


Il y a une atmosphère tarkovskienne, rétro-futuriste, dans votre roman, qui tient beaucoup à cette banlieue terminale d’Union Soviétique où se déroule l’action. Avez-vous un lien particulier avec la Russie ?
Je n’ai aucun lien particulier avec la Russie, si ce n’est la fascination qu’elle exerce sur moi. L’ex-URSS est un formidable terreau pour l’imaginaire, non seulement à cause de la richesse incroyable de la littérature et du cinéma russes, mais aussi à cause de toute la symbolique de la chute qui est attachée à l’URSS – symbolique qui est incarnée dans la moindre rue, dans le plus obscur quartier de la moindre ville. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est aussi le lieu d’évènements proprement hors-normes comme Tchernobyl.
Le décor est donc naturellement puissant et évocateur. Gigantesque comme un titan tombé à terre, comme un continent brisé. Mais il y a plus encore, il y a la faune incroyable qui peuple ce continent. Héritière des grands romans russes, dépositaire de cette âme tordue que traquaient les Dostoïevski, les Boulgakov ou toute une cohorte d’écrivains maudits. [...]
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Surprendre, rajeunir, réconcilier. Sous des motifs fallacieux, la World Company est devenue la Woke Company. Rappelant par trop l’ancien monde, les contes se doivent donc d’être réécrits et repensés à l’aune des blessures narcissiques des minorités diverses et variées. Loin de défendre la diversité, Disney poursuit en réalité une œuvre de normalisation idéologique du patrimoine immatériel occidental, amputé de ses aspects les plus intéressants. Les nains du chef d’œuvre du génie Walt Disney n’étaient, en effet, sûrement pas des êtres humains atteints de nanisme … mais les fiers représentants d’une espèce essentielle du folklore germanique comme de nos inconscients collectifs. N’en déplaise à l’égocentrique Peter Dinklage, nain le plus célèbre du monde pour son rôle dans Game Of Thrones, Blanche Neige n’a jamais été le véhicule de préjugés « validistes » ou « racistes ».
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C’est un conte-type qui répond aux critères de classification du folkloriste finlandais Anti Aarne. Collectée par les frères Grimm, l’histoire de la princesse Blanche-Neige était connue sous différentes versions dans l’ensemble du monde germanique et scandinave.…

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Gloire au roi Maulin !
La trilogie royale (En attendant le roi du monde, Les évangiles du lac, petit monarque et catacombes), Olivier Maulin, La Nouvelle Librairie, 330p., 20 € ; 422 p., 20,50 € ; 368p.,20 €.
Au milieu des années 2000, tandis que l’ironie de Michel Houellebecq avait déjà commencé de dissoudre les idoles de l’Occident libéral, un jeune écrivain allait surgir pour entreprendre une œuvre symétrique et complémentaire : celle de ré-enchanter ce monde vétuste, trompeur et sans joie à grand renfort de beuveries métaphysiques, de rites hétérodoxes et de sorties de route hilarantes hors de la voie post-moderne. Olivier Maulin venait de débarquer, jovial et corrosif, dionysiaque et provocant, aussitôt récompensé du Prix Étonnants Voyageurs pour un roman racontant comment un branleur français émigré de force au Portugal par sa copine allait s’ouvrir à la métaphysique à force de fumer des joints en compagnie d’un grutier illuminé.
Deux ans plus tard, en 2008, le romancier, dans ses Évangiles du lac, arrachait un Parisien aux niaiseries festivistes de la capitale pour le ressourcer aux antiques magies des forêts vosgiennes, qu’elles fussent chrétiennes ou païennes, du moment que crevaient les parapentistes athées. Enfin, son premier cycle s’achevait avec une restauration monarchique en plein palais de l’Élysée, organisée par les sous-fifres en extase durant le crépuscule sordide du règne de la momie (alias Mitterrand). Devant tant de génie réac et solaire, une mystérieuse Brigade du goût organisa, en novembre 2009, le sacre de l’auteur pour en faire le nouveau roi de Montmartre et Prince des poètes. La Nouvelle Librairie a eu la lumineuse initiative de rééditer cette première campagne romanesque sous le titre général de « Trilogie royale ». À la relire ou à la découvrir, on vérifiera comment son pouvoir souverain est intact, guérissant les écrouelles de la Bien-Pensance par d’irrésistibles crises de rire et relevant tous les étendards transcendants. Gloire au roi Maulin! Romaric Sangars [...]
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En demandant que ces lettres soient publiées bien après leur mort, ils souhaitaient s’épargner quelques vaines polémiques avec des confrères qu’ils méprisaient. Et puis, étrangement, ces pessimistes pariaient sur l’intelligence des générations futures. Ils ne pouvaient imaginer le lectorat actuel, partagé entre susceptibilité criarde et placidité bovine.
Concernant cette correspondance, celui-ci a choisi la seconde attitude. Il aurait pourtant trouvé, à toutes les pages, parfois à raison, matière à se scandaliser : la liberté de parole, jusque dans l’abjection, sont ceux d’une France haïe, bien que révolue. Ce dernier tome s’inscrit naturellement dans le rythme et le ton des deux premiers. Les deux épistoliers y cultivent toujours leurs dissemblances, conservent leurs manies de félins retraités : Chardonne, vieux matou craintif et ensommeillé, contemple, yeux mi-clos, le monde de sa fenêtre, quand Morand, chat maigre et nerveux, est toujours prêt pour la cavale. [...]
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