Skip to content
[Cinéma] Avec amour et acharnement : naufrage total
Claire Denis, c’est plutôt le haut du panier et la certitude a minima d’une recherche plastique : depuis Beau Travail jusqu’à High Life en passant par le magnifique Vendredi soir, voilà une bonne trentaine d’années que son œuvre travaille une forme singulière, et propose autre chose qu’un récit illustré – en somme Claire Denis essaye de faire du cinéma. Dommage, ici, elle s’est acoquinée avec la sinistre Christine Angot pour cette adaptation du non-moins sinistre Un tournant de la vie: soit un compendium des obsessions pathétiques de la romancière – marivaudages sans passion, immigrationnisme complètement hors-sujet, et sécheresse infinie de son cœur de bourgeoise avariée. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
[Cinéma] Memories : fleuron de l’animation
Le film à sketches, assez répandu dans les années 90, était un moyen pour les cinéastes d’animation japonais de se faire la main et d’expérimenter leurs techniques. Conçu sous la houlette de Katsuhiro Otomo, ce Memories méritait bien une ressortie cinéma. Outre le très bon Cannon Fodder, réalisé par Otomo, plan séquence virtuose qui explore le quotidien d’un enfant dans un univers militariste et ubuesque, le film vaut surtout pour l’incroyable Magnetic Rose. Réalisé par Koji Morimoto, génie de l’animation malheureusement un peu oublié aujourd’hui, Magnetic Rose se veut à la fois un hommage au Kubrick de 2001, aux films de maison hantée et à l’opéra italien. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
[Cinéma] Vesper Chronicles : SF poétique
Alors qu’Hollywood disloque peu à peu son savoir-faire dans ces machines à broyer l’imaginaire que sont Disney +, Marvel et consorts, un vent de renouveau de la science-fiction souffle à l’est. Co-production franco-lituanienne, ce très beau Vesper Chronicles n’invente pas grand-chose mais rend hommage à ses maîtres tout en renouvelant avec poésie certains concepts. Dans un pays et dans un futur institués, on suit l’errance d’une gamine qui tente de redonner du sens à sa vie – et accessoirement de sauver son père paralytique dont la conscience a été téléchargée dans un drone rouillé. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Gilbert Houbre : quand l’énergie se propage
En regardant les toiles de Gilbert Houbre, on devine immédiatement le geste du peintre, sa rapidité, sa force, sa nécessité. La fulgurance du geste palpable. Il y a quelque chose de vital dans cette peinture-là. On sent bien qu’il y a eu combat, et que ce que nous voyons en est non pas le résultat, mais son expression permanente, comme si rien n’était jamais figé. Le combat a lieu entre ce que le peintre a observé et la traduction intérieure qu’il opère. Cela passe par un corps-à-corps, Houbre fait vite, comme s’il fallait qu’il laisse à la toile une chance de survivre toujours au combat. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Les critiques musicales de l’été

Revanche sur le bon goût

There is no time, church of the cosmic skull, Septaphonic, 13 €

Les sectes et cultes divers ont toujours fait bon ménage avec la pop music. On se souvient de Father Yod à Los Angeles, gourou illuminé qui, entouré de ses adeptes, sortit des albums psychédéliques dans les années soixante-dix. Genesis P Orridge, de Psychic TV, était un personnage ambivalent qui utilisait son groupe pour promouvoir son « Temple Ov Psychic Youth ». Les sept membres de la Church of the Cosmic Skull, avec leurs costumes immaculés, pourraient donner l’impression de succéder à de tels mouvements. Alors qu’en réalité, ce groupe prône la liberté de penser et n’utilise les artefacts de la culture pop-sectaire que pour mieux la détourner. Avec ce quatrième album, la bande à Bill Fisher (« Brother Bill ») affine son art en nous offrant un mélange entre glam, hard, progressif et rock FM. Pensez à un mélange entre Black Sabbath, Electric Light Orchestra, ABBA ou encore Fleetwood Mac. Après une grande vague de « bon goût » indé imposé par les tenants d’une certaine critique post-Inrockuptibles, l’heure de la revanche a sonné. Jean-Emmanuel Deluxe


