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Commerçants : Les sacrifiés

« On ne va plus tenir ! Je suis au bord du gouffre financier. C’est très difficile et je ressens de l’injustice de ne pas pouvoir ouvrir. J’avais tout mis en place pour que les conditions sanitaires soient respectées », confie Laura, coiffeuse indépendante d’une petite quarantaine, installée en centre-ville de Toulouse. Qu’est-ce qu’une activité essentielle ? Se faire coiffer serait-il moins « essentiel » que se rendre dans une administration ? Cette difficulté à discriminer est au cœur du sentiment d’injustice éprouvé par de nombreux indépendants, commerçants et artisans.

Une grande cruauté qui fait des principaux animateurs de la vie de nos villes et villages des sous-citoyens, des professionnels de seconde zone dont il serait finalement facile de se passer à l’heure des Amazon, Uber et Zalasta. Pourquoi se rendre dans une boutique de vêtements quand on peut commander en ligne ? Peut-être parce que l’homme est un animal social.

N’oublions pas non plus les artistes, les professionnels du spectacle et le monde de la nuit, totalement oubliés et non pas simplement menacés par la ruine, puisque cette année blanche plantera le dernier clou dans le cercueil des boîtes de nuit, déjà menacées avant crise par les nouvelles manières de faire la fête – bar à tapas et salles de concert. Portier de profession, Anthony s’est fait une raison : « Les boîtes, c’est mort. Il faudra trouver autre chose. Je suis en phase de reconversion, c’est dommage car la porte en discothèque rapporte plus que les horaires classiques de vigile » [...]

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Facebook : La censure invisible

Facebook et sa censure sont un vaste et tentaculaire sujet : le réseau social est un outil de propagande aussi puissant que dangereux. On a pu le constater lorsque des comptes de militants nationalistes ont été supprimés. On s’est alarmé lorsque les « médias de vérification » ont été annoncés : des médias chargés de prévenir si une information postée sur le réseau n’est pas une « fake news ». Tous de gauche, bien entendu, dont les exemples de désinformation sont trop nombreux pour être cités.

Ensuite, il y a la modération de Facebook. Si la loi Avia n’a pas été votée en France, en pratique, elle est déjà appliquée sur Facebook : les centres de modération, notamment pour les pays francophones, sont situés au Maroc. D’où une certaine tendresse à l’égard des signalements visant les commentaires islamistes ou les appels au meurtre des blancs. Plus inquiétant, Facebook s’est doté en mai d’une « cour suprême » qui peut décider à la place de Mark Zuckerberg des contenus publiés sur le réseau. [...]

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Renaud Camus : « J’étais sur Amazon à titre de refugié »

Comment avez-vous découvert que vos livres ont été retirés d’Amazon ?

Oui, j’ai vu ça aujourd’hui : quelqu’un m’a signalé qu’on ne pouvait plus accéder à mes livres en recherchant mon nom, mais ça ne m’a absolument pas été signifié officiellement. J’ai appris le terme technique : il semblerait que l’on appelle cela le shadow banning, qui signifie qu’on est exclu hypocritement et pas visiblement. Il semblerait qu’il y ait toujours une page consacrée aux livres, mais personne ne peut plus l’atteindre.

Avez-vous une voie de recours possible auprès d’Amazon contre ce shadow banning ?

J’imagine que oui, on peut toujours. Mais ça n’est pas la première fois, il y avait déjà eu une alerte il y a trois semaines puisqu’Amazon avait supprimé Le Grand Remplacement. Et en effet, nous avons fait des recours qui sont extrêmement pénibles parce que la plupart du temps on a l’impression de discuter avec des robots. Au bout d’un certain temps néanmoins, Amazon avait convenu qu’il n’y avait absolument aucune raison d'interdire ce livre, qui ne présente pas la moindre incitation à la haine ou à la violence. Amazon l’avait rétabli il y a de cela une dizaine de jours. Mais c’est absolument constant, ça n’arrête pas. Et si c’était seulement Amazon… Ce matin, il y avait déjà YouTube qui a supprimé non pas l’ensemble de ma chaîne (je trouve d'ailleurs toujours très comique que l'on appelle ça une chaîne), mais une vidéo.

