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Dans la jungle, ça pue, ça schlingue
Dans la recherche de nouveaux espaces de compassion et de dénonciation du mal commis par l’homme, tout sujet en devient un dès lors qu’il épouse une des grandes causes de l’époque. Les syllogismes de réflexion se transforment en sophismes d’accusation et la conscience devient un véritable instrument de domination.
L’Occidental 2.0, cocu mais content
L’époque est à la mortification, à la contrition. Un homme blanc se doit de se haïr ! Il le doit surtout aux minorités que des générations d’entre les siens ont opprimées et humiliées. Les femmes, of course, mais aussi les descendants des peuples colonisés, victimes ontologiques du tortionnaire occidental, de l’exploiteur des damnés de la terre.
Kroc Blanc : Chef de meute
Rappeur mordant des marges, Kroc Blanc rêve de réinventer la culture populaire française et voit au-delà du rap. Il ne pose jamais sans son masque égaré des studios d’Eyes Wide Shut, c’est que le rappeur identitaire énervé est un grand timide. Malgré ses paroles, ou plutôt à cause d’elles : cracher sa haine du monde et son rejet de l’ordre établi a toujours été l’apanage des grands sensibles. Dans le privé, Kroc Blanc assume son extrace populaire bousculée par la mondialisation. Le jeune auteur des tubes « #JMLP », « Je vote FN » et « Nazi » a grandi dans une famille d’artisans de l’Ouest installés à Paris, dans le XIe , lorsque l’arrondissement n’était pas encore le quartier général de la boboterie : une famille industrieuse française, qui fut finalement victime de la concurrence étrangère à bas-coût. Une famille qui ne lui prodigua d’ailleurs aucune éducation musicale. Et voilà pourquoi votre fils est rappeur : « C’est de la musique facile », il suffit d’en avoir écouté adolescent à haute dose. Ses héros d’alors ? Kery James et Eminem. Et aujourd’hui ? « Je n’écoute plus de rap ». C’est dit. Politiquement, s’il est de droite, c’est plutôt de celle qui parle d’identité française et de baisses de charges pour les petits patrons. Pas loin du Macron d’aujourd’hui, qui dit (...)
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La France contre les robots ? Maintenant ou jamais.
Dans les interstices du monde entièrement technicisé, la résistance s’organise. Car la cause n’est jamais perdue. En tout cas, on ne nous accusera pas d’intelligence artificielle avec l’ennemi. En 1812, en Angleterre, les « luddites » ont échoué. Ces ouvriers tisserands, brisant les métiers à tisser mécaniques que l’industrie leur imposait, ont été écrasés par l’armée et le gouvernement. Même chose à Vienne en 1819. À Lyon, les canuts aussi ont échoué, en 1831 et en 1834. Résultat : baisse des salaires, augmentation du temps de travail, asservissement à la machine. Puis le taylorisme a affiné un peu plus la domination de celle-ci sur l’homme, qui en devient un véritable rouage. Au XXe siècle, les deux grandes guerres sont avant tout des guerres de machines, et les soldats de la « chair à canon », ou des cobayes pour expérience nucléaire et autres prouesses techniques de l’industrie de l’armement. Entre les deux, les Soviétiques érigent en héros le mineur Stakhanov, véritable homme-machine. À la chute du modèle communiste, le modèle capitaliste et libéral triomphant parvient à donner une image sympathique et symbiotique de la machine avec l’homme. Ruse de la technologie magique au service de l’homme : Les temps modernes de Chaplin (1936) revisités au ripolin par le satirique Mon Oncle de Jacques Tati (1958). Les Trente Glorieuses instaurent un pacte faustien : confort et pouvoir d’achat contre destruction de la vie autonome et (...)
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Valentin, Valentin.e, morne plaine.
Bientôt la saint Valentin et la fête sera terne. Weinstein, les balancés, des trottoirs et un Ramadan trop intimes, vous plombent l’humeur de la gente féministe. Fortes, et heureusement elles sont là, celles-là, afin d’égayer le marasme progressiste, pérenniser l’aversion viscérale envers le cis-blanc porc qui transsude de leurs pores.
