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Romain Molina : « C’est un système qu’il faut changer, pas des personnes »

Avez-vous été surpris par les déclarations de Noël Le Graët ?

Cela fait des années qu’il tient des déclarations hors-sol, lunaires. Il faut rappeler le simple « coup de pinceau » nécessaire pour masquer les taudis de travailleurs au Qatar qu’il avait évoqué, ou ses propos surréalistes sur l’émission d’Élise Lucet, selon lesquels Jean-Pierre Bernes, un agent de joueur avec un casier judiciaire, était en mesure d’exercer son métier, ce qui entre en pleine contradiction avec les statuts de la FFF. Ce n’est donc pas la première déclaration surprenante qu’il prononce, et dans le privé c’est encore pire. Les gens sont choqués car il touche à la figure de Zidane, mais il a été odieux, depuis des années, avec tout le monde.

Par exemple ?

C’est assez léger ce qu’il a dit là, par rapport à ce dont il est capable. Mais ce n’est pas le seul ! Dans les réunions du Comité Exécutif, le Directeur juridique avait crié à Laura Georges : « Toi, ta gueule ! » Dans cette fédération, il n’existe aucun respect pour l’être humain. À une époque, le grand truc de Noël Le Graët était de se vanter devant les journalistes d’appeler directement François Hollande et de court-circuiter son ministre de tutelle, pour montrer qu’il avait l’oreille des puissants.

Lire aussi : Moyen-Orient : sport à balles réelles

L’affaire Le Graët arrive dans un contexte de révélation des dysfonctionnements de la FFF ? Est-il un bouc-émissaire ?

Aujourd’hui, la Fédération Française de Football a l’image désastreuse qu’elle mérite en tous points. Et encore, elle mériterait pire. En touchant à Zidane, une icône pour des millions de gens, il se retrouve seul contre tous. C’est assez rare de voir des politiciens, des joueurs, des anciens joueurs et l’ensemble médiatico-populaire s’offusquer d’une même voix. Mais ils sont beaucoup plus silencieux sur d’autres scandales comme les prestations sexuelles tarifées pour mineurs dans le monde de l’arbitrage couvertes par la Fédération (1). [...]

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Joseph Thouvenel : « Le gouvernement agit sous l’effet de l’idéologie qui lui masque la réalité »

Que pensez-vous de la réforme des retraites ?

L’angle mort le plus regrettable de cette réforme est l’emploi des seniors. Beaucoup de gens ne trouvent plus de travail après 50 ans. J’avais tout à l’heure dans mon bureau quelqu’un dans cette tranche d’âge qui n’obtient plus que des petites missions, ce qui ne lui permet plus que de vivoter. Tant qu’on n’a pas réglé le problème de l’emploi des seniors, c’est une aberration de demander aux gens de travailler plus longtemps. Pour travailler plus longtemps, il faut avoir un travail.

Le fond de ce projet de loi consiste par ailleurs pour l’État à réduire son déficit. Ce sont les caisses de la fonction publique qui manquent d’argent, pas celles du privé. On vient demander aux salariés du privé de fournir encore des efforts alors que leurs caisses ne sont pas du tout en danger.

Lire aussi : Familles nombreuses, réversion : la réforme des retraites est mal partie

Contestez-vous le fait qu’il existe une urgence à rééquilibrer les comptes, et peut-on les rééquilibrer sans augmenter l’âge de départ à la retraite ?

Ils sont déjà équilibrés. Il faut regarder le dernier rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) où l’on voit que, pour le dernier trimestre de 2021, les chiffres les plus récents dont on dispose, il y a un excédent de neuf cents millions d’euros. Rien d’un déficit donc. Pour l’année 2022, cet excédent sera probablement autour de deux milliards. Il y a cependant des caisses qui sont structurellement déficitaires, comme celles de la SNCF et d’autres liées à des structures administratives. Là, il y a sûrement des efforts à faire. Les salariés du privé ont deux systèmes obligatoires. Le principal est celui de la CNAV, la Caisse nationale d’allocation vieillesse, qui en 2020 avait un déficit de 3 %, c’est-à-dire négligeable. [...]

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La Flotte-en-Ré : il faut sauver la statue de la Vierge Marie !

En hiver dernier, c’était la statue de saint Michel des Sables d’Olonne qui devait être déboulonnée à la suite d’une décision de justice de la Cour administrative d’appel de Nantes. La cause de l’archange avait mobilisé de nombreuses personnalités politiques (Éric Zemmour, Philippe de Villiers, Patrick Buisson, etc) et associations comme Touche pas à ma statue ou encore SOS Calvaires.

Aujourd’hui, c’est la statue de la Vierge de la Flotte-en-Ré qui est menacée de disparition. En effet, la Cour administrative d’appel de Bordeaux vient de confirmer la décision de justice de mars 2022 du tribunal administratif de Poitiers, qui ordonnait à la commune le retrait de la statue de la Vierge dans un délai de six mois. C’est l’association laïcarde et soixante-huitarde de la Fédération Nationale de la Libre Pensée qui a intenté une action en justice au nom de la défense de la laïcité, sur le motif de la violation de la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État. C’est cette même association qui s’était opposée à l’ajout d’une croix sur la statue du pape Jean-Paul II à Ploërmel, et avait milité pour le déboulonnage de saint Michel.

