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[Enquête] Armes en banlieues : sur un baril de poudre

Existe-t-il des caisses de kalachnikovs partout dans les caves des banlieues, toutes prêtes à nourrir les dealers, djihadistes et autres candidats à l’insurrection armée contre la France ? Il faut circonscrire le problème, géographiquement. Les zones où pullulent les armes lourdes, c’est-à-dire les armes de guerre, pistolets-mitrailleurs ou fusils d’assaut voire lance-roquettes, sont principalement la banlieue parisienne, l’agglomération marseillaise, et dans une moindre mesure grenobloise. La raison est simple : la possession d’armes dans les cités est liée au grand banditisme, dont le trafic de drogue est la composante principale aujourd’hui. Les trafiquants s’arment lourdement afin de défendre leur pré carré contre les rivaux ou contre la police, vue comme une bande rivale qui conteste leur pouvoir.

Lire aussi : [Édito] Sécession : les États dans l’État

Dans les mains de l’immigration maghrébine et subsaharienne

La très grande majorité du grand-banditisme français est dans les mains de l’immigration maghrébine et subsaharienne, majoritairement de culture musulmane. Un policier d’un groupe d’intervention de région parisienne, dont l’une des missions principales est d’interpeller avec son unité à leur domicile des individus potentiellement armés, confirme : « Le plus souvent, les mecs dangereux chez qui on fait un six du mat", [interpellation à six heures du matin, horaire légal avant lequel les forces de l’ordre ne peuvent pénétrer un domicile, Ndlr] impliqués dans le trafic de stup, sont de type nord-africain ou subsaharien. Il n’est pas rare qu’il y ait des signes religieux musulmans chez eux ». Beaucoup d’éléments confirment ce constat, comme la composition de la population carcérale, musulmane à 60 % selon un rapport parlementaire de Guillaume Larrivé rendu public en 2014. [...]

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Daniel Habrekorn : Bataclan, une salle histoire

En quoi l’histoire du Bataclan est-elle liée à celle de Paris ?

D’abord au sens premier, physique : c’est lors de la transformation et de l’extension de la ville au milieu du XIXe siècle que naît le « Café Chinois Théâtre ». À l’époque de la construction du bâtiment, sous Napoléon III, le boulevard Voltaire s’appelait boulevard du Prince Eugène. C’était la première chinoiserie de Paris, La Pagode viendra après, et les chinoiseries connaissaient à l’époque un regain de mode à cause des expéditions militaires en Chine et en Indochine. C’est ainsi que commence cette histoire.

C’est aussi une histoire de chanson et de spectacle.

Dans les années 1865, Paris était, de très loin, la ville au monde qui comptait le plus de salles de spectacle. Paulus, super-étoile de l’époque qui fut le premier à enregistrer et faire filmer ses chansons par Méliès, s’est produit au Bataclan et l’a dirigé. C’est l’exploitante, Bénédicte Rasimi qui en fait à partir de 1910 le rendez-vous de tous les grands : Maurice Chevalier, Colette, Mistinguett et bien d’autres. Le Bataclan était connu dans le monde entier bien avant l’attentat. Lampedusa en parle même dans Le Guépard.

Lire aussi : Bataclan : quand François Hollande rejoue « l’erreur » de Blum

Le Bataclan est aussi pour vous une histoire personnelle ?

C’est évidemment une histoire de famille, il fait partie de moi. Mon grand-père, Gaston Habrekorn, chanteur et auteur de 800 chansons, après avoir exploité le « Divan japonais » sur la Butte Montmartre où il lança Dranem et Yvette Guilbert, l’a dirigé à partir de 1905, puis en a racheté les murs. Mon père est né dans l’un des appartements qui sont au-dessus. J’y ai moi-même vécu pendant vingt-et-un ans. Vers l’âge de six ans, j’ai vu mon premier film, Bambi, à sa sortie (ça date !), dans la salle du Bataclan, qui était alors devenue un cinéma. Je me souviens encore des esquimaux dans la neige carbonique que portaient les ouvreuses. Pour moi, c’est aussi une vie de quartier, et puis une ville, Paris. [...]

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drogue
[Enquête] France : le cartel et le territoire

Ce n’est qu’en 2018 que la France intègre le marché des drogues à son PIB, suite à une demande de l’institut Eurostat, afin d’estimer au mieux la participation de chacun au budget européen. Selon les chiffres publiés par l’Insee, le trafic de drogue génère en France une moyenne de 2,7 milliards d’euros, soit 0,1 % du PIB. Des chiffres qui devraient être probablement revus à la hausse, car ils ne comportent pas certaines « consommations intermédiaires » (entretien des « nourrices », location de véhicules, etc.)

