Gilbert Collard : des alliances en vue pour les municipales

© Benjamin de Diesbach pour L’Incorrect

 

 

Gilbert Collard vient d’être élu député français au Parlement européen pour le Rassemblement National. A chaud, il nous livre ses premières analyses des résultats du scrutin.

 

 

Le RN arrive en tête mais est-ce qu’avec un écart aussi faible avec LREM on peut considérer ça comme une victoire ?

La République a été votée à une voix de majorité et depuis on est en République. Une victoire c’est une victoire. Il suffit de gagner. Après on peut analyser les conséquences de l’exploitation de la victoire mais on a gagné. Même Gérald Darmanin ce matin le concédait.

 

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Est-ce que le score très élevé d’Emmanuel Macron n’est pas un peu préoccupant pour la suite des échéances ? Parce que ça montre qu’il a bien solidifié son bloc…

Il faut aussi tenir compte de l’énorme effort de propagande qui a été fait, qui est assez unique dans l’histoire d’une campagne électorale. La télévision, les commentateurs, la presse régionale, Youtube, les rencontres au cours du grand débat. Il a eu une énergie propagandiste colossale. Ça il faut quand même l’intégrer avec toujours les mêmes attaques perfides. Au dernier moment, à deux jours du scrutin. Avec l’annonce que Marine devrait rembourser 300 000. Toute sorte de perfidie, qui font de moins en moins leur effet mais qui peuvent encore produire quelque part un effet.

La République a été votée à une voix de majorité et depuis on est en République. Une victoire c’est une victoire. Il suffit de gagner.

Je crois que plus il va aller M. Macron, plus il va s’user. Je pense qu’il a été très confiant dans les processus de manipulation, sous forme de pervers narcissique de la politique. Mais ça a ses limites. La première limite on l’a vu lors des élections européennes et la deuxième limite on pourra la voir plus tard, lors des municipales, ou même lors des élections présidentielles. Il a quand même aussi les LR qui se sont rendus compte que leur camp prend complètement l’eau.

 

Une bonne partie des électeurs de Mélenchon sont partis chez EELV. Des électeurs qui étaient sur le plan social, proches des propositions du RN. Est-ce que ça veut dire qu’il est définitivement impossible de faire une alliance des populistes en France ?

Non parce qu’il y des phénomènes qui nous échappent. Il n’y a guère que les historiens qui s’intéressent à l’Histoire. Ils savent qu’il y a le rationnel et l’irrationnel dans les mécanismes de société, dans les mécanismes historiques. Je pense que quelque chose de l’ordre du changement des mentalités est en train de s’opérer. Ça ne se fait pas d’un coup, ça ne se fait pas en une seule fois. Regardez les progrès que nous avons fait en peu de temps.

Moi je me dis conservateur, ça conserve.

Malgré les attaques toujours répétées. Hier encore sur les plateaux on nous traitait de fachos, de xénophobes, d’extrême droite. On n’arrête pas d’être insultés du matin au soir, mais cela porte de moins en moins. Cette propagande va finir par s’user, se retourner contre eux peut être. Pendant cette campagne ils ont lâché BHL contre nous. Cohn Bendit par exemple, chroniqueur payé sur LCI, présenté comme un témoin pendant le débat d’hier, alors qu’il a soutenu publiquement Macron, il est intervenu dans un meeting quelques jours avant le scrutin. Il y a des vilenies politiques qui se font. On fait tout ce qu’on peut pour le faire apparaître du reste. 

 

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Au-delà de ces mécanismes, on s’aperçoit que le principal report de voies qui renforce votre parti vient des Républicains et pas des populistes de gauche. On ne gagne pas une présidentielle tout seul : est-ce que vous comptez vous allier avec la droite sur un aspect plus culturel, ou est-ce que vous allez essayer de faire une convergence avec la gauche sur l’économie ?

Il faut une convergence droite-gauche, il faut arriver à obtenir une adhésion sur des idées qui peuvent convenir aussi bien à des gens de droite que de gauche.

 

Le RN refuse de se catégoriser de droite. Il semble que Marine Le Pen refuse ce paradigme.

Il n’y a pas de honte à se dire de droite, il faut dépasser les banalités politiques, être de droite ou être de gauche veut dire quelque chose, mais il faut être de l’intérêt général pour les grandes décisions ; il ne faut pas se sacrifier aux lobbies, aux technostructures, il faut être libre. Ne pas être tenu par les banques ou les carrières.

 

On n’entend pas non plus le mot conservateur au RN, quand Marine Le Pen ne le renie pas directement.

Moi je me dis conservateur, ça conserve. Si on me traite de conservateur, ça ne me gêne pas.

 

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Peut-on considérer que Marine s’est recrédibilisée définitivement à la tête de son parti avec cette campagne, après des présidentielles compliquées sur la fin ?

Oui tout à fait.

 

On pourrait avoir des premières tentatives, avant garde d’alliance avec des partis populistes de gauche ou au contraire avec des partis de droite pour les élections municipales ? Et avec qui ?

Oui on va essayer, mais les noms restent encore confidentiels.

 

Propos recueillis par Louis Lecomte

 

Journaliste

llecomte@lincorrect.org

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