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Jeannette Bougrab : «Les intellectuels de gauche se sont toujours fourvoyés avec les pires criminels »
Dans sa Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent, Jeannette Bougrab, ancienne présidente de la Halde et ancien ministre de Nicolas Sarkozy, effectue un tour du monde effrayant des persécutions infligées aux femmes musulmanes qui ne veulent pas porter le voile. L’indifférence de la France la stupéfie. Vous avez passé trois ans en Finlande, pays de culture luthérienne où il serait en quelque sorte inconvenant de s’interroger sur la signification du port du voile islamique. En France, au moins, on peut en parler. Ce n’est pas parce que j’ai écrit un livre pour dénoncer ce que signifie le port du voile et comment il est imposé, sous peine d’incarcération, de tortures voire de mort dans certains pays, à travers des exemples concrets, qu’on peut en parler. Certes, en Finlande, les choses sont plus posées, mais, en France, il est impossible de débattre sereinement de ce sujet. Lorsque j’énonce de simples faits – par exemple que des femmes sont jetées dans des geôles et torturées parce qu’elles ont arraché leur voile en public – je suis violemment attaquée. Quand je dis que des femmes sont assassinées parce qu’elles ont simplement réclamé leur émancipation, les gens ne m’écoutent pas. Alors même que toute la France, le pays des droits de l’homme, le pays des Lumières, le pays de Voltaire, devrait être au côté de ces femmes-là, on ne l’est pas. Comment l’expliquez-vous ? À vrai dire, je ne m’explique pas cette faillite du modèle français. Je suis très surprise de voir que des jeunes femmes françaises sont « pro-voile », alors qu’en Iran, des femmes qui n’ont pas grandi dans un État de droit, qui n’ont pas grandi avec ces valeurs de liberté, qui n’ont pas baigné dedans depuis leur plus tendre enfance, se révoltent contre le sort qui leur est fait. C’est une sorte de servitude volontaire que je n’arrive pas à comprendre. Peut-être estiment-elles que le port du voile relève de la liberté des femmes : elles choisissent de le porter ou pas ? Que des femmes le mettent volontairement, je n’en doute pas. Ce que je dis, c’est que c’est un acte qui relève de pratiques contraires aux valeurs républicaines d’égalité et de liberté. Le voile est devenu une sorte de certificat d’islamité : porter le voile, ce serait être une bonne musulmane. Le voile serait un signe de foi, alors que c’est d’abord un acte politique. Or, tandis que les intellectuels français se taisent, les mots les plus forts dénonçant la condition de la femme sous la férule islamiste viennent d’Égyptiennes ou d’écrivains comme Kamel Daoud qui vivent en terre d’islam. Si j’ai écrit ce livre, c’est aussi pour me faire leur porte-voix, et pour relayer la parole de ceux qui se sont exilés aux États-Unis ou au Royaume-Uni, et qu’on ne trouve décidément pas en France. Vous rappelez la responsabilité écrasante de la France – et l’aveuglement de ses intellectuels – avec les 122 jours que l’ayatollah Khomeiny a pu passer en France pour y préparer la révolution islamique de 1979, revenant d’ailleurs à Téhéran dans un avion affrété par l’Élysée ! Mais ça continue ! Hier, c’était Khomeiny ; aujourd’hui, c’est Ben Salman. On déroule le tapis rouge au jeune prince saoudien, en le présentant comme un réformateur, alors qu’il n’est que l’incarnation du wahhabisme le plus rétrograde qui soit. Savez-vous que le jour où les femmes ont eu le droit de conduire en Arabie saoudite, il a fait arrêter de nombreux militants des droits des femmes, qui ont été torturés, et qui, pour certains, croupissent toujours en prison ? (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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Ghislain de Diesbach : L’imparfait du subjectif