Éspiègleries équatoriennes

Karishina, Helena Recalde, Finca Sud, 17€

« Bayé Oyo » en ouverture donne le ton, c’est que l’album Karishina ne plaisante pas ! Enfin une création andine qui bouleverse les codes et fait voler en éclat les stéréotypes du genre ! Bassiste, contrebassiste et chanteuse équatorienne, Helena Recalde exploite la nostalgie de l’enfance, les rythmes de la côte Pacifique et les partitions andines, le tout dans la justesse de la simplicité. Un trio de choix et quelques invités à la hauteur, le tout mené de main de maître par les lignes de basses de Recalde, plutôt directives et sensuelles. S’ajoutent aux compositions quelques reprises rondement menées, comme « No Valentin », une pépite traditionnelle de l’Amérique du Sud. Son hardi « Campoazul » ose se mesurer – avec succès – au légendaire « Afro Blue » créé par la figure de proue du jazz latin, le percussionniste et chef d’orchestre cubain Mongo Santamaria. Ce morceau a été repris par toute une génération de grands noms du jazz, dont John Coltrane en 1966. Joli culot et brillant second album, mademoiselle Recalde ! Alexandra Do Nascimento [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Virginie Despentes : la moraline en rotant

Cher Connard, le livre-choc de cette rentrée littéraire permet à l’immortelle autrice de Vernon Subutex de frapper encore un grand coup. Toujours aussi dérangeante dans le propos et virulente dans la forme, elle met en scène avec brio les grandes tensions de l’époque afin de nous ouvrir l’esprit en nous coupant le souffle… Je plaisante. Il s’agit là (en mieux écrit), de ce que vous trouverez dans Télérama, L’Obs ou Les Inrocks, les clichés des critiques dociles empapillotant comme il se doit le silo de clichés littéraires que transporte le roman le plus surévalué de l’an 2022, L’Obs dépassant même ses rivaux en comparant le pensum de Despentes aux Liaisons dangereuses, tout ça parce qu’il est présente sous forme de correspondance. Elle aurait raconté son retour compliqué d’Istanbul qu’on nous vendait L’Odyssée du XXIe siècle.

L’écrivain branché Oscar Jayack, en pleine tourmente « MeToo », ayant vanne la célèbre actrice Rebecca Talle sur Instagram, celle-ci lui envoie un mail d’insultes. Il s’excuse, déroule ses déboires et ses souvenirs. Elle répond tout en prétendant n’en avoir rien à foutre (une vraie pétasse de troisième). La version de sa victime, Zoe Katana (Despentes reste fidèle a son onomastique de manga criard), est exposée sur son blog. On s’explique avec plus ou moins d’hystérie (Rebecca beaucoup, Zoe davantage, Oscar aucune – il déprime), c’est ce qui distingue essentiellement les personnages, lesquels, pour le reste, écrivent tous dans le même débraille oralo-numérique larde d’anglicismes et de jeunismes plus ou moins périmés. [...]

[Opéra] Lisette Oropesa : une voix dans le désert
Fallait-il une énième intégrale de La Tra- viata ?  À l’ère où l’enregistrement studio s’est fait rare, on pouvait croire que la sublime version de Marina Rebeka (Prima Classic, 2019) découragerait toute nouvelle initiative. Mais la tentation était trop forte, et à raison, de tendre le micro aux mille séductions de Lisette Oropesa, déjà acclamée au théâtre dans le rôle de la « dévoyée ». Ceux qui l’ont vue sur scène seront difficilement comblés : l’héroïne vit du charme irrésistible que l’artiste lui confère par sa seule présence, indissociable de sa beauté grisante, de son allure hollywoodienne. [...]
La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Les critiques littéraires de l’été

Parisien en diable

Nocturne français, Bertrand de Saint-Vincent, Grasset, 300 p., 20,90€

La chronique mondaine est un exercice délicat, parce qu’il faut être partout et connaître tout le monde mais en même temps montrer qu’on méprise tout et qu’on n’est dupe de rien. En être, mais dauber. Bertrand de Saint-Vincent marche sur ce fil avec une élégance persifleuse et capture l’air du temps des années 2010-2020 dans le monde des lettres, de l’art, de la mode ou du cinéma. Portraits grinçants (Angot en lecture publique, souverainement odieuse), méchancetés impeccables (Audrey Tautou et Isabelle Huppert dans un gala de charité, épaules nues: « On dirait deux squelettes tirés à quatre épingles »), curiosités (un déjeuner avec Dodo la Saumure, une nuit au monastère, un recueil de répliques d’Ophélie Winter), le tout en grand style. En guise de préface, un requiem pour l’esprit français, l’humour et la légèreté, ensevelis de nos jours sous le wokisme et la chasse aux offenses. Ce livre est parisien en diable, mais dans le bon sens du mot. Jérôme Malbert


