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Gilets : la précarisation au féminin
Qu’y a-t-il de commun entre la PMA sans père et les Gilets jaunes ? Rien, à première vue. Sur les ronds-points, l’élargissement envisagé de la PMA aux couples de même sexe ainsi qu’aux personnes seules ne fait guère partie des sujets de contestation. Mais il faut y regarder de plus près. Étrangement, l’enquête réalisée par La Manif Pour Tous en décembre, dont les résultats ont été publiés par La Croix début janvier, montre que la famille reste une préoccupation centrale chez les Gilets jaunes : « Dans les réponses qu’ils nous donnent, presque la moitié des gilets jaunes évoquent spontanément leurs familles, affirme Ludovine de La Rochère. Soit parce qu’ils sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants, soit parce qu’ils le sont pour leurs parents âgés, soit parce qu’ils évoquent le sort de leurs frères et sœurs ». Une opération que La Manif pour tous a organisée dans la discrétion, en évitant toute récupération des Gilets jaunes : «On ne cherche aucune alliance ni aucune récupération. Si nous devons appeler à une mobilisation demain ou après-demain, on fera appel à tous les Français». De fait, la place tenue par les femmes au sein des Gilets jaunes corrobore les constats faits par LMPT. Car la multiplication des familles monoparentales a précarisé les foyers, entraînant une paupérisation dont le schéma type est la mère célibataire élevant seule ses enfants tout en travaillant, sans parvenir, ni à concilier les deux, ni à arrondir ses fins de mois. Aujourd’hui une mère célibataire gagnant 1 650 € par mois (salaire médian pour les femmes en 2018) et ayant à charge deux enfants risque fort de rencontrer des soucis financiers récurrents. Elle est, en tout cas, assurée de ne pas pouvoir vivre dans les centres-villes des grandes métropoles à moins de bénéficier d’un logement social, pour lequel elle ne sera pas prioritaire si elle n’excipe d’aucun appui politique ou associatif ou n’appartient à aucune minorité visible. (...) A lire en ligne pour les abonnés ou à découvrir dans le dernier numéro de L'Incorrect
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Robert Sirico « Le libéralisme est le seul moyen de sortir les gens de la pauvreté »
Prêtre américain et libéral revendiqué, Robert Sirico estime que le libéralisme est non seulement conforme à la liberté chrétienne voulue par Dieu mais aussi le seul moyen d’obtenir une société d’abondance. Président de l’Institut Acton, il a récemment publié Catholique et libéral (Salvator). Vous êtes un grand admirateur de la culture française. Pourquoi, selon vous, la France a-t-elle une relation aussi complexe avec le libéralisme ? En France, l’Église a longtemps été assujettie au pouvoir politique, notamment sous la monarchie. Le clergé a mis, un temps, ses espoirs dans les premiers changements induits par la Révolution française mais la Constitution civile du clergé a douché les esprits en 1790 et le contrôle étatique sur l’Église s’est finalement renforcé. La Révolution est donc responsable d’avoir poussé l’Église – et toute une partie de la société – vers une position réactionnaire dans laquelle elle s’est astreinte à contempler la liberté avec méfiance, notamment sur le plan économique. Une société qui encourage le libéralisme économique ne doit-elle pas inévitablement s’attendre à souffrir à long terme du libéralisme sociétal ? En d’autres termes, est-ce qu’une économie de marché ne mène-t-elle pas nécessairement à une société de marché ? Je ne pense pas qu’il y ait un mouvement inévitable du libéralisme économique au libéralisme sociétal, à partir du moment où l’économie est ancrée dans une véritable anthropologie. Ce qui est vrai, c’est que dans la société d’abondance produite par le marché, il y a une multiplicité de choix possibles, des tentations comme des opportunités. Mais ce n’est pas parce que l’on peut choisir librement une chose qu’il faille nécessairement le faire. L’exemple américain est intéressant : les États-Unis ont une économie relativement libre et le plus haut taux de pratique religieuse des pays occidentaux. Il n’y a donc pas de dérive inévitable du libéralisme économique vers le libéralisme sociétal ou l’athéisme. De plus, le libéralisme économique est le seul moyen de sortir les gens de la pauvreté. Depuis deux cents ans, nous avons été les témoins de la plus monumentale augmentation du niveau de vie, par la sécurisation du droit de propriété, l’application de la loi et la mondialisation du marché. (...) A lire en ligne pour nos abonnés ou à découvrir dans le dernier numéro de l'Incorrect.