Un trafic à la pointe du capitalisme

Parmi les symptômes d’une souveraineté décroissante, l’insolente santé des économies souterraines fait figure de symbole. Si les pouvoirs publics pouvaient se targuer il y a 40 ans, à l’époque de la fameuse French connection, d’avoir une visibilité sur cette criminalité et sur ceux qui la font, les récentes mutations du marché ont fait du narcotrafic une criminalité non seulement toute puissante mais plurielle, insaisissable car désormais adaptée à tous les secteurs géographiques, depuis les plaines de la Beauce où le paysan en déshérence peut tout à fait consommer de l’héroïne pure à 80 %, jusqu’aux faubourgs du nord-est parisien où les modous – ces trafiquants de crack originaires du Sénégal – transforment toute une population déclassée en zombies pathétiques. « On a l’impression de se battre à coups d’éoliennes contre une force nucléaire », avouera à mi-voix une source qui travaille aux stupéfiants. D’autant que la police n’est pas aidée par un appareil juridique kafkaïen qui donnera toujours raison aux criminels… quitte à mettre les victimes de côté.

Les récentes adaptations du trafic aux lois du marché transforment certains quartiers en zones de guerre civile

Et elles sont nombreuses, les victimes du trafic de drogue en France, même si elles sont invisibles. Sans parler du risque de santé publique pour les consommateurs, les récentes adaptations du trafic aux lois du marché transforment certains quartiers en zones de guerre civile. Les assassinats commis en marge de la vente de drogue se chiffraient à 60 en 2020, pour plus de 250 blessés graves. Et ce n’est qu’une estimation basse, qui ne comptabilise pas les non-résidents français. Ainsi, des villes autrefois réputées pour leur calme sont devenues en quelques mois le cadre de véritables batailles rangées entre « familles ». Voir l’année 2021 à Dijon, où les trafiquants maghrébins se sont mesurés aux trafiquants albanais à coups d’armes de guerre. Il est bien loin le temps où le trafic était détenu majoritairement par la mafia corse, avec son code d’honneur et son relatif « maintien de la paix » dans les zones qu’elle « protégeait ». Le trafic est aujourd’hui à la pointe du capitalisme, c’est même son syndrome le plus évident, le plus terminal. [...]

« Nous les enfants de Denain » : la France de ceux qui ne sont rien

C’est l’histoire du plus grand crime économique, social et moral des cinquante dernières années qui nous a été donné à voir en octobre par France télévisions, magnifiquement et tragiquement ; magnifiquement sur le plan journalistique car le reportage « Nous les enfants de Denain » est d’excellente facture, montrant ce qu’il y a à voir ainsi qu’on l’attend d’un service public qui remplit sa mission, sans mythification ni misérabilisme, sans discours moralisateur aucun, avec des journalistes bien à leur place, c’est-à-dire absents et se contentant de tenir le micro pour capter quelque chose des respirations profondes mais difficiles de notre pays ; tragiquement sur le plan humain car c’est l’histoire d’un déclassement, d’une déshérence, d’un abandon proprement scandaleux qui est racontée par ses victimes, ces estropiés de la modernité.

Qu’ils jettent donc un œil, ces donneurs de leçons, ces cœurs sur la main, ces amoureux du genre humain, sur leurs proches concitoyens, sur ce peuple qui est le leur mais avec lequel ils ne partagent plus rien

Nous voilà plongés une heure durant dans cette France intérieure, celle d’en bas, de tout en bas, le tréfonds des tréfonds, pauvre et désindustrialisée, cette France qui est celle de Bruay-la-Buissière, de Verdun, de Lens et Denain, cette France de chair, bien concrète, bien réelle, bien vivante, qui ne vit pas dans les nuées, qui n’est pas les « principes de la République », cette France qui est sous nos yeux, ou mieux encore, à nos côtés, mais de laquelle on détourne le regard comme on le fait sur les trottoirs d’un mendiant dont la pauvreté, la laideur ou l’odeur indispose.…

[Reportage] Sainte Geneviève : retour en grâce
Accompagnée de porte-étendards aux couleurs de la Ville, sainte Geneviève tient la clef de Paris. Modèle de foi et de courage, la bergère de Nanterre encourage les Parisiens à résister face aux Huns qui, miraculeusement, épargnent la cité. Elle convainc Clovis de faire ériger une église dans l’actuel Vè arrondissement, sur la colline qui deviendra la Montagne Sainte-Geneviève. [...]
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Lola, assassinée par haine de la France ?

De proche en proche, les indiscrétions égrenées autour de l’enquête sur le meurtre de Lola, adolescente de 12 ans assassinée le 14 octobre 2022, ne parviennent toujours pas à dessiner le mobile de la meurtrière présumée. Le profil de Dahbia B étonne, et détonne, par le contraste qu’il présente avec le récit indicible du crime qu’elle a avoué. Tous les secrets d’une personnalité et d’une psychologie dont on découvre, révélation après révélation, qu’elles étaient loin de l’image que laissaient paraître les photos lissées et soignées dont la prévenue parsemait ses réseaux sociaux, n’ont sans doute pas encore été livrés.

