Skip to content
Mais Zemmour, pourquoi sauver l’école ?

Pour justifier son projet de « révolution conservatrice » de l’école, avec « sanctuarisation » et rétablissement de « l’autorité, de l’excellence et de la blouse pour supprimer les inégalités sociales », Zemmour s’autorise de Hannah Arendt, qui aurait dit que « chaque nouvelle génération d’enfants qui naît est une génération de barbares que les adultes doivent civiliser ». C’est déformer d’une façon cavalière le propos de La Crise de l’éducation, et flatter implicitement des adultes qui ne se croyaient pas si « civilisés ». Arendt avertit au début de son essai qu’« une crise ne devient catastrophique que si nous y répondons par des idées toutes faites, c'est-à-dire par des préjugés ». Or, c’est précisément ce que fait Éric Zemmour.

Pour Arendt, l’autorité des adultes n’est pas si naturelle, elle fait fond sur une conception globale que la société romaine a défendue le plus purement, à savoir que l’adulte qui éduque l’enfant le place dans une tradition, l’introduit dans un monde dont il prend la responsabilité. Or, explique Arendt, « [dans le monde moderne] l'autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut que signifier une chose : que les adultes refusent d'assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé les enfants ». [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Les Zenfants gâtés de Carnavalgrad

Si l’avènement de l’empire du Bien est indéniable, il a perdu son apparence faussement débonnaire pour laisser tomber le masque qui révèle un visage hideux et déformé par la haine. La nouvelle génération, baignée dans la fête et bercée dans le cocon doucereux du bien, incapable d’imaginer le Mal, l’a développé en son for intérieur. Enfants gâtés pour qui le monde se plie perpétuellement en quatre, ces nouveaux jeunes – comme on pourrait dire « nouveaux riches » – ont nourri en eux une haine absolue d’une société qui leur permet d’exister et qu’ils veulent détruire avec ferveur.

Il y a quelque chose de fascinant à voir la génération smartphone s’élever contre la société de consommation alors qu’ils en sont à la fois les produits et les organes vitaux : si le Capital est de toutes les luttes du Bien, de tous ces truismes martelés sans relâche, ce n’est pas par conviction. Le Capital n’en a pas plus que ses adversaires-séides. C’est qu’il a compris que ces anti-tout n’étaient en fait que des consommateurs affamés : consommateurs de concepts jetables et de produits pérennes. Le prémâché vite digéré idéologique, et les pailles en carton recyclables. Twitter, Facebook et toutes les start-ups cools de la Silicon Valley se parent des couleurs de l’arc-en- ciel et censurent la pensée hétérodoxe comme un KGB souriant. On tweet sa révolte écologique depuis son iPhone dernier cri fait à partir de métaux lourds extraits par des enfants en Afrique, entre deux voyages en avion pour aller faire la fête pas cher dans des pays aussi magnifiques que miséreux. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Retrouvons le goût de la culture scientifique

« Les frères Bogdanoff étaient des scientifiques de renommée internationale », affirmait Gilles Verdez les yeux embués de larmes en évoquant ses amis tragiquement disparus. Une tristesse que nous ne pouvons que partager. Toutefois, et quelle que puisse être l’affection que les plus nostalgiques d’entre nous portaient aux jumeaux new-wave les plus célèbres du PAF, penser que ces deux-là furent mondialement reconnus pour leurs travaux démontre une nouvelle fois l’inculture scientifique crasse des médias français.

De fait, selon un rapport du CNRS, la thèse de mathématiques de Grichka et celle de physique d’Igor étaient dépourvues de « valeur scientifique ». Les deux frères ont longtemps fait valoir qu’ils étaient les victimes d’un complot ourdi par un milieu universitaire français rétif à leur génie, une Stasi scolaire recroquevillée sur ses principes anachroniques. Qu’importe qu’ils aient été reconnus coupables d’un plagiat de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, ou qu’ils aient laissé mensongèrement croire qu’ils ont été consultés dans le programme de recherche du satellite Planck, les Bodganoff étaient constamment invités à la télévision.…

Bruxelles : les statues meurent aussi
Quand on grave une idée dans le marbre, on croit la rendre éternelle. Pourtant, c’est une illusion, et l’histoire belge suivante le prouve. À côté de la Grosse Commission de Bruxelles, au bout de l’inhumaine « rue de la Loi », toute bordée de froids bureaux administratifs, se trouve le somptueux parc du Cinquantenaire, ancien champ de manœuvres de la garnison de Bruxelles transformé en jardin arboré lors du jubilé de l’indépendance de la Belgique, en 1880. Les cols blancs des institutions européennes ont le loisir d’y jogger en compagnie des soldats de l’École Militaire Royale attenante. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Les Ztars de la génération Z

Soyons sérieux, il serait tout à fait boomer de prétendre que les générations d’avant portaient au pinacle des gens d’une valeur immense : scientifiques, bienfaiteurs de l’humanité, écrivains. On se souvient tous que Dorothée détient le record du nombre de Palais Omnisport de Bercy remplis d’affilée, et on se rappelle les posters de starlettes qu’affichaient nos sœurs dans leurs chambres sous nos regards atterrés.