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Profanations : Les ravages du laïcisme militant
Après la profanation de cinq églises en moins d'une semaine, Jean-Frédéric Poisson, président du parti chrétien démocrate, attire l'attention sur les ravages du laïcisme qui ignore ou tourne en dérision systématique la foi des croyants.  De manière régulière, c’est-à-dire en fait une fois par an, l’attention de l’opinion publique est attirée sur la recrudescence des violences commises contre les édifices religieux, mémoriels, ou culturels. La rareté de cette attention est complètement déconnectée de la densité quotidienne de ses actes. On en recense en effet, en moyenne, environ un par jour, ce qui devrait conduire à voir cet insupportable phénomène occuper davantage le fil de l’actualité. Mais cette indifférence - dont il faudrait pourtant interroger un jour les raisons… - si grave qu’elle soit, n’est pas l’aspect le plus inquiétant.
Ludovine de La Rochère : « S’il y a des parents 1 et 2, demain il y aura des parents 3 et 4 »
Le projet de loi sur « L’école de la confiance » est débattu depuis le 11 février à l’Assemblée nationale. L’amendement déposé par Madame Valéry Petit (député LREM du Nord) visant à remplacer sur les fiches scolaires les noms de « père » et « mère » par « parent 1 » et « parent 2 » a été adopté hier. Réaction de Ludovine de La Rochère, présidente de La Manif pour Tous.
Parent 1, père 0
Le combat moderne contre la figure paternelle franchit aujourd'hui un cap nouveau. Ainsi, les documents administratifs scolaires ne comporteront plus les cases « père » et « mère » mais les cases « parent 1 » et « parent 2 ». L'avantage ? L'on pourra, au fil des revendications de minorités actives, augmenter la dose et proposer des cases « parent 3 », « parent 4 » etc., selon les besoins de nos nouvelles familles émancipées du patriarcat oppresseur. Une aliénation nouvelle sous couvert de libération.
Son style à lui : Marquer son territoire
Le bon usage de l’eau de toilette est un art qui relève davantage de la retenue que de la démesure : comme une dose excessive de sel corromprait le plus subtil des mets, savoir se parfumer devra se compter en gouttes parcimonieuses plutôt qu’en flots débordants. Nous avons tous vécu cela : une sortie de bureau dans un métro bondé, collés à un voyageur qui nous aura gratifiés d’une eau de toilette tenace et dégradée par sa propre sueur, ou encore un collègue qui vous aura fait don de sa trace olfactive rien qu’en vous serrant la main, tel un virus informatique envahissant et ravageur, et qu’aucun savon ne saura effacer avant au moins deux heures. Si le parfum était jadis un élément de toilette destiné à flatter ou masquer les odeurs naturelles d’un coup de chapeau lors d’une révérence, cette conception utilitaire et romantique n’est plus qu’un souvenir : il s’agit désormais de marquer un territoire de manière animale en se servant d’une fragrance comme d’un élément de séduction. Ce langage olfactif, s’il est muet, en dit pourtant long : selon la cherté et l’image du produit, le porteur en affirme son niveau de vie, sa domination sur les concurrents éventuels et le leurre d’une fausse individualité, la quantité palliant souvent la qualité en un choix relevant davantage de l’idée qu’il se fait de lui-même plutôt de ce qui convient à sa peau. De plus, pour contrecarrer l’image de fugacité que renferme une fragrance équilibrée, il faudra désormais qu’elle dure au-delà de son spectre naturel, comme pour affirmer la persistance d’un pouvoir que l’on voudrait sans fin. Suivant servilement les publicités au schéma primaire d’une femme tombant dans les bras d’un homme parfumé, jeune, beau et riche, les neurones miroirs de notre prédateur moderne feront la substitution factice d’une personnalité privilégiant l’apparence au détriment de la richesse de l’intellect. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Le Coin du juriste : Complotistes et affabulateurs