C’est ce que j’appelle le négationnisme de masse : le phénomène à mes yeux principal des sociétés contemporaines ne doit en aucune façon être mentionné

Ces livres vendus par Amazon représentaient-ils une part importante de vos revenus ?

Proportionnellement oui étant donné ce que sont mes revenus, mais ça porte sur des sommes absolument minuscules. Pour moi, c’est important puisque je n’ai pas grand-chose d’autre et que je vis d’une petite retraite.

Avez-vous des solutions de repli pour contourner ce monopole croissant d’Amazon ?

Je ne passe plus du tout par les libraires, et j’étais déjà sur Amazon à titre de refugié. J’ai été chassé des maisons d’édition. De P.O.L. d’abord et de Fayard ensuite. Se réfugier sur Amazon était évidemment on ne peut plus paradoxal, puisque Amazon aussi bien que Facebook ou que Twitter sont des adversaires par excellence et sont tout à fait ce contre quoi je lutte. C’est ce que j’appelle chevaucher le dragon, c’est-à-dire utiliser les forces de l’adversaire comme au judo. Théoriquement, d’un point de vue purement conceptuel, je ne demande pas mieux que d’être chassé d’Amazon, dans la mesure où c’est logique et cohérent. Mais d’une manière pratique, ça me met dans une situation financière et idéologique insurmontable, parce que je n’ai aucun autre moyen de diffusion de mes petites réflexions.

Qu’est-ce que votre bannissement -peut-être- définitif d’Amazon dit de la liberté de pensée, et d’accès à la parole public au sein du village global ?

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Vincent Léglantier : « Les gens n’ont jamais autant bu que pendant le confinement »

Quelles sont les conséquences de la crise sanitaire et du confinement sur votre activité ?

À titre personnel, je n’ai pas trop souffert parce qu’une grosse partie de ma clientèle est formée par des particuliers, mais j’ai quand même dû faire un crédit. J’ai plusieurs collègues qui ont 75-80 % de leur clientèle qui sont des cafés, hôtels et restaurants (CHR), et qui eux ont beaucoup plus souffert du fait de la fermeture des restaurants depuis plusieurs mois. Ces collègues-là ont vu leur chiffre d’affaires chuter énormément. Je vous rappelle quand même que la filière vin en France, ce sont 500 000 emplois directs, et je ne compte pas les verriers, les imprimeurs, les fabricants de pressoirs et toute l’économie qui en dépend directement, sinon on se rapprocherait du million.

Nous avons beaucoup souffert quand on a vu que le gouvernement a débloqué 15 milliards d’euros pour l’industrie aéronautique alors qu’elle ne représente que 300 000 emplois. Nous, nous avons eu 250 millions d’euros pour 500 000 emplois, sans compter ce que représente l’image du vin en France, qui est quand même le meilleur ambassadeur de notre pays à l’étranger. Il y a donc l’aspect culturel en plus de l’économique. Et il y a aussi le rôle multitâche des vignerons : nous nous occupons aussi du tourisme, de l’aménagement du territoire et du développement durable. [...]

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L’Inconomiste : La France électroniquée

Serge Calmard dirige Sudelec, PME située à Usson-en-Forez (Loire) : « Mon métier consiste à souder des composants sur des circuits imprimés que l’on appelle cartes électroniques. Cette soudure est effectuée par des machines, toute la production est automatisée. Mais pour créer des cartes, il faut des composants. Un seul composant manque et nous voilà bloqués, même si ce composant coûte un millième d’euro ».

La pénurie de composants a mis en exergue l’interdépendance des économies, ou plutôt la dépendance des économies occidentales vis-à-vis de la Chine. Notre perte de souveraineté technologique fut lente – quarante ans – mais sans pitié. Berceau des industries électroniques, l’Europe et les États-Unis totalisaient en 1975 70 % de la production. En 2020, elles ne fabriquent plus que 30 % des systèmes électroniques. Aujourd’hui, le continent asiatique contrôle 65 % de la production mondiale, et à elle seule, la Chine rassemble 40 % des activités.

