


Dans le salon brillamment illuminé, l’aiguille de l’horloge était d’accord avec celle des montres des convives pour se rapprocher dangereusement de l’heure fatidique.
– Quand je pense qu’on est en plein couvre-feu, qu’il est presque minuit et qu’on reste encore assis là à bavarder, comme on faisait avant…
Chantal de S., en dépit de la quantité phénoménale de macarons qu’elle était parvenue à ingérer depuis la fin du dîner, supportait mal les digestifs et autres alcools forts. Son mari, Lucien, lança un regard désolé à son vieux copain E., et à leur hôte, Jean-Philippe.
– Eh bien on dira ce qu’on voudra, mais ça, c’est très français ! poursuivit la moraliste pompette. C’est très français de violer la loi en se réclamant de l’ordre, et de récriminer contre les atteintes aux libertés tout en se plaignant de l’absence d’autorité !
Être « très français », c’est être fier de l’être, et amoureux de la France jusqu’à en mourir
– Ma pauvre Chantal, répliqua aussitôt Mathilde en fixant les reflets mordorés de son verre de Chartreuse, je pense surtout que c’est très français de dire « c’est très français » – dans le but de dire du mal de ses compatriotes, passés, présents et futurs… Vu la manière dont vous l’utilisez, cette formule, qui vise chacun d’entre nous, devient un instrument d’auto-dépréciation masochiste, de culpabilisation collective, l’accessoire indispensable du petit collabo du « décolonialisme » contemporain !
– Mesdames, Mesdames ! s’interposa E., dissimulant derrière un front soucieux une forte envie de rire aux éclats. Allons, vous n’allez tout de même pas vous battre pour une formule ?
– Surtout aussi délicieusement française ! approuva Jean-Philippe, en hôte de choix.
– À ce propos, j’ai lu le mois dernier un papier de L’Incorrect où j’ai appris que sa première utilisation attestée remontait à la Monarchie de juillet – dans un roman de Marie Nodier, la fille de Charles, paru en feuilleton dans un journal fouriériste. À un personnage qui déclare qu’il n’a jamais su en vouloir à une femme, surtout quand elle est jolie, un autre répond en s’exclamant que « c’est très français, très chevalier…
– Très macho, oui, ça ne m’étonne pas, mon cher E., que vous ayez lu ça dans L’Incorrect ! bougonna Chantal, qui n’avait jamais été assez jolie pour que les messieurs ne lui en veuillent pas.
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– En fait, j’y réfléchissais en lisant ce papier, cette expression est intéressante en ce qu’elle nous dit de quelle manière les Français (car eux seuls sont légitimement autorisés à l’employer) se voient, comment ils conçoivent leur propre identité, ce qui les définit, ce qui les caractérise, ce qui les distingue, qui n’a d’ailleurs rien à voir avec le passeport[...]
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La possibilité de la transcendance et donc du désir était la dernière chose qu’il nous restait à détruire et par conséquent la seule que nous devions sauver. Le programme aujourd’hui consiste à vous laisser dans votre salon, seul, docile, face à un porno. C’est vrai que les gens meurent. L’impraticable et l’effacement ont gagné. Désirer est emprunté de l’étymologie considérer. Je suis au regret de vous annoncer que nous ne considérons plus rien. On cherche encore un peu à obtenir satisfaction. Par orgueil. Ou simplement pour passer le temps. Le désir est mort. C’était Dieu.
Le désir ne se vit pas il se pense, comme presque tout. Une lamentable certitude de volupté. On prend son matériau là où il se trouve. On copule entre fantômes. Le désir, personne ne sait bien ce que c’est. Un concept fou. Comme le peuple. « L’essence même de l’homme », l’appelait Spinoza, n’est rien. L’objet du désir n’est qu’un objet. Fluctuant et incompréhensible.
