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Encyclique Fratelli tutti : la question de la guerre 1/2

Déroutante, l'encyclique l’est d’abord par son approche même d’une fraternité universelle où la dimension religieuse est mise au second plan par le Pape lui-même au profit d’un humanisme plus terrestre auquel l’Église catholique ne nous avait pas accoutumés. Elle ne l’est pas moins par la caution recherchée de l’imam Ahmad-Al-Tayyeb que le Pape François a rencontré à Abou Dhabi en février 2019 pour signer avec lui un Document sur la fraternité pour la paix mondiale et la coexistence commune ; même s’il est vrai que le Pape veut s’inscrire dans l’esprit de Saint François d’Assise allant rencontrer le sultan d’Égypte.

Elle l’est encore par le thème du « rêve » qui revient à de multiples endroits, comme si là était la source d’inspiration, plutôt que dans une réflexion construite, argumentée et documentée sur la société humaine de notre temps considérée à l’échelle du monde. Il est vrai que cette façon d’aborder les sujets est familière au Pape François, et qu’elle correspond peut-être davantage à notre façon moderne de poser les problèmes. Un lecteur habitué aux documents pontificaux relatifs à la doctrine sociale de l’Église pourrait trouver encore d’autres sujets de perplexité.

Ceux qui savent qu’on nous ment
Schopenhauer, dans son petit manuel De l’art d’avoir toujours raison, liste les stratégies à adopter pour réduire son adversaire à néant lors d’une discussion sans avoir néanmoins à se farcir les exigences de la recherche de la vérité. C’est efficace et drôle mais, mieux que cela, son opuscule montre comment le langage contient en lui sa propre destruction et comment sa destruction figure un des aliments essentiels de la conviction infondée en raison, soit ce que l’on appelle en philosophie l’opinion – son contraire. On retrouve peu ou prou et à divers niveaux la quasi-totalité des techniques exposées par Schopenhauer dans le discours complotiste qui, comme tout discours autonome,autoréférentiel, a, de son propre point de vue, toujours raison. C’est l’avantage d’être seul à parler. On n’avancera pas beaucoup sur le chemin de la vérité,mais on ne risque pas de se contredire, ou du moins personne ne nous le fera remarquer. [...]
Cambacérès vs Moretti, ou l’impossible loi de la filiation sans père

Ce jour d’automne, sur la place, pas de poitrines tricolores mais des retraités fragiles et des jeunes. Sur l’estrade, le tempo des interventions est vif, sans discours inutile ni attendrissements, les drapeaux verts et rouges caressent le vent. Des rappels de propos, décomplexés, de ministres sur la procréation, l’avortement, des extraits de films célèbres mettant en scène « la figure du père » passent sur un écran géant. De la musique mais pas d’excitation. Ils ne lâchent rien, nous non plus, pensa Moretti.

Le ministre Claude Allègre ne fut-il pas obligé de démissionner, en 2000, face à une foule si nombreuse d’enseignants, vent debout contre sa réforme, qu’on ne pouvait sortir des métros ? Plus récemment, en 2012, Dominique Bertinotti, n’avait-elle pas dû retirer sa « loi famille » ?

La surprise vint de La Rochère, débarquée de Compiègne. A peine arrivée, elle harangua la foule. C’était comme si elle avait mangé de l’aigle. Dans un discours offensif, collant au « droit juste », elle égrena la liste des transgressions de la loi bioéthique, depuis la PMA sans père jusqu’à la disponibilité de l’embryon, l’avortement assassin et les chimères. Dénonçant le business procréatif dont le Salon de l’enfant avait donné une preuve cynique, elle lança au Président Macron : «  Monsieur le Président, quelles sont vos priorités ? Au service de qui êtes-vous ? Des Français ou des idéologues déconnectés du réel ? Vous avez souhaité cette loi… Vous avez permis qu’en France, on arrive à imaginer l’effacement des pères » ! Et, se tournant vers l’hôte de l’Hôtel de Bourvallais, « Ministère de l’Injustice »—lequel faisait la sourde oreille—, elle dénonça une loi « ignoble », n’hésitant pas à qualifier le texte de loi de « texte de la honte ». Elle fustigea l’esclavage des corps, la condition faite aux femmes dont se gardaient de parler les féministes patentées. Elle pointa (pas gentil, mais vrai) l’âge crépusculaire des défenseurs de la loi alors que ses lieutenantes, casquées de rouge, juvéniles et fringantes, Mariannes et fières de l’être, représentaient les forces vives de notre pays. Elle revint sur la fracture sociale que ce projet de loi exacerbait. Sur le coût d’une loi inique que le pays aurait à supporter, en période de crise économique et sanitaire sans précédent. Dénonça le double langage — ou marivaudage—du premier ministre, monsieur Castex, en plein accord avec une loi privant l’enfant de père, lui père et grand-père comblés ! Un avocat talentueux rappela au micro que, dans l’Antiquité romaine, le pater familias avait droit de vie et de mort sur ses enfants. C’était donc cela que le gouvernement voulait ! On fit une minute de silence, particulière émouvante —à l’heure, impensable, de l’allongement des délais d'avortement —pour les enfants à naître, orphelins de naissance.