François-Régis de Guényveau : « Doit-on croire que le progrès de l’homme passe par la fusion avec la machine ? »
Auteur du remarqué Un dissident (Albin Michel) en septembre, le jeune romancier Guényveau s’inquiète de la tendance « fusioniste » qui nous promet un mariage serein avec dame Machine. Propos à contre-vent. Ton tout premier roman traite de la question du transhumanisme, c’est un sujet qui t’inquiète particulièrement ? Le transhumanisme, c’est un rejeton de la modernité à l’heure de l’économie de marché. Ce qui m’inquiète surtout, c’est son succès garanti : d’un côté, une pensée simplifiée de l’homme et du monde, aussi binaire qu’un code informatique ; de l’autre, le culte du fric et l’expansion de l’homme soi-disant augmenté par simple effet de mimétisme. Ton héros, Christian, se caractérise par de profondes carences en « humanité », on a l’impression en te lisant que le transhumanisme déshumanise, c’est le cas ? Le transhumanisme nous promet un humanisme « augmenté » par la technique. Premier soupçon : qui peut se dire augmenté par rapport aux autres ? L’ironie de l’histoire veut que les progressistes de la Silicon Valley en viennent à définir un nouveau rapport de force entre (...)
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La difficile mesure des inégalités
Thomas Piketty et quelques autres économistes ont mis en place une banque de données relative aux inégalités dans le monde entier, dénommée WidWorld. WID est le sigle de Wealth and Income Database, base de données Richesse et Revenu. Après le succès de librairie obtenu par la grosse brique de T. Piketty, Le capital au XXIème siècle (éditions du Seuil, 2013), le rapport annuel WidWorld est assez suivi par les média et les personnes qui s’intéressent à l’économie au niveau planétaire.
L’homme augmenté, perspective de l’homme diminué par Olivier Rey
Dans les somptueuses perspectives que dressent les vendeurs de rêves augmentés, y a-t-il le paradis ? Plutôt la déchéance, l’impotence et la fin du corps. Cecil Rhodes (1853- 1902) est un aventurier anglais qui, envoyé jeune homme en Afrique du Sud pour y soigner son asthme, réussit en moins de vingt ans à prendre le contrôle, à travers l’entreprise De Beers Consolidated Mines, de la quasi-totalité de la production mondiale de diamants. Devenu Premier ministre de la colonie du Cap, il n’eut de cesse que d’accroître l’étendue de l’empire britannique en Afrique australe. Les nouvelles terres que, par l’intermédiaire de la British South Africa Company, il annexa reçurent le nom de Rhodésie. Malgré les succès, l’homme avait ses moments de mélancolie. « Le monde est presque entièrement partagé, déplorait-il, et ce qu’il en reste est en passe d’être divisé, conquis et colonisé. Penser à ces étoiles qu’on voit la nuit au-dessus de nos têtes, à ces mondes immenses hors de notre atteinte… J’annexerais les planètes si je pouvais. J’y pense souvent. Cela me rend triste de les voir ainsi, si distinctement, et pourtant si loin. » Le prurit qui rongeait Rhodes, d’annexer perpétuellement de nouveaux territoires, est également l’obsession qui travaille en permanence l’économie capitaliste, toujours en quête de nouveaux marchés à ouvrir, de nouveaux « gisements de valeur » à exploiter – quand bien même il n’y a plus de contrées terrestres à coloniser, et que les astres demeurent inaccessibles. Alors, il faut plus que jamais innover. Qu’appelle-t-on aujourd’hui une innovation ? Une procédure ou un dispositif qui permette de mettre en exploitation un pan de la réalité qui, jusque-là, avait échappé au processus productiviste et marchand. Cependant, l’innovation ainsi entendue ne suffit pas : encore faut-il lui découvrir des débouchés rentables. L’ennui est que la clientèle solvable est déjà tellement équipée, suréquipée en objets de toutes sortes, son temps disponible est déjà si saturé de sollicitations que l’entreprise ne va pas de soi. Par chance, il reste encore un lieu scandaleusement inexploité : le corps lui-même. Voilà le nouveau marché à investir, la nouvelle frontière (au sens américain du terme) à conquérir. Pour cela, il est nécessaire de convaincre au préalable les êtres humains que leurs corps sont déficients, ridiculement peu (...)
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