Le héros est celui qui ne cède pas sur son désir, disait Lacan. On enlève le mot désir. Le héros est celui qui ne cède pas
On veut arriver à un but pour la puissance. Seule prévaut la détermination. La petite parcelle de réalité perçue. Le petit vice. Le héros est celui qui ne cède pas sur son désir, disait Lacan. On enlève le mot désir. Le héros est celui qui ne cède pas. Désirer n’ouvre que des possibles. On ne désire finalement qu’une représentation, quelque chose qui comblera le manque ontologique. Quand il n’y a pas de manque, il n’y a pas de sujet. Le manque, l’excès et le déchet se formalisent dans le sexe ou l’argent. Posséder ce qu’on n’a pas encore. Pas très longtemps. Le temps n’est-il pas l’accident des accidents ? La propriété est un sentiment fugace. Le sujet est insatiable et productif. Il ne désire pas, il fait du chiffre. Le marketing transforme tout en besoin, et donc en aliénations et rebuts, addictions et aventures. Les désirs ? Les stratégies plutôt.
L’être ne peut sortir de lui-même. Les liens ne dépassent pas l’envie de découvrir un nouveau décor (qui n’a pas suivi quelqu’un juste pour avoir le plaisir de découvrir la décoration d’un appartement ?) Voir. Avoir. Savoir. L’autre disparaît sous le moi. L’acharnement est borné à lui-même. Le désir n’est qu’imitation. Envie d’avoir envie. Le désir est la libido de voir quelqu’un qui n’est pas là. Disait Cicéron.
Tout se dilue et se fond et parfois on est lasse de tout, jusqu’à ne plus pouvoir remuer la jambe avec l’idée. On a tellement peur du néant, qu’on fait semblant de s’intéresser à la vie – jusqu’au désir[...]
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C’est l’un des grands événements qui balise l’année orléanaise. Chaque 8 mai, la ville d’Orléans organise les fêtes johanniques pour célébrer la délivrance de la ville par Jeanne d’Arc et son armée en 1429. À cette occasion, et alors qu’il n’y aura pas de spectateurs cette année pour cause de Covid, France 3 Centre-Val de Loire devait diffuser un programme de 52 minutes financé entièrement (25 000 €) par la ville et donné clef en main à la chaîne pour diffusion, afin que les habitants puissent assister par écran interposé aux célébrations.
Ce devait être une première, mais France 3 en a décidé autrement : dans un courrier envoyé à la mairie, le directeur de la chaîne Jean-Jacques Basier a annoncé qu’il renonçait à la diffusion. En cause : le documentaire a été jugé comme étant un tract politique, et la chaîne, qui n’avait pas le droit de regard, a préféré se retirer. Dans les pages de La République du Centre, Jean-Jacques Basier s’est expliqué : « J'aurais aimé que la ville utilise le conditionnel au moment de la présentation du programme. Nous avions fait une lettre d'intention, c'est vrai, mais il ne s'agissait pas d'un contrat. Il était prévu que si ce magazine ne nous convenait pas, nous ne le diffuserions pas ».
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C’est l’intervention dans le programme de Charlotte d’Ornellas, ex-Jeanne d’Arc en 2002 et journaliste de Valeurs actuelles, qui a semble-t-il posé problème à la chaîne. « Quand j'ai appris, lundi, que la voix off de ce programme serait faite par une journaliste de Valeurs actuelles, les bras m'en sont tombés. Pour un programme diffusé sur une chaîne publique, c'est quand même très compliqué ». En clair, elle est jugée trop de droite, trop catho, trop de tout ce qui sent l’obscurantisme pour les bien-pensants. La télévision publique assume donc ouvertement de discriminer les intervenants sur des critères idéologiques – et soyons clair, la discrimination va toujours dans le même sens. Si vous n’êtes ni libéral, ni de gauche, votre opinion est considérée comme n’ayant pas droit de cité sur une chaîne financée par l’impôt de tous. Nouvelle confirmation de ce que l’on savait : les médias publics sont à la botte des progressistes, et toute opinion de droite n’est plus tolérée par ceux qui défilaient en se disant Charlie il y a encore peu de temps. Pas étonnant que la liberté d’expression ne passe plus chez les « jeunes », quand même les médias et l’Université y ont renoncé. Décidément, la gauche donne l’exemple. [...]