Les élites qui conspuent le complotisme, souvent avéré, du peuple n’en sont-elles pas elles-mêmes la cause, voire le jumeau, quand elles se laissent aller à des délires interprétatifs ? Le traitement des Gilets jaunes est à ce titre exemplaire. Tout ce que Paris compte de commentateurs des évènements politiques ont raillé les théories du complot qui ont fleuri après la tuerie du marché de Noël de Strasbourg dans plusieurs groupes de Gilets jaunes. De fait, on hésitait entre la consternation et l’embarras, à voir des gens qui avaient eu le mérite de remettre le bon sens au centre du village, en témoignant de leurs dures réalités quotidiennes (« je travaille dur et je n’arrive pas à finir le mois »), se fourvoyer dans d’invraisemblables hypothèses (« L’attentat ? Un coup monté pour faire peur aux gens pour les dissuader de se rendre aux manifestations »). L’inclination au complotisme est le produit d’une alliance paradoxale, celle de la crédulité et de la défiance : c’est quand on se méfie de tout que l’on se met étrangement à croire à des fables, pour peu qu’on se les soit forgées à soi-même. Les schèmes conspirationnistes ne se développent donc que sur la toile de fond d’un spectacle de magie trop longtemps rejoué. Ces dernières semaines, le prestidigitateur vient d’ajouter un nouveau tour à son répertoire. Le ministre de l’Intérieur a fait une découverte, c’est que les attentats terroristes provoquent dans la population un réflexe de solidarité et de défense des institutions attaquées. Il n’en fallait pas plus pour que les attributs du terrorisme islamiste soient insidieusement plaqués sur la révolte des Gilets jaunes (le recyclage du qualificatif « radicalisé » par exemple) et que soit convoqué le champ lexical de la République en danger. Ça tombe bien, l’accusation de fascisme ne fait plus assez peur, même si certains n’hésiteront pas à mélanger allègrement les deux thématiques pour obtenir une tambouille plus répulsive. (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Le libéralisme rejette toute notion de vérité et de bien
Le libéralisme est devenu, depuis les années 1990, l’idéologie dominante de notre postmodernité déclinante. Pourtant, sa faiblesse congénitale repose sur un rétrécissement du bien commun au bénéfice d’une liberté individuelle illimitée, estime Christophe Geffroy, directeur de La Nef. L’hégémonie actuelle du libéralisme s’explique par la conjonction de trois phénomènes plus ou moins concomitants : la dérégulation des années 1980- 1990 qui a conduit à la financiarisation de l’économie et à la concentration des richesses ; la chute du communisme en Europe de l’Est et en Union soviétique et la mondialisation, favorisée par les deux points précédents. Ainsi, même un pays comme la France largement gangrené par le socialisme étatique ne peut échapper au libéralisme ambiant – ce qui se manifeste, par exemple, par le démantèlement progressif des services publics et de la protection sociale, comme par exemple la généralisation du travail dominical. De la vérité à la liberté Ce libéralisme excessif qui nous détruit est principalement économique. Faisons un peu d’histoire pour en comprendre l’origine. Le contexte de sa naissance est celui du passage d’une société holiste ou communautaire à une société individualiste, fruit d’un long mouvement d’émancipation de l’homme de toute tutelle supérieure s’imposant à lui – Dieu d’abord, la nature ensuite, la culture aujourd’hui – qui a sa source dans le nominalisme du XIVe siècle et l’humanisme du siècle suivant. Ainsi, l’anthropologie classique, héritée d’Aristote et saint Thomas d’Aquin, qui appréhende l’homme comme un « animal politique » fait pour la société et animé de liens d’amitié envers son semblable (la philia), laisse-t-elle la place à une tout autre vision, celle d’un être associable à l’état de nature, d’où l’idée du « contrat social » pour mettre fin à la guerre de tous contre tous (Hobbes). Cette évolution génère un basculement fondamental qui s’opère sur une longue période : dans l’ordre politique, la primauté passe de la vérité à la liberté. Le libéralisme apparaît ainsi historiquement comme une réponse au problème de la liberté : 1/ Comment protéger institutionnellement la liberté-autonomie contre un pouvoir réputé par nature despotique ? (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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