Ironie de l’histoire, cette délocalisation a débuté dans les années 70 pour contrer la concurrence japonaise : le faible coût de la main-d’œuvre dans les pays en voie de développement apparaît alors comme la solution. Dans les années 80, la délocalisation des sites de production s’accélère avec le développement des ordinateurs personnels, puis à partir de 2007 avec les smartphones. Progressivement l’Occident se cantonne dans la conception des produits : l’Occident fait rêver, l’Asie fournit les bras. Dans l’industrie électronique, le concept de « l’entreprise sans usine » s’impose. Entre 2000 et 2010 aux États-Unis, 400 000 emplois d’ouvriers sont perdus.

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Saint-Malo, ville dans le vent
Dans les années 1980, passer ses vacances à Saint-Malo passait pour ringard aux yeux des Parisiens et y vivre encore plus. Heureusement, et on peut en féliciter son ancien maire centriste René Couanau, la Cité corsaire a bénéficié de certaines retombées de feu l’aménagement du territoire : un TGV qui la relie en 2 h 15 (au mieux) à la capitale via Rennes (c’est désormais plus rapide que d’aller à Deauville en train depuis Paris) ; une école de police qui contribue à en faire une ville sûre. Saint- Malo a aussi su séduire de nouveaux habitants par sa qualité de vie : restaurants de la famille Roellinger (Le Coquillage) et de Bertrand Larcher (Breizh Café), nautisme (Route du Rhum), événements culturels (festivals Étonnants voyageurs et Quai des Bulles)...
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Doit-on achever Charlie Hebdo ?

Le dessin est intrinsèquement opposé à la peinture pour plusieurs raisons : parce qu’il relève de la ligne claire, parce qu’il ne dépend pas de constructions préliminaires et qu’il n’est pas soumis aux règles de la perspective. Un dessin est le produit direct d’un corps, et sa conception relève de l’intuition, là où la peinture s’élabore par couches, par zones de construction et par lignes de fuite. C’est pourquoi le dessin est profane par essence, là où la peinture est sacrée. Le dessin relève de l’animisme là où la peinture relève du théisme. Le dessin s’inscrit dans l’histoire de l’art, et ce dès ses balbutiements, comme une sorte d’inconscient, de pratique résiduelle et pulsionnelle.

Ainsi, on peut trouver une origine probable de la caricature dans les marginalia, ou « drôleries », qui apparaissent dans les marges des manuscrits à la fin du XVe siècle et mélangent des éléments gothiques et modernes, tout en intégrant des scènes de la vie quotidienne, champêtre, festive, voire érotique. Le marginalia s’est imposé comme un contrepoint nécessaire, empruntant autant à la fatrasie qu’à la tradition ésopique. La caricature devient populaire dès la fin du Moyen Âge – notamment sous forme de gravures sur bois – mais prend son essor à partir de l’imprimerie : facile à copier, facile à diffuser, elle est liée à l’ère de la reproduction. Elle se développe considérablement sous la Réforme, où la contestation des autorités religieuses devient peu à peu institutionnelle. [...]

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L’affaire de la Bac Nord, ou l’histoire de la sardine qui boucha le Vieux port

C'était il y a plus de 8 ans, en octobre 2012. L'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN) procédait à l'interpellation et au placement en garde à vue de treize policiers affectés à la Brigade Anti-Criminalité (BAC) des Quartiers Nord de Marseille, la « BAC Nord ». Des perquisitions étaient menées à leurs domiciles et au sein de leur service afin de retrouver les preuves de leurs forfaits. À l'issue de leur placement en garde à vue, sept d’entre eux étaient incarcérés et cinq étaient mis en examen pour « vols et extorsions en bande organisée, acquisition et transport de produits stupéfiants ».

Marseille, ses quartiers Nord, des cow-boys de la BAC mis en cause sur fond de trafic de stupéfiants et d'argent sale : « l'affaire » avait tout pour plaire à une presse avide de sensations fortes et, ce faisant, pour projeter la lumière sur les preux « chevaliers blancs » qui la sortiraient. C'est du moins ce que pensa, semble-t-il, l’ambitieux préfet délégué à la sécurité des Bouches du Rhône de l’époque qui, prenant pour argent comptant les « déclarations » de policiers précédemment évincés de la Bac Nord, saisit le médiatique Procureur de la République, Jacques Dallest, de ces « révélations » chocs. [...]

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