Choses vues

Le Bon Air de la campagne, Hubert Van Rie, Presses de la Cité, 96 p., 18€

L’illustrateur Hubert Van Rie s’est mis en tête de suivre les réunions publiques des candidats de la dernière élection présidentielle et d’en faire un livre de reportage dessiné. Si le lecteur friand de petites phrases assassines, de révélations fracassantes sur les coulisses d’une campagne ou d’analyse politique restera sur sa faim à la lecture de ce livre, l’amateur de dessin sera quant à lui enchanté de découvrir les élégants instantanés de cette présidentielle qui semble déjà très loin et dont on se demande si elle a vraiment eu lieu – qui se souvenait des Michel Barnier, Anne Hidalgo, Xavier Bertrand ou Christiane Taubira (parmi tant d’autres) avant de les retrouver dans cet ouvrage ? Élégants instantanés, telle est la marque du style Van Rie : un dessin noir et blanc dense (parfois trop, quelques touches de couleurs n’auraient pas déparé), vif (ce sont des croquis) mais toujours chic et bien élevé (ce qui est finalement assez rare dans le monde du dessin de presse). Ainsi Van Rie continue à tracer un sillon initié avant lui par des dessinateurs tels que Sem, Floch’ ou Honoré. Pour notre plus grand plaisir. Nicolas Pinet

Lire aussi : Éditorial culture de l’été : Listes contraires

Curiosité

L'Obsession du Matto-Grosso, Christophe Bier, Le sandre, 94 p., 10 €

L’Obsession du Matto-Grosso porte sur un sujet parfaitement original: Christophe Bier, spécialiste du bizarre et amateur de curiosités littéraires, notamment d’érotiques, y mène l’enquête sur la « Select-Bibliothèque », une série de romans fétichistes du début du siècle, spécialisée notamment dans les « attelages humains » (montures, harnachement, cravaches et compagnie). Les auteurs ? Un certain Skan, soi-disant traduit par un certain Bernard Valonnes, ou encore un mystérieux Don Brennus Aléra. Sûrement la même personne. Mais qui se cache derrière cette collection de pseudos ? Bier remonte la piste, passe des annonces, visite des entrepôts de bouquinistes louches, sillonne la France et touche au but. Ce petit romanquête est amusant au début, à cause du sujet, puis il devient vite grisant, et même émouvant. Ce n’est pas un livre sur l’érotisme, ou pas seulement : c’est une méditation sur l’esprit de collection, sur le goût du passé, sur les marottes dévorantes, sur les filiations inventées et les pères d’adoption. D’ailleurs, Bier relance la « Select-Bibliothèque » avec de nouveaux volumes qu’il a écrits lui-même, sous le nom de Don Brennus Aléra fils (tapez select-bibliotheque.com) ! Au programme, « attelages humains, féminisation, modifications corporelles, dressage canin, fétichisme des talons hauts et du cuir verni ». Les illustrations, par Sybil, pastichent tout en les modernisant les dessins d’époque, dont Bier reproduit une sélection carabinée, ce qui parachève le côté livre-objet de ce petit volume improbable et touchant (si l’on ose dire), à regarder comme à lire. Bernard Quiriny [...]

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ? Se connecter

Vous souhaitez lire la suite ?

Débloquez tous les articles de l’Incorrect immédiatement !

Formule Intégrale

À partir de 5,80€ / mois

  • Papier
  • Web
  • Tablette
  • Mobile
Formule numérique

À partir de 4,10€ / mois

  • Web
  • Tablette
  • Mobile

L’Incorrect

Retrouvez le magazine de ce mois ci en format

numérique ou papier selon votre préférence.

Retrouvez les numéros précédents

Pin It on Pinterest