeux vidéo Cryo Interactive lançaient Le Deuxième Monde, qui permet aux joueurs d’évoluer, par le biais de leur avatar, dans une reconstitution de Paris en 3D, comportant même de vraies boutiques. Le Deuxième monde n’était en rien conçu comme un jeu vidéo mais bien comme un véritable univers virtuel, dont les habitants, qui se surnommaient entre eux les « bimondiens », pouvaient se retrouver pour vivre une véritable existence parallèle. Le Deuxième monde n’a pas connu une très longue carrière et l’expérience a pris fin en 2001 mais elle a fait des émules. Sorti en 2003, Second Life, produit par l’entreprise américaine Linden Lab, reprend trait pour trait les caractéristiques du Deuxième monde. Ce logiciel gratuit permet aux joueurs de faire évoluer leurs avatars dans un monde totalement virtuel et surtout, c’est la grande innovation de Second Life, de créer des objets ou des éléments architecturaux intégrés au jeu. Second Life existe aussi dans une version payante qui permet aux joueurs d’être crédités d’une certaine somme de monnaie virtuelle : le « dollar Linden », que l’on peut utiliser dans le jeu. […]

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Chant des saint-cyriens : la France vit toujours

Chaque année se tient l'émission La France a un incroyable talent, produite par Déborah Duetet et diffusée sur M6. Son but : un jury constitué de professionnels du spectacle essaye de débusquer les talents artistiques dont notre pays regorge.

L’émission, en symbiose avec son temps, met généralement en avant des groupes bien-pensants plutôt que talentueux, en témoignent la troupe Lemonade dansant pour le mouvement #BlackLivesMatter, une chorégraphie sur un « coming out » ou encore une chanson sur la transsexualité prématurée. Pourtant, alors que plus personne n’espérait voir dans cette émission des talents réels choisis pour leur talent plus que pour leurs opinions, l’année 2020 nous a fait une grande et belle surprise en consacrant une famille nombreuse, française et catholique de chanteurs, les Lefèvre.

Nouvelle surprise cette année : des militaires venant de l’école Saint-Cyr Coëtquidan à Guer (Morbihan) ont décidé de tenter leur chance. Les jeunes hommes, âgés de 20 à 24 ans, ont interprété « Larme d’Ivoire », un chant militaire en l’honneur des orphelins de militaires tombés pour la patrie. Le chant, composé par une promotion de l’École militaire en 2005, met en scène un enfant inquiet de ne pas voir son père revenir du combat : « Où est mon père quand il dort tous les soirs ». Des paroles émouvantes à même de toucher quiconque les entendrait. [...]

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Franc-Tireur, la raison partisane

Face aux spectres du populisme et du complotisme, du wokisme et du racialisme, le camp du Bien riposte en lançant son hebdomadaire, Franc-Tireur, modeste feuille de huit pages vendue 2€ l’unité. Financé par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, déjà dirigeant de Czech Media Invest (Marianne, Elle, etc.), le journal sera piloté par un quatuor dont le journaliste Christophe Barbier a la direction, secondé par Éric Découty, ex-directeur délégué à Marianne et ex-directeur adjoint de Libération, l’essayiste Caroline Fourest et l’essayiste Raphaël Enthoven. À leurs côtés gravitent entre autres le journaliste Brice Couturier, l’économiste Olivier Babeau, la juriste Rachel Khan ou encore l’ancien leader de Force ouvrière Jean-Claude Mailly : en clair la fine fleur d’une vieille gauche mise en déroute par sa sœur plus radicale se regroupe pour un dernier branle-bas de combat.

Lancée depuis quelques semaines, la communication n’avait qu’un mot d’ordre : hostile à toute forme de pensées radicales, quoiqu’empruntant un vocabulaire volontiers belliciste, notre joyeuse troupe propose de brandir contre tous l’étendard de la raison et du débat éclairé, telle la Marianne dépoitraillée de Delacroix empoigne le drapeau pour conduire la foule. « La raison est un combat », sous-titre le papier, combat qu’ils entendent mener « passionnément » comme le précise l’édito de présentation du premier numéro, sorti ce mercredi.

Lire aussi : Éditorial de Jacques de Guillebon : À Éric Zemmour

La Une pourtant interpelle – « Les cathos intégristes de Zemmour » : pourquoi diable s’en prendre aux catholiques en 2021 alors que leur poids dans le corps social ne cesse de fondre ; que leur poids politique est à peu près nul, ou qu’à tout le moins ils essuient des échecs sur tous les sujets depuis 50 ans ; enfin, que si l’on aperçoit bien ses intuitions conservatrices, on peine à saisir la marque proprement catholique de la politique zemmourienne. [...]

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