Le juge administratif a conclu que « la statue se trouve sur un emplacement public au sens des dispositions de l’article de loi concernant la séparation des Églises et de l’État, dès lors que le terrain d’implantation de l’édifice relève du domaine de la commune. Or, ces dispositions législatives s’opposent en principe à l’installation, par les personnes publiques, d’un signe ou emblème manifestant la reconnaissance d’un culte ou marquant une préférence religieuse dans un emplacement public ».[...]

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Identité : chouineur

C’est marrant comme certaines terres sont faites pour boire le sang. Les lieux sur lesquels se déroulent actuellement les combats en Ukraine sont ceux où sont tombés le plus d’hommes, au mètre carré, durant la Seconde Guerre mondiale (7 millions). Avant cela les ploucs du coin avaient subi l’Holodomor (entre 2,5 et 6 millions de morts) ainsi que différentes merveilles de l’esprit si inventif des communistes pour assassiner leur prochain. Aujourd’hui, dans les mêmes lieux, la guerre contre Poutine aurait déjà fait 45 000 victimes. Pas mal ! C’est même un très bon début ! 

En France, la guerre en Ukraine aura fracturé certains pans de la société. Aux « extrêmes » notamment, droite et gauche. Pro- Russes contre pro-Ukrainiens. Mais là où les deux camps se rejoignent, c’est sur la fascination pour ces hommes de l’Est. Pour la dévastation et le sens du tragique des Slaves. Chaque intervention de Zelensky s’achève sur un « Gloire à l’Ukraine ! » qui fait gonfler du slip alors que le calme et la virilité poutiniens hypnotisent tout autant le camp d’en face. Ce soudain éblouissement pour le monde slave s’explique par le négatif que ce conflit renvoie à nos sociétés occidentales. Car là où les Ukrainiens et les Russes ne rêvent que de gloire et de conquêtes, nos enfants, nos femmes sont, eux, fascinés par le statut de victime. [...]

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Pierre Téqui, aumônier de prison : « Les détenus finissent par former une Église »

Vous êtes aumônier de prison, une mission difficile. Est-elle aussi enrichissante ? Qu’avez-vous appris sur les hommes, sur notre société ?

Je ne dirais pas que cette mission est difficile. La prison est bien sûr un univers difficile, où l’on purge sa peine – expression éloquente – mais être aumônier n’est pas plus difficile que d’autres missions d’Église auprès des malades ou des pauvres. Tout est une question de charisme. Il me serait bien plus difficile de m’occuper du catéchisme. Mais, évidemment, tout le monde ne peut pas être aumônier de prison. L’univers carcéral fait peur. La prison charrie un imaginaire qui rebute les gens. La prison où je me rends le week-end est entourée d’un mur, nu, austère, pensé par l’architecte pour être une rupture au cœur de la ville. Ce sont ces murs qui sont la première difficulté : ils constituent une barrière entre le monde du dedans et le nôtre, celui du dehors. La mission de l’aumônier rejoint l’étymologie de « religion ». Il s’agit de « relier » ces deux mondes. Au cœur de la détention, nous sommes « signe d’Évangile » ; c’est-à-dire que nous venons rappeler à ces hommes retranchés de la société qu’ils n’ont pas été retranchés de l’amour et de la miséricorde de Dieu.

Au cœur de la détention, nous sommes « signe d’Évangile » ; c’est-à-dire que nous venons rappeler à ces hommes retranchés de la société qu’ils n’ont pas été retranchés de l’amour et de la miséricorde de Dieu.

Vous avez en revanche bien raison de sous-entendre que cette mission est enrichissante. Je me dis très souvent que les détenus m’évangélisent bien davantage que je le fais. Lorsque l’un d’eux demande le baptême la cérémonie me bouleverse. Étant le témoin de leur parcours de foi, je suis aussi le témoin de l’action de Dieu au cœur de leur vie brisée. Chaque semaine, j’ai à l’esprit ce passage du Psaume 50 : « Tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé ».

À gauche, on entend souvent la petite musique abolitionniste. De l’autre côté, à droite, on décrit souvent les prisons comme des « hôtels ». Qu’en est-il réellement ?

 Effectivement. C’est assez rare d’entendre une parole politique pertinente au sujet des prisons. Mais c’est assez normal : encore une fois, la prison est un repoussoir. Dès lors, la plupart des personnes qui parlent de cet univers n’en savent rien. Depuis la loi du 15 juin 2000, les députés et sénateurs sont autorisés à visiter les prisons à tout moment. Il serait bon qu’ils usent de ce droit. [...]

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Ludovine de La Rochère : « Nos gouvernants doivent urgemment reconstruire une véritable politique de la famille »

Dans un récent communiqué de presse en réaction à la présentation par Élisabeth Borne du projet de loi sur la réforme de retraites, La Manif pour tous pointe du doigt le problème démographique avec la chute de la natalité. Pourquoi ce problème est-il central sur la question des retraites ?