Biographe à succès de Madame de Staël, de Chateaubriand et de Proust, Ghislain de Diesbach est aussi l’auteur de truculents mémoires. Un homme Grand Siècle, élégant et racé, qui déambule dans une époque grossière. « Je veux que mes enfants soient élevés dans la haine de la République », disait son père. Dès l’école, Ghislain de Diesbach cultive sa différence, proclame son royalisme et refuse de chanter la Marseillaise. À quoi l’abbé jacobin répond du collège en le croisant : « Tiens, v’là l’boche ». Ghislain de Diesbach a toujours eu le goût de l’insolite et du bizarre. Issu d’une antique famille suisse, il naît au Havre en 1930. La passion des montagnes, propre aux Suisses, ne l’a jamais touché. Toute sa vie, il demeure hanté par les ports et le grand large. En 1940, l’effondrement de la France révèle à l’enfant la comédie humaine avec ses lâchetés et parfois son héroïsme. La confusion est générale, et sur les routes des soldats français aux allures de clochards se mêlent aux civils. Ghislain de Diesbach consigne dans un journal ces événements où se mêlent tragédie et grotesque. Il débute sans le savoir le métier de mémorialiste. Sa vie accélère brusquement en 1958. Comme tout homme de lettres qui se respecte, il cultivait jusque-là son oisiveté avec opiniâtreté. Son père, excédé de sa paresse, finit par lui couper les vivres. Ghislain se jette sur la première situation venue, stagiaire chez L’Urbaine et la Seine, une compagnie d’assurances. C’est le temps des petites chambres d’hôtel sinistres et des maigres repas. Dans le troisième volume de ses mémoires, Un début à Paris, il décrit cette France des années cinquante où se mêlent paternalisme et alcoolisme. Chez L’Urbaine et la Seine, tout est prétexte à organiser des « pots ». On boit et on mange à toute heure pour oublier son salaire de misère, tandis que le garde-chiourme que l’on appelle le « Léopard », arpente les étages pour débusquer les tire-au-flanc. Le week-end, Diesbach écrit. Il publie en 1960 un premier recueil de nouvelles, Iphigénie en Thuringe. Récit d’un autre temps, ciselé à l’imparfait du subjonctif dans un style suranné parfaitement assumé. Sacré « jeune maître de l’insolite », les portes du monde littéraire s’ouvrent à lui. Propositions d’éditeurs et soirées mondaines se succèdent. Dès lors, sa vie s’écoule dans une cadence immuable : il travaille la journée aux assurances, rentre chez lui répondre à son courrier, et se précipite à un dîner en ville. Car Ghislain de Diesbach est un mondain professionnel. Pendant 40 ans, il rencontre des milliers de personnes. Une multitude délibérée, destinée à approfondir sa connaissance des hommes. Et entretenir son sens de l’observation : « J’ai l’œil et j’ai l’oreille. Cela me fut très utile pour concevoir mes biographies ». (...) À découvrir dans le dernier numéro de L’Incorrect et en ligne pour les abonnés.
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« De plus en plus de jeunes musulmans en France baignent dans la culture rap »
Le rappeur Médine était au Zénith il y a deux jours. À cette occasion, vous avez publié la vidéo d’entretien-débat que vous aviez réalisée avec lui au mois de novembre dernier, alors qu’il envisageait de jouer au Bataclan, nonobstant ses appels passés à une sorte de djihad. Croyez-vous qu’il ait changé ?
Alexandre del Valle : « Nos démocraties sont structurellement incapables de mettre hors d’état de nuire des psychopathes »
Le rapatriement des 150 djihadistes de nationalité française depuis le proche Orient fait débat. Dans l'intérêt de la France, vaut-il mieux les laisser sur place ou les avoir sous contrôle en France ? Éclairage par Alexandre del Valle. Si on ne rapatrie pas ces djihadistes, comment seront-ils gérés sur place ? Si on les laisse sur place, il y a plusieurs possibilités. Ils peuvent rejoindre d'autres lieux de djihad, être exécutés, la plus grande probabilité est qu'ils soient à un moment ou à un autre relâchés. Parce que ce soient les Kurdes ou les Syriens, il y a une volonté de punir l'Occident d'avoir été soit contre le régime syrien, soit d'avoir lâché les Kurdes. Donc il y a de grandes chances -d'aucuns diraient malchance- que la plupart ne soit pas tuée, et se retrouve dans la nature et fasse des petits. D'un autre côté, sur la masse de djihadistes qu'il y a dans ces pays, ça ne change pas grand'chose au niveau local et international. Mais ils peuvent aussi rejoindre des lieux qui préparent des attentats en Europe.