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C’était il y a quatre mois : la préfecture des Yvelines attribuait une carte de séjour à Jamel Gorchene. Les fonctionnaires de la préfecture de ce département francilien, déjà deux fois ciblé par des terroristes islamistes, à Magnanville et plus récemment à Conflans-Sainte-Honorine, ont donc estimé que monsieur Gorchene ne représentait nullement une « menace à l’ordre public ». Jamel Gorchene était-il alors récompensé pour être entré clandestinement sur le sol français en 2009, puis avoir séjourné chez nous dix ans dans l’illégalité la plus totale ? On se demande bien quel pays dans le monde est aussi généreux que le nôtre. Comment, en effet, accepter qu’on viole à ce point nos lois sans que quiconque ne feigne même s’en émouvoir ?
Entrer illégalement en France ne doit pas avoir d’autre issue que l’expulsion et l’interdiction de séjour, quelles qu’aient pu être les raisons de la venue du clandestin en France
Alors que nous vivons au quotidien la stratégie des « mille entailles » prônée par l’internationale djihadiste, consistant à multiplier les attentats individuels au couteau destinés à saper le moral des populations et à nous laisser en permanence sur le qui-vive, dans l’incapacité la plus absolue à déterminer où frappera le prochain fou d’Allah, le pouvoir politique semble ne pas vouloir prendre les décisions stratégiques qui s’imposent à lui. Quelles sont-elles ? D’abord, une révision complète des politiques d’immigration. Pas de demi-mesure en la matière. Il faut être radicaux : le danger est trop grand. Un clandestin a vocation à être expulsé immédiatement, éventuellement au terme de l’exécution d’une peine de prison s’il a commis un crime ou un délit qui l’y a conduit. [...]

La Dépêche du Midi nous a informés qu’« un troupeau d’une centaine de chèvres devenues sauvages inquiète » les habitants de Montredon Labessonnié, dans le Tarn. France bleu a précisé que ce même « troupeau de chèvres sauvages sème la zizanie dans un village du Tarn ». Ouest France a confirmé qu’« une centaine de chèvres abandonnées dans la nature sème le trouble dans un village » et Le Courrier picard a enfoncé le clou: « Des chèvres devenues le cauchemar d’une ville du Tarn ». De l’inquiétude au cauchemar, on voit que l’affaire empire.
Pour ceux qui ne connaissent pas Montredon-Labessonnié, sachez que cette commune est située dans le canton du Haut-Dadou et qu’elle jouxte Saint-Pierre-de-Trivisy et Saint-Antonin-de-Lacalm (au nord). Elle a connu quatre maires en cent ans. C’est assez dire que les Montredonnais sont des gens calmes et réfléchis, qui contemplent avec philosophie le spectacle de la vie, qui comprend souvent des chèvres, depuis quelques milliers d’années.
Les Montredonnais sont des gens calmes et réfléchis, qui contemplent avec philosophie le spectacle de la vie
Mais ce sont des chèvres domestiques, qu’on peut traire puis transformer en outres, (ou en djembé, très au sud du Tarn) quand elles sont trop vieilles. Des chèvres qui n’envahissent pas leurs jardins, ne broutent pas leurs rosiers, ne nagent pas dans leurs piscines, ne baguenaudent pas sur la route avec cette lueur un peu folle dans le regard qu’ont les chèvres (c’est à cause de leur pupille horizontale), surtout quand elles vous regardent et que vous attendez, dans votre voiture, qu’elles aient dégagé la route.
Il a donc été décidé qu’un officier de louveterie allait les capturer, les abattre et les évacuer. C’est ainsi : cent chèvres sont désormais menacées de mort parce qu’elles broutent une poignée de rosiers, deux-trois cultures, de la lambrusque et s’égaillent dans les sous-bois. Elles se sont échappées, elles se sont multipliées (c’est donc qu’il doit y avoir un bélier, ces bêtes ne maîtrisent pas toutes nos techniques gestatrices), elles font les folles dans la campagne languedocienne, dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc, on va les tuer, en bloc[...]