Il est vrai que rien n’est perdu. En politique, rien n’est jamais perdu. Mitterand n’avait-il pas reculé, sans coup férir, quand la France entière fut dans la rue pour défendre l’Ecole libre, demandant le retrait, en 1984, de la loi Savary ? Le ministre Claude Allègre ne fut-il pas obligé de démissionner, en 2000, face à une foule si nombreuse d’enseignants, vent debout contre sa réforme, qu’on ne pouvait sortir des métros ? Plus récemment, en 2012, Dominique Bertinotti, n’avait-elle pas dû retirer sa « loi famille » ? La Grande Taubira elle-même, avait-elle pu la faire passer, en 2013, comme elle l’espérait, la loi de la PMA, en même temps que la loi du mariage pour tous ? Certes, pensait notre Ogre. Mais le Président actuel est têtu. Que lui chaut, comme le disait la Capitaine, la vie de famille, le respect de l’amour maternel, de l’amour paternel, les droits de l’enfant, la dépossession d’une partie de notre humanité ? La Rochère encourageait ses troupes : rien n’était arrêté ! Le processus législatif était encore long. Elle interpellait les hommes politiques. A eux de sortir de leurs fourrés, de prendre leurs responsabilités, d’agir, une bonne fois ! De résister, enfin ! [...]

Un étonnant « débat » autour des racines chrétiennes de la Corse
Santa Maria, San Roccu, A Santa di U Niolu, A Madonna di Pancheraccia, A Madunuccia d’Ajaccio, San Ghjisè à Bastia, San Francescu, Santa Chjara, San Antone, Santa Maria di Lota, San Martinu, Santa Divota : en Corse, les noms des lieux communs, des communes et des pèlerinages liés à la chrétienté et à la religion catholique ne manquent pas. Ils marquent la présence d’au moins 1500 ans de christianisme, et les églises, les clochers, les cimetières, les croix implantées sur le bord des routes et des chemins ont façonné les paysages et les hommes au cours des siècles. Nier l’évidence que cette terre de Corse soit chrétienne relèverait a minima d’une cécité extraordinaire ! [...]
El Pueblo : changer de régime

Vous avez réagi avec humour à la polémique née de cette jeune femme voilée qui a donné des conseils de cuisine économique sur BFM, en relayant votre vidéo d’avril 2019 intitulée « Comment faire un repas ECO+ pour les chômeurs/rsaistes/étudiants à 0,70 centime d’euros ». On vous voit faire frire dans une friteuse de professionnel des lardons. C’est bon ?

J’ai déjà tourné à plusieurs reprises des vidéos « culinaires » destinées aux étudiants, chômeurs et autres oubliés. Le but de cette série de vidéos est de prouver que l’on peut bien manger sans forcément dépenser beaucoup d’argent. L’initiative de cette jeune femme est louable car on sent qu’en tant qu’ancienne étudiante boursière, elle a connu les galères financières et les fins de mois difficiles. Plusieurs centaines de milliers d’étudiants en France sont dans le même cas et ils n’ont pas forcément des parents avec eux pour les aider. Je sais par quoi ils passent et ce n’est pas évident. [...]

Ils ont marché ensemble

Ils étaient toujours là, droits comme des phares dans cette nuit froide du 9 octobre. Ces « Sentinelles » comme ils se nomment veillaient place Vendôme, ainsi qu’ils le font depuis 2013 et la loi du mariage dit pour tous, pour « témoigner de leur opposition au projet de loi bioéthique qui bafoue la dignité de l’homme », à la veille de la nouvelle grande mobilisation du collectif Marchons Enfants.

Mobilisé depuis de longs mois contre un projet « ni bio, ni éthique », ce collectif qui rassemble 22 associations comme La Manif Pour Tous ou Alliance Vita, appelait les français à descendre une nouvelle fois dans la rue pour « provoquer une prise de conscience chez les sénateurs, les députés et l’ensemble de leurs concitoyens, sur le contenu d’un texte encore méconnu par beaucoup de personnes ». Il est vrai que si l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples lesbiens et aux femmes seules, instaurant de fait un droit à l’enfant sans père, apparaît comme la proue du projet de loi de révision bioéthique voté en deuxième lecture  en août dernier, les autres mesures révèlent un changement de civilisation profond.…

Que révèle l’ignominie de la loi de « bioéthique » ?

Le point commun à toutes ces attitudes est que l’embryon humain n’a aucune consistance ontologique propre. Tel est le legs de la loi Veil (Chirac/Giscard ; pas de raison que ces deux-là n’aient pas à assumer la responsabilité de cette iniquité), que certains s’évertuent à défendre tout en refusant ses conséquences logiques, celles que l’on a sous les yeux avec cet énième projet de loi dit de « bioéthique ».

 « Un enfant si je veux, quand je veux. » Le projet de loi actuel consacre la toute-puissance de la mère (version Médée). A partir du moment où l’être humain n’est plus protégé dès sa conception, il n’y a aucune raison valable pour déterminer le moment au-delà duquel il est interdit d’en faire ce qu’un tiers veut en faire. 10 semaines ? 12 semaines ? Demain 14 semaines ou même 16 ? Rappelons que la loi Veil (Chirac/Giscard) permet l’élimination du fœtus handicapé jusqu’à la veille de la naissance.…

Extension du délai de recours à l’IVG : la droite et le centre attendus au tournant
232 000 avortements pour 753 000 naissances, soit une IVG pour trois naissances. Jamais les Françaises n’ont autant eu recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) qu’en 2019, un chiffre en hausse constante depuis la loi de 1974. Simone Veil disait alors que l’avortement devait rester une exception. Pourtant, une proposition de loi portée par le groupe EDS (Écologie, démocratie et solidarité) entend élargir et faciliter davantage encore l’accès à l’IVG. Les députés de la commission des Affaires sociales ont ainsi adopté mercredi le texte présenté par la députée EDS et ex-LREM Albane Gaillot, qui prévoit notamment l’allongement du délai de recours à l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse. La proposition de loi, qui ambitionne de mettre fin aux derniers « obstacles à la pleine effectivité de ce droit fondamental », prévoit également la suppression de la clause de conscience, qui permet aux médecins de ne pas pratiquer l’avortement si cela va à l’encontre de leurs convictions personnelles. [...]

L’Incorrect

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