La Ligue du LOL : lécher, oublier, lyncher
La « Ligue du LOL » ? Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Comme l’ultra majorité des Français jusqu’à ce week-end. Anecdotique en apparence, l’histoire de ce groupe privé Facebook réunissant l’élite des journaleux-pubards parisiens tendance « Inrockcs-Libé-Slate » en dit pourtant long sur l’état de décrépitude de notre société. «Si vous soutenez ne serait-ce qu’un minimum la bande de harceleurs et autres potes d’agresseurs qui se sont hissés en position de pouvoir –notamment sur cette plateforme – en marchant publiquement sur des meufs et minorités pendant des années, barrez-vous de mes follows », écrivait sur Twitter une des victimes de la Ligue du LOL cette semaine. Créée par Vincent Glad à la fin des années 2000, la Ligue du LOL a été l’origine de diverses campagnes qualifiées aujourd’hui de « harcèlement », notamment contre des femmes. Aux âges sombres des réseaux sociaux, en un temps que les Murayens et Kheys de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, où les « memes » n’étaient encore que des photomontages grossiers fabriqués à partir de captures d’écran de la première saison de Loft Story ou d’extraits de génériques des séries AB Prod, Twitter n’était qu’un tout petit réseau branché et quasi privé. Y régnaient alors en maîtres les « branchés » qui deviendraient plus tard « hipsters ». Plus trash que le ne sont aujourd’hui leurs successeurs, ils s’acharnaient sur des individus de leur sphère mais qui ne partageaient pas forcément le même humour ou les mêmes codes : bloggeurs sensibles et autres pionnières des tutos beauté sur YouTube.
Islamisme et Calvinisme, même combat ?
En 1713 le Traité d'Utrecht mettait fin à la fulgurante ascension hollandaise, le nouveau siècle allait devenir une bataille entre Londres et Paris ; conséquemment l'Anglicanisme et le Gallicanisme étouffaient le rêve calviniste des Pays-Bas. En 2019 Joram van Klaveren, ancien proche de Geert Wilders, se convertit à l'Islam. Cette conversion surprend et est commentée un peu partout en Europe, mais est-elle si étrange ? A-t-il vraiment changé?
Moix : faites ce que je dis, pas ce que je fais !
C’était dans le numéro de janvier du féminin Marie Claire. Yann Moix s’épanchait sur sa vie sentimentale : « Je préfère le corps des femmes jeunes, c’est tout. Point. Je ne vais pas vous mentir. Un corps de femme de 25 ans, c’est extraordinaire. Le corps d’une femme de 50 ans n’est pas extraordinaire du tout ». Il ajoutait: « Je ne sors qu’avec des Asiatiques. Essentiellement des Coréennes, des Chinoises, des Japonaises. Je ne m’en vante pas. On essaie d’être dans la vérité et dans la franchise. Beaucoup de gens seraient incapables de vous l’avouer car c’est du racialisme. C’est peut-être triste et réducteur pour les femmes avec qui je sors, mais le genre asiatique est suffisamment riche, large et infini pour que je n’en aie pas honte ». En aurait-il en fallu plus pour faire monter au créneau les professionnels du scandale, avec à leur tête, une armada de femmes quinquagénaires bien décidées à faire entendre qu’il faut savoir sacrifier les goûts pour ne pas enfreindre les principes? Assurément non, si l’on s’en fie au nombre incroyable de dénonciations qui ont obligé l’auteur à se rendre à Canossa – ce qui est une constante chez lui – avec des arguments qui n’avaient pas plus de sens que sa première saillie puisque les appétences ne se justifient pas.
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Alexandre Devecchio : le conquérant
Il est un enfant de la petite classe moyenne, à la fois trop et pas assez défavorisée. Alexandre Devecchio a tracé sa route des rues de la Seine-Saint-Denis aux couloirs du Figaro. Je ne suis pas pour une société d’ordre, où tout est joué à la naissance », raconte-t-il depuis la table de la buvette du Figaro. De fait, s’il était né sous l’Ancien Régime, Alexandre Devecchio (en un mot non en deux) n’aurait jamais lancé le Figarovox en compagnie d’un Vincent Trémolet de Villers. Né à Épinay-sur-Seine, de parents d’origine italienne, il a grandi dans ces banlieues que peu de journalistes connaissent vraiment. « L’islamisation des quartiers, je l’ai vue en live. J’étais au lycée au moment du 11 septembre, on a vu les choses se raidir ».
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