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Gloubi-boulga convoquant à peu près toutes les croyances, du karma indien aux fêtes chrétiennes en passant par des rituels celtiques au dieu Mabon, proche de certains sabbats de sorcières, le corpus anthroposophique se fonde sur un enseignement ésotérique reçu par Steiner « de dimensions auxquelles lui seul avait accès », qui n’est révélé qu’aux plus audacieux d’entre les adeptes; les autres se contentant du fatras new age, du régime alimentaire à base de gruau, des poupées de chiffons – à plusieurs centaines d’euros – représentant les lutins « anges gardiens » des enfants, ou de tutos pour composer des tables de fêtes en fonction des saisons.
Lire aussi : L’étrange médecine du Goetheanum
De fait, les anthroposophes initiés se présentent comme les récipiendaires de la science de l’occultiste allemand, mais croient en l’existence de « grands initiés » guidant le développement de l’humanité (Bouddha, Manès, Christian Rose-Croix, Scytianos, Rudolf Steiner, etc.), en la réalité de sept corps constituants de l’homme (« physique », « éthérique », « astral », « Moi », « Soi-Spirituel », « Esprit de vie », « Homme-Esprit »);que chakras et auras rythment notre réalité; que les souffrances de nos vies présentes sont la conséquence de nos actions passées dans d’autres vies; ou bien encore que la super-entité appelée Michaël choisit parmi les anthroposophes les garants de l’humanité de demain. La liste est non-exhaustive. Un peu plus et les enfants indigos étaient de la partie [...]
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Bien aidée par les prises de parole gouvernementales, la polémique sur la tribune des généraux continue d’enfler, et le sondage d’opinion qui vient de paraître risque bien d’alimenter encore le tapage. Réalisé par Harris Interactive pour LCI auprès de 1 613 personnes, il révèle que 58% des Français « soutiennent les propos des militaires ». La médiatisation de cette tribune l’a fait largement connaître au sein de la population : 64% des Français interrogés en ont entendu parler et 38% voient précisément de quoi il s'agit. Plus intéressant encore, au-delà même du soutien à la geste des généraux, le constat qu’ils dressent est massivement partagé par la population française : 84% pensent que « la violence s’accroît de jour en jour », 86% considèrent que « dans certains quartiers, les lois de la République ne s’appliquent pas » et 73% estiment que le pays se délite. Enfin – et c’est sans aucun doute la donnée la plus édifiante – près d’un sondé sur deux (49%) se dit favorable à l’intervention de l’armée « sans qu’on ne lui en donne l’ordre ».
Lire aussi : Tribune des généraux : le gouvernement et la gauche rejouent l’antifascisme
Comme le laissait entendre le hashtag #soutienauxgénéraux qui a fleuri sur Twitter, les Français partagent donc massivement le constat de pourrissement du pays sur le plan sécuritaire et réclament un tour de vis. De fait, la question sécuritaire avec tout ce qu’elle implique (ordre, immigration, assimilation) a de grandes chances d’être la première dans la hiérarchie des problématiques pour la prochaine présidentielle, alors que les réactions du gouvernement prouvent son complet décalage avec la réalité du terrain et avec l’état de l’opinion. Ces chiffres ne sont pas sans rappeler un récent sondage sur l’électorat du Rassemblement national, montrant que ses opinions étaient partagées par près des 2/3 à 3/4 de la population française. Alors même qu’ils sont un sur deux à souhaiter une intervention militaire sans ordre – donc à être bien plus radical que ne l’est Marine Le Pen, seuls 35% des sondés considèrent pourtant qu’elle a eu raison d’inviter les militaires à la rejoindre, soit l’équivalent de son électorat du second tour. Indéniablement, elle continue de polariser l’opinion, volontiers contradictoire quand il s’agit de Marine Le Pen et rechignant encore à se ranger sous sa bannière. Elle n’en reste pas moins la grande gagnante de cette séquence politique, et la vulgate antifasciste mobilisée, presque burlesque, risque d’en pousser beaucoup à franchir le cap. [...]
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