Tout simplement car moins il y a d’actifs par rapport au nombre de retraités, plus le poids des retraites pèse sur les actifs restants, jusqu’à ce que cela devienne insupportable. Quand bien même on rallongerait le nombre de trimestres cotisés, si la population devient au fil du temps trop faible par rapport au nombre de retraités, le système ne peut plus fonctionner. Pour que ce poids des cotisations ne soit pas indéfiniment augmenté, on n’a pas d’autre moyen que d’augmenter le nombre de cotisants.

Lire aussi : Ludovine de La Rochère : « Ils veulent imposer la GPA pas à pas, en passant sous les radars »

Or aujourd’hui, la natalité française est à son plus bas historique. À la rentrée 2022, nous avons enregistré une nouvelle chute importante en la matière, sachant que cette chute existe depuis 2015. Cela s’explique par divers facteurs, mais notamment la déconstruction de la politique familiale par François Hollande. Il y a urgence à ce que nos gouvernants mettent de côté leur idéologie anti-famille et immigrationniste pour reconstruire une véritable politique de la famille.

Mais si cela semble aussi évident, pourquoi la question de la natalité n’est-elle jamais évoquée dans les débats ? 

Nos dirigeants n’aiment pas la famille. Emmanuel Macron et l’ensemble de la macronie sont très progressistes et donc très anti-famille. Pour eux, la famille est un lieu d’inégalité homme-femme et d’autoritarisme. Ils en ont une vision très négative, et pour eux la famille idéale est la famille « qu’on a choisie », c'est-à-dire sans tenir compte des réalités biologiques. Ils veulent une famille sur contrat. On le voit très bien à travers leur promotion de la PMA sans père, de la GPA, de l’enfant sur commande, à travers aussi leur désintérêt pour le mariage qui aujourd’hui n’est plus différencié du PACS et de moins en moins différencié du concubinage. Tout ce qui rend la famille lisse et pérenne, tout ce qui la fonde, c’est-à-dire les différences homme-femme et les relations père-mère-enfant, est pour eux une forme de famille qu’on ne choisit pas et qu’il ne faut dès lors pas favoriser. [...]

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Députés patriotes, sauvez nos églises !

D’après l’Observatoire du Patrimoine religieux, cité par le rapport du Sénat du 6 juillet, jusqu’à 5 000 églises pourraient être abandonnées ou détruites d’ici 2030. Cette crise patrimoniale touche tout notre territoire, particulièrement les zones rurales. Illustration récente : l’église Saint-Martin à Nuzéjouls fermée au public et aux fidèles pour cause de risques d’effondrement. Les raisons de cette catastrophe sont nombreuses et profondes.

Une cause spirituelle tout d’abord, la sécularisation. Plus une église est fréquentée, plus elle est entretenue et plus vite on peut détecter les signes de fragilité. Or il y a de moins en moins de prêtres, de croyants, et la fréquentation des églises est trop faible. Alors que nous possédons le deuxième patrimoine religieux le plus important d’Europe après l’Italie, nous sommes le deuxième pays le moins pratiquant d’Europe après le Danemark. Une cause identitaire ensuite, le déracinement, qui s’exprime par le biais de l’exode rural, de l’immigration de masse, de l’américanisation et de l’individualisme.…

Roger Chudeau (RN) : rééducation nationale

À 73 ans, Roger Chudeau, qui fait office de « Monsieur Éducation nationale » du groupe parlementaire du RN a un CV professionnel bien rempli. Agrégé d’allemand, ce natif de Berlin est Inspecteur général de l’Éducation nationale. Membre du cabinet de Gilles de Robien, rue de Grenelle, de 2005 à 2007, il devient en 2007 conseiller technique de François Fillon à Matignon en charge des questions d’éducation.

Adhérent de longue date au RPR puis à l’UMP, il prend ses distances avec sa formation politique d’origine après la défaite du candidat en 2017. Membre des Horaces, ces hauts fonctionnaires qui conseillent Marine Le Pen, il est un temps proche de Marion Maréchal et lui apportera son aide lors de la création de l’ISSEP à Lyon. Mais c’est bien Marine Le Pen qu’il décide de soutenir à l’approche de l’élection présidentielle de 2022. Candidat face à Guillaume Peltier dans la circonscription solognote détenue par ce dernier dans le département de Loir-et-Cher, il l’emporte au second tour en battant la candidate macroniste.

Lire aussi : Hervé de Lépinau (RN) : « Le Vaucluse est l’un des porte-avions du salafisme en France »

S’il est un défenseur de la chasse et s’intéresse de près aux problèmes posés par la désertification rurale, c’est bien aux questions relatives à l’instruction que vont ses préoccupations majeures comme député de la nation et comme professionnel d’un secteur sinistré par un demi-siècle de renoncements des politiques, des syndicats d’enseignants et des parents d’élèves. Des torts partagés qui imposent désormais des mesures drastiques. [...]

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