Lire aussi : Éditorial d’Arthur de Watrigant : L’asile sans droit

Crime satanique, accès de folie, vengeance contre les parents de Lola pour un motif futile ? Autant d’hypothèses envisagées par les médias ou les enquêteurs, avant d’être successivement écartées après les premières auditions de la jeune femme. Troubles psychologiques développés après la mort de sa mère en 2020, chez une jeune fille auparavant sans histoire et inconnue des services de police ? Le récent retour en surface d’une agression commise sur deux aides-soignantes en juillet 2019 met à mal ce récit. D’autant plus que les deux victimes avaient alors déposé une main courante au commissariat, compte tenu des menaces de représailles au contenu prémonitoire formulées à l’époque par la jeune femme : « Vous ne savez pas de quoi je suis capable ! »

Un crime par haine de la France ?

Un mobile pourtant, ayant pu en accompagner d’autres ou leur servir de catalyseur, n’a pour l’instant été évoqué par aucun des commentateurs : le crime de haine, qu’elle soit raciale ou tournée contre la France et les Français. Même les partisans d’un ancien journaliste de renom, certes novice dans le combat politique mais pourtant inventeur du néologisme francocide, ont préféré choisir, plutôt que cet angle, celui du grief par ailleurs légitime de la non-exécution de l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) sous le coup duquel se trouvait la meurtrière présumée.

Certes, rien dans le profil de la présumée tueuse tel que le révèle pour l’instant l’enquête ne permet de présupposer ce mobile. Ses vidéos répandues sur les réseaux sociaux mettent au contraire en lumière une jeune femme dont l’apparence et les attitudes épousent tous les codes de la société de consommation occidentale. Rien non plus qui permette, dans ce style de vie, d’identifier une de ces motivations à caractère islamique qui ont tant ensanglanté la France ces dernières années. Certains de ses proches évoquent même, dans un contexte de perte de repères consécutif au décès de sa mère, une appétence supposée pour la foi évangélique. Aucun propos invoquant une vision haineuse de la France ne semble non plus à ce jour avoir été identifié. [...]

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Mégabassines : « On finance avec nos impôts un modèle agricole qui est à bout de souffle »
Que penser de ces mégabassines d’un point de vue écologique ? Risquent-elles d’abîmer les nappes phréatiques ? Le souci principal, c’est que l’État préfère, plutôt que de financer la fin des pesticides et des engrais chimiques, financer du stockage d’eau. Il est quand même incroyable que nos impôts filent là-dedans au lieu d’améliorer la qualité […]
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[Reportage] Reims, quartier Croix-Rouge : une autre souveraineté

Mi-septembre 2020, le déjà ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin s’offrait une petite balade à Reims (Marne), avenue Léon-Blum, l’une des artères principales d’un quartier « sensible », comme le veut l’expression. Il était accompagné du maire, Arnaud Robinet, d’une dizaine de policiers, de quinze voitures, et de chiens dressés pour détecter la drogue et les armes. L’ancien maire de Tourcoing y a revendiqué son soutien aux forces de l’ordre qui y luttaient contre les stupéfiants. Il a aussi dit vouloir illustrer « une présence policière partout sur le territoire ». « Partout ». Comme une façon d’admettre que dans cette partie de la ville, la question de la présence de l’État se pose. Le quartier a d’ailleurs été ajouté au dispositif des « quartiers de reconquête républicaine » dans la même journée.

Lire aussi : [Édito] Sécession : les États dans l’État

Moins d’un an plus tard, en mars 2021, le locataire de la place Beauvau a été obligé de revenir. Le photographe d’un quotidien local s’était fait passer à tabac à 700 mètres du lieu de sa précédente visite. La victime est d’ailleurs l’un de ceux qui avaient documenté la visite du ministre. Son agression a eu lieu alors qu’un affrontement imminent s’annonçait. Des voyous aux mouvements suspects se promenaient, cagoulés. C’est alors qu’un « jeune », comme le veut, là-aussi, l’expression consacrée, a couru vers lui, accompagné de treize autres délinquants. L’agresseur principal, aujourd’hui condamné, a cogné le photo-journaliste avant qu’il puisse fuir. Les coups se sont enchaînés sur le reporter de 65 ans. Frappé à la tête alors qu’il était au sol, matraqué au moyen de son imposant appareil photo professionnel : l’homme s’est retrouvé hospitalisé et placé en coma artificiel avec un sévère traumatisme crânien.

La résidence de Saïd Kouachi avant Charlie Hebdo

L’auteur des coups, un ressortissant algérien de 22 ans, au déjà lourd passé judiciaire, est un ex-résident de la Seine-Saint-Denis. Arrivé trois ans auparavant, il fait partie de ceux qui ont quitté Paris et ses banlieues pour la cité des sacres et ses environs. C’est aussi le cas du parisien Saïd, l’un des tristement célèbres frères Kouachi, dont la dernière résidence connue est dans ce même quartier. C’est d’ailleurs un secret de Polichinelle pour beaucoup de locaux, et une politique encouragée par la ville. Croix-Rouge, et d’autres parties de Reims et ses villages alentour, servent de vases communicants pour désengorger la capitale et ses banlieues désormais surpeuplées. [...]

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