Cependant, quelque chose a changé chez la génération Z : là où avant il fallait un minimum de talent (même médiocre), aujourd’hui il suffit d’exister et de savoir le dire. Les stars de la génération Z se trouvent sur YouTube ou TikTok, et les plus talentueuses d’entre elles font des tutoriels de maquillage. C’est par exemple le cas de Léna Situations, de son vrai nom Léna Mahfouf, qui avait ouvert un blog en 2012. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Marc Fromager : « Les convertis de l’islam deviennent nos frères dans le Christ »

Est-ce que vous pourriez nous expliquer en quelques mots l’objectif de la Mission Ismérie ?

Mission Ismérie se veut un acteur au service des convertis de l’islam. Et cet objectif est né d’un constat : la conversion de musulmans au christianisme existe aujourd’hui et se produit à grande échelle dans le monde, y compris dans le monde musulman. Certes, le phénomène est un peu plus discret en France, mais néanmoins existe : 10% des baptêmes d’adultes dans l’Église catholique sont des personnes d’origines musulmanes. Il faut souvent accompagner ces convertis parce que le fait d’avoir quitté l’islam leur crée généralement des ennuis. On constate de nombreuses menaces. Dans l’islam, c’est d’ailleurs théoriquement puni de mort.

Mission Ismérie a deux ans, mais elle regroupe un certain nombre d’initiatives qui ont chacune une dizaine d’années d’expérience, afin de leurs donner plus de visibilité et plus de moyens pour développer la mission. Il y a par exemple la « Mission Angelus », consacrée à l’évangélisation sur tous les supports, sur internet comme dans la rue. Il y a le « Forum Jésus le Messie » qui organise des journées de rencontres ; « Clarifier » avec Annie Laurent, qui depuis des années déjà produit  la « Petite feuille verte », une petite feuille d’information sur l’islam. Il y a encore Odon Lafontaine, qui travaille sur les origines historiques de l’islam. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Zéparatistes ou conquérants ?

Ils sont les petits-enfants des soixante-huitards. Leurs grands-parents ont joui sans entraves, leurs parents ont divorcé et eux sont les premiers fruits gâtés de cette souche vénéneuse appelée déconstruction. La génération Z a désespérément soif. La soif inextinguible de celui qui n’a rien reçu et le désespoir inconscient de n’avoir rien à transmettre. De cet état d’esprit générationnel sort un impératif absolu. Une sorte de réflexe né d’une époque consumériste : « tout, tout de suite et maintenant ». Il ne suffit plus de consommer, de voir, de jouir au plus tôt. Il ne suffit plus d’être le premier à posséder tel ou tel article, il faut tout voir, tout jouir, tout tester dans la seconde ou le désir naît. Ainsi, le Z est ultra-connecté. YouTube, Instagram, Snapchat, Twitch. Le jeune internaute cherche de l’émotion à moindre effort. Anxieux par nature, il fuit vers une réalité virtuelle sommée d’être la plus authentique possible. À défaut de vivre, il faudrait avoir l’illusion de ressentir. Et à haute dose, s’il vous plait. Près de 7 heures par jour en moyenne passée sur internet. Le divertissement en mode frénétique. Car pour ces jeunes consommateurs il faut fuir, fuir à tout prix. C’est d’ailleurs l’une de leurs exigences : abolir la frontière entre la réalité et le virtuel. Afin que le dernier embellisse le premier et que premier crédibilise le dernier.

Un jihad numérique ?

Tout le monde ou presque a entendu parler du concept de safe space: une bulle virtuelle ménagée par l’internaute désireux de ne jamais être choqué ou ne jamais être confronté à toute pensée ou fait négatifs. Très en vogue en Occident, cette pratique a tendance à isoler les individus dans un territoire virtuel, presque à faire sécession de la réalité au risque de ne plus rien supporter qui irait contre ses propres valeurs ou ses propres curseurs moraux. Une forme de séparatisme en quelque sorte qui le couperait de ses voisins. L’individu vu comme une nation à part entière est bel et bien devenu une réalité. Mais le Z va plus loin, à l’instar de ses compatriotes islamistes, il ne se contente pas de se séparer, il veut conquérir un territoire plus vaste. Progressivement, les safe spaces s’agrandissent, progressivement le Z sauce woke « cancelle » ses voisins pour agrandir sa sphère d’influence. La bonne nouvelle avec cette fâcheuse tendance étant que le monde n’est pas assez vaste pour des centaines de millions d’individus. À moins que le monde ne s’adapte. [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Campagne : histoire d’un abandon
Je ne remonte pas cette putain de rue du Centre-Bretagne, je remonte le temps. Magasins fermés. Uniquement. Le délavé d’une vie d’avant. Épicerie, bijouterie, fringues, bistrot. « On peut venir avec son manger ». Faut surtout venir avec de bons yeux maintenant. J’apprends à la volée qu’il y a eu jusqu’à trente commerces dans cette bourgade ! Maintenant, ce sont trente vitrines crasseuses avec des rideaux qui pendouillent. Une boulangerie quand même ! Avec des articles de pêche et de l’épicerie dans les coins. Car ici c’est la campagne. Et la campagne a été abandonnée par l’État français. L’État français a anéanti la France ! [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest